Palme d'or (2026 ), Christian Mungiu interroge les sociétés multiculturelles, sur leur potentiel de multi conflictualites.
Le titre annonce ce qui va suivre. Fjord c'est une vallée glacière envahie par les eaux. Symbole de l'austérité, de la froideur, de la distance entre les deux rives, sorte de métaphore à l'incommunicabilité, à l'incompréhension entre les personnages qui vont nous être présentés.
Le scénario développe son propos en s'appuyant sur le mode d'éducation des enfants et tente de mettre à jour une forme d'intolérance au sein des sociétés les plus progressistes.
La démonstration me semble un peu trop théorique, même si elle est voulue ainsi, en ce qu'elle garde le flou sur l' origine véritable de l'acte dont il est question tout au long du scénario.
C'est sans doute la faiblesse du film. Construisant son scénario en partant de l'idée ( L'Idée Pure ? Le ciel des Idées ?)que " les parents sont forcément toujours bons et aimants à l'égard de leurs enfants".
Mungiu me semble vouloir un peu contourner le réel, en ne dévoilant pas ce qui s'est passé dans cette famille, alors qu'il me semble que c'est pourtant bien du réel qu'il faudrait partir pour entamer la réflexion qu'il propose.
Mungiu affirme ne pas vouloir prendre parti et laisse le spectateur réfléchir et répondre pour lui-même. Mais je crois que les spécialistes qui traitent les conséquences de l'enfance maltraitée le savent.
En la matière, il n'y a pas de point de vue qui tienne, mais de conséquences réelles, largement documentées qui remplissent les cabinets des thérapeutes. Le trauma adore d'ailleurs le flou pour prospérer !
J'ai assisté à une présentation du film par le réalisateur qui a posé la question qui choque, à savoir si une démocratie l'est si 'elle rejette la religion. Ce qui représente dit-il une fausse liberté. Rhétorique russe s'il en est mais aussi islamiste… Quand on se souvient des scandales politiques du dernier festival de Cannes, on s'étonne que ça aille jusqu'a palmer un film où des rigoristes religieux sont posés en victimes. Notons que le réalisateur a précisé qu'il a fait un film sans réponse personnelle, que c à chaque spectateur de se faire son opinion. spoiler: Ici l'aide à l'enfance est exigeante et même un peu trop raide en besogne, c'est là où chacun peut discuter d'autant que la tension ne cesse de monter jusqu'au dernier plan. Dépaysement garanti pour ceux qui n'ont pas visité de fjord.
Notons que le 21 mai 2021, "le Storting (chambre unique du parlement) a voté à une large majorité l’abolition d'une vieille disposition constitutionnelle qui faisait de l’Église évangélique luthérienne, l’Église d’Etat en Norvège. Ils ont ainsi consacré la séparation de l'Église et de l’État."
L'épouse du film, norvégienne , qui avait quitté son pays et venait d'y revenir n'avait-elle pas mesuré les conséquences de ce changement avant d'y être confrontée.
Les tentatives d'incursion du religieux dans la sphère publique est un sujet qui n'arrête pas de faire régulièrement couler de l'encre.
Déroutant et puissant. Fjord m’a fait penser à Anatomie d’une chute : derrière l’enquête, un procès idéologique oppose l’État progressiste à une famille religieuse conservatrice. Mungiu entretient un malaise salutaire : jusqu’où l’État peut-il intervenir dans l’éducation des enfants au nom de leur protection ? C’est finalement l’amour maternel, et le lien entre deux petites filles, qui fissure les certitudes des adultes et fait dérailler la machine.
Je ne comprends pas la récompense a CANNES... Très mal filmé et de tres nombreuses incohérences Les enfants auraient pu etre maltraité par des parents autoritaires....sauf que pendant ce film , les 2 plus âgés, sautent par la fenêtre et partent en bateau avec leur copine.....Pas de correction après cette "évasion " Très mal filmé, les images sautent, lorsqu une actrice part en courant....donc le cameraman courre derrière elle???? pour le film ??? Incohérences, lorsque la mère des enfants appelle un handicapé, en fauteuil???, dans un bois abrupte et peuple d arbres...entre lesquels il aurait été coincé, c était impraticable pour un handicapé en fauteuil....alors pourquoi appeler Ake dans cet endroit . Trop d erreur du réalisateurspoiler: spoiler: spoiler:
J’ai beaucoup aimé Fjord, notamment pour la manière dont il aborde un sujet aussi complexe sans chercher à désigner trop facilement qui a tort ou raison. À travers cette famille et ce qui lui arrive, le film parle de différences culturelles, de religion, d’éducation, mais aussi de la façon dont une société décide de ce qui est acceptable ou non. Il montre surtout à quel point nos certitudes peuvent vaciller dès qu’on essaie de regarder une situation depuis le point de vue de l’autre. Un film intelligent qui pose beaucoup de questions et continue de travailler longtemps après la séance.
Un film équilibré, qui fait profondément réfléchir dans ce monde où nous voudrions que tout soit noir ou blanc, là où tous les discours se polarisent. Un combat entre un état aux valeurs progressistes et une famille hyper religieuse qui n'a pas "réfléchi" au fait qu'elle s'installait dans un pays qui finalement ne partage pas ses valeurs ultra-conservatives. On se surprend à vouloir voir tour à tour l'une ou l'autre des parties gagner son combat... pour finalement constater que personne ne gagnera. Comment trouver un juste milieu dans tout ça, je ne sais pas.
Ai vu « Fjord » du réalisateur roumain Cristian Mungiu qui a obtenu la Palme d’Or lors du Festival de Cannes 2026. Sur les rives d’un fjord en Norvège, une toute petite ville dont les montagnes cachent presque le ciel. Deux maisons se font face. Deux familles, deux ambiances. Dans l’une, la famille Halberg, couple de norvégiens, lui est proviseur et elle avocate (Lisa Carlehed). Ils sont laïcs et libéraux. Leur fille, Noora sympathise avec l’autre famille qui elle, est roumaine. Dans la famille Gheorgiu, le père est ingénieur (Sebastian Stan) et la mère aide à la personne (géniale Renate Reinsve). Ils ont 5 enfants tous élevés de façon rigoriste et dans la foi religieuse la plus traditionaliste et stricte qui soit. Les parents roumains sont soupçonnés de violence physique sur leurs enfants. Les 5 enfants leur sont immédiatement retirés et placés en famille d’accueil durant l’enquête. Le scénario est construit comme une expérience mais est aussi une métaphore de notre époque où plus aucun dialogue n’est possible, où la confrontation prime sur le dialogue, où la caricature est immédiate, les préjugés et les soupçons sont plus importants que la réalité. Hélas, le film est un peu à l’image de ce qu’il veut dénoncer : sans aucune nuance. On comprend très vite que le réalisateur semble laisser le spectateur prendre partie, mais cette tâche est biaisée d’avance car certains choix de mise en scène non verbauxspoiler: (le drapeau norvégien qui envahi toute la fenêtre, l’avalanche, l’image finale…)spoiler: indiquent de façon larvée où le réalisateur guide sa préférence. La question centrale étant est-ce que l’éducation rigoriste et plus efficace que l’éducation permissive ? Le scénario est trop fabriqué et la démonstration trop longue pour que ce film mérite une Palme d’Or, mais ces deux défauts majeurs et vraiment dommageables sont aussi compensés par une interprétation hors-pair, une mise en scène fluide où prime de très beaux plan-séquences et une utilisation d’un décor anxiogène assez admirable. Ce dernier film de Mungiu n’a pas la subtilité de ses derniers opus et plus que de ne nous tendre un miroir stérile, j’aurais préféré que Mungiu propose des solutions et des ouvertures.
C'est quand même treeeeeees long… pour montrer deux visions du monde diamétralement opposées et aussi absurdes l'une que l'autre. Le film est plutot bien, bien joué, austère, et en même temps très détaillé dans le déroulé de son scénario… mais à vouloir presque trop décrire, on a quand même un ressenti de longueur assez pesant, sans réussir à s'attacher à l'un ou l'autre camp. Au final, c'est plutôt ennuyeux.
Les Gheorghiu, un couple roumano-norvégien très pieux, s’installent en Norvège dans un village au bout d’un fjord. Lorsque le corps enseignant découvre des ecchymoses sur le corps d’Elia, l’aînée, il alerte les services de l’Aide à l’enfance (l’ASE norvégienne). Après une exposition un peu longue, le film bascule dans le drame et une tension suffocante ne nous lâche plus jusqu’au dernier plan. Du cinéma réaliste (pas de BO, une caméra neutre), mais un événement surnaturel apparaît à deux reprises, qui montre clairement de quel côté penche le réalisateur roumain. Le film est basé sur des faits réels comme l’explique Cristian Mungiu lors de sa présentation le 19 août au Max Linder Panorama. Dans ce pays de Nord, parmi les plus progressistes, l’écart par rapport à l’idéologie officielle peut se payer très durement. C’est tout le drame du placement d’enfant que nous voyons se dérouler sous nos yeux, face à des fonctionnaires déshumanisés qui scrutent la moindre intention pour maintenir leur pouvoir. Applaudissements nourris à la fin de la projection, on ressort groggy en se disant que cela se passe aussi en France. > Plus d’infos culture sur mon Instagram "Les sorties de Philippe"
Je ne sais pas dire si Cristian Mungiu mérite sa palme d’ or à Cannes, encore faudrait-il que je les aie tous vus, et n’ ai pas eu ( encore ) ce privilège…. Par contre ce drame intimiste de la sphère intra-familiale, et de la Société Norvégienne plus largement, n’ est pas d’ une gaité folle ; sur l’affiche on peut voir la famille sourire, ce que je n’ ai pas vu une fois dans ce film. Il m’ a rappelé la palme d’ il y a 3 ans : « Anatomie d’ une chute », par sa lumière tiède, le froid extérieur dont la neige, et sans doute un rappel de l’ accompagnement musical, avec quelques ponctuations sonores martelantes rappelant très sensiblement l’ autre palme ! Caractéristique générale : un calme sidérant alors qu’ il est question de suppositions graves, des propos feutrés et froids de la partie « protection de l’ enfance » qui nous font rager en silence sur notre fauteuil. Une envie de ruer dans les brancards doit être refrénée dès la première déposition, où jouant sur les mots et la traduction roumain / norvégien / anglais, le sort du chef de famille, Mihai, semble très vite ficelé. Par ailleurs la photographie est exceptionnelle, vu les conditions locales. Le montage est rigoureux et tient en haleine le public, si bien qu’ après 2h30 pratiquement, on est tout déconcerté du final abrupt à l’ image du relief du fjord, alors que nos esprits tricotent en pleine ébullition. Sacrée performance du réalisateur donc, et judicieux choix pour l’ interprétation brillante du rôle de Lisbet Gheorghiu par Renate Reinsve. Déjà remarquée dans « Valeur sentimentale » il y a 1 an, où récemment dans « Backrooms », et bien entendu dans « Julie (en 12 chapitres) », son talent fait merveille dans les registres dramatiques voire fantastiques. Plus je repense au visionnage, plus ma considération se renforce vis-à-vis du choix du jury Cannois…… !!**
Il s'agit d'un film intelligent et complexe. La différence culturelle se joue ici entre européens, comme quoi, les valeurs et les traditions peuvent se choquer dans le même espace. Et dans ce récit, on se rend compte que chaque camp défend sa vision de la liberté, et au spectateur de prendre position. A voir.
Avec Fjord, Cristian Mungiu signe un drame familial aussi délicat que profondément dérangeant, qui utilise une situation intime pour questionner tout un système. Lorsqu’une famille s’installe en Norvège et que l’aînée des enfants présente des marques de coups sur son corps, l’aide à l’enfance locale s’en mêle rapidement. Ce qui devait être une intervention protectrice va alors progressivement confronter la famille à une machine administrative difficile à arrêter.
À travers cette histoire, le réalisateur soulève de nombreuses réflexions sur l’éducation, la religion, la justice et surtout sur la manière dont une société peut, au nom de la protection de l’enfant, finir par aller trop loin. Fjord ne cherche jamais à apporter des réponses faciles et c’est précisément ce qui fait sa force. Le film met face à face deux visions de l’éducation et deux systèmes de valeurs, sans tomber dans le manichéisme.
La mise en scène, sobre et maîtrisée, accompagne parfaitement cette montée en tension. Les métaphores sont subtiles, les thématiques riches et le récit suffisamment prenant pour maintenir une vraie tension jusqu’au bout. On pourra toutefois trouver le film légèrement trop long sur sa fin.
Mais malgré cette petite réserve, Fjord est une œuvre puissante, intelligente et profondément humaine, qui pousse à s’interroger longtemps après la séance. Une Palme d’Or qui, à mes yeux, est largement méritée.
Un bon film. Intéressant, mais pas particulièrement beau et aussi sans musique donc j’ai déjà du mal a y penser comme une palme à partir de là. Encore un film de procès, peu de temps après Anatomie d’une chute, Armand (aussi avec Renate Reinsve), Love me Tender.
Je ne sais pas trop ce que le réalisateur a voulu dire: est ce que simplement il dit qu’il faut qu’on apprenne à vivre ensemble ? Est ce que c’est une critique des sociétés qui se croient progressistes mais qui en fait sont très fermées sur d’autres choses ? Est ce que juste c’est 2 sociétés qui sont incompatibles fondamentalement ? Ou est ce qu’il a simplement fait ça pour ouvrir le débat, ce qui est un point positif aussi.
Parfois on peut penser qu’il est extrêmement critique sur les conservateurs religieux roumains avec des manifestations très extrêmes, un peu clichés, ils ne sont pas que chrétiens, ils sont satanistes, mettent des tag… Mais d’un côté on a l’opinion d’une famille assez injustement traitée par moments