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Théo
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3,5
Publiée le 22 août 2026
Le film nous emmène dans un univers auquel nous ne sommes préparés. J'ai découvert ce film en ne connaissant que son palmarès. Je conseille à tout le monde de le voir, ne serait-ce qu'une fois.
Ce qui est sûr, c'est que cette Palme d'or 2026 va créer pas mal de débats et de longues discussions ! Il confronte un pays avec ses lois face à une famille ultra croyante et son éducation puritaine.
On sent que le réalisateur s'est documenté sur le sujet de l'émigration et de la disparité des principes du pays qu'on quitte avec ceux du paix d'accueil.
Le sujet est amené avec subtilité et le récit prend le temps de se poser avec en fonds les sublimes paysages de la Norvège.
La tension monte crescendo et les contradictions bousculent nos certitudes et chamboule nos convictions.
J'ai été surprise par les questionnements qui m'ont traversé durant tout le film : tantôt énervée, tantôt émue, puis interloquée et prise au dépourvue.
Ce film ne fera pas l'unanimité, déjà par sa longueur et son rythme lent qui peut en dérouter plus d'un.
Également, par sa neutralité et le fait qu'il ne prend aucun parti. Il expose des faits et nous laisse assister à un procès animé dans lequel les croyances de deux pays se renvoient la balle avec ferveur.
J'ai été tellement choquée des disparités qui existent entre la Norvège et la France ! Quand je pense que le premier pays retire la garde des enfants aux parents dès suspicion de fessées, et donc de maltraitance, alors qu'en France on ne retire pas la garde aux pères condamnés pour inceste sur ses enfants... Ça me fait rager !
Je retiendrai les performances de Sebastian Stan et Renate Reinsve, transformés pour ces rôles, toujours justes et sur le fil.
C'est un récit qui ne m'a pas laissé indifférente, auquel je pense encore et qui serait intéressant de visionner une seconde fois pour en saisir toutes les subtilités.
Le seul bémol serait pour moi le final qui m'a laissé dubitative car peu réaliste mais le récit est imprégné encore dans mon être : efficace et marquant !
Enfin un film avec des nuances. Tout n’est pas blanc ou noir et heureusement. Le film évoque le choix de deux cultures totalement opposées ( catholiques et non), le conflit entre deux méthodes d’éducation. On n’aura pas le fin mot de l’affaire : les enfants ont ils été frappés comme le dit l’aide sociale à l’enfance ou tout simplement éduqués ? A voir
Une œuvre profondément stimulante, portée par une mise en scène d’une grande sobriété et des interprètes d’une remarquable justesse. J’ai particulièrement apprécié la manière dont le film confronte famille, éducation, religion et institutions sans simplisme. Une réflexion nuancée, parfois inconfortable, dont la force tient précisément à son caractère aporétique.
Quelle audace de la part du cinéaste de traiter un sujet aussi fort et brûlant. Sans être manichéen, il ose mettre un pavé dans la marre de ce que certains nomment le "vivre ensemble" en montrant l'hypocrisie. Il traite son sujet d'une manière implacable et la tension monte crescendo. Une interprétation formidable et toute en nuances. Très belle palme qui ne plaira pas à tout le monde. Au vu de certaines critiques de presse, on sent le malaise... C'est réjouissant.
Là où Cristian Mungiu réussit brillament, c'est dans l'instillation du doute. On ne sait pas qui est victime, qui est coupable, et toute personne sensée change d'avis plusieurs fois lors des 2h30 que durent cette monstration de faits divers (fictifs mais quasi-réels). Il n'est nullement question ici d'un combat de réactionnaires contre des wokes comme on peut le lire parfois, il s'agit de la confrontation entre une famille (réactionnaire oui, mais là n'est pas le sujet) et une administration kafkaïenne et lente (qu'elle ait raison ou non). Bref, de quoi se faire des noeuds au cerveau et en sortir sans avis ferme et définitif. Et c'était justement le but, réfléchir et douter.
"Fjord" est très décevant. Le cinéma de Cristian Mungiu est un cinéma très sombre mais qui propose toujours une expérience esthétique et sensorielle forte. En témoigne son dernier long-métrage "." qui n'échappe pas à la règle. "Fjord" n'a quant à lui pas grand-chose à proposer de novateur ou d'intéressant esthétiquement. Simpliste sans être épuré, il paraît même parfois être mal réalisé. Comme le soulignait à juste titre Télérama, les films de Mungiu sont profondément manipulateurs, non dans un sens négatif, me semble-t-il, mais dans ce qu'ils entraînent le spectateur dans une intrigue contre son gré en le trompant sur certains éléments. "Fjord" ne me paraît pas être un film positivement manipulateur mais bien plutôt une œuvre perverse dans sa démarche ; non qu'elle soit particulièrement "encline au mal", qu'elle "aime à faire le mal" mais dans ce qu'elle propose un projet qu'elle ne tient pas et qu'elle détourne dans un but malhonnête. Je n'ai cessé d'entendre Mungiu répéter dans les médias qu'il faisait un film pour montrer l'incapacité de deux partis adverses à communiquer. Je n'affirme absolument pas qu'il n'existe aucun problème dans la société norvégienne et qu'on ne peut pas les questionner, mais ce n'est pas ce que fait le réalisateur dans "Fjord". Mungiu construit le portrait d'une famille traditionnelle qui, une fois soupçonnée de violences sur ses enfants, se voit être la victime innocente d'une société qui n'a plus rien de progressiste et ne se caractérise que par son autoritarisme, sa cruauté et son inutilité dans cette caricature clivante et désossée de la société norvégienne et de son Aide à l'enfance. A contrario, jamais Mungiu ne questionne les positions de la famille qui fricote avec le pire de la sphère politico-religieuse roumaine, aucun jugement n'est posé sur eux, sauf peut-être la suspicion du mensonge. Quand on se fait le pourfendeur d'une société progressiste en ne caricaturant que d'un côté, on ne peut prétendre à l'objectivité et à la neutralité, y compris dans la mise en scène à grands coups de plans-séquences. "Eddigton" d'Ari Aster me paraissait être un film bien plus efficace sur un thème similaire, quoique très différent sur bien des plans, en faisant le choix d'une caricature généralisée. Qu'on ne s'y méprenne pas, je n'accuse pas Cristian Mungiu d'être "un terrible fasciste" mais je définirais assurément "Fjord" comme un film réactionnaire. Mais ce qui me dérange, je le répète encore une fois, ce sont les choix de Cannes, cette fois pour des raisons esthétiques mais aussi idéologiques étant donné le contexte politique européen très tendu. Cette Palme d'or ne fait que me renforcer dans la mauvaise opinion que je me fais de Park Chan-Wook, président du jury 2026, et de ses choix cinématographiques.
Grosse déception : le propos sur la tolérance/intolérance est passionnant, les plus intolérants n'étant pas forcément ceux auxquels on s'attend. Mais j'ai trouvé le film mal construit, avec un début trop rapide et par là même peu crédible et une suite qui s'étire et n'en finit pas pour se clore sur une scène finale assez ridicule. Au final un film pendant lequel je me suis copieusement ennuyée et une forte interrogation sur la justification de sa palme d'or
Très bon film. La famille conservatrice efface à un mur infranchissable, afin de retrouver ses enfants. L’administration norvégienne et implacable et sur ses droits. Qui a raison qui a tort. C’est la question que pose le réalisateur. Les acteurs sont prodigieux et les Paysage incroyables. 
N’ayez pas peur de la longueur du film et acceptez de vous laisser emporter par cette intrigue familiale qui vous emmènera dans vos retranchements. Je préfère pas trop en dire sur le film qui vaut le coup d’être découvert sans en savoir plus.
Cristian Mungiu, grand explorateur des zones grises, nous convie cette fois pour un voyage qui met en lumière nos angles morts. En dépit de l'apparente froideur du dispositif, le parti pris oriente le regard du spectateur à plaindre les parents Gheorghiu, un couple roumano-norvégien séparé de ses enfants après un signalement à l'Aide à l'Enfance. Il est tout à fait légitime de questionner le choix de reléguer les enfants, par exemple, alors qu'il aurait offert un contrepoint idéal. En l'occurence, il y a ici deux camps, et c'est un peu dommage. Cela étant posé, Mungiu a l'intelligence de mettre les pieds dans le plat et d'inviter à la réflexion et au dialogue face à des questions qu'on appréhende aussi bien ici qu'en Norvège. Quelle type d'éducation est acceptable ou répréhensible dans la société ? Où fixer la ligne jaune entre le rigorisme religieux et la maltraitance ? Jusqu'à quel point l'état peut s'immiscer dans la famille pour trancher ? À quel moment la protection d'un modèle frise t-elle avec l'intolérance ? Ce ne sont que les plus flagrantes, mais passionnantes problématiques avec laquelle nos esprits vont devoir travailler. Qui a dit que l'expérience du la salle était un "plaisir passif" ? Le résultat aurait été probablement plus fort en accordant plus de place à la conduite du patriarche (Sebastien Stan, excellent), car le film se polarise sur la mère courage et résiliente incarnée à merveille par Renate Reinsve. Sans occulter les points sensibles (ils sont subtilement essaimés, parfois par de simples regards derrière une baie vitrée), ils auraient pu être approfondis pour équilibrer un peu plus le propos qui, en lui-même, a déjà suffisamment de résonance pour inviter les gens à échanger, ce qui est un premier pas. Et le cinéma, ça sert aussi (surtout ?) à ça.
Film extraordinairement construit, précis dans son découpage, son rythme et son montage, c'est bien simple les 2h30 ou presque passent très vite, les acteurs sont parfaits et respirent une telle vérité et une humanité qu'il est difficile de choisir un camp . il y a tant de niveaux de lectures à l'intérieur de ce chef d'œuvre qu'il en est passionnant de bout en boutspoiler: . Des concepts d'éducation qui s'opposent, parfois exposés de manière trop manichéenne (voir le côté brutal et à charge du cadre juridique norvégien vs le prosélytisme religieux supposé violent qui s'y opposerait) et jusqu'à un dénouement particulièrement déchirant et douloureux. une palme d'or amplement méritée.
Une famille qui n’est pas dans la « norme » broyée par les fonctionnaires d’une administration kafkaïenne sur des soupçons de ne pas être justement dans la « bien pensance ». Fascinant et effrayant à la fois. Très intéressant.
Froideur des paysages, froidure des gens. Cette bourgade enfoncée dans un fjord n’est pas un coin de paradis perdu dans le discret mais opulent Royaume de Norvège. Cristian Mungiu a le courage de montrer que l'excès de progressisme et de juridisme est l’inverse de la tolérance. Un scénario décapant qui nous oblige à une réflexion sur l’accueil, la diversité, et l'humanisme. Un constat d'échec du "vivre ensemble" basé sur la polarisation des cultures et leur refus respectif de pratiquer leur propre examen de conscience. A l’inverse de "anatomie d’une chute", le sujet n’est pas celui de la preuve car tous les faits sont visibles. Le sujet est plutôt de démontrer l'impossibilité de s'accorder sur l'interprétation des faits.