Samourai Zombie est un métrage sur lequel il n’y a pas énormément à dire. Par beaucoup d’aspect j’ai eu le sentiment de me retrouver devant Versus, film réalisé par le scénariste de ce métrage. On retrouve exactement les mêmes ingrédients : des gros flingues, du sang, du second degré, un coin désert. Le truc c’est que ce film est tout de même moins généreux que Versus, et si ce dernier n’était déjà pas un chef-d’œuvre, on peut s’attendre à ce que ce Samouraï Zombie soit donc encore moins bon. L’histoire tient sur un timbre-poste : une famille et un couple de bandits se retrouvent poursuivis par un samouraï sans pitié qui cherche à la dézinguer. C’est un peu plus compliqué, dans le sens où il y a quelques petites surprises réparties de ci de là (je vous rassure, c’est rien de déterminant, ça met grand max une ligne de plus à l’histoire), mais Samouraï Zombie se veut un pur divertissement sanglant et accumule en fait, dans un ordre plus ou moins attendu, les séquences de morts et les combats. Le souci c’est que si l’histoire fait rapidement dans la stagnation, le divertissement n’est pas si bon que cela. Quelques scènes prenantes mais de grosses invraisemblances (la voiture embourbée), des facilités scénaristiques, et surtout peu de vrais moments délirants. Les effets sanglants sont pas si nombreux que cela et surtout très répétitifs (la tête coupée et le torrent de sang qui suit), l’humour reste très ténu, et je dois dire que passer la première demi-heure je n’ai rien trouvé qui, dans Samouraï Zombie, pouvait me tenir en éveil. Sur la forme, en dehors des effets sanglants, je note les mêmes décors que pour Versus. Essentiellement une zone forestière et quelques édifices. Pas très mémorable, le film fait assez amateur tout de même, malgré quelques séquences correctes grâce à la mise en scène, et surtout grâce à un samouraï bien fait niveau design. Dommage que la photographie soit très grisâtre. Plus que dans Versus le film manque d’ambiance, et n’exploite pas réellement très bien son cadre. Si l’amateur d’horreur aura donc de quoi se faire à peu près plaisir, celui qui attend un film d’atmosphère, sombre et inquiétant pourra repasser. On ne ressent pas ce côté onirique, irréel de Versus, et c’est frustrant, car avec le cadre il y avait du potentiel. Quant au casting, il ne surprendra pas vraiment dans le bon sens du terme. Gros problème de surjeu qui enfonce le film. Les acteurs ne jouent ni vraiment sérieux ni vraiment parodique, il surjoue simplement, parfois de façon outrancière, avec des répliques médiocres et des situations souvent absurdes (le final par exemple). Je n’ai pas grand-chose à dire, si ce n’est que le meilleur personnage du film c’est sans aucun doute le samourai. En clair, si vous voulez voir du cinéma trash asiatique, et que vous hésitez entre ce film et Versus, le choix devrait se porter nettement sur Versus, meilleur à tous les niveaux. Ce Samouraï Zombie souffre indéniablement d’être très simpliste et pas très bien interprété, mais surtout il n’a pas la qualité formelle et la générosité burlesque et gore qui font généralement l’intérêt (mitigé certes) de ces bandes déglinguer. 1.5
Avec Yoroi, Orelsan nous embarque dans un univers à la fois fantastique, enfantin et profondément humain. On y retrouve tout ce qui fait la force de son univers : une imagination débordante, un humour sincère et une justesse émotionnelle rare.
Le film mêle avec brio la naïveté de l’enfance et la lucidité du monde adulte, créant une œuvre à la fois drôle, touchante et pleine de vérité. Chaque scène semble baignée d’une poésie simple, parfois absurde, mais toujours juste. Orelsan parvient à rendre le fantastique crédible, le rêve tangible et l’émotion universelle.
On ressort de Yoroi le cœur léger et la tête pleine d’images, comme après un beau voyage. C’est un film qui fait du bien, qui parle à notre âme d’enfant sans jamais tomber dans la mièvrerie.