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Charles de Quillacq
1 abonné
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3,0
Publiée le 2 septembre 2026
Film politique, poil à gratter qui embrasse la complexité d’une situation. J’ai mis du temps à rentrer dedans, mais la dernière demi-heure emporte le tout et adoucit les critiques acerbes que je m’apprêtais à lui donner. Car sur le plan cinématographique, je trouve ça faible et parfois sur le plan scenaristique, certaines séquences paraissent artificielles. Malgré tout ce que peut dire Mungiu, il choisit de nous faire ressentir l’injustice kafkaïenne des personnages principaux en caricaturant les représentants l’Etat. Cependant, il reste lucide sur les failles de cette famille traditionnelle. Un film ouvert donc et qui permet de nous engager dans une réflexion profonde sur la société occidentale actuelle.
Je suis allée voir Fjord pour accompagner ma fille car en première intention je n'étais pas attirée par l'histoire. Et bien, j'ai trouvé qu'il s'agit vraiment d'un très bon film. Je l'ai vu en VOST donc à la fois en anglais, norvégien et roumain. Les comédiens jouent vraiment très bien; je suis restée "scotchée" à l'écran durant toute la durée du film, tellement j'ai trouvé que l'histoire est captivante. Par conséquence , je ne comprends pas pourquoi ce film qui a eu la Palme d'Or à Cannes n'est pas diffusé plus largement dans les salles; il l'aurait mérité. En tout cas je conseille d'aller le voir!
Palme d’or 2026, Fjord propose une fiction qui interroge avec finesse les valeurs humaines à travers l’opposition entre visions dites traditionnelles et progressistes. La mise en scène, sobre mais travaillée, installe un climat de doute et d’incertitude qui accompagne le spectateur jusqu’au bout. Le film doit aussi beaucoup à l’interprétation impeccable de Renate Reinsve et Sebastian Stan, tous deux d’une justesse remarquable. En laissant volontairement certaines réponses en suspens, il ouvre un questionnement plus large sur la tolérance : jusqu’où peut-on la défendre avant qu’elle ne se retourne elle-même en intolérance ? insta : maxfaitsoncinema
Christian Mungiu a toujours fait un cinéma de l’intime, mais aussi un cinéma politique. C’est cette approche qui rend ses films passionnants certes, mais surtout dérangeants car il expose des points de vue contraire sans juger, sans apparemment s’engager lui même. Il laisse le spectateur seul face à de graves sujets de société , sans lui apporter une réponse didactique ou manichéenne. FJORD,peut être plus encore que sa précédente palme d’or ou que Baccalauréat, oppose deux points de vue sur l’éducation, sur laquelle s’affrontent le système éducatif et la famille. C’est du moins la trame évidente : protéger l’enfant avec un arsenal judiciaire qui broie, ou considérer les parents seuls juges de l’éducation de leurs enfants. C’est ce qui est proposé au spectateur. Mais derrière cette interrogation, il y en a une autre, très intéressant sur la laïcité. Ces thèmes s’entrelacent au cours d’un récit très construit, très bien écrit, formidablement joué. On regarde cela comme un thriller et l’on sort de la salle un peu gêné aux entournures : qu’aurais je fait, moi ? C’est cela du grand cinema !
Malgré le grain un peu grossier, j'ai aimé ce film qui m'a transporté au milieu des fjords et à côté de l'eau. J'ai eu de la peine pour le père roumain qui maintient coute que coute son système d'éducation, refusant ainsi à sa famille et à lui une assimilation dans ce pays. J'ai aimé les deux adolescentes et leurs sorties nocturnes, leur façon de s'accrocher encore à l'enfance et aux jeux. J'ai aimé la menace de la montagne omniprésente. J'ai aimé les 3 actes qui se déroulent chacun pendant une saison : la famille ne connaitra jamais l'été en Norvège. Contre toute attente, j'ai aimé ce film très froid (des scènes dans les tons bleu, blanc et gris) qui raconte la froideur d'un système qui protège les enfants.
Il y a longtemps que je n'étais pas ressorti aussi perplexe d'une séance ciné! Sans véritablement arriver à cerner ce que je pense exactement du film. Peut-être parce que je ne comprends pas, au final, ce que le réalisateur a voulu démontrer. En opposant les excès de la “bien-pensance” à ceux d'un intégrisme religieux, le réalisateur a pris quelques risques, ou plutôt aurait pu en prendre, car finalement il ne tranche jamais entre les deux. Ce serait donc à nous de nous faire une idée? Pas si simple. Car la balance pencherait plutôt (c'est du moins mon ressenti) en faveur des intégristes religieux, ce qui n'est pas pour plaire. Au final, pas mal de choses sont gênantes, dont le fait qu'on n'entende jamais le point de vue exact des enfants, laissant planer le doute. Tout cela est bien perturbant, et troublant. Ceci dit, je n'ai pas vu passer les 2h26, ce qui est un bon signe, alors que le film n'est pas conçu pour être vraiment haletant. Et longtemps après être sorti du film, on y réfléchit encore et on se pose des questions, en se demandant si, au final, ce n'était pas le but du réalisateur...
Beaucoup aimé ce film qui nous entraine dans un décor à la fois sublime et écrasant où va de déployer l'intrigue du film mettant en scène l'impossibilité de cohabitation entre 2 conceptions très différentes de l'éducation incarnées avec beaucoup de talent par les comédiens. Le film n'est pas didactique et laisse le spectateur libre de se construire son opinion, le scénario est fort et la mise en scène convaincante. Enfin quel plaisir de voir un film qui ne baigne pas dans la bien pensance avec les bons d'un côte et les méchants de l'autre. Le film offre une autre complexité et si les méthodes des services sociaux peuvent paraitre très rigoristes également, il est difficile de ne pas faire le lien avec les affaires horribles de maltraitance qui ont défrayé la chronique en France ces derniers temps et conduit à la remise en cause de l'ensemble de l'institution. En tout cas, palme méritée en ce qui me concerne!
Très bon film qui mérite sa palme d'or. Deux très bons acteurs principaux. C'est un film qui pousse à la réflexion abordant tout en nuance les différences de culture, d'éducation, de point de vue.... c'est rare ! On doute, on se questionne et ça fait du bien !
Les Gheorghiu, un couple roumano-norvégien très pieux, arrivant de Roumanie, s’installent avec ses cinq enfants dans un village norvégien. Un jour, une professeur remarque des ecchymoses sur le cou d'une des enfants. L'Aide à l'Enfance intervient.
Mungiu a situé son scénario dans un pays du Nord car c'est là que la législation sur la protection des droits des enfants est la plus forte. De plus, il s'inspire d'un fait divers qui s'est produit en Norvège, pays qui a récemment était souvent critiqué pour sa précipitation dans les suspicions de violence faite aux enfants. Il contrebalance, dans l'intervention de représentants de la Roumanie dont les propos tenus ne sont pas plus mesurés.
Le réalisateur semble vouloir nous démontrer que les progressistes peuvent devenir aussi, si ce n'est plus, intolérants que les traditionnalistes. Le maintien d'une certaine mesure dans l'application de l'évolution des règles de vie semble le cœur de son sujet, ainsi que la polarisation de nos sociétés modernes.
La caméra en mouvement dès que les comédiens bougent et en plan fixe dès qu'ils se posent laisse voir une multitude de détails signifiants. Les comédiens Renate Reinsve, poignante, et Sebastian Stan, équivoque, sont excellents tout comme les enfants qui les accompagnent.
Dans son récit, Mungiu oppose deux visions de l'éducation des enfants sans prendre tout à fait partie et en laissant une part d'inconnue qui rend tout arbitrage compliqué. Le film d'une durée de 2h25 se regarde sans ennui, le récit étant suffisamment riche pour faire sans cesse chavirer nos certitudes. L'image finale donne un message d'espoir sur le pouvoir de l'amour sur toute forme de jugement.
Une palme d'or méritée. Je m'étonne d'ailleurs que le film ait pu l'obtenir sachant qui il met en cause. En voyant ce film de Cristian Mungiu, je me suis fait la même réflexion qu'en lisant certains romans de Houellebecq : "enfin un artiste qui ose montrer la réalité telle qu'elle est !"
Excellents acteurs dans ce film qui traite avec virtuosité d’un sujet complexe. L’opposition entre une vision conservatrice et progressiste du monde est parfaitement traitée même si la frontière avec le risque de caricaturer les deux bords est ténue. L’opposition entre ces deux visions est carrément réaliste. L’auteur ne semble pas prendre partie. Chacun choisira son camp.
Au début du film un peu longuet mais après suspense et interrogation jusqu'à la fin je suis allée voir ce film avec mon petit fils 19 ans qui a adoré le couple d acteurs avec leurs enfants sont exceptionnels et avec un talent remarquable
Le film est malhonnête: il nous invite dans l’intimité d’une famille en omettant de montrer les scènes qui permettraient au spectateur d’avoir son opinion objective.
Ambigu C est probablement le mot qui résume le mieux le film Tout est fait pour prendre les attentes à contre pied Et franchement c est jouissif
Des acteurs excellents
Une image impeccable
Un montage précis
Un rythme parfaitement maîtrisé
Mais le film pousse parfois trop ses idées C'est bon On avait compris Certaines idées deviennent presque caricaturales Certains éléments de scénario sont introduits puis à peine exploités D autres semblent avoir été ajoutés uniquement pour faire exister une idée Même problème avec certaines situations Le film explique parfois tellement ce qu il veut dire qu il finit par réduire lui même son ambiguïté
Mais malgré tout
La proposition est tellement intéressante Parce qu elle touche à quelque chose de rare L idée que deux vérités contradictoires puissent coexister
L 'un n empêche pas l autre
Et finalement c est peut être ça le véritable sujet du film Un film qui demande au spectateur de penser autrement Et surtout de renoncer à cette vieille habitude qui consiste à vouloir absolument décider qui a raison Une belle contorsion intellectuelle