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Sagis
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3,5
Publiée le 22 août 2026
un peu décevant pour une palme d'or, cependant très bon film qui permet de se poser de squestions, remettre en cause ses opinions certitudes et préjugés, et qui interrogé sur "qu'est ce qu'un nation progressiste?"
"Fjord" bien noté par la critique, Palme d'or au dernier festival de Cannes est un drame psychologique avec des qualités. Le réalisateur roumain Cristian Mungiu, souvent distingué à Cannes, s'est inspiré de l'affaire Bodnariu qui a défrayé la chronique en Norvège en 2015, pour dénoncer l'intransigeance, voire la xénophobie, des services sociaux norvégiens face à une famille chrétienne roumano-norvégienne traditionnelle. Si l'interprétation de Sebastian Stan et Renate Reinsve est remarquable, le film n'est pas sans défauts et soulève des questions qui demeurent sans réponse.
Film un peu maladroit. En voulant faire son petit effet ambiguë, en prétendant arbitrer le combat entre la morale et le cynisme, le réalisateur commet l'erreur d'assimiler l'éducation des enfants "à la Norvegienne", la priorité donnée aux droits de l'enfant à de la bien pensance. En réalité, il y a de fortes chances pour qu'un enfant maltraité devienne un adulte maltraitant. Il n'y a pas de discussion possible là dessus, même s'il peut y avoir des exceptions. Bref, le réalisateur se trompe de sujet en tentant de nous faire croire qu'une prétendue "bien pensance" norvégienne est aussi violente que le cynisme et le conservatisme d'une famille roumaine. Reste, à la rigueur, un constat d'incommunicabilite et d'incompatibilité entre deux méthodes (l'une, périmée et vouée à l'échec), censées agir pour le bien de l'enfant.
D’un point de vue cinématographique, le film est parfaitement maîtrisé et la direction artistique sans reproche. Le hic c’est qu’en mettant dos à dos des intégristes religieux et une société laïque, le réalisateur fait preuve d’un relativisme insupportable qui nous laisse un goût amer pour ne pas dire infect.
Fjord nous immerge dans ce village norvégien au travers de la famille. Très vite, elle se lie avec leurs voisins ainsi que leurs enfants. La famille a certes une pratique religieuse intensive, mais ne vit pas pour autant repliée sur elle-même. Les préceptes d’éducation ne sont pas des plus courants.
Le propos du film ne prends pas partie. Jamais nous n’assistons à des scènes qui ne peuvent être que certitude. Les situations sont souvent ambiguës et appellent à la réflexion.
Le film interroge sur les différences culturelles et la compatibilité des différents modes de vie. Les parents se confrontent à des notions de violence et de violence éducative qu’ils n’appréhendaient pas auparavant. Leur pratique religieuse et les idées qui en découlent sont aussi remises en cause.
Une grande partie du film va devenir un combat judiciaire ou chacune des parties va exprimer son point de vue. Les visions s’affrontent : la famille commet-elle des abus sur ses enfants ? Les services sociaux abusent-t-il de leur pouvoir ? Ou chacun est-il simplement dans sa vision ?
Fjord est un film qui interroge les spectateurs sur les différences culturelles, l’intégration et le droit d’ingérence dans les affaires privées.
Palme d'or ? Comme c'était bien indiqué sur l'affiche, sur l'écran en début de film, dans les journaux, un peu partout quoi, il m'a bien fallu y croire mais après deux heures et vingt-six minutes, j'ai quand même du me pincer et tout relire pour achever de m'en convaincre ! Car tout d'abord, c'est très laid : je veux dire, l'image, la photographie, et le jury lui a peut-être accordé une palme pour avoir réussi à photographier aussi mal des paysages aussi beaux ! Ça touche en effet à l'exploit ! Quant à l'histoire de cette famille d'ultra catholiques venue en Norvège de sa Roumanie natale et en proie à l'incompréhension des services de l'état de protection de l'enfance qui leur reproche d'employer des méthodes d'éducation violentes et interdites, sinon par leur religion comme il sera exposé ad nauseam tout au long du film, en tout cas par la loi norvégienne, là où nombre de journalistes voient dans le scénario irresolution, opacité, libre arbitre du spectateur, voire même de la poésie (si, si!), j'y ai vu moi une prise de position nette et sans bavure dans le camp des parents et donc plutôt dérangeante en ce qui me concerne. Et la dernière image quasi christique de l'amie de la fille marchant sur les eaux du fjord n'est pas là pour me faire douter ! Dérangeant ? Certes mais pas dans le sens de nombre de critiques...
Le film nous emmène dans un univers auquel nous ne sommes préparés. J'ai découvert ce film en ne connaissant que son palmarès. Je conseille à tout le monde de le voir, ne serait-ce qu'une fois.
Ce qui est sûr, c'est que cette Palme d'or 2026 va créer pas mal de débats et de longues discussions ! Il confronte un pays avec ses lois face à une famille ultra croyante et son éducation puritaine.
On sent que le réalisateur s'est documenté sur le sujet de l'émigration et de la disparité des principes du pays qu'on quitte avec ceux du paix d'accueil.
Le sujet est amené avec subtilité et le récit prend le temps de se poser avec en fonds les sublimes paysages de la Norvège.
La tension monte crescendo et les contradictions bousculent nos certitudes et chamboule nos convictions.
J'ai été surprise par les questionnements qui m'ont traversé durant tout le film : tantôt énervée, tantôt émue, puis interloquée et prise au dépourvue.
Ce film ne fera pas l'unanimité, déjà par sa longueur et son rythme lent qui peut en dérouter plus d'un.
Également, par sa neutralité et le fait qu'il ne prend aucun parti. Il expose des faits et nous laisse assister à un procès animé dans lequel les croyances de deux pays se renvoient la balle avec ferveur.
J'ai été tellement choquée des disparités qui existent entre la Norvège et la France ! Quand je pense que le premier pays retire la garde des enfants aux parents dès suspicion de fessées, et donc de maltraitance, alors qu'en France on ne retire pas la garde aux pères condamnés pour inceste sur ses enfants... Ça me fait rager !
Je retiendrai les performances de Sebastian Stan et Renate Reinsve, transformés pour ces rôles, toujours justes et sur le fil.
C'est un récit qui ne m'a pas laissé indifférente, auquel je pense encore et qui serait intéressant de visionner une seconde fois pour en saisir toutes les subtilités.
Le seul bémol serait pour moi le final qui m'a laissé dubitative car peu réaliste mais le récit est imprégné encore dans mon être : efficace et marquant !
Enfin un film avec des nuances. Tout n’est pas blanc ou noir et heureusement. Le film évoque le choix de deux cultures totalement opposées ( catholiques et non), le conflit entre deux méthodes d’éducation. On n’aura pas le fin mot de l’affaire : les enfants ont ils été frappés comme le dit l’aide sociale à l’enfance ou tout simplement éduqués ? A voir
Une œuvre profondément stimulante, portée par une mise en scène d’une grande sobriété et des interprètes d’une remarquable justesse. J’ai particulièrement apprécié la manière dont le film confronte famille, éducation, religion et institutions sans simplisme. Une réflexion nuancée, parfois inconfortable, dont la force tient précisément à son caractère aporétique.
Quelle audace de la part du cinéaste de traiter un sujet aussi fort et brûlant. Sans être manichéen, il ose mettre un pavé dans la marre de ce que certains nomment le "vivre ensemble" en montrant l'hypocrisie. Il traite son sujet d'une manière implacable et la tension monte crescendo. Une interprétation formidable et toute en nuances. Très belle palme qui ne plaira pas à tout le monde. Au vu de certaines critiques de presse, on sent le malaise... C'est réjouissant.
Là où Cristian Mungiu réussit brillament, c'est dans l'instillation du doute. On ne sait pas qui est victime, qui est coupable, et toute personne sensée change d'avis plusieurs fois lors des 2h30 que durent cette monstration de faits divers (fictifs mais quasi-réels). Il n'est nullement question ici d'un combat de réactionnaires contre des wokes comme on peut le lire parfois, il s'agit de la confrontation entre une famille (réactionnaire oui, mais là n'est pas le sujet) et une administration kafkaïenne et lente (qu'elle ait raison ou non). Bref, de quoi se faire des noeuds au cerveau et en sortir sans avis ferme et définitif. Et c'était justement le but, réfléchir et douter.
"Fjord" est très décevant. Le cinéma de Cristian Mungiu est un cinéma très sombre mais qui propose toujours une expérience esthétique et sensorielle forte. En témoigne son dernier long-métrage "." qui n'échappe pas à la règle. "Fjord" n'a quant à lui pas grand-chose à proposer de novateur ou d'intéressant esthétiquement. Simpliste sans être épuré, il paraît même parfois être mal réalisé. Comme le soulignait à juste titre Télérama, les films de Mungiu sont profondément manipulateurs, non dans un sens négatif, me semble-t-il, mais dans ce qu'ils entraînent le spectateur dans une intrigue contre son gré en le trompant sur certains éléments. "Fjord" ne me paraît pas être un film positivement manipulateur mais bien plutôt une œuvre perverse dans sa démarche ; non qu'elle soit particulièrement "encline au mal", qu'elle "aime à faire le mal" mais dans ce qu'elle propose un projet qu'elle ne tient pas et qu'elle détourne dans un but malhonnête. Je n'ai cessé d'entendre Mungiu répéter dans les médias qu'il faisait un film pour montrer l'incapacité de deux partis adverses à communiquer. Je n'affirme absolument pas qu'il n'existe aucun problème dans la société norvégienne et qu'on ne peut pas les questionner, mais ce n'est pas ce que fait le réalisateur dans "Fjord". Mungiu construit le portrait d'une famille traditionnelle qui, une fois soupçonnée de violences sur ses enfants, se voit être la victime innocente d'une société qui n'a plus rien de progressiste et ne se caractérise que par son autoritarisme, sa cruauté et son inutilité dans cette caricature clivante et désossée de la société norvégienne et de son Aide à l'enfance. A contrario, jamais Mungiu ne questionne les positions de la famille qui fricote avec le pire de la sphère politico-religieuse roumaine, aucun jugement n'est posé sur eux, sauf peut-être la suspicion du mensonge. Quand on se fait le pourfendeur d'une société progressiste en ne caricaturant que d'un côté, on ne peut prétendre à l'objectivité et à la neutralité, y compris dans la mise en scène à grands coups de plans-séquences. "Eddigton" d'Ari Aster me paraissait être un film bien plus efficace sur un thème similaire, quoique très différent sur bien des plans, en faisant le choix d'une caricature généralisée. Qu'on ne s'y méprenne pas, je n'accuse pas Cristian Mungiu d'être "un terrible fasciste" mais je définirais assurément "Fjord" comme un film réactionnaire. Mais ce qui me dérange, je le répète encore une fois, ce sont les choix de Cannes, cette fois pour des raisons esthétiques mais aussi idéologiques étant donné le contexte politique européen très tendu. Cette Palme d'or ne fait que me renforcer dans la mauvaise opinion que je me fais de Park Chan-Wook, président du jury 2026, et de ses choix cinématographiques.