Fjord
Note moyenne
4,0
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406 critiques spectateurs

5
60 critiques
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194 critiques
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98 critiques
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34 critiques
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Mika l
Mika l

23 abonnés 22 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 octobre 2026
Film très malaisant à de nombreux moments. Film de propagande d'intégrisme religieux.
Dans à peu près chaque scènes, les plans et les répliques sont faits pour accuser ou tourner en ridicule "la société progressiste" spoiler: comme par exemple l'employée de l'école pendant le procès. On laisse le doute tout au long du film quand à la véracité des "coup donnés"... Et à la fin les parents arriérés et maltraitants on gain de cause et s'en sortent bien.

Ce film confusionniste ne mérite pas une critique plus approfondie.
spoiler: Ce film parle d'une famille d'intégriste religieux (chrétiens), de obscurantistes qui élèvent ses enfants dans les dogmes religieux rigides avec interdiction d'aller sur internet, d'écouter de la musique, de se mêler à d'autres enfants ou bien encore de danser ! Et surtout qui leur fait rentrer cette parfaite éducation à coup de sévices corporels...

On ne le répétera jamais assez : "ÉCRASONS L'INFÂME" !!! (Citation de Voltaire pour lutter contre l'obscurantisme !)

Ecr.'inf.
gerald b.
gerald b.

17 abonnés 155 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 septembre 2026
Un film réaliste et sans temps mort dont le paysage est aussi froid et inerte que la société ou plutôt le système qui est décrit.
Mungiu renvoie face à face deux mondes et leurs limites et dezingue au passage la dictature de la bienpensance. Les acteurs sont tous d'une grande justesse. Pour le reste, si les questions de l'éducation, de la parentalité, de l'autre, de l'étranger et même de la liberté sont posées, on est loin du chef d'oeuvre de cinéma.
Pascal
Pascal

270 abonnés 2 547 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 août 2026
Palme d'or (2026 ), Christian Mungiu interroge les sociétés multiculturelles, sur leur potentiel de multi conflictualites.

Le titre annonce ce qui va suivre. Fjord c'est une vallée glacière envahie par les eaux. Symbole de l'austérité, de la froideur, de la distance entre les deux rives, sorte de métaphore à l'incommunicabilité, à l'incompréhension entre les personnages qui vont nous être présentés.

Le scénario développe son propos en s'appuyant sur le mode d'éducation des enfants et tente de mettre à jour une forme d'intolérance au sein des sociétés les plus progressistes.

La démonstration me semble un peu trop théorique, même si elle est voulue ainsi, en ce qu'elle garde le flou sur l' origine véritable de l'acte dont il est question tout au long du scénario.

C'est sans doute la faiblesse du film. Construisant son scénario en partant de l'idée ( L'Idée Pure ? Le ciel des Idées ?)que " les parents sont forcément toujours bons et aimants à l'égard de leurs enfants".

Mungiu me semble vouloir un peu contourner le réel, en ne dévoilant pas ce qui s'est passé dans cette famille, alors qu'il me semble que c'est pourtant bien du réel qu'il faudrait partir pour entamer la réflexion qu'il propose.

Mungiu affirme ne pas vouloir prendre parti et laisse le spectateur réfléchir et répondre pour lui-même. Mais je crois que les spécialistes qui traitent les conséquences de l'enfance maltraitée le savent.

En la matière, il n'y a pas de point de vue qui tienne, mais de conséquences réelles, largement documentées qui remplissent les cabinets des thérapeutes. Le trauma adore d'ailleurs le flou pour prospérer !
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

237 abonnés 1 547 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 septembre 2026
Un couple très pieux qui semble élever leurs enfants d’une manière rigoriste se retrouve piégé par le progressisme de la société norvégienne.
Ce film nous parle d’éducation et de tolérance, où commence-t-elle ? Où s’arrête-t-elle? Et est-ce que la société a son mot à dire sur ce qui se passe dans les chaumières.
Les thématiques abordées par ce film sont vraiment intéressantes, d’autant plus que la mère est de retour dans son pays mais la manière de faire du réalisateur roumain m’a gêné.
D’un côté il montre un fait et les deux parties qui s’opposent et s’agitent, tout en laissant le choix au spectateur de se positionner.
D’un autre le regard qu’il pose sur la société civile norvégienne est quand même bien réactionnaire tout en nous disant « à vous de voir ».
Pour moi un réalisateur prend partie ou pas mais ne doit pas rester dans une démonstration molle.
Je n’ai pas encore vu toute les films en compétition à Cannes cette année mais déja ceux de Hamaguchi et Sorogoyen sont bien au-dessus de celui-ci.
Dr Seuss
Dr Seuss

219 abonnés 1 751 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 septembre 2026
“Fjord”, une palme d’or en plomb

Ce film a reçu la Palme d’Or au Festival de Cannes. Évidemment que le réalisateur offre une véritable proposition artistique qui semble être pertinente et réfléchie ; par ailleurs, le film en tant que tel est-il un chef-d’œuvre ? Ou a minima un excellent film ?

Malheureusement, le film n’est pas terrible. Le scénario propose une ambiance lourde mais la narration et l’approche imposent une distance trop importante entre le sujet et le spectateur, sans compter que la mise en scène intimiste est presque trop intrusive et manque d’artifice.

En effet, le scénario est très lourd avec un récit qui pourrait être intéressant mais la narration est trop plate et ne donne aucune envie de suivre cette histoire. Le spectateur porte un regard presque neutre face à ce récit (avec une bonne gestion du mystère, mais un mystère pas tant entretenu) ; par conséquent, la distance entre l’histoire et le public est bien trop grande. Sans compter que les protagonistes sont non seulement pas très attachants, mais le début in medias res n’aide pas à introduire convenablement le spectateur.

Par ailleurs, Sebastian Stan joue de manière excellente et est parfaitement crédible dans son rôle.

La mise en scène relève de l’ordre presque du reportage ou du journalisme tant elle manque de frappe. La sensation (sûrement volontaire) de regarder un documentaire se ressent, mais cette réalisation crée un ennui profond. Sans compter que, malgré une photographie assez belle, le cadrage reste trop plat, peu marquant avec soit une absence de mouvement cohérente mais endormante tant il ne se passe rien dans le cadre, soit une caméra épaule vomitive qui rend la scène brouillonne.

En ce qui concerne l’univers sonore, dans la diégèse, il est complet. En revanche, l’absence de son extradiégétique donne une fâcheuse et désagréable impression de vivre chaque moment avec les protagonistes, cela crée une tension qui est omniprésente mais le montage et le rythme pâtissent de ce choix.

Pour toutes ces raisons, il est difficile de recommander ce film malgré un choix de narration et de réalisation audacieux.
Damien Vabre
Damien Vabre

191 abonnés 497 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 août 2026
Pendant longtemps, je rêvais de devenir critique de cinéma mais je n'ai pas intéressé ce milieu.

Ce n'est pas plus mal finalement quand je vois l'évolution du cinéma. Meilleur film de l'année, sérieux?

C'est banal, plat, lent, gris, plombant, interminable...

Deux heures vingt pour nous expliquer que le fanatisme religieux et l'Occident moderne ne font pas bon ménage, voilà.
Alolfer
Alolfer

191 abonnés 1 868 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 août 2026
La Palme d'or 2026, Fjord va faire beaucoup parler tant la concurrence fut rude à Cannes. Mais pour l'heure, le film mérite sa Palme !

Je découvre en parallèle le cinéma de Cristian Mungiu avec ce film et j'ai été conquis par la modernité des sujets traités. Pour faire simple, le film parle d'immigration et l'arrivée de cette famille roumaine en Norvège où va se mêler un conflit parental.

Si le film traite cela, c'est pour parler de ce qu'il y a autour : le jugement, le racisme et cette "intégration". Au départ, le film promet un "savoir vivre ensemble" entre différentes cultures mais finalement, c'est tout le contraire qui se passe. Comme cette famille, le spectateur est piégé par cette fausse accueil. L'engrenage est pris et les nerfs sont piqués à vifs

Que cela soit du côté de la famille ou du pays, les questions se posent et s'entremêlent, reflétant une société qui ne peut s'empêcher de diviser.

Le meilleur exemple est donné par la mise en scène. Le point de vue des enfants donnent une possibilité de s'unir, alors que du côté adulte, on montre un point de vue fermé, isolé.

C'est brillant et malgré sa longue durée de 2h20, le film passe très vite et est géré à merveille, en partie grâce à ses acteurs et actrices. Renate Reinsve est sublime comme toujours et Sébastien Stan est surprenant. Un choix de carrière vachement intéressant

Une Palme d'or mérité
Ismael
Ismael

128 abonnés 213 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 août 2026
Vu en avant première dans le cadre du Club Allo-Ciné et en présence du réalisateur Cristian Mungiu. Commençons par dire que Fjord est un film parfaitement dans l'air du temps pour ce qui est des thématiques traitées Ainsi qu'une œuvre qui s'impose au spectateur comme une sorte de savant mélange de Ken Loach pour tout l'aspect cinéma social et de Michael Hanecke pour la froideur et la précision dans la manière de décortiquer les mœurs ainsi que la culture d'un endroit et d'un moment donné.

Autant dire qu'il y a pire comme références dans le cinéma et d'ailleurs, en réalisateur déjà expérimenté (7 films, dont une précédente palme d'or pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours), Mungiu n'a absolument pas à rougir de la comparaison avec les deux maîtres en fin de carrière. Sa mise en scène est belle, sa photo magnifique, sa réalisation est au scalpel, ses interprètes sont criants de vérité, et ses dialogues réalistes et inspirés. Mais ce n'est pas tout, car Fjord a visiblement aussi été trés bien documenté, notamment en tout ce qui concerne le système judiciaire et celui de protection de l'enfance Norvégien. En termes purement formels et cinématographiques, le film est assez admirable et il difficile de lui reprocher quoi que ce soit.

Sans aller jusqu'à parler de ses possibles défauts, là ou il peut, en revanche, soulever certaines questions, c'est sur le fond de son récit. Car, comme la majorité des films ayant remporté la récompense suprême à Cannes, Fjord a vocation à nous délivrer un message universel. En tout cas c'est l'impression qu'il donne clairement et l'intervention du réalisateur après la projection allait aussi dans ce sens. Sauf que, si l'on regarde de plus prés, le film de Mungiu se déroule dans un univers trés bourgeois ainsi que dans un coin perdu et peu peuplé d'un pays de seulement 4 millions d'habitants. Quand il nous plante le décor, on est clairement dans un univers trés privilégié et donc par définition pas vraiment représentatif de l'humanité.
Je ne suis pas certain que si cette famille roumaine s'était installée dans la banlieue de n'importe quelle grande métropole occidentale, en envoyant ses enfants dans une École publique lambda, la suite du récit aurait été la même (mais peut-être me trompe je..). Et d'ailleurs, c'est finalement assez logique de le penser, puisque toute la spirale destructrice qui se met en place dans Fjord, repose justement sur cette idée de proximité et de population trés réduite ou l'anonymat n'existe pas et où chacun épie discrètement l'autre en portant un jugement sur lui. D'ailleurs, le film devient assez rapidement (et à raison au vu de qui nous est montré) une charge contre la mentalité rigide et le système administratif et judiciaire qui l'est tout autant, des norvégiens, dont le portait brossé est assez peu flatteur.

Mais peut être vais-je trop loin avec ces considérations, car Fjord reste avant tout un film à suspense haletant et de trés bonne facture. Un peu à la manière d'une autre palme d'or: Anatomie d'une chute, mais avec une dimension sociologique et internationale en plus. Et, comme une preuve supplémentaire de sa capacité à scotcher et à passionner le spectateur, les 2h26 qu'il dure passent... à toute vitesse.
CREOTIVEMEDIA
CREOTIVEMEDIA

130 abonnés 434 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 août 2026
Fjord retrouve ce qui fait la force du cinéma de Cristian Mungiu : partir d’une situation familiale en apparence circonscrite pour mettre progressivement à nu les contradictions d’une société entière. Le réalisateur roumain construit ici un drame moral d’une grande rigueur, où une suspicion de violences éducatives suffit à fragiliser les relations entre deux familles et à faire surgir des questions beaucoup plus vastes sur la religion, l’intégration et la frontière entre respect des différences culturelles et protection de l’enfant.

Les Gheorghiu, couple roumano-norvégien profondément croyant, viennent s’installer dans un village isolé au bord d’un fjord. Leur intégration semble d’abord naturelle. Ils se rapprochent des Halberg et les enfants des deux familles deviennent rapidement inséparables, malgré des modèles éducatifs sensiblement différents. Cet équilibre vole en éclats lorsque des membres du corps enseignant découvrent des ecchymoses sur le corps d’Elia, l’aînée des enfants Gheorghiu.

À partir de cet événement, Mungiu refuse intelligemment la mécanique d’une enquête traditionnelle. La question n’est pas seulement de déterminer l’origine des blessures, mais d’observer ce que le soupçon produit sur ceux qui entourent l’enfant. Les regards changent, les conversations deviennent plus prudentes et des comportements jusque-là considérés comme relevant de la sphère privée sont soudainement réinterprétés.

La grande qualité du scénario tient à son refus du confort moral. Fjord ne cherche pas à distribuer immédiatement les rôles entre coupables et innocents. Le cinéaste confronte au contraire plusieurs conceptions de la famille, de l’autorité et de l’éducation, tout en maintenant une ligne essentielle : derrière les débats culturels ou religieux demeure la nécessité de protéger les enfants.

Sebastian Stan trouve ici un registre particulièrement intéressant, très éloigné du spectaculaire. Son jeu contenu accompagne parfaitement un personnage soumis au jugement croissant de son entourage. Renate Reinsve confirme de son côté sa remarquable capacité à faire exister les contradictions d’un personnage par de simples regards ou changements d’attitude. Lisa Carlehed participe pleinement à cet équilibre où personne ne semble pouvoir rester extérieur au conflit.

Cristian Mungiu conserve une mise en scène austère, précise, attentive aux silences et aux conversations en apparence anodines. Le décor majestueux du fjord produit un contraste saisissant : derrière la beauté et le calme des paysages se développe une tension sociale de plus en plus étouffante. L’isolement géographique renforce également l’impression d’une communauté où chacun observe les autres et où une rumeur peut rapidement modifier la place d’une famille entière.

Le rythme volontairement mesuré demande une certaine disponibilité. Mungiu ne recherche ni le suspense artificiel ni les confrontations spectaculaires. Il préfère laisser le malaise s’installer et contraindre le spectateur à examiner ses propres certitudes.

Rigoureux, inconfortable et remarquablement interprété, Fjord transforme un drame familial en réflexion complexe sur l’éducation, la religion, l’intégration et le jugement collectif. Cristian Mungiu refuse les réponses faciles et signe un film moralement exigeant dont la tension naît précisément de cette impossibilité de regarder la situation d’un seul point de vue.
Roger D
Roger D

114 abonnés 1 230 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 septembre 2026
Une palme d'or reste toujours une curiosité et une sorte de méfiance de part ses anciens lauréats que j'ai pu voir. La plupart sont de bon voir très bon films ("Parasite","Anatomie d'une chute","Anora" ou "Un simple accident") mais certains euh...comme "Titane" sont mauvais voir très mauvais. Ok sur la totalité hormis un, c'est pas mal mais toujours un petit doute. Ici le film parle de divers faits réels qui se sont déroulés dont un cas plus précis en 2015. Le film pose la question sur la manière d'éduquer ses enfants et comment, selon les pays, cultures, lois etc...cela est vues. Ici on ne blâme ni l'un ceux qui pensent protéger les enfants, ni l'autre qui éduquent leurs enfants du mieux qu'ils croient. On porte un regard sur l'ensemble et ce n'est pas simple...peut-on tout accepté? Où est la limite? En tous cas j'ai été conquis pas Stan qui démontre après son film sur Trump "The apprentice" (que je recommande) qu'il est un bon acteur qui à su ressortir de son rôle dans l'ogre Marvel. Son duo avec Rejnsve (vu dans "Backroom cet été) est nickel et on se laisse prendre par l'enjeux sans être pris dans l'un ou l'autre des partis. Tantôt on comprend la réaction de l'Aide social à l'enfance" , tantôt on comprend le désarroi des parents.
NOTE : 8/10
Diabloxrt
Diabloxrt

92 abonnés 1 971 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 octobre 2026
Comme chaque année, la palme d'or du festival de Cannes attire tous les regards vers elle. Véritable marqueur de qualité, la récompense assure au film qui la possède de renforcer sa crédibilité en salles et de faire venir à lui des spectateurs qui l'auraient probablement loupé sans cette étiquette. En cette année 2026, la distinction est cette fois-ci revenue à "Fjord" de Cristian Mungiu, ce qui a logiquement renforcé mon intérêt envers ce long-métrage. Mais, plus que d'habitude, j'ai été très intéressé par le fait de découvrir cette palme d'or, les retours sur cette dernière ayant été très hétérogènes. Et pour le coup, j'ai rapidement compris pourquoi en visionnant ce projet, même si, dans mon cas, je l'ai beaucoup apprécié. Posant ses valises en Norvège, le réalisateur n'a pas choisi ce pays comme environnement de son film au hasard. D'abord, car celui-ci permet d'offrir des décors vraiment magnifiques à contempler, leur grandeur contrastant avec leur aspect vide de population humaine. Mais surtout, car la Norvège est l'une des cultures les plus progressistes d'Europe, ce qui en fait un endroit idéal afin d'illustrer l'idée du scénario de Mungiu. En opposant les traditions très conservatrices de la famille Gheorghiu et les valeurs plus actuelles du pays, l'objectif est de proposer une réflexion sur la différence de manière de vivre que nous pouvons avoir au sein même de notre société. Cependant, si le scénario peut apparaître comme très clair au premier abord, car il nous parle de violence envers des mineurs, le réalisateur fait un choix extrêmement surprenant au vu du sujet : ne pas prendre parti. Ici, il expose les faits et nous serons les seuls, en tant que spectateur, à juger de ceux-ci. Et à mon sens, c'est à ce niveau que le film a relativement divisé. En choisissant de ne pas énoncer de vérité et de nous laisser réfléchir en profondeur sur ce qu'il expose, le projet nous met dans une situation d'inconfort. Face à de tels sujets, il est difficile pour un être humain qu'une œuvre de fiction ne nous dise pas simplement ce qui est bien ou mal. Pour amener à cette approche, il a notamment opté pour une réalisation très sobre, avec aucune musique extradiégétique et aucun plan rapproché des personnages. Ainsi, nous restons spectateurs de l'action qui se déroule devant nous, et rien de plus. Si le résultat est donc bien réalisé dans la forme, le fond pose forcément question. Mais selon moi, ce parti-pris n'est absolument pas un problème, au contraire. L'objectif du réalisateur est finalement bien plus de poser une réflexion que d'établir des vérités claires. Certes, il est difficile de voir un récit ne pas clairement pointer du doigt le fait de battre ces enfants, mais je ne trouve pas que la chose est esquivée pour autant. Le scénario a beau être pris avec du recul, notre bon sens commun nous fait immédiatement comprendre le problème, ce qui est une bonne chose. Ce long-métrage nous rappelle que des éléments aussi évidents n'ont pas besoin d'être surexpliquer ou surdramatiser pour être compris par le public, car nous sommes assez renseignés sur le sujet pour le savoir. Et grâce à cela, la réflexion du réalisateur peut s'imposer dans cette confrontation où chacun aura des éléments à défendre. D'un côté, la famille est à pointer du doigt pour ses agissements et ses valeurs rétrogrades. Mais de l'autre, les habitants ont parfois des comportements bien trop basés uniquement sur des préjugés, ce qui mérite aussi d'être questionné. Comme base de réflexion, cette histoire est donc extrêmement intéressante, et je pense qu'il serait criminel de vous dire que ces deux seules phrases résument toute sa complexité. Débattre de ces sujets est vraiment important, et, en ce sens, le film réussit son pari. Même si je comprends que certaines personnes n'aient pas apprécié ce parti-pris du long-métrage de réflexion, l'exercice est réussi, également, car l'auteur exprime quand même un point de vue sur sa proposition. Dans sa conclusion, bien que l'ensemble soit réalisé dans le but de produire du débat, le film aborde la note d'intention du réalisateur. spoiler: Au travers d'une relation plutôt touchante mise en place entre Elia et Noora, le récit laisse apparaître une possibilité de cohabitation entre deux cultures opposées. Tout cela amène à une scène finale déchirante, où l'amour ressortira au milieu de tous ces conflits. Grâce à cette idée, même si le film nous laisse alors bien réfléchir sur des confrontations qui règnent énormément dans notre société actuelle, le réalisateur inscrit un point de vue : il y a de l'espoir, car l'amour peut naître de ces différences.
Avant de conclure, je tiens également à saluer l'excellente performance de tout le casting, Sebastian Stan et Renate Reinsve en tête de liste. Ils continuent de prouver qu'ils sont des acteurs prenant de plus en plus de place dans le cinéma actuel, ce qui me donne clairement envie de les retrouver prochainement incarnés de nouveaux rôles. Par conséquent, je vous recommande vivement de ne pas louper cette palme d'or. Elle est probablement ma préférée depuis de nombreuses années et elle est un moteur de réflexion extrêmement important au vu de notre société actuelle, cette dernière étant malheureusement basée sur la division et le manque de compréhension envers l'autre. Pour conclure, une palme d'or qui fait du bien.
Les sorties de Philippe
Les sorties de Philippe

78 abonnés 109 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 août 2026
Les Gheorghiu, un couple roumano-norvégien très pieux, s’installent en Norvège dans un village au bout d’un fjord. Lorsque le corps enseignant découvre des ecchymoses sur le corps d’Elia, l’aînée, il alerte les services de l’Aide à l’enfance (l’ASE norvégienne). Après une exposition un peu longue, le film bascule dans le drame et une tension suffocante ne nous lâche plus jusqu’au dernier plan.
Du cinéma réaliste (pas de BO, une caméra neutre), mais un événement surnaturel apparaît à deux reprises, qui montre clairement de quel côté penche le réalisateur roumain.
Le film est basé sur des faits réels comme l’explique Cristian Mungiu lors de sa présentation le 19 août au Max Linder Panorama. Dans ce pays de Nord, parmi les plus progressistes, l’écart par rapport à l’idéologie officielle peut se payer très durement. C’est tout le drame du placement d’enfant que nous voyons se dérouler sous nos yeux, face à des fonctionnaires déshumanisés qui scrutent la moindre intention pour maintenir leur pouvoir.
Applaudissements nourris à la fin de la projection, on ressort groggy en se disant que cela se passe aussi en France.
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Cadreum
Cadreum

79 abonnés 836 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 août 2026
Dans un monde où les convictions s’affrontent plus vite qu’elles ne se comprennent, Cristian Mungiu avait jusqu’ici filmé la Roumanie post-communiste en sondant les tensions entre héritages culturels, structures institutionnelles et fragilités morales. Avec Fjord, il déplace ce dispositif, non plus vers l’affrontement entre deux morales déclarées mais vers la collision entre une conviction qui s’assume comme telle et une institution qui ne s’avoue jamais comme morale. Le film installe cette polarisation dans la société roumaine expatriée en Norvège où s’exacerbent les crispations contemporaines autour de l’éducation, de la religion, de la protection de l’enfance et de l’intégration des minorités. Lisbet (Renate Reinsve), revenue au pays natal avec son mari roumain Mihai (Sebastian Stan) et leurs cinq enfants, voit cette idylle familiale se compromettre lorsque des ecchymoses sur le corps de leur fille aînée déclenchent l’inquiétude des enseignants et par extension celui de l’aide de l’enfance.

À partir de cette étincelle, Mungiu montre comment une société, persuadée de protéger, impose ses normes avec une force qui dépasse les individus. La trajectoire de la famille Gheorghiu devient révélatrice d’un monde où la rencontre entre deux systèmes de valeurs produit moins un dialogue qu’un heurt et où la différence culturelle repose sur des écarts de perception et de langage davantage que sur un désaccord frontal. Mais ce que cette rencontre révèle surtout, c’est la nature du pouvoir qui s’exerce : la morale majoritaire ne s’érige pas en vérité indiscutable en se proclamant supérieure — elle s’impose en se faisant passer pour une simple description du réel, pour de la prévention plutôt que pour un jugement. C’est cette confusion entre protéger et statuer que le film commence ici à mettre en place, avant de la pousser jusqu’à son point de rupture.

Dans cette perspective le film s’ouvre sur l’accueil chaleureux des Gheorghiu dans le village norvégien tandis que la caméra embrasse le paysage encerclé par les montagnes avant de glisser vers leur nouveau foyer, filmé en plan large et baigné d’une lumière crue. L’étreinte familiale, suivie d’un avertissement disciplinaire dont on ne saura jamais la teneur, crée un premier écart entre l’image et ce qu’elle dissimule. Après la présentation du nouveau poste pour lequel Mihai est sur-qualifié survient un second décalage plus prononcé : “Amazing Grace” jouée au piano par Mihai à la cantine du travail, les regards se croisent dans son dos car chacun associe la mélodie religieuse à la mélancolie, tandis que Mihai la trouve « délicieuse ». Cette dissonance perceptive, captée dans un plan fixe, annonce d’emblée la série de malentendus qui en structurent la dramaturgie.

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Clem Lepic
Clem Lepic

64 abonnés 380 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 septembre 2026
Dans un magnifique décor glacial fait de montagnes enneigées, nous est présenté tel un documentaire un événement un peu particulier : 5 enfants âgés de quelques mois à une dizaine d'années sont enlevés à leurs parents et pris en charge par l'aide à l'enfance. Des professeurs ont remarqué des traces de coups sur le corps d'un des enfants et ces derniers ont dit qu'il arrivait que leur père leur donne des fessées. Les parents sont dévastés. Un procès a alors lieu car la Norvège est un pays aux valeurs progressistes qui défend les enfants. Ce qui est surtout visé au cours de celui-ci ce sont les pratiques éducatives religieuses car il s'agit d'une famille très croyante et ne s'en cachant pas. D'autre part, les parents sont un couple mixte : elle est norvégienne mais lui est roumain. Une défiance envers les étrangers pourrait également être une clé de lecture du film.
Intéressant. Un peu long toutefois (2h26).
Yann B
Yann B

48 abonnés 80 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 août 2026
Un chef-d’œuvre, parfaitement maîtrisé et qui mérite sa Palme d’or. Le film s’attaque de front au « vivre ensemble », coincé entre une administration déshumanisée et une famille très religieuse. Alors oui, le trait est parfois caricatural, mais cela fonctionne à merveille : ça remue, ça interroge et ça touche juste. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas accordé 5 étoiles à un film.
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