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Dom Domi
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4,0
Publiée le 19 septembre 2026
Le parcours d'une famille qui dérive dans les excès religieux tout en se confrontant aux réalités d'une société qui a foncièrement encadrée la place de la religion dans les relations sociales. Un film d'actualité.
Ce film, qui traite d’un thème actuel à savoir la maltraitance des enfants mérite amplement d’avoir obtenu la palme d’or. À travers des scènes courtes et incisives démonstration est faite qu’un dogme qu’il soit religieux, politique ou social appliqué sans discernement peut faire beaucoup de mal.
Je l'ai découvert en avant-première à Cannes, quelques jours avant qu'il reçoive la Palme d'or. Et j'en garde un souvenir assez fort.
Ce qui m'a le plus marqué, c'est la façon dont Cristian Mungiu refuse de juger ses personnages. Personne n'est tout blanc ou tout noir. On passe le film à changer d'avis, à se demander qui a raison. C'est déstabilisant, mais passionnant.
Les acteurs sont excellents. Sebastian Stan joue tout en retenue, et Renate Reinsve est bouleversante. Elle dit beaucoup avec très peu, un regard, un silence. Leur duo donne au film une vraie force émotionnelle.
La mise en scène est sobre, sans effet. Ça sert bien le propos, mais c'est parfois un peu austère. Le rythme est lent, et certaines scènes auraient pu être plus courtes.
Au final, un film intelligent, qui fait réfléchir longtemps après la séance. Pas le plus spectaculaire, mais un vrai film de discussion. À voir, surtout si vous aimez les histoires qui ne donnent pas de réponses toutes faites.
Très puissante mise en opposition de cultures difficilement conciliables. Par contre, j'espère que la Norvège n'est pas aussi caricaturale dans son souhait de protection de l'enfance : l'interrogatoire initial des enfants accumule ce qu'il ne faut pas faire (j'ai eu à monter des plans de lutte contre les violences et ai été formé à l'interrogation des enfants). Une belle phrase lorsqu'un personnage précise que la Norvège n'a pas connu le communisme et que toute personne qui a du pouvoir tend à en abuser. Le film est à voir car il fait réfléchir.
Ce film a reçu la Palme d’Or au Festival de Cannes. Évidemment que le réalisateur offre une véritable proposition artistique qui semble être pertinente et réfléchie ; par ailleurs, le film en tant que tel est-il un chef-d’œuvre ? Ou a minima un excellent film ?
Malheureusement, le film n’est pas terrible. Le scénario propose une ambiance lourde mais la narration et l’approche imposent une distance trop importante entre le sujet et le spectateur, sans compter que la mise en scène intimiste est presque trop intrusive et manque d’artifice.
En effet, le scénario est très lourd avec un récit qui pourrait être intéressant mais la narration est trop plate et ne donne aucune envie de suivre cette histoire. Le spectateur porte un regard presque neutre face à ce récit (avec une bonne gestion du mystère, mais un mystère pas tant entretenu) ; par conséquent, la distance entre l’histoire et le public est bien trop grande. Sans compter que les protagonistes sont non seulement pas très attachants, mais le début in medias res n’aide pas à introduire convenablement le spectateur.
Par ailleurs, Sebastian Stan joue de manière excellente et est parfaitement crédible dans son rôle.
La mise en scène relève de l’ordre presque du reportage ou du journalisme tant elle manque de frappe. La sensation (sûrement volontaire) de regarder un documentaire se ressent, mais cette réalisation crée un ennui profond. Sans compter que, malgré une photographie assez belle, le cadrage reste trop plat, peu marquant avec soit une absence de mouvement cohérente mais endormante tant il ne se passe rien dans le cadre, soit une caméra épaule vomitive qui rend la scène brouillonne.
En ce qui concerne l’univers sonore, dans la diégèse, il est complet. En revanche, l’absence de son extradiégétique donne une fâcheuse et désagréable impression de vivre chaque moment avec les protagonistes, cela crée une tension qui est omniprésente mais le montage et le rythme pâtissent de ce choix.
Pour toutes ces raisons, il est difficile de recommander ce film malgré un choix de narration et de réalisation audacieux.
Les films lauréats de la Palme d’Or font rarement l’unanimité ces dernières années, et le long-métrage de Cristian Mungiu ne déroge pas à la règle. Œuvre très politique, Fjord ne peut laisser personne indifférent, et c’est là que réside sa principale force. En effet, le récit est là pour titiller les esprits très polarisés du moment. Mais au-delà de ces considérations sur le fond, la forme s’avère d’une redoutable efficacité. Prenant tour à tour la forme d’une chronique familiale, puis d’un thriller et enfin d’un film judiciaire, le réalisateur nous transporte avec brio d’une thématique à une autre. Certaines séquences offrent des moments de tensions palpables et sont brillamment mises en scène. Sebastian Stan et Renate Reinsve, les comédiens incarnant les deux rôles principaux, sont convaincants : ils jouent les victimes avec une sobriété confondante. Malheureusement, leurs deux enfants, les plus âgés, réalisent des prestations totalement insignifiantes. Le scénario est très manichéen : les gentils sont clairement identifiés du côté de la famille d’immigrés roumains et les méchants du côté des services de l’aide à l’enfance. Le retournement des valeurs qu’offre le scénario est une provocation qui a judicieusement porté ses fruits, offrant au film la récompense suprême du plus grand festival de cinéma au Monde. Mais il ne faut pas se laisser duper. En s’attaquant au pays, la Norvège, qui truste toutes les premières places des classements mondiaux des indices de développement humain, Cristian Mungiu ne fait pas preuve d’un grand courage et fait surtout le jeu des extrémistes des deux bords.
Anatomie d’une gifle Un couple mixte norvégien/roumain s’installe dans un petit village de Norvège avec ses 5 enfants ; la famille est très pieuse, voire intégriste. Leurs voisins et toute la communauté vit selon des règles bien différentes dites progressistes et laïque. Mais un événement survient qui va mettre en lumière de manière brutale des différences culturelles fondamentales. Pourquoi ce titre à ma chronique ? Les points communs entre ces deux Palmes d’Or Cannoise récentes de très très bonne tenue sont nombreuses dont toute la dialectique coupable/non coupable. Même si ici c’est moins le cœur du film que dans « Anatomie… ». En effet, cette tension autour de cette question de culpabilité est surtout le moyen d’aborder de nombreuses autres thématiques et surtout elle est le reflet de cette bataille des valeurs où la conviction a plus de poids que la vérité. Là, il est question de systèmes de valeur, Mungiu confronte deux visions éducatives : traditionnelle et progressiste. A charge contre la famille rigoriste dans sa première partie, le film bascule petit à petit vers un point de vue moins tranché. En effet, on y voie une famille aimante mais aux principes bien ancrés privant le enfants d’une partie de leur libre arbitre et de leur liberté. De l’autre côté, une communauté norvégienne prônant liberté et tolérance va se retrouver elle aussi pris à son propre piège et atteindre ses limites quand il s’agit d’accueillir un système de valeurs si étranger au sien. Le film a cela d’intelligent qu’il fait réfléchir en profondeur le spectateur en renvoyant dos à dos deux systèmes de valeurs portés par des communautés aussi intolérantes les unes que les autres. Dans un monde globalisé, les valeurs n’ont jamais été aussi polarisantes. Même si certaines scènes peuvent paraitre parfois artificielles pour servir son propos et faire avancer notre réflexion ; par exemple, comment des ados ne peuvent-ils pas expliquer à la justice la source d’hématomes ? Taxés par certains d’être anti woke et de donner une leçon de morale conservatrice au monde ; pour eux, ce sont les convictions qui parlent, car le film a l’intelligence de n’être jamais manichéen ou partisan, il fait juste avancer l’intelligence collective. Et c’est bon de voir un film qui bouscule nos certitudes, et ce film le fait sans cesse. Et la certitude que l’on a nous occidentaux, sans cesse, d’être le camp du bien et du progrès, devient ici intolérable. Jusqu’à poser une question ultime : peut on séparer des enfants de leur parent pour une gifle ? Est-ce une solution pour leur bien ? Est-il bon par contre bon de laisser des enfants dans leur famille quoi qu’il en coute car les liens de sang sont primordiaux ? Mais ce film en pose aussi beaucoup d’autres. Mungiu dont on connait le talent, lui qui est avec chacun de ses films à Cannes et a remporté déjà une Palme d’Or, a une intelligence narrative qui renvoie le spectateur à lui-même, il sera le seul juge in fine et le seul à trancher ce que le scénario ne dénoue pas. Magnifique film kafkaïen à ne louper sous aucun prétexte ; il brille par sa densité, sa complexité et son propos éminemment politique tant il brouille nos repères et nous dérange en profondeur et durablement. 2h25 d’une extrême acuité sur le monde et nous même : à voir absolument.
La malchance de cette famille c’est d’avoir immigré dans un pays libre ou les enfants ont des il etait bien fait sauf 2 passages en noir, les familles et les enfants ont bien ete choisie parce qu’ils ne parlent pas souvent.
Fjord est un film puissant et profondément troublant, qui réussit à installer une tension presque permanente sans avoir besoin d’effets spectaculaires. Je me suis rapidement laissé emporter par l’histoire et j’ai vraiment adoré le film. J’ai particulièrement apprécié son atmosphère, son intensité et la manière dont il m’a fait réfléchir.
Je suis allée voir Fiord. Très intéressant, presque anthropologique dans sa façon de disséquer, assez sévèrement, la société norvégienne. Le ton est froid, l’image sublime, l’interprétation d’une grande justesse. Tout est précis, tenu, parfaitement maîtrisé. Un film austère, beau et acéré. Très belle Palme.
Cristian Mungiu confirme, avec ce deuxième Palme d'Or décrochée dix-neuf ans après 4 Mois, 3 Semaines, 2 Jours, qu'il reste l'un des cinéastes les plus rigoureux du cinéma européen contemporain. Fjord met en regard deux sociétés qui appartiennent toutes deux à l'Europe au sens large — même si la Norvège reste hors Union européenne — et c'est précisément cet écart, entre tradition et rigidité laïque, qui constitue le cœur brûlant du film.
Ce qui frappe d'abord, c'est la retenue du geste politique. Mungiu ne prend jamais parti : il pose les faits, déroule les événements avec une neutralité apparente qui n'est en réalité qu'une confiance totale accordée au spectateur. Aucun jugement asséné, aucune démonstration — seulement les éléments nécessaires pour se construire sa propre lecture. C'est cette subtilité, rare dans le traitement de sujets aussi clivants, qui élève le film au-dessus du simple pamphlet social.
Renate Reinsve et Sebastian Stan portent ce dispositif avec une justesse remarquable. En parents pris dans l'engrenage d'une société norvégienne appliquant ses principes avec une froideur bureaucratique, ils donnent chair à une détresse qui ne verse jamais dans le pathos facile. Leur jeu, tout en intériorité et en tension contenue, fait exister le vertige d'un couple qui perd pied face à un système qui se croit juste.
Un film essentiel à montrer à qui veut comprendre la difficulté d'accepter l'autre — et une nouvelle preuve que Mungiu reste un cinéaste politique de premier plan.
Une histoire familiale qui pourrait être banale et qui nous interroge. Cette famille de cinq enfants débarque en Norvège dans le pays de la femme alors qu'ils vivaient en Roumanie. Les traditions religieuses de cette famille vont être mises à rudes épreuves face aux règles très laïques de la communité où elle habite. Education, principes et modes de vie s'affrontent dans une société moderne. Aucun parti pris dans ces oppositions où chacun cherche le meilleur pour les enfant. Un film fort, sans éclats de voix, subtile à bien des égards et qui nous renvoie à nos réflexions d'humains dans les schémas proposés par l'état et par les familles. A voir !
C est un super film On ne voit pas le temps passé Véritablement scotché par cette législation de protection des est une dérivé absolue illustrée par le retrait du bébé à sa mère qui l allaité. Ok cette famille et cette communauté religieuse est plus ringarde que dangereuse. Dans ce domaine on a connu pire. Mais alors là protection de l enfance déployée dans toutes ses dimensions c est des fadas. Et finalement dans ce fjord étroit physiquement et moralement la vérité vient de 2 gamines de bord opposé qui crie leur amour je t aime
La découverte de ce film jette un froid, dans tous les sens du terme. A la fois dans sa forme et dans son propos, on est transporté dans un environnement ultra rigoriste, encadré par des plans fixes, un scénario et des dialogues très écharpés… une famille très pratiquante vit en Norvège, le père est d’origine roumaine et leurs cinq enfants sont tous élevés dans la religion évangéliste la plus restrictive : pas de portable (les pauvres !) pas de danse, les prières régulières... Et pourtant les ados sont scolarisés et la famille bien intégrée dans les structures locales. mais c'est sans compter une machine judiciaire infernale qui se met en branle et emporte tout sur son passage. Une responsable des études perçoit – ou croit percevoir- des bleus sur les bras de l’adolescente, les institutions se déchainent en une fraction de seconde : Signalement de maltraitance, plainte, procès, enlèvement des enfants à leur famille pour les mettre dans des foyers d’accueil, avec en toile de fond un procès à charge, témoin d'une société totalitaire dans sa bien pensance, qui n'a pas de recul, pas de demi-mesure en Norvège, on ne badine pas avec les sanctions....c'est un film qui donne à voir mais je salue la position courageuse qu’il affiche dans la description d’une société répressive qui conduit à un état censeur et liberticide. Malgré son caractère déstabilisant, c’est remarquablement filmé, avec des paysages de fjord ou les avalanches sont monnaie courante. Une palme de qualité.
Fjord aborde un vrai sujet de société, c'est très bien filmé et le constat avec la vision des deux cotésq est juste. Mais honnêtement, est-ce vraiment ce qu'on a envie de voir quand on va au cinéma ?Un bon documentaire à la television aurait suffi.