Une histoire de coeur révélatrice et sensible de l'une des premières figure féminine excentrique de l'Histoire : Marie Antoinette, déjà visitée par Sofia Coppola il y a quelques années. Narré sous le point de vue de sa liseuse adorée et toute dévouée, Sidonie Laborde, "Les adieux à la reine" retrace une histoire d'amour déchirante et impossible dans les jours suivants le 14 juillet 1789, prise de la Bastille par le peuple ; le basculement d'un monde, d'une époque. Le personnage central, réservé et attentif, simplement interprété par Léa Seydoux, observe avec effroi ces changements auprès de la reine Marie Antoinette, à laquelle elle fait la lecture et pense obstinément. Diane Kruger est époustouflante dans le rôle ambiguë de cette star du XVIIIéme siècle, à la fois extrêmement tendre et attachante et parfois imprévisible et cruelle. Elle délivre une prestation riche en émotion et captivante. Le scénario laisse deviner la tension qui règne à la cour, la décrépitude des lieux et la sensibilité foisonnante chez les aristos. Benoît Jacquot filme brillamment ce panelle de femmes par de nombreux gros plans tremblotants et saisit justement les bribes de l'Histoire, le contexte, si bien qu'on l'éprouve comme un suspense. La musique vient d'ailleurs participer au mystère, soulève la tension sans étouffer les émotions des actrices. Amoureuse désespérément de la reine, ambiguïté partagée, cette jeune liseuse est prête à tout pour prouver son dévouement à la reine qui n'hésite pas à abuser de son pouvoir de manipulation. Virginie Ledoyen, peu présente mais au rôle déterminant, sème le trouble au sein de cette relation et va y marquer le point final. L'intrigue, fidèle à l'Histoire, est pleine de rebondissements. Je ne me suis pas ennuyé, contrairement à ce que j'aurais pu penser, les films d'auteur, et encore plus d'Histoire me bottent pas du tout, mais là, la débauche des sentiments et la splendide Diane Kruger m'ont conquis. Simple remarque : j'avoue que je me serais passé des quelques scènes où Seydoux se casse la gueule, ça n'apportait rien et rendait la scène ridicule (c'était peut-être très psychologique comme choix mais j'ai pas compris), heureusement il n'y a que ça qui m'a gêné...