Le Témoin à abattre
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AMCHI

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3,5
Publiée le 19 juillet 2021
Le Témoin à Abattre est un film phare faisait partie de ces fameux poliziotteschi, ses polars italiens des années 70 souvent nerveux et violents. Ils trouvent leur inspiration dans les polars urbains américains en les injectant dans l'Italie des années de plomb.
Enzo G. Castellari s'en sort bien même si par la suite il a tournera des films plus réussis dans le genre, le début commence très fort avec une course-poursuite endiablée à travers la ville de Gênes (le lieu de l'action du film avec quelques passages par Marseille) qui est orchestrée par le cascadeur automobile Rémy Julienne.
Après ce démarrage sur les chapeaux de roues Le Témoin à Abattre va perdre un peu de sa nervosité, pour la voir revenir dans sa dernière demi-heure.
Comme dans les autres polars de cette catégorie, l'histoire dénonce les tares du système en montrant tout cela sous l'aspect d'un polar au ton assez pessimiste quitte à utiliser de la violence virant parfois au sadisme et à ce niveau on est bien servi spoiler: un gars se fait rouler plusieurs fois dessus par une moto puis pour finir on le castre, la propre fille du policier se fait sauvagement renverser par une voiture.

A la fin les nombreuses fusillades usent de ralentis façon Peckinpah, et Castellari se montre très à l'aise durant ses passages d'ailleurs il est plus doué dans l'action que dans la critique.
Comme souvent dans ce type de cinéma j'ai remarqué que la ville où se déroule l'action est bien montrée (un vrai décor naturel travaillant sur l'atmosphère des films), que ce soit des quartiers aisés ou d'autres plus sordides, Gênes étant une ville portuaire son port n'est pas oublié.
Le casting est aussi un autre point fort de ce film, peut-être que le jeu de Franco Nero (teint en blond pour le coup) est un peu excessif par moment mais il veut sans doute nous faire comprendre la rage de ce policier contre l'ordre établi qui l'empêche de faire pleinement son boulot, Fernando Rey retrouve un rôle de baron de la drogue, l'américain James Whitmore incarne le supérieur de Nero, la fille du policier est jouée par la propre fille du réalisateur et ce dernier apparaît brièvement dans la peau d'un journaliste. Et au début du film la fille jouant à la marelle est Natasha Richardson (fille de Vanessa Redgrave avec qui Franco Nero est en couple).
Un film que j'ai vu à la hausse en le revoyant bien que je lui préfère d'autres films du même type.
A signaler aussi une très bonne musique des frères De Angelis, le ton mélancolique de la mélodie colle bien au climat délétère du film.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 février 2026
Enzo G. Castellari s'inspire assez évidemment des polars américains de l'époque, "French Connection" en tête. Outre la présence de Fernando Rey, on assiste dans les premières minutes à une fantastique poursuite en voiture aux abords de Gênes (merci Rémy Julienne !).
Mais rapidement, "La polizia incrimina la legge assolve" s'inscrit complètement dans le courant très italien du polizottesco. Son énorme succès en son temps ayant contribué à populariser ce genre de polar violent et pessimiste, voire nihiliste.
L'intrigue se déroule donc à Gênes, où un commissaire énervé (Franco Nero) tente de coffrer des trafiquants de drogue impitoyables.
Je pointe d'emblée les défauts du film : le jeu excessif de Franco Nero, qui vocifère et agite les bras pour montrer le ras-le-bol de son protagoniste. Un peu dommage, car à côté l'acteur est bon dans les séquences plus dramatiques. D'autre part, l'intrigue assez brouillonne, qui avance surtout à coups de trahison et de règlements de compte crapuleux.
Pour autant, j'apprécie ce genre de proposition de la grande époque du cinéma bis italien, dont Enzo G. Castellari était un bon artisan (avant de vriller dans les années 80...). On sent l'ambiance "décomplexée", avec cet inspecteur qui met beaucoup de baffes quand on lui demande s'il a un mandat. Et ces meurtres particulièrement violents, avec mitraillettes, crochets, ou moto option castration.
On ressent également le poids des années de plombs. Les trafics de drogue se déroulant sur fond de luttes politiques, ou de corruption des puissants.
Surtout, Enzo G. Castellari ne livre pas une œuvre impersonnelle. Il exploite bien l'atmosphère de Gênes, de nombreuses séquences se déroulant sur le port et les installations industrielles, l'occasion d'affrontements utilisant cet environnement dangereux.
Le réalisateur se livre même à quelques saillies bien pensées de mises en scènes. Ce générique de début où la caméra avance dans un tunnel, suivi d'une image réfléchie sur les lunettes de soleil d'un figurant. Plusieurs transitions malignes. Des ralentis (processus encore très technique et relativement rare à l'époque) ici utilisés à bon escient. Des fusillades nerveuses. Ou la musique des frères Angelis, ses collaborateurs fréquents.
Par contre, faites attention, la plupart des versions qui circulent sont brutalement tronquées, et c'est bien dommage. Le film complet dure environ 1h45, or les versions commercialisées (notamment en France) ne durent pas plus de 1h35... Ce qui est très embêtant car c'est la fin du film qui a été totalement charcutée !
spoiler: Dans la fin complète, notre héros participe à un raid au port de Marseille, et élimine un paquet de gangsters au terme d'une fusillade efficace. Avant de regarder avec mélancolie la mer, et d'avoir une vision intelligemment mise en scène où il est abattu. Dans la fin tronquée, les méchants se rendent au port de Marseille... et l'image coupe brutalement sur notre héros devant la mer, puis générique ! Pas de fusillade, pas de poésie, pas de bouclage de l'intrigue, de quoi frustrer pas mal de monde.
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 octobre 2021
Intéressant sur le fond (la corruption en Italie) mais très daté sur la forme le thriller de Castellari a mal vieilli.
L'homme Scan
L'homme Scan

7 abonnés 242 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 juillet 2021
Le film est bien rythmé, on ne s'ennuie pas, le personnage principale joue un commissaire italien impulsif qui dynamise les scènes.
Mais il y a énormément de scènes surréalistes, les combats, les chasses a l'homme, la naïveté du commissaire tous ces éléments font perdre en crédibilité.
C'est étrange un sujet sérieux mais une mise en scène déconnecté de la réalité.
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