Nebraska
Note moyenne
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Mondocine
Mondocine

83 abonnés 293 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 avril 2014
Il n’y a pas besoin de grand chose pour faire du grand cinéma. Alexander Payne le prouve. Une belle histoire pleine de tendresse, de bons comédiens, un soupçon de talent et une grosse pincée de magie. Grave et drolatique à la fois, Nebraska est non seulement un road movie familial bouleversant mais aussi une oeuvre riche et d’une intelligence admirable dans la façon d’appréhender les thématiques universelles qu’elle déploie. Somptueux.
Henning P
Henning P

82 abonnés 288 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 avril 2014
Film primé à Cannes. (prix d'interprétation pour Bruce Dern) il sort en France près d'un an plus tard. Que d'attente !

Cette chronique nous raconte l'histoire d'un vieil homme qui est certain d'avoir gagner un million de dollars à une loterie et qui doit faire un long voyage pour toucher son gain. L'un de ses fils l'accompagne, mais il n'est pas dupe de l'escroquerie. Ce périple passera par la ville natale de ce vieux monsieur déboussolé qui n'aime pas trop ressasser les choses du passé. Le fils (Will Forte excelle dans ce rôle) voudra en connaître davantage sur son père, alcoolique qui n'a pas été très présent auprès de lui et de son frère aîné (Bob Odenkirk le Saul de Breaking Bad). Ils rencontrent la famille et les anciens amis de notre anti-héros. On trouvera par exemple son ex-associé (Stacy "Mike Hammer' Keach parfait) ou une ancienne fiancée.

Cette Amérique profonde (on est dans le centre des Etats-Unis), délaissée, appauvrie par la crise, est très bien représentée et on est touché par ses personnages paumés qui n'ont pas perdu tout espoir pour autant.

La mise en scène sobre, le noir et blanc ajoutent une dimension pathétique à ce voyage mais au final on ne peut avoir que de l'empathie pour cet homme qui n'a pas vécu le rêve américain et qui croit qu'il pourra enfin s'acheter son camion neuf. spoiler: Même lorsque son fils achète le pick-up il pense que c'est grâce à la loterie; et il paradera dans sa ville natale pour montrer qu'il y est arrivé.


Un grand film humaniste qui n'est pas un chef d'oeuvre mais reste de très bonne facture. Je recommande fortement.
Christophe L
Christophe L

8 abonnés 379 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 avril 2014
Immersion pas banal au cœur du "Nebraska" ou le noir et blanc du réalisateur Alexander Payne adoucit un peu la misère sociale de ce "presque" road-movie, qui balance entre la farce de la situation et la réalité d'un triste constat d'une famille touché par l'alcoolisme d'un père. C'est habile, drôle et touchant. Si Bruce Dern (le père) a été récompensé au Festival de Cannes 2013 (Prix d'interprétation), ainsi que le scénariste Bob Nelson au Independent Spirit Awards 2014 (Meilleur premier scénario), Will Forte (le fils dans le film) et June Squibb (la mère) sont particulièrement étonnant...
SebLefr3nch
SebLefr3nch

224 abonnés 697 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 mars 2014
Un road-trip familial où un fils, perdu, veut faire plaisir à son père alcoolique en l'amenant chercher un soit-disant million de dollars gagné lors d'une loterie. L'annonce du gagnant fait resurgir d'anciennes dettes miraculeusement oubliées jusque là, créant des discordes entre vieux amis et membres d'une famille. La réalisation est simple et efficace. Par contre ce n'est pas le plus beau noir & blanc qu'on ait pu voir. Il est très inégal entre les séquences d'extérieur et d'intérieur. Les acteurs sont bons et méritent leurs prix et nominations. Le personnage de la mère est géniale et amène un peu de fraicheur dans cette ambiance très morose. Ce road-trip nous emmène dans les villes du Nebraska où le temps s'est arrêté, désertées par les jeunes et où les personnes âgées, nées ici, passent le temps comme ils peuvent. La crise est passée par là. Après Sideways, Alexander Payne signe un deuxième road-trip tout aussi intéressant, en gardant une préférence pour son premier.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 28 mars 2014
Dernier film en noir et blanc d’Alexander Payne, NEBRASKA a deferlé la chronique grâce à ses nombreuses récompenses et multiples nominations. Rôle principal du film, Bruce Dern a d’ailleurs remporté le Prix d’Interprétation Masculine au Festival de Cannes 2013. Egalement, nommé six fois aux Oscars 2014 (retrouvez le palmarès ici), NEBRASKA est un excellent road movie, à voir.

NEBRASKA c’est le scénario de génie de ce quipropos aux conséquences rocambolesques. En effet, le film retrace l’histoire d’un vieil homme persuadé d’avoir gagné au loto et qui accompagné de son jeune fils, va prendre la route vers la fortune. A la fois tendre et touchant, le scénario réserve son lots de rebondissements incroyables et inattendus. Et, outre l’histoire d’argent, le scénario reprend la trame des relations père – fils, avec intelligence.

NEBRASKA c’est aussi un film à la photographie parfaite, d’ailleurs nommé aux Oscars 2014. Très esthétique en noir et blanc, NEBRASKA est un film beau à regarder. Dynamique et avec beaucoup de rebondissements, on ne s’ennui jamais malgrè quelques scènes peu longues et inutiles (le retour dans la maison d’enfance de Woody, notamment). Mais malgrè une très bonne mise en scène, NEBRASKA ne va jamais plus dans la profondeur des scènes et n’effleurent qu’au final les relations père/fils ou la démence du vieil homme. La fin sans fin du film, vient confirmer une fois de plus le côté un peu superficiel du film.

NEBRASKA réserve un casting bluffant où chaques acteurs effectuent une prestation incroyable. Bruce Dern, multiple récompensé pour son rôle, est vraiment excellent et donne à son personnage un aspect vrai et touchant. Et, pour son premier grand rôle au cinéma, Will Forte offre un jeu incroyable et démontre ses talents d’acteurs. Et, June Squibb en vieille femme taciturne est excellente.

Pour conclure, NEBRASKA est à voir pour la fabuleuse prestation de Bruce Dern, son histoire de quipropos et la mise en scène d’Alexander Payne.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 mars 2014
Je me suis laissée emporter par ce film touchant, humain et plein d'humour. Les acteurs jouent vraiment bien. Je le conseille vivement!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 mars 2014
Très bon film. Tourné en noir et blanc, avec une histoire et des personnages très touchants. Bruce Dern aurait mérité l'oscar pour son interprétation. Les photos sont belles, Alexander Payne excellent.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 21 mars 2014
Imprégné de nostalgie, un road-movie attendrissant, un hommage à la vie.

Alexander Payne reprend le scénario de "M. Schmidt" en le transcendant. Là où Jack Nicholson se retrouvait du jour au lendemain face à sa solitude, Bruce Dern fuit les siens pour arriver à son but.

Au fil des nombreuses déboires, son fils qui l'accompagne malgré lui va vivre un voyage initiatique qui lui feront comprendre de nombreuses choses sur lui-même, mais aussi sur sa propre vie.

Un noir et blanc profond où des scènes dramatiques côtoient un humour souvent intelligent qui dédramatise automatiquement le sérieux de l'épopée.
Sergio-Leone
Sergio-Leone

213 abonnés 1 096 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 mars 2014
Comédie légère sous le ton austère de la vieillesse et de ses affres, le film met en scène un père en fin de vie et fragilisé qui cherche à récupéré un lot rocambolesque fruit d'une arnaque vieille comme le monde. Son fils au début réticent finira par le conduire à destination pour partager quelques moments avec lui avant la fin. Des situations truculentes avec une belle caricature de l'esprit humain quand l'argent vient troubler les histoires de famille. Les acteurs sont remarquables et le ton de la comédie sonne toujours juste malgré une certaine noirceur dramatique.
Torrance1980
Torrance1980

21 abonnés 109 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mars 2014
"Nebraska" est une oeuvre qui trouve tout son sens dans le cinéma de Alexander Payne. Il est dans une parfaite continuité, aussi bien par les différents thèmes qu'il aborde, mais aussi par cette perception continuelle d'une Amérique profonde, qui sans cesse cherche à trouver un sens à la vie, un rôle à jouer. C'est ici parfaitement illustré avec le personnage de Dern, qui tente désespérément de s'extirper de son quotidien ennuyeux et monotone et de sa femme. Grâce à une absurde annonce indiquant qu'il est l'heureux gagnant de 1 millions de dollars, il trouve enfin une raison de quitter son train train quotidien. Son fils va faire son apparition, tentant de le raisonner et va finalement accepter de l'accompagner jusqu'au Nebraska, là où se trouve l'endroit où son père doit toucher son millions de dollars. Forcés de s'arrêter en chemin, ils vont s'installer chez de la famille vivant non loin de leur destination; s'en suivent alors pleines de péripéties, et de situations croustillantes. Partant d'un scénario malgré tout banal, Payne arrive à séduire grâce à sa capacité à agrémenter ces scènes de dialogues inspirés et jouissifs, mêlant cela à un humour doux et amer, parsemées également de poésie et d'une touche d'émotion. Certains personnages sont caractérisés par une certaine antipathie à l'égard de Woody , tandis que d'autres se réjouissent de sa nouvelle situation. C'est là tout le dilemme du film, arborant un côté anti-social reniant les motivations et les valeurs d'une Amérique patriotique et solidaire au profit d'un esthétisme grisonnant et solitaire, à l'image de son personnage principal. Contre tout attente, cette supercherie va créer des liens, qui vont puissamment évoluer entre le père et le fils, cela entraînant parfois certaines débâcles cuisantes, mais lorgnant vers un mieux, la renaissance d'une paternité déchue et d'une vie chaotique. Le noir et blanc représente de façon fortuite la personnalité des ces gens, survivants grâce à l'économie locale, le commerce étant complètement dévoré par l'industrie des métropoles naissantes, et ne cessant d'accroître. On regrettera tout de même mollement sa qualité, le jeu de lumières n'étant pas dosé de la bonne manière, offrant un résultat tantôt trop sombre, tantôt trop clair. Dommage aussi, que le metteur en scène enlaidisse par le biais de son image, une photographie adjacent au côté mélancolo-poétique de la fable, accompagné d'une partition tout en retenue de Mark Orton. Le personnage du fils aussi, me parait peut être négligé à certains moments, trop effacé par la finesse du jeu de Dern, qui excelle. Will Forte n'est pas mauvais, mais beaucoup trop ennuyant. Le personnage June Squibb est pour ma part, le plus réussi; chacune de ses apparitions est subjuguée par la brillance de son jeu, et les dialogues sont aussi fins et traches que ceux d'un personnage tarantinesque. Le film inspire une certaine réflexion sur la vieillesse, insufflant une certaine émotion, aussi bien pour la naïveté de ces "vieux", dépassés par un monde évoluant progressivement et les laissant à quai que pour leur titanesque combativité à être toujours aussi bon dans leur humanité, laissant de côté leur santé ravagée par la vieillesse, pour exprimer leur éternelle jeunesse enfuie. L'humour est aussi finalement une partie intimiste dans le métrage, n'étant pas toujours présenté comme calculé, ni volontaire, prenant des airs quelques fois atypiques , mais préférant se mouler et s'effacer à la mesure d'un quotidien aussi formaté que catégorique et laissant libre court à l'improvisation des acteurs, et au naturel dont les scènes regorgent en quantité. Le film démarre de façon quelconque pour en terminer de façon tout autant commune, véhiculant la tendre passion du temps qui passe, confrontant notre ressenti sur un final qui était d'ores et déjà prémédité; qu'elle en est l'utilité? Le fil conducteur de l'histoire, déclenché par cet élément qui n'est finalement qu'un terrible étron, ne formate t'il pas dans les grandes lignes une vie sans réel but, et sans réel sens? "Nebraska" ne répond pas vraiment à la question, mais cette oeuvre insuffle par le biais de son ordinaire contenu, une réelle satire de la mollesse flasque de la vie. Ce film m'a donc convaincu pour sa simplicité (c'est étonnant) et sa fraîcheur, rudement porté par la performances des acteurs. Le long-métrage se permet de s'aérer à plusieurs reprises, ne rendant nullement les espaces désagréables, réunissant un aspect sauvage agréable et une mélodieuse atmosphère immersive à souhait si chère au "road-movie" américain. Un très beau film, à voir!!!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 15 mars 2014
TOUCHANT ! Alexander Payne nous a concocté une petite merveille. Audacieux dans l’écriture et persévérant dans la mise en scène. Ce film qui nous montre les états « oubliés » des États-Unis par les Américains eux-mêmes. Ces états devenus pauvre, ravagés par le chômage où le moindre embryon de richesse qui se pointe à l’horizon est attirant. Bruce Dern dans le rôle de Woody Grant, veut à tout prix se rendre à Lincoln au Nebraska pour recevoir son million de dollar qui n’est qu'une supercherie. Avec cette histoire on touche une naïveté existante et dangereuse.
Comédie ? Oui il y a des répliques croustillantes tout de même, mais le côté dramatique est plus présent !
Le fait d’avoir tourné ce film en noir et blanc le rend un peu minimaliste cette utilisation accentue, la pauvreté et la tristesse des lieux visités par le film.
A voir absolument !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 mars 2014
pas mon genre de film.. du coup je m'attendais au moins à un twist..
bref rares éclats de rires au rdv, sourires émus et boule dans la gorge, je le recommande.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 9 mars 2014
Touchant extrêmement bien joué, le père et le fils quittent provisoirement Ploucland" pour faire une halte à Méga Ploucland chez la famille de cas soces.( sans cliché) (la mère m a bien marrer aussi) et finalement apprennent à se connaître et se parler. seul bémol pour moi: le noir et blanc???? Quel est le but recherché alors que l on traverse des paysages somptueux qui auraient enchanté le regard.... en ..couleur.
Gustave Aurèle
Gustave Aurèle

189 abonnés 2 678 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mars 2014
Excellente chronique familiale à la manière d'Une histoire vraie de David Lynch.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 6 mars 2014
Woody Grant a gagné un million de Dollars ! Seulement il faut aller les récupérer à Lincoln, Nebraska. Woody décide de s’y rendre, coûte que coûte…
Même si ce million providentiel n’est qu’une arnaque.
Même si le Nebraska se trouve à 1200 km et que seul son fils semble disposé à l’y emmener…
Même s’il sait que sa vieillesse et son vécu sont un poids que les autres n’hésiteront pas à lui jeter à la figure s’il ne partage pas son hypothétique fortune.

Il faut à la base, vraiment apprécier l’univers d’Alexander Payne, et sa manière de se poser en conteur poétique de la mélancolie humaine : NEBRASKA ne fait pas partie de ces films dits… haletants.
Les allergiques aux instantanés de vie, aux bulles nostalgiques, aux regards pleins de vague à l’âme devront passer leur chemin. Les fans du réalisateur devront aussi s’attendre à un rythme encore plus mou, sans le glamour de George Clooney, la finesse névrosée de Paul Giamatti, le charisme de Jack Nicholson.
Ce road movie n’aura d’intérêt que si l’on cherche vraiment à percer les mystères de son personnage principal, Woody Grant.
Ceux ci se révèleront au compte goutte, au hasard d’interactions douces ou mesquines avec sa famille, de rencontres fortuites avec de vieilles connaissances, de conversations décalées et bienveillantes avec de parfaits inconnus.

Le génie du cinéma d’Alexander Payne, est d’arriver à raconter le vécu d’un Homme, à décrire son âme, à travers de tout petits détails. Ici, un regard (euh. beaucoup de regards en fait), la, une anecdote en apparence banale et pourtant pleine de sens, ici encore, une pièce vide qui ravive des souvenirs…
Il faut donc observer, être attentif.
Énormément de choses passent par le regard des personnages, aussi important que ce qu’il voit, que ce que la caméra montre, que ce que chacun peut dire. Il trahit souvent les sentiments réels de ces gens, sentiments toujours influencés par leur vécu.

Davey, par exemple. Le second fils de Woody.
Davey accompagne Woody à chaque étape, physiquement mais aussi avec perspicacité : en paraphrasant les situations sensées le toucher, il cherche à comprendre son père, à recomposer progressivement ce lien parental qu’il n’a jamais eu.
Un garçon simple qui se cache derrière une barrière de cynisme et de détachement. Cette protection, pourtant, cédera à chaque évènement, chaque révélation sur son père. Alors que son père lui à apparemment fait beaucoup de mal, Davey est paradoxalement très tendre et patient avec lui.
Il faut donc bien observer Davey, car comme pour son paternel, ses émotions sont repérables en étant attentif à l’intensité de son regard : incrédulité, étonnement, admiration envers Woody. Indifférence, parfois tristesse envers les autres.
Will Forte l’interprète avec justesse, simplicité et minimalisme.

Sa mère, est aussi un protagoniste vraiment intéressant. D’abord montrée comme une banale vieille aigrie, principalement à cause de l’indifférence générale, elle révèle ensuite à travers quelques anecdotes croustillantes ce qui à façonné ce caractère moqueur et vengeur envers les autres, mais aussi plein de tendresse dissimulée derrière son agressivité envers son mari, ses enfants.
June Squibb donne vie en quelques répliques à ce personnage, de façon ludique et surprenante.

Puis les autres. Chaque personnage existe en dehors du film, cela se voit à travers les détails visibles et invisibles qui composent chacune de ces existences, leur quotidien, leurs habitudes. Tous ces gens qui croiseront la route de Woody Grant auront quelque chose à dire même s’ils s’expriment peu. Soit ils tenteront de l’arnaquer, soit de réveiller un souvenir qui semble disparu, soit serviront de phare, de GPS émotionnel.
Car NEBRASKA semble aussi vouloir parler de cupidité humaine, d’une avidité qui serait montrée avec légèreté et sans misanthropie, à l’inverse d’un Haneke par exemple. Et si les protagonistes les plus jeunes sont traités avec moins de subtilité, les anciens ont droit au même soin de l’effeuillage que Woody, même lorsque leur importance narrative est moindre.

Woody est donc le personnage principal de cette histoire dans le sens ou, bien malgré lui, il provoque toujours une réaction chez l’autre, ce qui amène généralement à une révélation sur lui même, sur son passé.
Son comportement laconique, impénétrable et éparpillé, renvoie aux autres protagonistes leurs propres peurs de la vieillesse, de la pauvreté, de la solitude, du monde.
Bruce Dern incarne Woody avec une mystérieuse intensité. Ce n’est pas une question de performance d’acteur, mais de subtilité dans l’interprétation. Ses émotions se transmettent par son physique gauche et fatigué, mais encore et surtout, par son REGARD.
Bruce Dern fait de Woody Grant une sorte d’éponge hermétique : s’il a l’air toujours perdu, en fait il ne l’est pas tant que ça… Cela se voit précisément dans son regard, à l’apparence vide, mais ou l’on perçoit des réminiscence de vivacité, ou le souvenir ravive une flamme étrange, entre folie, candeur, amertume et mélancolie. Son regard retient, absorbe tout. Chaque évènement à un impact sur lui. Mais il n’en montre rien.
Ce n’est pourtant pas une maladie, un début d’Alzheimer… Non, c’est juste un type qui s’est crée une défense très personnelle contre le monde, qui s’échappe dans le mutisme et une fausse incompréhension des autres.

Découvrir petit à petit qui est Woody Grant, percer toutes les bulles de mystères enveloppant sa personnalité, voila le vrai sujet du film.

La photographie noir & blanc du film illustre bien cela. Elle cherche continuellement à illuminer les personnages grâce à la clarté environnante, celle des paysages magnifiques du Nebraska, celle de ces suburbs aux relents d’une autre époque. Comme une volonté de ne laisser aucune zone d’ombre, aucun ressentiment chez ces hommes et femmes. Cela rend le film à la fois solaire et inconséquent. Car excepté la mélancolie, tout est traité avec légèreté. Aucune intention de choquer ou de déranger, de prouver quoi que ce soit, de rendre le film « oscarisable ».
Juste émouvoir par la puissance de quelques regards, par la touchante histoire d’un homme plein de non-dits.
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