Magnifique. Ne vous fiez pas à l'allure rébarbative du dispositif quasi documentaire du film d'Asghar Farhadi : Une Séparation est avant tout une passionnante réflexion sur la valeur des choix de tout un chacun et sur les interdépendances qui en découlent. C'est un film qui n'a de fictionnel que son intrigue, récit ample et intimiste s'imposant comme l'un des scénarios les plus impressionnants de ces dix derniers mois. Pour le reste Une Séparation tient effectivement énormément de l'étude docu-sociale : des personnages prenant le dessus sur les comédiens, une caméra alerte et captatrice, un montage intégralement transparent, une musique pertinemment absente, une lumière sans effets et des scènes tournées en décors naturels... autant dire qu'avec un emballage pareil le réalisateur se devait d'avoir une matière première dévastatrice. C'est bel et bien le cas dans Une Séparation, oeuvre de pur contenu effaçant ses propres ficelles techniques au détriment de l'attraction et de l'esbroufe pour mieux se concentrer sur le(s) sujet(s) filmé(s). Asghar Farhadi montre avec une grande maturité les rouages universels du mensonge, de la honte, de la culpabilité mais aussi du courage, de l'honneur et de la légitimité des actes, quels qu'ils soient. Jamais parti prenant quant aux motivations de ses personnages, dosant chaque point de vue, chaque poids et chaque décision ( bonnes ou mauvaises ) le cinéaste iranien ouvre son thriller vertigineux sur d'inépuisables questionnements, dépassant le simple cadre tant pointé par la presse élogieuse d'une société iranienne pétrie de contradictions. Une Séparation, universel et désespérant, est aussi et surtout un film sur l'Homme. Extrêmement brillant.
L'un des plus grands films iraniens de l'histoire du cinéma. Étude de mœurs magistrale sous fond d'enquête policière, ce récit passionnant bénéficie d'un scénario riche et d'une formidable interprétation. Magistral !
L'unanimisme des critiques professionnels nous amène à nous interroger sur notre degré d'intelligence ou de sensibilité. Nous avons vu un bon film iranien bien interprété et qui nous a plongé dans un monde assez étrange où l'honneur et la religion sont les moteurs de l'action quotidienne. Pas totalement original quand même. L'histoire, bien menée, pourrait être presque qualifiée de hitchkockienne par certains de ses développements. Mais bon, ovation, pluie d'ours à Berlin, on reste perplexe.
Tous les mots seraient bien fades, et en dessous, pour traduire l’émotion qui m’a envahie tout au long de ce film, en tout point magnifique. La société Iranienne dans l’œil de la caméra virtuose d’Asghar Farhadi. Tout simplement fort, sublime, intelligent et magique. Des Acteurs, prodigieux, un scénario construit comme une partition de virtuose. Un seul qualitatif pour parler de ce film : chef d’œuvre… C’est tout. Un film indispensable, c’est certain. http://cinealain.over-blog.com/article-s%3Fparation-82561805.html
La narration est de qualité mais certains passages sont carrément longuets.Des coupes auraient été nécessaires pour le rendre plus efficace.Et surtout moins inintéressant dans une première partie qui mets bien trop de temps a s’installer.La faute et surtout dut a des passages qui ne sont pas vraiment d'une grande utilité.Si ils n'étaient pas la là la compréhension serait la même,le récit plus court et donc bien meilleur dans son déroulement.
Un Ours d'or ainsi que des critiques incroyablement dithyrambiques ne suffisent pas a masquer les "Une Séparation", cinquième long-métrage d'Asghar Farhadi. Certes ses personnages ne manquent pas d'étoffe et constituent sans doute la plus grande force du film. Bien interprétés, ils sont servis par une écriture correcte, ayant au moins le mérite de captiver un tant soit peu. Ces exigences minimum suffisent-elles pour autant à le qualifier de chef-d'œuvre ? Car "Une Séparation" n'est qu'une chronique honorable mais banale, ne parvenant pas à dissimuler ses nombreuses maladresses. Avec en prime un récit tissé à grands coups de chaudes larmes, comme si le pathos était pour Farhadi le seul moyen de toucher son spectateur. Sous ses bienfaits, il bricole, polisse et trompe tandis que son histoire n'en finit plus de tourner en rond.
C’est peu de dire que ce film iranien a été un succès et pas seulement en France, où il a connu un excellent bouche-à-oreille, mais aussi aux États-Unis où il a engrangé pas moins de 7 millions de dollars de recette, on peut le comparer au succès d’un film comme « La Môme » qui avait généré 10 millions de recettes sur le territoire américain. Le succès de ce film est évidemment dû aux qualités scénaristiques et d’interprétations dont le film regorge. La séparation d’un couple va être l’occasion de scruter la société iranienne de Téhéran et d’apercevoir la réalité de la vie de ces habitants loin des rodomontades grotesques de leur nain de président. On y voit des problèmes qui touchent toutes les sociétés : la difficulté d’un proche dépendant, le chômage, les différences sociales… Mais aussi de découvrir de façon plus aiguë des problèmes propres à la société iranienne : place de la femme, emprise de la religion plus ou moins forte selon la classe, système judiciaire très différent du nôtre… À côté de ces éclairages ethnologiques on a un drame très bien mené où les sentiments sont pudiques mais bien présent et où la dramatique se déroule comme quasi thriller. Les interprètent sont habités par leurs personnages et donnent une ampleur humaine à ce drame qui vous scotch devant l’écran. Un vrai bon moment de cinéma et pour ceux qui, au-delà du succès populaire, douterait encore de la qualité de ce film il me suffirait d’ajouter qu’il a reçu 11 prix et ce dans de prestigieux festivals et cérémonies tels les Oscars, les Césars et la Berlinale pour ne citer que ceux-là.
C’est une plongée en apnée dans la société iranienne d’aujourd’hui que nous propose ce film. De la première image à la toute dernière (une toute dernière image à la fois toute simple et pleine d’émotion), on est captivé par l’histoire de ces deux couples : celui de Nader et de Simin des gens de la classe moyenne assez peu religieux qui de délite fil à fil et que rien ne semble devoir sauver et celui de Hodjat et Razieh, pauvre, religieux que les dissimulations et les mensonges vont briser comme de la porcelaine. Autant le dire, j’ai personnellement trouvé ce film très anxiogène dans le bon sens du terme, c'est-à-dire que l’enchaînement terrible des faits nous maintient sous une tension constante et on se dit qu’à tout moment, on peut sombrer dans le drame absolu. Au bout de 20 minutes de film, lorsque Nader rentre à la maison un peu en avance et qu’il trouve son père seul, attaché sur son lit et blessé et que la garde malade à disparu on sent tout de suite que le film bascule et à partir de là, l’angoisse nous prends au ventre pour ne plus nous lâcher. La société iranienne présentée ici est assez différente de l’image très tranchée que l’on peut en avoir en occident, une société où se côtoient dans une étrange harmonie la modernité et la religion, pour ne pas dire la superstition religieuse dans certaines scènes très déconcertantes pour les occidentaux laïcs que nous sommes. Le fonctionnement de la justice iranienne est assez déconcertant à observer aussi, sa dureté nous choque et pourtant elle fait des efforts louables pour être équitable, sans toutefois y parvenir vraiment. Si la réalisation est somme toute assez académique, l’interprétation est parfaite, avec une mention spéciale pour l’acteur principal, Peyman Moadi, qui interprète un personnage très attachant sans jamais tomber dans la facilité du héros parfaitement innocent accablé par les évènements. Non vraiment j’ai du mal à trouver un défaut à ce film…
Très bonne surprise et incroyable réussite pour un film iranien surfant sur les problèmes intra communautaire d'un pays en marge mais pourtant développé. "Une séparation" met un scène un couple en rupture avec une enfant adolescente et le père sénile du mari au centre malgré lui de toute la tension du couple et d'un incroyable imbroglio judiciaire. La justice, la condition de la femme et les traditions sont passés au crible dans un film d'une grande sincérité et extrêmement convaincant.
J'ai vu un film... d'exception totale... Tout d'abord, l'intrigue, ou plus exactement l'absence d'intrigue, avec des comédiens qui vivent, subissent et souffrent dans des situations "probables", "logiques", et "liées entre elles"... On se laisse prendre pour cette plongée dans la société iranienne, avec ses proximités, mais aussi avec ses différences, avec nos sociétés occidentales... Tout d'abord, il convient de souligner la virtuosité des comédiens qui vivent avec intensité leurs personnages et les situations qu'ils traversent... Ensuite, mention spéciale pour le scénario qui nous prend, nous promène, nous balade... On se laisse presque persuader qu'il s'agit d'un complot avec ses rebondissements, ses faussetés et ses mécaniques, bien huilées... Eh bien, il n'en est rien... On est juste dans la vie, avec ses coïncidences qui aboutissent à de tels situations... Enfin, il convient de souligner la qualité exceptionnelle de la réalisation, avec des mouvements de caméra qui prennent le temps de nous faire rentrer dans la "tête" des personnages... Il s'agit d'un très moment de cinéma... A voir absolument.
Nader and Simin, a Separation : ours d'or à la 61e Berlinade, Sarina Farhadi (fille du réalisateur) ours d'argent de la meilleure actrice... plutôt mérités. Il y a le grand-père atteint d'Alzheimer et puis l'histoire qui l'englobe : divorce et conséquences collatérales... révélatrices des faiblesses humaines, qui atteignent tout le monde. Une Séparation ou quand le mensonge tord le coup aux beaux principes, d'ailleurs ridiculisés, puisqu'il faut faire avec. Farhadi exploite l'ellipse avec maestria et fait preuve d'une belle maîtrise dans sa direction d'acteurs, bien que la mise en scène reste sobre. On regrettera la relative lenteur du début et quelques scènes démonstratives inutilement longuettes, ainsi que le non-dit final.
Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre en allant voir Une séparation. Je pensais voir un bon film (et cela a bel et bien été le cas) mais le scénario m'a vraiment surpris. Je ne m'attendais pas à ça. Ce qui est bien c'est que le film parle des problèmes de l'Iran à travers un scénario intéressant, ce n'est pas un scénario prétexte pour parler des problèmes du pays. De plus, c'est bien mis en scène, il suffit de voir la scène d'introduction pour s'en apercevoir. Quant aux acteurs, ils sont convaincants. Après, ça ne m'a pas bouleversé, mais j'ai bien aimé.
Je suis un peu étonné par l'unanimité critique autour de ce film. Personnellement, il ne m'a pas plus emballé que ça. Pas mal sans plus. Ce thriller, malgré quelques bonnes séquences et un scénario bien écrit, manque de tension et d'émotions. "A propos d'Elly" précédent film du réalisateur, me semble légèrement supérieur autant sur le fond (plus de mystère) que sur la forme.
Quelle horreur...On a l'estomac noué jusqu'au dénouement de cette enquête extrêmement bien réalisée par Ashgar Farhadi. Je m'attendais uniquement à une histoire de couple en crise mais c'est incroyable le texte qu'il a développé là pour intégrer bien d'autres thèmes. La religion, qui crée un malaise quand un homme et une femme se retrouvent dans la même pièce ou le port du tchador qui masque les détails physiques d'importance. Et les différences sociales où s'attaquer à une famille dans la pauvreté ou aisée s'avère aussi cruel. Le plus important message pour moi et qui me fait encore beaucoup réfléchir, la dignité et la combativité. Comment se défendre et garder son honneur face à l'adversité de ses semblables. C'est merveilleusement bien écrit, les dialogues sont percutants, l'interprétation hors pair et la mise en scène grandiose. Je ne préfère pas trop en parler car l'effet de surprise est d'importance mais soyez assurer que c'est à ne pas manquer. C'est le 2ème long métrage d'Ashgar Farhadi que je découvre, ce réalisateur a plus que du talent. Ses histoires ne sont franchement pas gaies mais on se prend de grands drames iraniens dans la figure grace à lui, alors, merci...
Une séparation est une oeuvre intelligente et percutante qui nous tient haleine à tout moment. La maîtrise de la réalisation suivant chaque personnage au plus près. Ce drame sur une histoire qui au départ ne semble pas originale où va se tramer une histoire invraisemblable, petit à petit ou goutte l'intrigue prend forme on doute, on change de camp c'est la force scénario. C'est vraiment une claque cinématografique qui nous envie d'aller au cinéma. Merci !