Les Adieux à la reine
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cristal
cristal

197 abonnés 789 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 29 février 2012
Comme toujours chez Benoit Jacquot, l'exploration d'un siècle perdu tiens plus à la recherche d'une substance visuelle et cérébrale qu'à la consistance d'une dramaturgie fondée sur l'expression des sentiments humains. Pourtant l'un, par définition, traite de l'autre. Tout comme son travail de metteur en scène d'opéra ; trouver une matière esthétique et rythmique à un récit déjà créé et porté par la musicalité - voir son "Werther" joué à Bastille en 2010. Dans "Les Adieux à la reine", adapté de l'écrivain Chantal Thomas, son ambition semble être tout simplement de transposer cette démarche à un décor nouveau, déployé, celui de la Cour de Versailles, à partir d'un matériau romanesque déjà développé dans le livre, ou la relation mystérieuse de fascination et de haine d'une jeune lectrice dévouée pour sa Reine. Comme tout cinéaste un minimum talentueux, Benoit Jacquot ne rate pas LE plan du film ; un baiser saphique échangée entre la Reine et la servante endossant subitement le rôle de Gabrielle de Polignac, la figure féminine causant le trouble sexuel et identitaire de Marie-Antoinette alors même que le pouvoir s'effondre après la prise de la Bastille. Tandis que Sidonie, la jeune servante et fidèle lectrice de la Reine, vit à genoux face à l'icône qu'elle sert, le film développe une manipulation des apparences ; Sidonie, jeune et naïve, se croit préférée des autres aux yeux de Marie-Antoinette. Mais cette dernière, cruauté ultime du pouvoir et de l'amour, va se servir peu à peu de Sidonie pour sauver la vie de Gabrielle, la femme qu'elle aime en secret. De ce triangle amoureux entre femmes, gardé sous silence pendant tout le film, ne subsiste donc que ce plan magnifique où les lèvres d'une femme de l'ombre se posent sur celles d'une femme de la lumière et du pouvoir qui y voit la projection, par le costumage identique, de l'être aimée. Le plan, simplement effleuré et forcément hyper-sensuel puisqu'il est le point d'orgue féminin d'une tragédie sourde, prouve la vitalité du cinéma de Benoit Jacquot quand il s'agit d'être simplement confronter à l'évidence. Malheureusement son langage, de plus en plus, semble à tout prix se contenter d'être anti-expressif, d'être 'pensé' , raide et ancré dans une vieille tradition de film costumé français. Chaque comédien - à l'exception de la fascinante Léa Seydoux - semble ne pas rentrer dans ses costumes ; ni Diane Kruger n'atteint la dimension forcément sacralisée de la Reine que nous partageons par le regard de Sidonie, ni Noémie Lvovsky ne se départit de ce rôle de patronne que le cinéma français lui a maintes fois offert jusqu'à la caricature, et encore moins Xavier Beauvois, dernier venu d'un petit groupe d'amis-réalisateurs dont l'expression de comédiens frise définitivement le grotesque. Tout dans "Les Adieux à la reine" pâtit de cette petite foi en un cinéma privé, fait par un cercle de connaissances qui pourtant n'appartiennent pas du tout à l'imagerie attendue d'une reconstitution. Certes c'est peut-être là la modernité que l'on accorde à Benoit Jacquot mais sa direction d'acteurs est à ce point austère et définitive dans sa volonté de redonner au corps la fonction d'une marionnette et à la voix celle d'un son brut et sans contours que son film est immédiatement figé dans une sensation de 'Faux' permanent. La rigueur de sa vision de metteur en scène dément les vrais pouvoirs de la fiction historique comme de sa réalité ; le film ne semble jamais assez romanesque et cinématographique, et paradoxalement, il ne semble jamais assez juste et concevable. On ne croit ni à l'invention d'une mascarade et d'un déguisement de Sidonie qui acceptera héroïquement, mais dans l'ombre, de se faire passer pour Gabrielle de Polignac, autant que les détails plus précis comme les chorégraphies de scène de groupe ou de figurants qui ne semblent jamais être autre chose justement qu'une illusion, celle d'une reconstitution. Ce monde qui vacille, cette Reine sur le déclin, cette jeune Sidonie troublée par la mort si proche de celle à qui elle lit quelques lignes de Marivaux, la vie dans le château, les ombres troublantes qui animent les regards entre servant et servi, tout dans le film n'est qu'une vaste mise en scène plaquée image par image, séquence par séquence. Il y a à ce sujet une superbe scène où enfin la réalisation semble se fondre dans la matière recherchée, et c'est le seul moment remarquable du film, où à l'annonce de la liste des décapités dans un des couloirs du château, les pensionnaires et les serviteurs s'activent en pleine nuit, entre hystérie silencieuse et effroi. Les flammes dansent dans des couloirs bruns magnifiquement éclairés, les silhouettes frôlent les murs à n'en plus finir, il y a là un mouvement vital dans un endroit mort, restreint, une atmosphère de vie de château, quelquechose d'enfin vrai, d'enfin conquis. Le reste ne semble être qu'une vaine carcasse dévidée et c'est à la fin que l'on croit que le film commence. Las! Ce sont déjà les adieux.
Parkko
Parkko

194 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 avril 2012
Prenez le rendez-vous en Février 2013 pour voir ce film dans les Césars. Au moins dans la catégorie Meilleurs costumes. Bref, à travers l'Histoire, Benoît Jacquot nous offre une vision plus féministe de la Révolution française - enfin n'exagérons rien, il n'est pas là question d'Histoire mais de fiction principalement -. On y voit un Versailles qui sombre, à la dérive, face à des personnages qui semblent plus préoccupés par leurs propres vies que par ce qu'il se noue véritablement. Mais c'est terriblement vrai tout ça. J'ai pas été non plus chamboulé par ce film, mais je reconnais ses qualités.
orlandolove
orlandolove

171 abonnés 1 736 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 mars 2012
Accessible et rythmé, "Les Adieux à la Reine" m'a plu. L'idée de plonger dans la révolution à travers un unique point de vue (celui d'une servante de Versailles et de la Reine) est intéressante. Tout comme intrigue la relation entre la Reine et sa lectrice. L'interprétation est bonne, les personnages secondaires bien croqués et la réalisation dynamique. Pas totalement transcendant mais prenant.
halou
halou

155 abonnés 1 532 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 octobre 2014
Une petite partie de l'Histoire revisitée pour mettre en avant des idylles entre femmes. An niveau décor, costumes et ambiance tout est peaufiné comme le casting par ailleurs. Le scénario est toutefois assez maigre et parfois l'ennui se fait ressentir mais on prend quand même plaisir à suivre cette passion aveugle et sans issue malgré un manque de charisme certain pour Diane Kruger en Marie Antoinette et une Léa Seydoux juste correcte. A noter de bons seconds rôles.
Grouchy
Grouchy

143 abonnés 1 033 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 novembre 2012
Film historique qui, au lieu de nous faire rentrer dans l'action et les turbulences de la Révolution, nous emmène dans un univers intime concernant l'espace royal, décrivant les classes sociales, les relations entre servant et maitre, sans paraître un faux documentaire. L'image que nous montre Jacquot fait preuve d'une finesse et d'une sensualité visible ; si l'histoire se concentre sur l'intériorité des personnages, on n'a pas l'impression de ressentir une quelconque évolution, la fin étant un peu brutale. Le film de Benoît Jacquot possède un charme, aussi bien au niveau du casting que du visuel.
JCOSCAR
JCOSCAR

132 abonnés 1 100 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 mars 2012
Les Adieux à la reine est un film historique avec de magnifiques images. Le scénario peu captivant ne donne pas à ce film un intérêt sur la révolution et sur les amours de la Reine... bref une déception !
Anonyme M Ciné
Anonyme M Ciné

99 abonnés 1 712 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 décembre 2021
moyen. très vite ont est plongé en plein 1789 révolution française internet étant loin d'exister a cette époque ils n'était pas au courant a Versailles, la bataille contre la royauté commença, elle a duré un peu plus de 3 ans ce que de nombreux historien appellerons "la seconde Révolution" https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_du_10_ao%C3%BBt_1792 BREF RETOUR AU FILM. très vite les rumeur sur la prise de la bastille circules et finissent a un moment par être fondée très vite, ils font les baguages et tentent de s'enfuir...........ont connait tous la suite (guillotine, louis 16, marie Antoinette). des tonnes et des tonnes de scènes inutiles en vrai 70% du film ne sert a rien vu qu'ont l'a tous appris au collège, ont salut tout de même le travail d'actrices excellentes et des magnifiques robes d'époque.
belo28
belo28

87 abonnés 1 130 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mars 2012
Un film fort. Un film beau. Le gros de l'action se situe hors champ, hors des murs du château de Versailles ou du Trianhon et c'est aussi ça la force de ce film. Loin du ridicule du bonnet frigien et de la reconstitution de la Révolution Française, Benoit Jacquot préfère suivre une jeune femme, une servante, entièrement dévouée à sa Reine. Reine qui n'est autre que Marie Antoinette. Alors certe, le film n'est pas aussi original, aussi rock, aussi intelligent que le Marie Antoinette de Sofia Coppola mais il apporte une véritable dimension dramatique à la Reine et de la complexité à ce personnage qui se révèle de plus en plus passionnants, jusque dans ses amours interdites. Léa Seydoux, Virginie Ledoyen et Diane Kruger interprètent trois femmes au coeur d'un trio amoureux complexe et extrêmement bien écrit.
Flying_Dutch
Flying_Dutch

80 abonnés 770 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 mars 2012
Benoît Jacquot sait filmer les femmes comme personne, il sait créer un univers propre et saisissant, et il sait s'approprier un récit pour le tourner à sa sauce. Si pour le cours d'Histoire, on repassera, Les Adieux à la reine reste un beau film, aux enjeux particuliers et inattendus, dans lequel une simple liseuse voue une admiration sans borne pour sa reine (on retrouve la pop star de Coppola ici). Mais comme son personnage principale, le film erre un peu sans but à la recherche de réponse à des questions dont on ne connaît même pas tout à fait la teneur. Le film force l'admiration pour son partie prie, son esthétique et son choix délicieux de ne placer l'action qu'à l'intérieur des murs de Versailles, mais on déplore trop de moments de faiblesse.
VILLE.G
VILLE.G

79 abonnés 813 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 octobre 2014
Une manière très intéressante de voir Versailles, pour une fois du point de vue du personnel avec ce que ça représente de moins clinquant et de la relation particulière avec les puissants.
C'est très bien filmé et bien joué, sauf s'il m'a semblé que D.KRUGER et V.LEDOYEN avait du mal à ressentir et donc à jouer la relation amoureuse entre elle deux.
nestor13
nestor13

75 abonnés 1 222 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 avril 2012
Celle qui fut l'épouse de Louis XVI inspire beaucoup le cinéma ces derniers temps. On se souvient en 2006 de "Marie Antoinette" de Sofia Coppola qui nous montrait le destin tragique de cette autrichienne qui n'avait finalement rien demandé. "Les adieux à la reine" se penche, lui, en revanche uniquement sur les quelques jours qui entourent le 14 juillet 1789, nous décrivant également un personnage en fait humain, touchant, dépassé par les évènements. J'ai toutefois du mal à voir le réel objet de ce film qui nous la présente comme étant attirée par les femmes, elle qui fut d'ailleurs même accusée d'inceste lors de son procès. Bien qu'étant dubitatif par rapport à cela, j'ai cependant apprécié les actrices attachantes qui sont finalement le sel de cette histoire. Et pas seulement parce que Léa Seydoux, dont le regard me fascine de plus en plus, nous montre ses charmes dont une soyeuse poitrine. Quelle princesse !
titiro
titiro

65 abonnés 1 024 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 avril 2012
Benoît Jacquot a eu la bonne idée de réaliser une œuvre historique et romancée loin d'être assommante. Sa mise en scène est subtile et raffinée. Il parvient à capter la cruauté de l'époque sans faire de fioritures, et nous plonge dans ce remous avec brio. Sa direction d'acteurs est remarquable. Léa Seydoux réalise une superbe performance. A noter aussi un travail sublime pour la lumière, les décors et les costumes.
Benoît Jacquot ne cherche pas à faire du cinéma élitiste, et rien que pour ça, c'est fort appréciable.
Pour un non-initié, j'ai aimé.
darkfish
darkfish

62 abonnés 77 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 mars 2012
J'aime :
* la belle distribution : de l'espiègle Léa Seydoux ♥ à la divine Diane Kruger, en passant par l'intrigante Virginie Ledoyen.
* la réalisation vivante et sensible
* l'Histoire racontée sans lyrisme pompeux
* les corsets et décolletés ultra boobs

J'aime pas :
* quand la grandeur de l'histoire fait défaut dans le ressenti final
* quand il manque le petit truc en plus qui fait un grand film
* la subtilité présente mais trop peu développée
* la cruauté de l'amour
SansCrierArt
SansCrierArt

60 abonnés 434 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 décembre 2012
La nouvelle de la prise de la Bastille, ce 14 juillet 1789, vient perturber la vie insouciante et fantasque de la Cour de Versailles. Rapidement au cours des journées du 15 et 16 juillet, la panique gagne le château et les courtisans de la Reine et son Roi.

Benoit Jacquot nous fait revivre ces évènements à travers le regard de Sidonie, la très dévouée et énamourée lectrice de la Reine. Par ce regard, on perçoit parfaitement le basculement de ce monde machiavélique entre insouciance et ignominie. On découvre aussi les conditions de vie au château, les dédales de la ruche qu'est le palais, les amitiés-amoureuses féminines de Marie-Antoinette.
Léa Sédoux tient le film de bout en bout aidée par Diane Kruger plus vraie que nature en Marie-Antoinette et une série de seconds rôles tous parfaits : Noémie Lovsky, Pierre Robin, Dominique Reymond, Xavier Beauvois, Virginie Ledoyen...
Le rythme est haletant, l'éclairage à la bougie amplifie l'atmosphère fantasmagorique et crépusculaire, la mise en scène vise juste. Un très beau film.
Aussi sur http://zabouille.over-blog.com
annereporter94
annereporter94

57 abonnés 1 006 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 mars 2012
Cruelle déception... les critiques sont enthousiastes, les spectateurs nettement moins. Pourquoi? Tout simplement, parce que ce film ne dégage aucune émotion, las acteurs sont comme figés (exception faîte pour Léa Seydoux, toujours remarquable) et la réalisation semble hésiter entre modernisme et respect historique. Benoît Jacquot m'a franchement déçue...
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