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Henri M
61 abonnés
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3,5
Publiée le 11 mai 2016
Flamboyant, Baroque, brillant, délirant, abracadabrant, un scénario qui nous sème en route bien des fois.
Paul Thomas Anderson va au-delà de l’esbroufe, il imagine les gens et les couleurs. C’est pas de la poudre mais des paillettes plein les yeux. Un cinéma haut en couleur et en musique. Mais aussi un cinéma bavard où on perd le fil de la conversation, trop de personnages et de machinations. Mais l’ensemble est magique alors l’alchimie fonctionne.
On ressort un peu halluciné comme après fumé. Un bonus pour l’ambiance 70 plus kitch que jamais. La musique fait partie du film, en osmose elle souligne chaque situation afin de la valoriser.
Joaquin Phoenix est un électron libre, il sourit, il pleure, il aime, il est passion et émotion. On l’adore d’emblée dans le rôle de Doc, détective malin et collé au plafond, il y a du Serpico mais défoncé.
Josh Brolin est le lieutenant « Big Foot » psychorigide et bi-polaire.
Un passage de Benicio Del Toro toujours plus fantasque.
Des acteurs bien dirigés qui savourent leurs dialogues.
Paul Thomas Anderson réalise une excellente adaptation de l’oeuvre de Thomas Pynchon. Chacun de ses films est toujours une belle histoire mise en couleur et réinventée.
Il est toujours difficile de juger un PTA après une seule vision ; surtout pour celui-ci, ais-je envie de dire, car il me semble que le réalisateur brouille volontairement la compréhension du spectateur ; ce qui donne une expérience cinématographique intéressante, mais un sacré problème lorsqu’il s’agit d’écrire sur le film ! Cette mise en garde faite, voici l’impression spontanée qui fut la mienne durant la vision : on dirait que le Dude des frères Coen se retrouvait détective privé dans un film noir classique, le tout filmé sous substance ! Le héros, interprété avec toujours autant de talent par Joaquin Phoenix, dans un registre comique jusque-là inexploité, rappelle immanquablement le personnage incarné par Jeff Bridges, dans le physique, les gestes, la voix, et bien sûr le sentiment d’être le jouet de conspirations aussi incompréhensibles qu’absurdes. Est-ce un hasard si ces deux protagonistes ne sont jamais nommés par leur véritable patronyme, mais uniquement par une monosyllabe ? Doc, Dude, même combat ? Ce détective est donc totalement perdu dans son enquête, comme le spectateur ; mais faut-il vraiment comprendre ? Je laisse la question ouverte. En tout cas, j’ai apprécié certaines parties de ce trip sous acide, dans sa galerie de personnages secondaires loufoques (mention spéciale à Martin Short) et dans son portrait en creux des seventies. Mais je suis resté au quai avec d’autres personnages, et avec d’autres évolution du scénario qui me semblent très artificielles ; je trouve par ailleurs le film un peu trop bavard par moments, par exemple les scènes avec Owen Wilson. On retrouve ici une Amérique impuissante, perdant ses illusions de l’ère hippie pour être petit à petit remplacée par le capitalisme et la corruption. PTA semble observer ce déclin par une vision double, comme souvent, en confrontant deux personnages à la manière de There Will Be Blood ou The Master. Ici, il s’agit de la dualité entre le Doc défoncé et le flic autoritaire anti-hippie, Bigfoot (incroyable Josh Brolin ! Son meilleur rôle avec No Country ?) ; une dualité qui va évoluer de manière viscérale et trouver une conclusion surprenante mais terrifiante, que je ne spoilerai pas ! Bref, cet Inherent Vice vous déroutera, mais pourrait aussi vous faire rire et réfléchir, et vous donner le sentiment de prendre de la drogue par procuration. Et si c’était ça aussi, le cinéma ?
Qui est le film ? Avec Inherent Vice, Paul Thomas Anderson adapte pour la première fois un roman de Thomas Pynchon, figure de la littérature américaine obsédée par les complots, la paranoïa et les fuites infinies du capitalisme. Après There Will Be Blood (2007) et The Master (2012), films massifs où le pouvoir se concentrait dans des figures autoritaires, PTA se tourne ici vers un matériau plus relâché, situé en 1970. L’Amérique sort des sixties avec une gueule de bois : la contre-culture se voit récupérée par le marché, la police resserre ses mailles, et le rêve communautaire se dissout dans la logistique du capital. En surface, c’est une enquête : un détective privé, Doc Sportello, cherche à comprendre la disparition d’un magnat immobilier.
Que cherche-t-il à dire ? Anderson ne fait pas un polar classique où les indices convergent vers une vérité claire. Au contraire, il met en scène l’échec de l’enquête : chaque piste engendre de nouvelles zones d’ombre, chaque révélation ramène de la brume. Le film porte ainsi notre regard non sur la solution d’un complot, mais sur ce qu’il signifie de chercher encore à relier dans un environnement où tout conspire à isoler. Sa tension principale est là : comment continuer à habiter le lien social quand les récits collectifs (utopies, révolutions, même les histoires d’amour) s’effondrent sous la logique moderne ?
Par quels moyens ? Anderson greffe le modèle du film noir (détective, filatures, indices) sur la pâte de la comédie. Là où Bogart serrait les fils d’une intrigue, Joaquin Phoenix s’y perd davantage. Cette friction produit un diagnostic : la connaissance n’est plus cumulative, elle se dissout dans un monde trop vaste pour une conscience individuelle.
Le film refuse la nostalgie. Il filme l’instant où la contre-culture est absorbée par le commerce et où l’État normalise les marges. La violence Manson reste hors-champ, mais plane comme une menace diffuse, rappelant que le rêve hippie s’est brisé dans la peur et la paranoïa.
Doc n’échoue pas : il redéfinit le rôle du privé. Ses enquêtes consistent moins à résoudre qu’à réparer localement : rendre un junkie à sa famille, retrouver un mari, apaiser des peurs. Sa compétence n’est pas la déduction mais la capacité à tenir ensemble une éthique du "care".
Quant à Shasta, elle cristallise l’avant. La grande scène de confession installe moins un érotisme qu’une lutte narrative : qui tient la parole, qui écrit l’histoire de l’autre ? PTA en fait une figure intraduisible, qui reste.
En miroir grotesque de Doc, le flic obsessionnel, il révèle la co-dépendance entre outsider et État. Leur relation fait de tendresse maladroite, violence, besoin mutuel, rend visible la porosité entre contestation et institution.
Où me situer ? J’admire profondément la manière dont Anderson filme la brume comme forme politique : elle incarne l’opacité d’une époque où la clarté est devenue impossible. J’admire aussi la pugnacité douce de Doc, ce détective dont la vocation est moins de savoir que de relier, moins de vaincre que de soigner. Ce que je trouve plus problématique tient à la longueur du film et à une certaine complaisance dans l’illisible, qui risque d’épuiser au lieu d’inviter.
Quelle lecture en tirer ? Le film ne se conclut pas par une illumination. Pas de complot entièrement révélé, pas de communauté retrouvée. Seulement un homme et une femme dans une voiture, perdus dans la brume. La victoire, si l’on peut employer le mot, c’est de continuer à chercher des liens, même minimes, dans un monde qui se défait.
Si ce PTA nous perd quelque peu dans les méandres de son intrigue, tarabiscotée à l'extrême alors qu'elle nous parle de quelque chose de simple, les incroyables performances d'acteurs de Josh Brolin et Joaquin Phoenix nous laissent sans voix. Couplées à une réalisation toujours aussi méticuleuse, et une véritable tendresse à l'égard des personnages, on est transportés dans un univers bercé par la drogue, en évitant les lourdeurs de mise en scène qui n'auraient produit qu'une mise en abîme simpliste et mal venue. Un quasi sans-faute du réalisateur qui nous avait perdu dans un ennui sans fin avec The Master, et reprend totalement le contrôle de ses visions psychédéliques.
Une histoire qui part un peu dans tout les sens, on a du mal à en suivre le fil mais ce n'est presque pas important tant le film est porté par un génial Joachim Phoenix. Le film le plus drôle de la filmographie de P.T.A.
Il ne faut pas chercher à cerner le sens de chaque chose dans "Inherent vice" car elles n'en ont pas toujours, l'idée de PT Anderson est plutôt de retranscrir une atmosphère, un esprit du Los Angeles de 70's qui s'évaporerait dans des volutes de marijuana. L'intrigue est difficile à suivre et peut frustrer les spectateurs qui ne parviendraient pas à se laisser bercer par le rythme tantôt apaisé, tantôt nerveux du film, mais finalement le sujet n'est pas là. Les longueurs du film et son relatif désintérêt pour l'enquête sont aussi les symboles d'une coolitude où les choses ne semblent pas avoir tant d'importance. Superbe photographie et grande direction d'acteurs pour arriver à donner corps à une oeuvre déglinguée.
Inhérent vice est tourné comme un grand trip. De ce coté la c'est réussi, tant l'histoire est totalement fumeuse. Même si quelques scènes sont suffisamment barrées et les acteurs bons dans leurs délires (excellent duo phoenix/brolin), tout ca est beaucoup trop volontairement complexe et pas le moins du monde prenant. Grosse déception pour ma part.
Un homme disparaît à bord d'un bateau, un enquêteur est mis sur l'affaire mystérieuse par son ex-compagne qui convoite ledit homme disparu, tout en fumant et sniffant à tout-va, et nous on s'ennuie ferme tout en ne comprenant rien. L'histoire part dans tous les sens, on nous balance les noms de ceux qu'on accuse de la disparition (la femme de l'homme disparu, car "ah oui au fait, on vous rappelle qu'il était marié", ou encore l'amant de l'ex-compagne... oui ça fait déjà bazar, et vous n'avez pas encore commencé la plongée dans les méandres de l'enquête), et au bout d'une heure trente environ on ne sait déjà plus de qui on parle. Mais attention, les critiques nous disent que "c'est fait exprès alors il faut aimer cette impression de couler à pic", subjectivement j'ai peu de plaisir à me faire balader inutilement par un film. Sur deux heures trente, on décroche à chaque minute malgré un effort surhumain pour tenter de suivre, car si l'on abandonne l'enquête, il n'y a rien à voir : Paul Thomas Anderson en fait des caisses avec une mise en scène old-school (parodie du film noir des années 50 et 60), Joaquin Phoenix est dans son pire rôle (malgré son talent, il s'enlise dans le rôle romanesque qui passe mal à l'écran) et l'omniprésence des scènes sous opiacées devient vite répétitive (c'est comme regarder un gars boire son whisky pendant deux heures trente, ça n'est pas forcément ce qu'on a vu de plus intéressant ou palpitant). Faire une caricature des films noirs des années 50 au travers d'un livre est une bonne idée, encore faut-il ne pas enfumer son spectateur jusqu'à l'asphyxie prolongée sur deux heures trente.
Quel drôle d'objet nous avons là. En effet, Paul Thomas Anderson nous balance une sorte de polar que l'on ne voit pas tous les jours. Et pour cela, on le remercie. Le problème c'est qu'Anderson privilégie la forme et délaisse presque totalement le fond. Du coup, « Inherent vice » devient un trip fumeux et psychédélique façon 70's à l'intrigue si décousue qu'elle finit par devenir incompréhensible. PTA, se basant sur la simple idée de la disparition d'une grande ponte de l'immobilier multiplie les sous-intrigues, mais n'en exploite aucune. De plus, il a la (presque) mauvaise idée d'étaler tout ça sur pas loin de 2h30. Si les 90 premières minutes passent assez vite, on ne peut pas en dire autant des presque 60 autres qui tendent à traîner la patte. On s'ennuie pas mal quand même. Par quoi « Inherent Vice » est-il sauvé ? Par sa forme singulière et son casting, emmené par un Joaquin Phoénix drôle et attachant. Trop maigre cependant pour convaincre. Négliger l'histoire tout en la compliquant de cette façon ne peut être que rédhibitoire.
Première déception du côté de Paul Thomas Anderson. Dans Inherent Vice, le réalisateur met en scène le personnage de Joaquin Phoenix, détective privé, dans une enquête assez ennuyante, mêlé dans un trip des hippies, typique des années 70. L'histoire peine à avancer malgré un visuel magnifique et des acteurs/actrices impeccables. Et le pire dans tous ça, c'est sa durée... 2h30 qui appauvri le scénario. Étonnement les 2h30 sont passés vite
Paul Thomas Anderson est un excellent réalisateur mais son "Inherent Vice" me laisse sur un avis mitigé. Evidemment, la mise en scène du cinéaste n'est pas à remettre en cause et PT Anderson nous offre du plaisir pour nos yeux d'autant plus qu'on se laisse facile embarqué dans cet univers 70's. Rien à redire non plus sur les acteurs (premiers comme seconds rôles) qui campent des personnages hauts en couleurs. Le principal défaut de ce film proient de son intrigue, captivante durant les premières minutes avant de s'enfoncer dans une routine parfois confuse. Le rythme lui-même s'essouffle et laisse place progressivement à des longueurs. On en perd le fil et on finit par s'ennuyer. C'est d'autant plus dommage que les bases étaient bonnes et solides.
Le film n'est pas complexe, mais incompréhensible. Au bout d'une demi-heure, on est largués, sans désir de raccrocher, tant le cinéaste prend un malin plaisir à nous enfumer. Extrêmement bavard, on ne voit rien qu'un truc prétentieux, fumeux et terriblement ennuyeux. Dommage j'aurais vraiment aimé adorer ce film tant le casting et l'ambiance 70´s m'emballaient.
Le retour de Paul Thomas Anderson après *The Master* qui fut une mini déception, malgré la présence de deux acteurs grandioses : Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phoenix. Ici on retrouve Joaquin, comme d'habitude en grande forme et un casting plutôt impressionnant autour. Mais les autres personnages ne sont pas développés et bien trop peu intéressants. Un humour qui tourne à vide, tout comme le scénario et un film qui avance à la vitesse d'un escargot ayant fumé trop d'herbe. Beaucoup de trouvailles visuelles et un cadre et une photo toujours impeccables mais un film qui patine et ne m'as pas entraîné dans sa folie. Déçu.
Une histoire policière de 2h20 incompréhensible (mais la complexité de l'intrigue n'est pas forcément un défaut), et une élégance de style qui porte la griffe d'un grand cinéaste dont on préfèrera toutefois la période "Magnolia". Interprétation impeccable.
Un film porté par d'excellents acteurs dont Joaquim Phoenix absolument génial dans le rôle d'un détective hippie défoncé. La retranscription des 70's est passionnante. L'enquête devient rapidement secondaire et on se laisse bercer par cette ambiance hippie qui sent bon la marie-jeanne.