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Gérard Bourgeois
4 abonnés
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4,5
Publiée le 31 août 2026
LE CHOC DES CULTURES Un des bons films de la rentrée, qui fait revenir du monde dans les cinémas. Le pitch : ayant le tort de vivre pleinement ses convictions religieuses, un couple roumain pourtant bien intégré en Norvège est accusé de violences physiques contre ses cinq enfants. Chacun a sa vision. D’un côté : une simple tape n’est pas une fessée, une famille repose sur l’alliance d’un homme et une femme… De l’autre : les croyances religieuses sont condamnables, la libre orientation sexuelle est un droit… En attendant les conclusions de l’enquête de police et le jugement, l’ASE (Aide sociale à l’enfance) soustrait les enfants à leurs parents. Deux conceptions du monde s’affrontent… mais en douceur, à la manière norvégienne et au milieu d’un univers splendide que le metteur en scène fait apparaître à travers les baies vitrées du tribunal. Les échanges très procéduriers entre la juge, les avocats et les parents accusés ont la même densité que certains films américains. Aux spectateurs de se faire leur opinion…
Film prenant ,captivant et on veut aller jusqu'au bout de l'histoire. Quelle est la vérité vraie entre les valeurs de cette famille et celles du système d'aide à l'enfance ? Vous serez seul juge à la fin du film
Bien déçue par ce film qui aurait pu en dire autant en bien moins de temps . Il m'a ennuyée souvent , et mise mal à l'aise. souvent . J'ai trouvé trop radicale et trop extrémiste cette manière d'opposer aussi catégoriquement ces deux mondes, même si c'était l'idée du réalisateur . Film très froid par ailleurs . Pour moi, cette palme d'or n'est pas méritée et je ne comprends toujours pas pourquoi ce film suscite autant de si belles critiques ...
Ce film dénonce les abus de pouvoir des services sociaux, qui sans preuve, enquête décident de vous enlever aussi simplement les enfants. Intrusion dans les familles, humiliations, ce film m'est en avant la violence des séparations et le traitement des SS sur les parents. Séparer les fratries, faire des kilomètres pour voir chaque enfant, se battre pour les récupérer. Ce sytème d'enlevement est un drame sociétable ou 80% des cas sont abusifs. Système financier qui donne des emplois (familles d'accueil, foyers, avocats, JDE...) aux détriment des familles, enfants. Persécution des SS, la chasse aux socières de l'époque moderne (XV, XVI et XVIIe) les heures sombres de 1940. Donner du pouvoir à un être humaine sur un autre être humain est dramatique.. Merci de dénoncer l'impensable ! Abus de pouvoir, placements abusifs des SS.
Fjord à plusieurs talents, le film avec son casting 4 étoiles réussi à imprégner le spectateur de se sentiment de peur, de colère et d’incompréhension que ressent la famille à travers une écriture qui guide sans fioritures de scénario une histoire qui vient prendre au tripes. L’on peut également parler du message, au début je n’était pas sûr de celui si mais après étude de Christian Mungiu l’on peut voir le film comme une interprétation du mélange des civilisation et même si le film peine à ne pas prendre partie son avis reste malgré tout dans un discours qui se veut le plus neutre possible.
Un film très décevant : une caricature de la société norvégienne mais aussi de la culture roumaine. Pas de rythme, pas d'émotion, de grosses ficelles. Comment croire à ce scénario ? À éviter !
Fjord nous plonge dans un doute permanent. Le film nous ballotte habilement d'une certitude à l'autre pour finalement nous confronter à l'évidence : il n'y en a aucune. Cette mécanique fonctionne grâce à une mise en scène sobre et chirurgicale, qui ne fait jamais dans la surenchère. Le casting s'avère extrêmement convaincant, avec une mention spéciale pour les enfants – souvent le maillon faible dans ce genre de drame – qui livrent ici des prestations irréprochables. Certes, le récit prend son temps, mais cette lenteur est salvatrice. Elle permet non seulement de donner de l'épaisseur aux personnages, mais aussi d'infuser peu à peu cette atmosphère pesante faite de souffrance et d'indignation. Enfin, Fjord a la grande intelligence d'opposer progressisme et conservatisme sans jamais verser dans la facilité du manichéisme. Le film se garde bien de trancher pour nous, préférant nous bousculer pour mieux nous inviter à la réflexion. Une démarche exigeante et tout à fait aboutie.
Fjord retrouve ce qui fait la force du cinéma de Cristian Mungiu : partir d’une situation familiale en apparence circonscrite pour mettre progressivement à nu les contradictions d’une société entière. Le réalisateur roumain construit ici un drame moral d’une grande rigueur, où une suspicion de violences éducatives suffit à fragiliser les relations entre deux familles et à faire surgir des questions beaucoup plus vastes sur la religion, l’intégration et la frontière entre respect des différences culturelles et protection de l’enfant.
Les Gheorghiu, couple roumano-norvégien profondément croyant, viennent s’installer dans un village isolé au bord d’un fjord. Leur intégration semble d’abord naturelle. Ils se rapprochent des Halberg et les enfants des deux familles deviennent rapidement inséparables, malgré des modèles éducatifs sensiblement différents. Cet équilibre vole en éclats lorsque des membres du corps enseignant découvrent des ecchymoses sur le corps d’Elia, l’aînée des enfants Gheorghiu.
À partir de cet événement, Mungiu refuse intelligemment la mécanique d’une enquête traditionnelle. La question n’est pas seulement de déterminer l’origine des blessures, mais d’observer ce que le soupçon produit sur ceux qui entourent l’enfant. Les regards changent, les conversations deviennent plus prudentes et des comportements jusque-là considérés comme relevant de la sphère privée sont soudainement réinterprétés.
La grande qualité du scénario tient à son refus du confort moral. Fjord ne cherche pas à distribuer immédiatement les rôles entre coupables et innocents. Le cinéaste confronte au contraire plusieurs conceptions de la famille, de l’autorité et de l’éducation, tout en maintenant une ligne essentielle : derrière les débats culturels ou religieux demeure la nécessité de protéger les enfants.
Sebastian Stan trouve ici un registre particulièrement intéressant, très éloigné du spectaculaire. Son jeu contenu accompagne parfaitement un personnage soumis au jugement croissant de son entourage. Renate Reinsve confirme de son côté sa remarquable capacité à faire exister les contradictions d’un personnage par de simples regards ou changements d’attitude. Lisa Carlehed participe pleinement à cet équilibre où personne ne semble pouvoir rester extérieur au conflit.
Cristian Mungiu conserve une mise en scène austère, précise, attentive aux silences et aux conversations en apparence anodines. Le décor majestueux du fjord produit un contraste saisissant : derrière la beauté et le calme des paysages se développe une tension sociale de plus en plus étouffante. L’isolement géographique renforce également l’impression d’une communauté où chacun observe les autres et où une rumeur peut rapidement modifier la place d’une famille entière.
Le rythme volontairement mesuré demande une certaine disponibilité. Mungiu ne recherche ni le suspense artificiel ni les confrontations spectaculaires. Il préfère laisser le malaise s’installer et contraindre le spectateur à examiner ses propres certitudes.
Rigoureux, inconfortable et remarquablement interprété, Fjord transforme un drame familial en réflexion complexe sur l’éducation, la religion, l’intégration et le jugement collectif. Cristian Mungiu refuse les réponses faciles et signe un film moralement exigeant dont la tension naît précisément de cette impossibilité de regarder la situation d’un seul point de vue.
Les paysages grandioses norvégiens pour se plonger dans l'intimité d'une famille en proie à une affaire judiciaire. Le film fait le choix de relater une histoire sans donner forcément de point de vue. Sa force : chacun y fera son interprétation dans un monde où la nuance devient difficile.
Un superbe film qui interroge . Le choc des cultures ,des lois qui dérangent Les valeurs . J'ai eu des fessées et des claques et ne me suis senti jamais un enfant battu . Autre époque autres mœurs. A voir
Y’a pas à dire, c’est une œuvre hautement intellectuelle et artistique. La société et les pratiques, l’éducation et les différences de cultures. C’est le but de l’art de montrer , et poser des questions ; faire réfléchir. Qu’est-ce qui est le mieux. Et c’est pour ça que c’est la palme d’or !
C' est un film assez malin mais malaisant sur les différences culturelles et religieuses d'une famille roumaine coincée par la rigueur toute norvégienne avec ses certitudes et sa gestion rigoureuse du bien des enfants au détriment de la famille . On attend avec impatience des explications , des discussions de couple , des clarifications des enfants mais , en vain , on nous laisse avec nous doutes . Les personnages sont tous très bien joués et la réalité de la vie au fond de ce fjord accentue l'apreté mais aussi la chaleur humaine existante . A voir et à apprécier sans vouloir savoir au final .
La famille Gheorghiu s’installe dans un petit village norvégien. Mais quand Elia, l’aînée de la fratrie, arrive à l’école avec des ecchymoses, l’équipe pédagogique intervient et en informe les autorités locales de protection de l’enfance.
Ce drame, récompensé de la Palme d’or cette année à Cannes, a du mérite tant sur la forme que sur le fond. J’ai trouvé l’écriture assez fine et intéressante, le tout étant porté par des acteurs d’une grande sincérité. De plus, le réalisateur cherche à susciter la réflexion plutôt qu’une émotion artificielle, notamment grâce à une mise en scène assez habile et à une présence très limitée de la musique. Par ailleurs, les paysages nordiques sont absolument magnifiques. Ils constituent un véritable atout pour le film et immergent le spectateur dans une atmosphère froide.
Malgré cela, l’ensemble s’étire en longueur. La durée est un peu disproportionnée par rapport à ce que le récit a à nous raconter, c’est dommage !
Intelligent et maîtrisé.
Toutes mes critiques sont disponibles sur mon site FILMEMENT VÔTRE.