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tifdel13
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3,0
Publiée le 17 août 2026
Le temps nous dira si Fjord méritait la Palme d’or. Le nouveau Cristian Mungiu n’en reste pas moins un très bon film. Sous couvert d’une enquête, le réalisateur roumain s’intéresse aux différentes visions de l’éducation et ouvre la porte au débat.
Exceptionnel Film important, absolument pas manichéen. On retrouve la veine du procès « Anatomie d’une chute ». Il n’y a oas de vérité, nous sommes à la place du juge et nous devons décider en notre âme et conscience.
Excellent film. Sa palme d’or est largement méritée. La confrontation entre deux cultures, personnifiée par des x familles. Des acteurs qui jouent merveilleusement bien. Les 2h20 de film passent très vite. À voir absolument !
Film vu dans le cadre d’une avant-première. Je recommande vivement ce film, qui propose une histoire prenante et intelligente, tout en nous amenant à réfléchir sur plusieurs sujets importants de notre société. Une œuvre à la fois profonde, dérangeante et marquante.
Le mode d’éducation des enfants dans une famille, la protection des enfants, deux domaines majeurs traités de façon différente selon les pays et selon les époques mais qui, forcément, cheminent de concert. Dans "Fjord", le film qui s’est vu décerner la Palme d’Or lors du dernier Festival de Cannes et qui, n’en doutons pas, va faire naître (ou plutôt renaître, car des controverses sur ces sujets ont régulièrement lieu et ce, depuis longtemps) des débats enflammés à la télévision, à la radio et dans la presse écrite, deux fondamentalismes se rencontrent et s’opposent. Face à un tel film, au sujet important et dont le traitement qui en est fait s’avère dérangeant, on se pose forcément un certain nombre de questions : pourquoi Cristian Mungiu a-t-il décidé de faire un film sur ce sujet ? Après le pourquoi, le comment (quels ont été ses choix concernant la façon de traiter ce sujet ?) et le pourquoi du comment ; et nous, spectateurs, comment avons nous reçu Fjord ? Concernant la première question, Cristian Mungiu a fourni la réponse à plusieurs reprises : il regrette de voir un peu partout dans le monde des sociétés divisées en groupes rivaux avec des gens qui s’ignorent et/ou qui se haïssent les uns les autres, des gens qui sont convaincus d’avoir raison, les autres étant, au choix, manipulés, stupides ou endoctrinés. Des sociétés où le doute n’existe pas, une absence de doutes, qui, pour lui, favorise l’émergence des extrêmes dans la vie publique. Afin de donner un 2ème souffle au doute, Il a décidé de réaliser un film sur la rencontre et l’opposition entre 2 fondamentalismes et il a jeté son dévolu sur l’éducation et la protection des enfants. Un choix gagnant, en tout cas pour lui, puisqu’il a permis à cet habitué de la Croisette de se voir attribuer la Palme d’Or 2026, 19 ans après l’avoir déjà obtenue avec "4 mois, 3 semaines, 2 jours", entrant ainsi dans le « cercle » des doubles palmés d’or. Là où Cristian Mungiu surprend, c’est qu’il propose aux spectateurs une version de l’histoire qui n’a rien de neutre : il embarque les spectateurs aux côtés de la famille Gheorghiu et, quelle que soit l’opinion qu’on peut avoir sur la meilleure façon d’éduquer des enfants, quoiqu’on pense des limites à fixer (ou non !) à la protection de l’enfance, la vision du film nous conduit inexorablement à prendre parti pour cette famille très pieuse, au mode d’éducation très strict, pas du tout progressiste et à trouver intolérable ce que le service de protection de l’enfance lui fait subir. Il n’est pas interdit de penser que Cristian Mungiu, anticipant un a priori favorable au progressisme parmi son public, a délibérément choisi de forcer le trait en faveur du conservatisme afin que l’empathie qu’on est quasiment obligé de ressentir pour la famille Gheorghiu aboutisse à générer chez les spectateurs ce doute dont il regrette tant la disparition. critique compète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film. Film vu au Festival de Cannes.
Palme d’or incontestée de cette 79ᵉ édition du Festival de Cannes, Cristian Mungiu signe son grand retour avec Fjord. À travers ce drame social, le cinéaste confronte des visions du monde opposées pour livrer une œuvre à la fois critique, subtile et profondément ancrée dans les fractures de nos sociétés contemporaines.
Vu en avant-première, le film nous plonge dans le quotidien d’une petite communauté chaleureuse et bienveillante, où on ne plaisante pas avec la protection des enfants. Un incident fait basculer l’histoire dans une réflexion très intéressante sur les valeurs de tolérance et l’acceptation de l’autre.
Avec Fjord, Cristian Mungiu poursuit son exploration des fractures contemporaines en délaissant le récit judiciaire classique au profit d'une observation minutieuse des rapports humains. Le cinéaste s'intéresse moins à l'événement déclencheur qu'à ses répercussions sur un village entier, où chaque regard, chaque silence et chaque prise de position participent à la montée des tensions.
Le film impressionne avant tout par son refus de simplifier le réel. À aucun moment il ne cherche à fabriquer des héros ou des coupables. Chacun agit selon une logique qui lui paraît légitime, qu'elle soit familiale, institutionnelle, religieuse ou sociale. Cette absence de jugement transforme progressivement le spectateur en observateur actif, obligé de confronter ses propres certitudes aux situations présentées.
Cristian Mungiu construit son récit avec une grande rigueur. La mise en scène reste volontairement sobre, presque clinique, privilégiant les visages, les échanges et les hésitations plutôt que les effets spectaculaires. Cette retenue renforce la crédibilité de l'ensemble, même si la réalisation demeure très classique dans sa forme.
Sebastian Stan livre une prestation tout en intériorité, incarnant un homme partagé entre ses convictions et un environnement devenu hostile. Face à lui, Renate Reinsve impose une présence remarquable, traduisant avec une grande finesse l'inquiétude, la dignité et l'usure psychologique d'une mère confrontée à une pression croissante. Leur complémentarité donne une véritable épaisseur émotionnelle au récit.
Au-delà de son intrigue, Fjord ouvre une réflexion particulièrement stimulante sur des notions souvent confondues. Le groupe, la communauté et la société ne poursuivent pas les mêmes objectifs et leurs logiques peuvent entrer en conflit lorsque des conceptions différentes de l'éducation, de la religion ou du vivre-ensemble se rencontrent. Sans transformer son récit en démonstration théorique, le film illustre avec justesse ces mécanismes et montre combien le droit, les normes sociales et les convictions personnelles peuvent s'entrecroiser.
Loin d'apporter des réponses définitives, Fjord préfère maintenir le doute jusqu'à son terme. Cette ambiguïté assumée constitue sa principale qualité. Elle fait de ce drame intimiste une œuvre qui dépasse largement son cadre familial pour interroger, avec intelligence, la place que nos démocraties accordent encore à la différence.
Une œuvre qui remet en question notre conception de la justice ainsi que nos convictions culturelles. Si son postulat est réellement intéressant, pertinent et d'actualité, il pâtit d'une mise en scène plutôt oubliable. Le film est néanmoins rehaussé par des interprétations d'acteur convaincantes. Malheureusement, j'en attendais plus de la part d'une Palme d'or ; je suis resté sur ma faim.
Vu en avant-première. Fjord m'a profondément marquée par sa justesse. Au-delà de la qualité de sa mise en scène, j'ai été sensible à la démarche du réalisateur. Lors de notre échange, je lui ai demandé comment il avait préparé un sujet aussi sensible. Sa réponse m'a frappée : il s'est entouré de professionnels du terrain – acteurs du social, spécialistes de la petite enfance, juristes… – et reconnaît que le film n'aurait pas été le même sans leur expertise. Cette humilité se ressent à l'écran. Elle rappelle qu'une œuvre forte naît aussi de l'écoute, du dialogue et du croisement des regards. C'est sans doute ce qui donne à Fjord cette authenticité et cette force émotionnelle. Le film montre avec beaucoup de finesse combien la rencontre entre deux univers, deux systèmes de valeurs, deux cadres juridiques et deux ensembles de coutumes peut être complexe, même lorsque chacun agit avec les meilleures intentions. Il nous rappelle que comprendre l'autre exige du temps, de l'humilité et une véritable capacité d'écoute. Une belle démonstration que la création est aussi une intelligence collective, où l'inspiration naît de la rencontre entre les artistes et les professionnels de terrain.
Bon film. Il nous plonge dans un véritable dilemme et entretient le doute du début à la fin. On découvre l'histoire au même rythme que les personnages, sans jamais savoir si quelque chose s'est réellement passé ou si tout n'est qu'une interprétation.
Cette incertitude est particulièrement bien maîtrisée et maintient le suspense tout au long du film, rendant l'expérience aussi intrigante que captivante.
Je n’avais pas eu le temps de découvrir la Palme d’Or pendant le Festival de Cannes, donc j’ai sauté sur l’occasion quand le club Allo Ciné m’a invitée à l’avp à Paris.
Au début, je vous avoue que j’ai eu un peu peur. Le rythme est très lent, le film prend vraiment son temps et je me demandais où il voulait en venir. Puis, petit à petit, l’intrigue s’installe, les enjeux deviennent plus clairs… et je me suis complètement laissé embarquer.
Le film aborde des sujets vraiment délicats, comme l’éducation, la justice ou encore le placement des enfants en famille d’accueil. Et j’ai trouvé que c’était fait avec beaucoup de finesse.
Je suis sorti de la salle avec un vrai mal de tête… mais dans le bon sens du terme. Le film m’a laissé avec plein de questions : est-ce qu’il existe une « bonne » façon d’éduquer un enfant ? Est-ce qu’on ne cherche pas parfois à imposer une seule vision de l’éducation ? Et à partir de quel moment la justice doit-elle intervenir dans une famille ?
Ce que j’ai le plus aimé, c’est que le film ne cherche jamais à nous dire quoi penser. Il nuance constamment son propos et montre à quel point ces sujets sont complexes. Il donne aussi à voir la réalité d’un pays et de son fonctionnement, sans jugement.
Mon seul bémol, c’est la longueur. J’ai trouvé que certaines scènes tiraient un peu en longueur, et ça m’a parfois fait sortir du film. Mais malgré ça, c’est un film qui continue de trotter dans la tête une fois la séance terminée.
Ce "Fjord" est un condensé de ce que j'aime et de ce qui peut m'agacer dans le cinéma de Cristian Mungiu. L'homme sait indéniablement tenir une caméra, ce qui le rend d'office plus intéressant que 90% de ses confrères, et la manière dont il donne à réfléchir fait du bien. Ici on ne vous dit pas ce qu'il faut penser mais on vous oblige à aller jusqu'à penser contre vous-mêmes en renvoyant deux systèmes fous dos à dos et par là même le spectateur à ses contradictions, ce qui a apparemment posé problème à certains à Cannes. Entre nous ceux qui ont vu ici un "film Pascal Praud" ont soit dormi soit été trompés par leur propre idéologie. Dans un cas ou dans l'autre c'est d'une malhonnêteté crasse et une façon bien pitoyable de faire parler de soi. Après j'ai eu beau apprécier cette façon de nous embarrasser intellectuellement j'ai aussi retrouvé ce que je reproche parfois à Mungiu, d'en rajouter encore et encore, de vouloir impressionner, comme enivré par les compliments à venir. Force est de constater qu'il aurait tort de se priver puisque ce film brillant, mais qui a trop conscience de l'être, lui a valu une deuxième Palme d'Or. Et comme souvent un cinéaste majeur est récompensé pour un film qui ne l'est pas tant que ça.
Le film démarre tranquillement et l’on se demande si l’on est vraiment à sa place dans cette famille ultra religieuse récemment installée au fond d’un fjord, au pied des montagnes sombres bordant une mer noire. Nous sommes en Norvège, dans une société prétendument progressiste mais... Assez vite et telle une mécanique bien huilée, la tension s’installe (cf. anatomie d’une chute) et nous confronte à l’intolérance radicale. Le film est passionnant, son scénario est ciselé et très abouti, il renvoie dos à dos les protagonistes, sans prendre partie (quoique ?) jusqu’à la dernière image. Les acteurs sont formidables et la photo tout en contraste, nous immerge parfaitement dans l’ambiance de cette histoire. Un grand film !