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gerald b.
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3,5
Publiée le 13 septembre 2026
Un film réaliste et sans temps mort dont le paysage est aussi froid et inerte que la société ou plutôt le système qui est décrit. Mungiu renvoie face à face deux mondes et leurs limites et dezingue au passage la dictature de la bienpensance. Les acteurs sont tous d'une grande justesse. Pour le reste, si les questions de l'éducation, de la parentalité, de l'autre, de l'étranger et même de la liberté sont posées, on est loin du chef d'oeuvre de cinéma.
Un excellent film qui donne à réfléchir sur la façon dont l'intolérance peut se couvrir du manteau du libéralisme, et justifier d'insupportables atteintes à la vie privée. A son habitude, Mungiu ne juge pas, il expose les faits, avec brio et une infinie justesse. Son film est d'autant plus fort et poignant
Un film magistral dont on regrettera seulement que les acteurs parlent vite et en différentes langues, donc les sous titres sont trop rapides pour les lire complètement. De ce fait, on perd un peu de la qualité extrême du film. Acteurs formidables, on est scotchés à son fauteuil tant on ne sait pas où l'action va nous mener. LA fin est surprenante. Bravo, palme amplement méritée. La TOLERANCE, fil conducteur du film, n'est pas vraiment présente dans ces deux visions du monde de l'éducation diamétralement opposées. Finalement, on n'aimerait vivre ni au fond d'un fjord, ni en Roumanie. On ressort épuisé de cette confrontation mais ravi d'avoir mis sur la table un problème fondamental de notre société actuelle.
Un procès qui interroge en même temps qu’il dérange… que se passerait il en France dans les mêmes circonstances? Si c’était une famille musulmane par exemple…
C'est un film qui laisse des traces. Une palme d'or ? Pas sûr, même si c'est bien réalisé, bien dirigé, bien joué, ce n'est pas une "claque de cinéma", mais ce n'est pas novateur dans la forme. Dans le fond par contre... L'histoire n'en finit pas de tourner et de retourner dans ma tête. Alors c'est peut-être ça la clé de la Palme, ce parti-pris de laisser réfléchir le spectateur de façon très inattendue, sans qu'il y prenne garde, de le sortir en catimini de sa zone de confort, de l'éjecter discrètement de son statut d'observateur extérieur pour le plonger en pleine introspection philosophique, entre tolérance, humanisme et morale... L'histoire ne parait pas si extraordinaire, au début. Les protagonistes semblent facile à cerner. Pourtant la sobriété du récit éclaire tout sous de multiples angles, bouleversant tous nos repères intellectuels et moraux. Finalement c'était peut-être une "claque de cinéma"...
Film intéressant sur la capacité d’une démocratie à agir sans garde fou. L’écoute sans précaution des enfants comme l’agence norvégienne de protection des enfants devrait aller regarder ce que les services français à Outreau ont loupé il y a plus de 10 ans. Reste que le film est lui même ambigu avec un doute qui reste bien après la fin du film sur une possible brutalité dans l’éducation.
Je sors de la salle et que dire, si ce n'est que ce film est une énorme déception.
Et pourtant, le scénario de départ avait tout pour m'intéresser : spoiler: des parents qui sont accusés de violences sur leurs enfants, leurs cinq enfants qui leur sont retirés et placés dans des familles d’accueil différentes, les séparant ainsi les uns des autres, et cette question qui plane pendant tout le film : sont-ils réellement coupables ou innocents ? Sur le papier, il y avait matière à construire un drame familial très prenant.
Malheureusement, j'ai trouvé cette idée beaucoup trop peu exploitée. Le film dure 2h26 et je les ai ressenties du début à la fin. Tout m'a paru extrêmement lent, mou, froid et sombre. La mise en scène contemplative n'est clairement pas faite pour moi et j'ai eu énormément de mal à rester intéressé.
Même les moments qui auraient pu créer une véritable tension m’ont frustré, notamment autour du tribunal et de la possibilité pour les parents de récupérer leurs enfants, spoiler: avec l’avocat qui leur explique qu’ils doivent plaider coupables, quitte à mentir, afin d’avoir une chance de récupérer la garde de leurs enfants . Au bout de 2h26, je m'attendais au moins à une conclusion satisfaisante sur ce qui s'était réellement passé. À la place, le film entretient volontairement l'ambiguïté jusqu'au bout et se termine d'une manière que j'ai trouvée confuse et incompréhensible.
Sebastian Stan est un excellent acteur que j'apprécie beaucoup, mais même sa présence n'a malheureusement pas réussi à me faire accrocher.
Je respecte évidemment ceux qui apprécieront ce cinéma très lent et contemplatif, mais personnellement, j'ai détesté l'expérience. Si vous cherchez un film qui ne vous casse pas la tête, passez votre chemin.
Si j'avais su, je n'aurais pas dépensé mon argent pour aller le voir au cinéma. Je ne le reverrai clairement pas.
Deuxième Palme d’Or du cinéaste roumain Cristian Mungiu, Fjord est un film inconfortable, qui vise à montrer que la majorité, quelle qu'elle soit et y compris lorsqu’elle est portée par les intentions les plus positives, a tendance à exercer une domination sur la minorité, préférant lui imposer ses valeurs par la force que tenter de la convaincre de les adopter.
C’est avant tout une merveille d’écriture qui, à travers la tension d’un film de procès, magnifiée par une mise en scène faite de plan-séquences, porte également une réflexion sur la polarisation de la société et un dialogue impossible. Une opposition qui concerne ici une famille immigrée ultra-pieuse et l’aide sociale à l’enfance norvégienne particulièrement progressiste. Chacun, aussi rigide que l’autre, cherche le bien des enfants. Les uns à partir d’une conception reposant sur la famille traditionnelle et Dieu, les autres à partir de l’individu et de ses droits. Et à travers cette confrontation, Mungiu brouille les repères et bouscule les convictions. Plein d'ambiguïtés, Fjord interroge toutes les certitudes avec une foi totale en l’intelligence de son spectateur qu’il laisse face à ses propres contradictions, sans lui offrir de réponse préconçue.
Et puisqu’il est particulièrement compliqué de savoir ce qui se passe réellement dans la sphère privée, on ne saura jamais vraiment ce qui a eu lieu. En réalité, peu importe pour Mungiu qui semble davantage intéressé par la façon dont la société traite cette suspicion, avec tous les préjugés qu’elle peut porter. Car, à travers l’empathie que sa mise en scène suscite pour cette famille, Fjord semble être avant tout un film sur la xénophobie. Sur la difficulté de s’intégrer lorsqu’on est migrant et sur notre propension à juger plus hâtivement et brutalement ceux qui ont une culture et des mœurs différentes, à cause de notre prisme et de nos préjugés.
Avec ici une originalité cruciale : c’est une famille chrétienne, très conservatrice et relativement aisée (profil habituellement à l’origine des paniques morales) qui en est la victime et qui est placée en situation de minorité immigrée, et donc victime d’une forme d’oppression et d’injustice. C’est ce choix qui rend le film perturbant, car l’histoire et les enjeux auraient pu être parfaitement identiques avec, par exemple, une famille musulmane immigrée en France, mais l’inconfort qui fait toute la puissance du film aurait eu moins d’impact. Le film montre également que ce n’est pas au niveau individuel que se joue cette oppression, qu’entre individus le vivre-ensemble est largement possible. En revanche, c'est la société par son organisation même, lorsque les institutions s’en mêlent, que cette oppression est produite.
Enfin, on suit en réalité deux familles : celle des migrants et celle des voisins dont la fille semble aussi (très implicitement) victime d’abus. L’idée étant de montrer comment on peut s’acharner sur ceux qui ne nous ressemblent pas, sans même avoir le moindre doute sur ceux qui sont intégrés.
Ces sujets me semblent faire de Fjord un film loin d’être conservateur ou réactionnaire comme certains le présentent. Au contraire, il apparaît comme une ode à la compréhension et à la communication, montrant que tandis que les adultes restent enfermés, par quasi-automatisme, dans leurs idéologies, les enfants (littéralement laissés au second plan) évoluent, s’ouvrent à l’autre et à la différence. La véritable opposition du film est peut-être finalement là : entre les enfants et les adultes qui leur imposent leurs certitudes.
Un film qui ne cherche jamais à nous dire qui a raison ou qui a tort. J’ai beaucoup aimé cette ambiguïté qui nous oblige à remettre en question notre regard jusqu’à la fin. Au-delà du conflit entre la famille et les institutions, le film pose aussi la question de la place des enfants, qui ont leurs propres envies et leurs propres intérêts. Une mise en scène sobre et des scènes vraiment fortes. Un film assez dérangeant mais qui continue à faire réfléchir après la séance.
Émouvant et intense, cette histoire sur la dualité d’une famille conservatrice chrétienne et d’un monde progressiste est très intéressante. J’aime beaucoup l’angle apporté mais je regrette qu’il n’y ait pas plus de matière d’analyse, j’ai trouvé qu’il y avait des longueurs dans le récit pendant lesquels je me suis légèrement ennuyée.
Un film austère avec des personnages aussi froids que le decor. Un film qui interroge sans apporter les réponses aux questions qu il pose et c’était le but du réalisateur qui a su éviter les situations caricaturale. Le scénario est digne d un thriller.
Ce film est froideur, des couleurs, du jeu des acteurs, des paysages. Il est étonnant que la famille soit tout sourire sur l'affiche et si peu expressive dans le film. Pas de place pour l'empathie. Ce film dérange, car il ne propose pas de point de vue. Il expose une situation, sans qu'on sache véritablement ce qu'il en est. Tout est suggéré, rien n'est divulgué. Que cache la rébellion de la fille des voisins ? Les voisins sont-ils aussi parfaits que ce qu'ils paraissent ? Pourquoi les agents de l'Aide à l'enfance prennent la décision de séparer les enfants si rapidement, sans prendre le temps d'enquêter ? Quels sont les résultats du scanner pour le bébé ? Beaucoup de questions, aucune réponse. Chacun s'enferme dans ses certitudes. Et les certitudes, c'est dangereux.
Magnifique w Les deux heures et demie passent très vite. Les certitudes et le penser bon pour les autres volent en éclat. Je recommande vraiment. Très émouvant.
Après une mise en place un peu longue des personnages et de leur milieu, le film prend son envol avec l’apparition du « problème ». Dès lors les aspects « suspense » liés à l’enquête, puis au procès, et « réflexion sociétale » liés aux différences d’approche culturelle des choses se superposent pour tenir le spectateur en haleine tout en lui posant force questions. La puissance du film tient à la pertinente dissection des différents points de vue, incompatibles dans l’univers montré, tous obéissant à leur propre logique. Le cinéaste ne prend pas parti et n’oriente pas non plus l’œil du spectateur, qui ressent tour à tour de la sympathie ou du respect pour les différentes parties. Dans les deux camps, ce sont les excès et la radicalité qui sont condamnables. Un grand film, qui pose intelligemment des questions oh combien d’actualité (avec la finesse de placer ici des Chrétiens dans la situation que de nombreux Musulmans connaissent en Europe).
Alors que dans nos salles de cinéma, 9 films que 10 sont clairement là pour nous formater dans le sens que veulent ceux qui dirigent, contrôlent l'industrie cinématographique, celui-ci semble miraculeusement avoir échappé à la matrice. Incroyable. Jouissif. La fin est inévitable, attendue, espérée. La famille est sauve, en se sauvant, dans un sursaut de lucidité, d'un carcan idéologique fou. Conclusion : une famille "traditionnelle" classique (100% des familles avant l'idéologie trucmuchbidule) ne peut pas réussir à être heureuse, non détruite, dans un pays progressiste contrôlé par des personnes souvent sans enfants et fortement imprégnées par l'idée que les enfants ont forcément toujours raison.