Un film vraiment formidable et un drame fort qui raconte évidemment beaucoup de la vie en Iran. C'est sensible et émouvant surtout en regard des traditions et du jugement d'autrui. Que va penser tel ou untel de mon comportement ?? Captivant et prenant.
Ce film iranien d’Asghar Farhadi est une œuvre d’une incroyable densité. Un drame intimiste mise en scène avec une grande sobriété, et écrit avec beaucoup de finesse, formidablement interprété, le long-métrage au-delà de son histoire passionnante livre une réflexion intéressante sur les problèmes sociétaux iraniens. Intelligent et bouleversant.
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2,5
Publiée le 6 novembre 2013
Un film qui me laisse sur ma fin, les acteurs sont très bons, le thème du film est pas facile mais il est bien traité avec beaucoup de sobriété néanmoins ça manque de rebondissement ça reste assez plat avec un final décevant.
Des critiques dithyrambiques un peu démagogique ; Iran oblige on se sent obligé de saluer ce film pour des raisons purement politique... Mais même si ce film est un poil surestimé il reste un vrai beau et bon film. D'ailleurs sa force reste sa description réaliste et non manichéenne, le réalisateur remet pas mal de chose à leur place notamment sur les questions des rapports homme-femme et sur la place de la modernité en Iran. Les acteurs sont tous excellents et les scènes tapent justes et sans fioritures. Trop d'hystérie peut-être qui peut agacer mais ce voyage au sein de l'Iran reste une belle prise de conscience ; un divorce en Iran ou chez nous reste très semblable dans ses conséquences et c'est toujours les enfants qui trinquent. Pas parfait mais un film salutaire et enrichissant.
Nouveau film de Asghar Farhadi après le très beau A propos d'Elly, que j'ai préféré. Celui-ci est tout de même une petite merveille. La mise en scène et le scénario sont d'une grande acuité et d'une force incroyable. L'interprétation est de haute volée et le meilleur atout du film. Le jury de Berlin 2011 l'a vu aussi car il a décerné un prix d'interprétation collectif aux acteurs et aux actrices en plus de l'Ours d'or. Après les étudiants de son précédent opus, une autre vision de la société iranienne moderne. Puissant, déstabilisant, terrible et au final bouleversant. L'un des plus beaux films de l'année.
En matière de cinéma, y a-t-il exercice plus redoutable que d'aller voir un film dont vous n'avez entendu dire que du bien !? Critiques dithyrambiques, amis enthousiastes, finalement vous ne risquez qu'une chose : être déçu ! Et j'ai failli l'être pendant 10 minutes. Et puis, très vite, ce film est apparu pour ce qu'il est : un chef d'œuvre. Un film palpitant, émouvant, à la fois thriller, politique, social, humain, mené de main de maître par Asghar Farhadi, dont on avait déjà apprécié "A propos d'Elly" il y a 2 ans. En partant d'une histoire de divorce, de jeune adolescente dont chacun des parents souhaite avoir la garde et des soins à apporter à un père souffrant de la maladie d'Alzheimer, Farhadi nous parle non seulement de la situation des hommes et des femmes dans l'Iran contemporain mais il présente également des situations dans lesquelles il met le spectateur, tous les spectateurs, face à eux-mêmes. Film iranien, "Une séparation" est donc en même temps un film universel. Sauf que, là-bas, la religion, qui joue un rôle important dans le scénario, est encore plus bête qu'ailleurs. Un film à l'interprétation exceptionnelle qui a valu à tous les comédiens et comédiennes les prix d'interprétation à titre collectif au dernier Festival de Berlin, en plus de l'Ours d'Or attribué au film lui-même. Vu le niveau des 2 dernières Palmes d'Or de Cannes, on a un peu honte pour le Festival français ! Remarquons en passant que ce film et un autre film iranien tout aussi remarquable, "Au Revoir" de Mohammad Rasoulof, qui était dans la sélection "Un certain regard" de Cannes 2011, et qui, espérons le, sortira bientôt, ces 2 films passionnants, très réalistes, qui appellent un chat un chat, sont à l'opposé du cinéma engoncé dans les symboles et les paraboles d'un Kariostami. En tout cas, cela nous fait 2 films iraniens exceptionnels la même année. Pourvu que ça dure !
Mon premier film iranien, ours d'or à Berlin oblige. Comme toujours à Berlin, ils savent mettre en avant de vraies perles. Ici le sujet est traité avec justesse et toute la rigueur et les règles de la communauté iranienne et en particulier la pression religieuse. Un très bon film à découvrir de toute urgence pour ceux qui l'ont raté...
Film iranien au scénario impeccable, mêlant histoires de famille (à la manière de Kechiche) et mauvaise foi, le tout en devient quasiment un thriller à rebondissement. On est loin du grand chef d'oeuvre annoncé, mais une séparation est un très bon divertissement, qui se paye même une fin à choix multiple.
Asghar Farhadi où le renouveau du cinéma iranien, affirmation depuis A propos d’Elly, confirmation et émerveillement avec Une Séparation. Son dernier long métrage nous montre comment la société iranienne se bat entre une vie sociale et religieuse. La force du film tendant à nous faire pénétrer dans la vie du peuple iranien est indéniable, sous couvert d’un thriller social, le réalisateur magnifie son récit par une réalisation d’une poésie sans mesure (voir cette séquence finale ou d’un simple mouvement de caméra les mots sont écrits). A travers ce drame familial complexe Farhadi nous donne une lecture simple, maîtrisée de la souffrance et des paradoxes d’une société souffrante et d’une liberté absente. On ressent tout l’humanité présente dans chacun des personnages représentants de manière détournée une pensée et/ou une critique de ce que le peuple iranien peut vivre. Sans jamais l’expliquer Farhadi nous le fait ressentir au plus profond de nous-même. Beau, intelligent, puissant.
Le génie de Asghar Farhadi est de nous dépeindre l’aspect totalitaire du régime Iranien, de manière extrêmement pragmatique, indirecte et feutrée, à travers les difficultés au quotidien de deux familles. L’une, torturée par un divorce, l’autre par les soucis financiers. Difficultés accrues par l’intégrisme religieux ambiant, intégré lui-même par la population.
Auréolé de l’Oscar et du César du meilleur film étranger en 2012, ce long-métrage du réalisateur iranien Asghar Farhadi débute comme un drame familial avant de se transformer en thriller judiciaire implacable. A partir d’un simple évènement, le scénario échafaude une intrigue complexe remplie de rebondissements. L’obsession d’un homme pour conserver sa dignité face à la justice et au détriment de sa famille offre une lecture radicale de la culture iranienne où les rapports humains et sociaux restent marqués par un conservatisme religieux étouffant. Bref, une œuvre puissante et humaine contenant une multitude de thèmes finalement universels.
Une oeuvre dense, complexe mais pas compliquée, qui éclaire le quotidien iranien mais parvient toujours à toucher à l'universel. Ca brasse des thèmes larges et variés, sans jamais paraitre bordélique ou lourd, intelligent, affrontant chaque sujet, chaque personnage de biais. Grand !
À partir d’un incident filmé au travers d’une porte vitrée, la trame du film déploie ses embranchements en nous menant jusqu’au bureau d’un autre juge et au tribunal. Dans son excellent opus précédent, À propos d’Elly, le réalisateur s’intéressait au comportement de ses personnages après la disparition tragique de l’une d’entre eux. Déjà s’exprimaient de multiples points de vue, ainsi que la place prépondérante des dialogues que l’homme formé à l’université et à la mise en scène de séries pour la télévision et de théâtre ne veut en rien négliger. La confrontation et les échanges nourris, proches de la dialectique qui consiste en la juxtaposition de raisonnements contraires, constituent les thèmes récurrents du film, ici portés à leur paroxysme. La tension ne se relâche pas un seul instant, emportant le spectateur dans un tourbillon incessant. Avec une totale absence de manichéisme, Asghar Farhadi dépeint des personnages complexes, en proie à des conflits tant personnels que sociaux. À côté de la lutte des classes, sont également abordées les problématiques des relations entre hommes et femmes, de la place de la religion. Il y a du vacillement constant qui remet en cause les convictions de chacun – et par ricochet de celui qui regarde. Cette oscillation permanente n’est pourtant pas le fruit d’une manipulation ourdie par le réalisateur, mais bien au contraire le désir de mettre en scène une multiplication de points de vue qui s’entrecroisent. Outre les deux couples, le père malade et muet comme les deux filles sont des personnages à part entière. En filigrane, le portrait de la société iranienne se dessine en creux, mais pour important qu’il soit, il se découvre par petites touches et ébranle aussi nos idées reçues occidentales. Ainsi la femme iranienne n’est pas que soumise, ni confinée aux activités domestiques ou coupée du monde. Elle peut donc revendiquer son envie d’un divorce et elle apparaît aussi comme un agent de conciliation, diplomate et désireux de trouver des compromis acceptables pour tous – et surtout pour des maris butés et orgueilleux. La tragédie moderne qu’est Une Séparation dépasse néanmoins largement les frontières d’un pays et de son identité culturelle pour atteindre l’universel. Ce rejet d’un point de vue unilatéral ou caricatural pour mieux privilégier l’approche par différents biais caractérisait déjà À propos d’Elly. Par conséquent, ce nouveau film peut apparaître comme politique (lutte des classes et situation économique), documentaire (comment se déroule un procès et se rend la justice) ou simplement humain dans sa dimension banalement dramatique. Haletant de bout en bout dans le déroulement de son histoire, Une Séparation accentue cette impression par une mise en scène magistrale, saccadée et trépidante, à l’image de l’énergie débordante de la capitale du pays, mais aussi des tumultes qui agitent la vie des héros. Le rythme frénétique mis en avant par un découpage qui enchaine les plans témoigne de la tension et de l’extrême nervosité dans laquelle sont plongés les protagonistes, sans jamais donner un sentiment de rapidité ou d’agitation. Une Séparation, justement primé à Berlin (Ours d’Or et Ours d’Argent pour l’ensemble des interprètes, est un très grand film, ample et complexe, ambitieux et maîtrisé, aux niveaux de lecture multiples, qui fait le pari de l’intelligence et de la curiosité du spectateur. Le principe de Renoir brillamment revisité qui prétend que chacun dans ce monde a ses propres raisons.
Lorsque sa femme le quitte, Nader engage une aide-soignante pour s'occuper de son père malade. Il ignore alors que la jeune femme est enceinte et a accepté ce travail sans l'accord de son mari, un homme psychologiquement instable… Une presse dithyrambique, un succès public qui a surpris tout le monde (presque 850 000 entrées, le plus gros succès cinématographique iranien en France), grand vainqueur du festival de Berlin (Ours d'or et Ours d'argent du Meilleur Acteur et de la Meilleure Actrice), Une séparation fut sans conteste un des événements cinématographiques de l'année 2011... qui reste quelque peu énigmatique pour moi. Comprenons-nous bien : cette tragédie se suit avec beaucoup d'intérêt, le récit offre quelques moments de suspense et de tension très réussis, les acteurs sont formidables... Cependant, le film peine à convaincre sur la longueur et aurait gagné à être plus court. Pour ma part, j'ai nettement préféré le précédent film de Asghar Farhadi, A propos d'Elly, passé inaperçu lors de sa sortie en salles, qui était un petit bijou de suspense et de chronique douce-amère.