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Clemencedav
18 critiques
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4,5
Publiée le 25 août 2026
Très bon film qui mérite sa palme d'or. Deux très bons acteurs principaux. C'est un film qui pousse à la réflexion abordant tout en nuance les différences de culture, d'éducation, de point de vue.... c'est rare ! On doute, on se questionne et ça fait du bien !
Les Gheorghiu, un couple roumano-norvégien très pieux, arrivant de Roumanie, s’installent avec ses cinq enfants dans un village norvégien. Un jour, une professeur remarque des ecchymoses sur le cou d'une des enfants. L'Aide à l'Enfance intervient.
Mungiu a situé son scénario dans un pays du Nord car c'est là que la législation sur la protection des droits des enfants est la plus forte. De plus, il s'inspire d'un fait divers qui s'est produit en Norvège, pays qui a récemment était souvent critiqué pour sa précipitation dans les suspicions de violence faite aux enfants. Il contrebalance, dans l'intervention de représentants de la Roumanie dont les propos tenus ne sont pas plus mesurés.
Le réalisateur semble vouloir nous démontrer que les progressistes peuvent devenir aussi, si ce n'est plus, intolérants que les traditionnalistes. Le maintien d'une certaine mesure dans l'application de l'évolution des règles de vie semble le cœur de son sujet, ainsi que la polarisation de nos sociétés modernes.
La caméra en mouvement dès que les comédiens bougent et en plan fixe dès qu'ils se posent laisse voir une multitude de détails signifiants. Les comédiens Renate Reinsve, poignante, et Sebastian Stan, équivoque, sont excellents tout comme les enfants qui les accompagnent.
Dans son récit, Mungiu oppose deux visions de l'éducation des enfants sans prendre tout à fait partie et en laissant une part d'inconnue qui rend tout arbitrage compliqué. Le film d'une durée de 2h25 se regarde sans ennui, le récit étant suffisamment riche pour faire sans cesse chavirer nos certitudes. L'image finale donne un message d'espoir sur le pouvoir de l'amour sur toute forme de jugement.
Une palme d'or méritée. Je m'étonne d'ailleurs que le film ait pu l'obtenir sachant qui il met en cause. En voyant ce film de Cristian Mungiu, je me suis fait la même réflexion qu'en lisant certains romans de Houellebecq : "enfin un artiste qui ose montrer la réalité telle qu'elle est !"
Excellents acteurs dans ce film qui traite avec virtuosité d’un sujet complexe. L’opposition entre une vision conservatrice et progressiste du monde est parfaitement traitée même si la frontière avec le risque de caricaturer les deux bords est ténue. L’opposition entre ces deux visions est carrément réaliste. L’auteur ne semble pas prendre partie. Chacun choisira son camp.
Au début du film un peu longuet mais après suspense et interrogation jusqu'à la fin je suis allée voir ce film avec mon petit fils 19 ans qui a adoré le couple d acteurs avec leurs enfants sont exceptionnels et avec un talent remarquable
Le film est malhonnête: il nous invite dans l’intimité d’une famille en omettant de montrer les scènes qui permettraient au spectateur d’avoir son opinion objective.
Ambigu C est probablement le mot qui résume le mieux le film Tout est fait pour prendre les attentes à contre pied Et franchement c est jouissif
Des acteurs excellents
Une image impeccable
Un montage précis
Un rythme parfaitement maîtrisé
Mais le film pousse parfois trop ses idées C'est bon On avait compris Certaines idées deviennent presque caricaturales Certains éléments de scénario sont introduits puis à peine exploités D autres semblent avoir été ajoutés uniquement pour faire exister une idée Même problème avec certaines situations Le film explique parfois tellement ce qu il veut dire qu il finit par réduire lui même son ambiguïté
Mais malgré tout
La proposition est tellement intéressante Parce qu elle touche à quelque chose de rare L idée que deux vérités contradictoires puissent coexister
L 'un n empêche pas l autre
Et finalement c est peut être ça le véritable sujet du film Un film qui demande au spectateur de penser autrement Et surtout de renoncer à cette vieille habitude qui consiste à vouloir absolument décider qui a raison Une belle contorsion intellectuelle
Superbe réalisation avec un film rythmé presque comme un polar et riche. Les acteurs y compris ados sont tous excellents.
Après que retirer de ce film qui prétend plus raconter une histoire singulière que dénoncer tel ou tel comportement (religieux strictes vs laics libéraux) : Deux choses d'abord l'abus d'autorité (j'ai bien aimé le passage sur le communisme en Roumanie qui leur fait se méfier du pouvoir d'un fonctionnaire) et la confrontation des cultures et la difficulté d'être nuancés en passant outre ses préjugés.
secondaire sur l'amitié entre adolescents et la plus grande ouverture à leur age est belle aussi.
Bref un très bon film et une palme d'or pour une fois méritée.
Une famille qui vivait en Roumanie, père Roumain, mère Norvégienne, cinq enfants, vient s’installer en Norvège. Ils sont très croyants, très traditionnalistes, font partie d’une église locale. Les parents trouvent rapidement des emplois, les enfants se font des amis mais leurs ennuis commencent quand une enseignante repère des bleus sur le corps d’une des filles, adolescente. Le film est très intéressant en ce qu’il nous questionne, en particulier sur le sujet suivant : une éducation traditionnelle des enfants, faite de croyance en Dieu, de respect des rites religieux, de sanctions des fautes au besoin par de légères fessées, est-elle compatible avec les valeurs d’une société moderne, laïque, non prosélytiste, comme celles de la Norvège actuelle et de l’Occident ? ou, plus largement, la cohabitation entre cultures différentes est-elle possible ? Si le film penche du côté des valeurs traditionnelles, il est aussi très nuancé, très subtil. Il entremêle avec finesse plusieurs autres sujets comme les relations entre les adolescents, le désespoir de personnes âgées dépendantes, les effets pervers des normes et du principe de précaution. Le film est aussi remarquable sur la forme. La vie et les paysages de cette zone côtière de la Norvège, de ses fjords, sont superbement photographiés, souvent sous la pluie. Le scénario est vif, la tension est prégnante dès le début du film et ne faiblit pas. Les acteurs sont sobres, impeccables (Sebastian Stan, Renate Riensve et aussi les enfants). Même si je préfère « Soudain », plus soyeux, plus empathique, ce film, « fjord » est bien du niveau d’une Palme d’or.
Une famille s'installe dans un fjord retiré de Norvège. Mihai (Sebastian Stan, acteur roumano-américain abonné aux blockbusters et remarqué en jeune Donald Trump dans "The Apprentice") est roumain et trouve vite un emploi d'informaticien à la mairie. Lisbet (Renate Reinsve, actrice principale de "Julie (en 12 chapitres)", "Valeur sentimentale") est norvégienne et travaille à la maison de retraite de la ville. Le couple évangéliste a cinq enfants qu'il élève dans une discipline stricte. Un jour, une enseignante remarque des traces de contusions sur l'épaule d'Elia, la fille aînée du couple. Elle alerte l'Aide sociale à l'enfance qui met en œuvre, dans l'intérêt des enfants, un protocole implacable. Les parents sont interrogés par la police, les cinq enfants placés en famille d'accueil dans l'attente du procès.
"Fjord" arrive sur les écrans auréolé de la Palme d'or qu'il a reçue à Cannes. La concurrence cette année était rude avec des films aussi marquants que "Notre salut", "Minotaure" ou "Une vie de femme". Mais Cristian Mungiu n'a pas volé sa seconde Palme. Il avait eu la première en 2007 avec "4 mois, 3 semaines et 2 jours", un film coup de poing qui m'avait durablement marqué. Ses films suivants étaient tout aussi dérangeants : "Au-delà des collines", "Baccalauréat" dans mon Top10 de l'année 2016, "." Cristian Mungiu a le don de se saisir de dilemmes moraux et d’en tirer des films bouleversants et jamais simplistes.
"Fjord" repose d'abord sur une question : les enfants de Mihai et de Lisbet ont-ils été les victimes de violences corporelles ou psychologiques ? À supposer ce mystère résolu, deux séries de questions se posent. La première : quelles sont les limites indépassables d'une éducation stricte ? violences corporelles ? violences psychologiques ? punitions ? endoctrinement ? La seconde : la puissance publique a-t-elle le droit de se mêler de l'éducation des enfants ? si oui, dans quelles limites a-t-elle le droit de le faire ? doit-elle ordonner leur placement au premier doute ? doit-elle donner une confiance absolue à la parole des enfants ?
"Fjord" ne donne pas de réponses simples à ces questions compliquées. L'aurait-il fait qu'il aurait perdu beaucoup de sa qualité. Il n'en demeure pas moins qu'on prend vite parti pour la famille contre l'Etat, qu'on estime qu'elle n'a fait subir aux enfants aucune violence excessive, qu'elle avait le droit de les éduquer dans les valeurs qui étaient les siennes, que l'Etat a surréagi en les séparant de leurs enfants.
En sortant de la salle, fort de mes préjugés, une pensée m'a fait douter. Comment aurais-je réagi si cette famille d'évangélistes roumains avaient été des islamistes algériens ? Aurais-je estimé qu'elle avait le droit d'élever ses enfants, en France - ou en Norvège - dans les valeurs qui étaient les siennes, en leur interdisant comme le font Mihail et Lisbet le téléphone portable ou les réseaux sociaux et en leur imposant chaque soir de longues séances de prière ? aurais-je estimé la réaction de l'Aide sociale à l'enfance disproportionnée ?
Cette réflexion en a entraîné une autre : pourquoi Mungiu a-t-il choisi de camper une famille de Roumains évangélistes plutôt qu'une famille d'Algériens islamistes. La réponse est évidente : c'est parce qu'il est lui-même roumain et qu’il s’est inspiré d’une histoire vraie qui s’est déroulée en Norvège il y a une dizaine d’années et qui avait précisément mis en cause un couple roumano-norvégien et ses cinq enfants. Mais, à supposer qu'il ait choisi de camper une famille d'Algériens islamistes, son effet aurait été beaucoup moins subtil. En France en tous cas, il aurait divisé les spectateurs en deux camps : ceux, plutôt à gauche, favorables à la famille et à son droit à élever ses enfants selon ses valeurs et ceux, plutôt à droite, inquiets de la menace que fait peser le séparatisme islamiste sur la cohésion de la société français, qui auraient désapprouvé ce mode d'éducation.
"Fjord" est pour nous, aujourd'hui, spectateur français, un film diablement stimulant. Qu'on soit des farouches défenseurs de l'intégration républicaine et de la laïcité ou au contraire des humanistes sensibles aux différences culturelles, des tenants de l'Etat libéral qui considèrent que l'Etat n'a pas à s'ingérer dans la sphère privée ou au contraire des défenseurs de l'Etat interventionniste qui tiennent que l'Etat a le devoir de défendre les plus faibles, notamment les enfants, "Fjord" prend systématiquement à contre-pied nos préjugés.
On sort de Fjord un brin désarçonné, mais incontestablement marqué. Le nouveau film de Cristian Mungiu, couronné par la Palme d'or, possède une immense qualité qu'il faut saluer : réussir à captiver le spectateur pendant plus de deux heures et demie sur une thématique ardue, sans jamais provoquer le moindre ennui. La tension y est constante, presque haletante. Impossible de ne pas penser à Anatomie d'une chute tant les points communs sont nombreux. On retrouve ce même film de procès étouffé par les ambiguïtés, l'importance cruciale du multilinguisme et cette interrogation vertigineuse : sommes-nous seulement capables de rendre justice ? À cela s'ajoute un formidable choc des cultures et des valeurs morales, où chaque camp campe sur ses certitudes. Pourtant, le film laisse poindre une certaine frustration. D'une part, le parti pris idéologique du réalisateur, qui semble pencher nettement du côté des personnages roumains face à l'arrogance d'un progressisme occidental trop sûr de lui, pourra diviser. D'autre part, on peut regretter une réalisation assez académique, qui manque d'audace formelle ou d'innovation visuelle pour vraiment marquer les esprits sur le plan purement esthétique. Malgré ces bémols, c'est une œuvre dense et intellectuellement stimulante qui mérite amplement le détour. Une très belle réussite, à défaut d'être un choc plastique absolu.
Très bonne découverte. J’ai beaucoup aimé l’ambiance assez particulière du film. L’histoire est vraiment intéressante et j’ai aimé toutes les questions qu’elle pose autour de la famille et de l’éducation. Les paysages sont vraiment beaux et les plans sont vraiment réussis. Sebastian Stan et Renate Reinsve sont vraiment bons. J’ai aussi beaucoup aimé la manière dont le film fait monter la tension petit à petit. Le fait que le film alterne entre plusieurs langues apporte aussi quelque chose et rend l’ensemble assez réaliste. Certaines scènes sont vraiment marquantes et j’ai aimé le côté assez réaliste du film. Le film prend son temps, mais personnellement ça ne m’a pas dérangé. Une très bonne surprise et une belle découverte.
Excellent film sur un fait de société qui s’est produit en Norvège en 2015. Le film est choquant de voir l’état se mêler de l’éducation des enfants par une famille très rigoriste orthodoxe. La Norvège un pays soi-disant civilisé ultra progressiste fait enlever aux parents leurs enfants car ils ont reçu une gifle. J ose même pas imaginer une famille de salafistes musulmans avec 7 ou 8 enfants.
Cela pourrait s’appeler l’engrenage, ou comment la rigidité et l’extrémisme des progressistes peut être encore plus rébarbative que celle des traditionalistes et conservateurs en religion . C’est la démonstration par l’envers, qui se base certainement sur un cas réel qui a dû avoir plus de retentissement en Norvège et en Roumanie que dans le reste du monde. Maintenant la-dite démonstration est-elle tout à fait convaincante, au point d’une palme d’or? Cela reste a prouver car le film, tout à sa sa logique, manque un peu d’envergure et de poésie.
Un film intéressant, une œuvre qui se digère et qui nous pousse à réfléchir à l’importance de garder l’esprit ouvert. Il ne cherche jamais à nous dire quoi penser ni à nous imposer une vérité. J’ai beaucoup aimé les paysages de Norvège, avec les changements de météo, ainsi que la découverte d’une culture différente. J’avoue qu’à la fin, je m’attendais à quelque chose de plus spectaculaire. Mais avec un peu de recul, je trouve finalement que cette conclusion fonctionne bien. Elle reste dans l’esprit du film.