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Un visiteur
3,5
Publiée le 27 avril 2014
Pour ceux et celles qui ne jurent que par le rêve américain tel qu'on le montre faussement dans les médias et au ciné, une petite piqure de rappel. Les USA ne sont pas seulement la Californie et New York, mais principalement des coins tels que ceux qui défilent tout au long de ce road movie, avec des personnages qui n'ont rien de caricaturaux. L'histoire de cet homme que tout semble accabler, persuadé qu'il a gagné à une loterie par correspondance, et le moyen de revenir aux sources et de régler des comptes avec un passé familial visiblement peu glorieux. La photo est magnifique, le jeu des acteurs excellent, l'humour décalé et efficace. Une belle balade au coeur de ce que l'on appelle le "ventre mou" des Etats Unis, mais qui correspond vraiment à ce qui se passe là bas.
Il aura fallu attendre près d'un an après sa diffusion à Cannes pour enfin découvrir "Nebraska", road-movie en noir et blanc teinté d'une certaine mélancolie. Woody Grant, vieil homme persuadé d'avoir gagné un million de dollars se met en tête d'aller récupérer la somme au Nebraska. Son fils cadet décide de l'accompagner et bien évidemment le voyage va leur permettre de se rapprocher ce qui est loin d'être facile car Woody n'est pas très loquace. Alexander Payne a déjà prouvé sa valeur de cinéaste en ce qui concerne les road-movies et ici il filme l'histoire dans une superbe photographie et laisse l'histoire aller à son rythme. Et le rythme est lent, parfois un peu trop même s'il reste tout à fait justifié. Si on n'a pas le temps de s'ennuyer, touché par le parcours de vieil homme et par cette histoire finalement assez simple qui fait débouler quelques sentiments familiers, il est difficile de rentrer complètement dans le film. Mais on appréciera tout de même la saveur de quelques dialogues ainsi que la prestation de Bruce Dern, touchant en vieillard naïf et têtu. A ses côtés, Will Forte se débrouille très bien dans le rôle du fils qui cherche à mieux comprendre son père.
Cette petite perle du cinéma américain indépendant, on le doit à la performance unique de Bruce Dern. L’acteur mérite amplement le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes 2013. Nebraska est un road trip dans la même veine qu’Une Histoire Vraie de David Lynch. Filmé en noir et blanc, l’histoire n’est que prétexte pour se concentrer sur l’amour sincère qui se créer entre un père vieillissant tombé dans le désespoir et l’alcool entre son fils un peu paumé face à ses choix de la vie. Il n’existe aucune prétention car le réalisateur ne fait que montrer avec intelligence une chronique de la vie qui cherche son destin. Résultat, on est touché par toute cette justesse. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Alexander Payne est devenu un des chouchous du cinéma indépendant américain au grand dam de certains de ses détracteurs qui l’accusent d’en faire recette sans une once de sincérité, allant même jusqu’à faire preuve d’une certaine condescendance pour les milieux qu’il dépeint. Il est sûr que vu sous cet angle « Nebraska » peut paraître comme une enfilade de scènes à la limite du sordide tellement la vision que donne Payne des habitants du Nebraska profond peut laisser l’impression de zombies décérébrés absorbant le flot télévisuel affalés sur leur canapé, ou déambulant comme des âmes en peine dans les rues désertifiées de petites villes devenues fantômes. On peut certes y voir un mépris hautain de la part du réalisateur pour ces pauvres bougres qui n’ont pas su tout au long de leurs misérables vies sauter dans le train de « l’american way of life » qui tend les bras à ceux qui osent mais aussi un lucide et amer constat sur un système qui laisse derrière lui ceux qui après avoir bravement servi ne sont plus jugés utiles car c’est ailleurs que chez eux désormais que se joue la partie. Le recours au noir et blanc qui n’est pas sans rappeler « les raisins de la colère » de John Ford autre film avec en toile de fond une crise économique montre que les habitants du Nebraska sont restés figés dans leur passé parce que leur pays n’a pas voulu leur offrir un avenir. On n'est décidément rien au Etats-Unis quand on n’est pas riche ou qu’on ne participe plus activement à la prospérité du capitalisme. Mais tout espoir n'est pas perdu car chez l'oncle Sam tout est possible, il suffira d’un gisement de gaz de schiste pour que la petite cité endormie retrouve tout son lustre et les affairistes de tous poils à ses portes. L’engourdissement a ici frappé toute les générations, si Woody Grant (Bruce Dern) n’a plus assez de neurones à sa disposition pour comprendre qu’un jeu publicitaire émanant d’un éditeur style Reader’s Digest ne peut lui offrir un million de dollars, son fils David (Will Forte) qui végète dans un magasin d’électronique tournant au ralenti a tout son temps pour l’accompagner dans son périple régressif jusqu'à sa ville natale. Payne montre sans fard les endroits les plus reculés de son pays et c’est sans doute ce qui peut heurter tant le message politique ou social du réalisateur ne s’appuie pas sur une dramaturgie prompte à réveiller les consciences comme autrefois les De Sica ou Rossellini, pères du néo-réalisme italien. Il s’agit tout simplement de la réalité quotidienne de ces laissés pour compte chez qui le retour au pays d’un ancien, parti jeune tenter sa chance dans le Montana, provoque une vaguelette d’admiration, un relent de souvenirs enfouis et une résurgence de vieilles dettes en souffrance. Mais "Nebraska" parle aussi de la quête d’un fils au milieu du gué qui cherche à comprendre à travers ce court voyage dans le passé paternel d’où il vient et quelle peut être sa filiation avec ce père alcoolique qu’il n’a pas presque pas connu. Le road movie est un genre cinématographique typiquement américain dont Payne se revendique mais son film qui se veut une épure, n'emprunte pas les chemins habituels n'offrant au spectateur aucune des étapes bizarres ou cocasses qui jalonnent en général l'exercice. Il faut donc faire un effort pour accepter les images à la fois abruptes et banales que nous sert Alexander Payne qui livre ici son film le plus réaliste et le plus désenchanté. Bruce Dern ne pouvait trouver meilleure récompense en fin de carrière pour corriger la malédiction qui lui est tombée dessus en début de carrière le jour où dans le western de Mark Rydell, " Les Cowboys" (1972), il devint le seul acteur à avoir tué John Wayne à l'écran. Bad guy à vie, ça vous marque un homme.
Servi par une excellente critique à Cannes en 2013 et à sa sortie en salles aux Etats-Unis début 2014, Nebraska parvenait en salles chez nous avec une belle réputation.
Nouveau film d’Alexander Payne, qui l’avait dans les tuyaux depuis Sideways mais qui ne voulait pas faire un autre road movie tout de suite après, Nebraska est une comédie dramatique parfois furieusement drôle (dès que June Squibb apparaît, sans aucun doute la pierre précieuse du film) et parfois extrêmement triste. De plus, le film est porté par l’interprétation de deux excellents acteurs, Bruce Dern (est-ce vraiment une surprise) et Will Forte (bien plus surprenant, par contre). Malheureusement, Nebraska est aussi un film particulièrement ennuyeux en son sein. En effet, Alexander Payne y filme le vide de l’Amérique rurale, avec ses tracteurs, ses villes de vieux, ses bars paumés et ses radios locales. Il le fait bien, par moments, mais il le fait beaucoup trop et on s’ennuie bien vite devant cette peinture assez contemplative du Montana. De plus, la musique de Mark Orton n’aide pas le spectateur à se réveiller ou à raccrocher (car on décroche très vite devant ce film).
Nebraska est un film à critique, le genre d’œuvre que la plupart des mortels trouveront ennuyeuses mais où les auto-proclamés guides du bon goût loueront pour des qualités trop éparses.
Le sujet n'est pas nouveau mais ... filmé et admirablement mise en scène par Alexander Payne !
Pour raconter ce road movie, Alexander Payne a choisi le noir et blanc, su-bli-me. La magnifique photographie est signée par Phedon Papapamichael. Le film est lent, peut être trop pour certains, surtout que le début est un peu longuet. Mais on se laisse aller à l'atmosphère tranquille du long métrage. Le réalisateur nous offre des images sublimes de paysages entre les scènes. Le naturel du noir et blanc mélangé au regard du réalisateur posé sur ses personnages apporte une profondeur et met en avant leur côté humain. Le film raconte la misère, la crise (cette ville avec ses boutiques fermées...), la classe moyenne, la jalousie, la convoitise, l'intimité d'une famille...l'incroyable mère, les cousins improbables (même caricaturaux on les aime
Le récit est cruel, drôle, très drôle, tendre, et raconté avec beaucoup d'émotions. Le tout accompagné par une musique qui colle parfaitement.
Le casting est emmené par Bruce Dern par-fait dans son interprétation de Woody Grant. Il est à la fois tendre, et donne au personnage une humanité et une détresse mélancolique. June Squibb, la mère est parfaite, caractérielle et drôle. Will Forte, le fils éffacé david, a un côté lunaire, limite à coté, mais son personnage évolue et prend toute sa place
Authentique et naturel, ce film est touchant, entre drame et comédie. inratable
Un film parfois touchant souvent très drôle car caustique. On est dans du Alexander Payne où les sentiments humains transpirent dans chaque réplique, chaque scène. Peut-être quelques longueurs et un choix esthétique noir et blanc que je ne comprends pas. Bon moment malgré tout.
Sous un abord austère, le périple d'un vieillard déphasé et de son fils résigné au cœur de l'Amérique profonde, se cache une perle d'humour noir et de finesse, un de ces films qui en appellent à l’intelligence sans jamais céder à la facilité, en restant toutefois parfaitement accessible et humainement remarquable. Le choix du noir et blanc se révèle judicieux, car il permet de mettre en valeur les nombreuses trognes inénarrables qui jalonnent le récit, et des séquences surréalistes à la fois glauques et hilarantes. Ce contraste permanent constitue la moelle et la force de Nebraska, aux ressorts plus comiques que dramatiques, bien joué, bien pensé, bien filmé et par conséquent, fort recommandable !
Très beau film sur la vieillesse et les liens père-fils, dans une Amérique rurale et désabusée, le scénario de ce road-movie est sans surprise. Ce qui fait la force de l’émotion repose sur le talent des acteurs (le vieux dans son entêtement, le fils dans le regard qu’il porte à son père, la mère, grivoise à souhait) et la superbe photographie en noir et blanc donnant de la profondeur et une mélancolie sourde. La caméra est parfois contemplative, le ton parfois enjoué mais la misère sociale et affective y est dépeinte avec une grande acuité, dans une dignité proche du sans-faute. Belle pépite cinématographique !
Un bon film avec une belle histoire et une relation père fils très touchante! bruce dern est excellent et les dialogues sont de qualités avec toujours une pointe d'humour.
Voilà un film qui n'est pas si facile à noter. Je juge souvent sur l'impression laissée le lendemain et bien je mets 4 étoiles. J'ai trouvé assez plombée la première moitié du film avec ces images noir et blanc, la lenteur, la crise économique et en gros des vies de merde filmées comme si il en pleuvait. Mais c'est sans compter sur la subtilité du réalisateur, des émotions qui passent derrière le silence des mots, le coeur de tous ces gens qui apparaît, la drôlerie de certaines situations et la relation père /fils touchante qui s'approfondit au fil du temps. Un bémol, la musique ne m'a pas convaincu du tout.
Un road movie sur les traces de son passé d'un vieil homme un peu perturbé en quête d'un hypothétique gain miraculeux. Un très beau film avec d'excellents acteurs, le tout, sublimé par le noir et blanc.
"Nebraska" est un beau film, qui nous entraîne dans une région un peu oubliée par Hollywood, dans l'Amérique moyenne. Les acteurs sont épatants, et la galerie de personnages très intéressante. Un film qui brasse pas mal de sujets mine de rien, et formidablement mis en scène grâce à un noir et blanc de toute beauté. Les moments les plus intéressants résident dans les interactions entre les personnages principaux et les habitants de la ville d'où ils sont originaires. Et ceci avec une pointe d'humour et de légèreté bienvenue.
Un film bien touchant et très bien mis en scène par Payne. Le Noir et Blanc me semblait inutile au début du film mais petit à petit, il tient une place importante dans l'ambiance un peu nostalgique qui se dégage de cette histoire. Beaucoup d'humour également grâce notamment à la mère qui devrait bien vous faire marrer à quelques moments. Le film m'est resté longtemps dans la tête, je le conseille à tous.