Pas tout à fait un film au sens classique du terme du fait de l'absence de réelle mise en scène, de romance, de dialogues recherchés. Peu de rebondissements et de suspenses. Mais ce n'est pourtant pas non plus un reportage bien que le style de la réalisation y emprunte beaucoup. C'est entre les deux en fait, dans un genre encore assez indéfinissable. Maladresses de la réalisation ou décision assumée de faire dans le dépouillé ? Peu importe en réalité car, sans artifices, le sujet garde toute la place pour lui. Sujet certes d'une triste banalité (hélas), pouvant arriver dans la vie de tout un chacun. Et c'est sans doute ça qui prend aux tripes, qui fait réfléchir et qui comme dans les films catastrophes soulage le spectateur à la fin d'y avoir en quelque sorte échappé (à condition bien sûr de n'avoir pas connu ou de ne pas connaître situation similaire dans sa propre existence). Une oeuvre qui marque, qui fait réfléchir qui déclenche de l'empathie. Que demander de plus ? Un hommage aussi au service public hospitalier comme le rappelle fort à propos le générique de fin.
Je vais être très rapide avec ce film qui relate l’histoire vraie d’un couple (la réalisatrice, Valérie Donzelli et son compagnon, Jérémie Elkaïm qui jouent leurs propres rôles) dont l’enfant unique est atteint d’un cancer au cerveau. Au-delà de l’exhibition qui m’est apparue impudique et à seule valeur cathartique pour les auteurs, je retiendrai l’absence absolue de cinéma dans cette aventure : les images sont laides, les sons insupportables et les dialogues d’un ridicule achevé. J’admets volontiers que l’on puisse être touché par ce déballage (qui selon moi devrait rester intime) mais je ne l’ai pas été une seule seconde. Rideau.
L'histoire vraie d'un combat contre la maladie de leur fils par un couple. Un combat contre la mort, contre l'angoisse du quotidien, le sentiment que cette angoisse ne partira peut être jamais. Valérie Donzelli raconte tout cela à sa manière, entre fraîcheur et réalisme. Le ton du film paraît presque décalé. Pour faire la contre-mesure de cette catastrophe que la vie peut réserver. Un sincérité du propos étonnamment juste et lumineuse. Même les maladresses paraissent calculées. Ce n'est pas un mélo, ce n'est pas un drame. C'est une histoire vraie, racontée avec le recul sur le vécu. Un choix judicieux et bien senti.
Il y a quelque chose d'exceptionnellement émouvant dans ce film. Dans cette vie. Peut-être pas là où on l'attend le plus et c'est ce qui en fait la force...
Ces deux gueules du nouveau cinéma ne jouent, elles vivent, elles ressentent et transcendent un film, une vie ! C'est un film d'amour comme on en voit jamais au cinéma, comme on en voit pas assez dans la vie. Ca donne forcément envie d'aimer.
Un bon film dramatique. L'histoire est poignante et le couple est efficace. L'ambiance est parfois pesante mais interessante à suivre. L'émotion est présente et la force de ces parents est une belle leçon de vie. Un film donc réussi, c'est touchant et cela sonne juste.
Alors voilà donc le film du moment dont tout le monde parle et qui semble faire l'unanimité... Un peu en retard sur le phénomène, il était dur pour moi de ne pas avoir d'énormes attentes sur un film qui semble avoir conquis public et presse (ce qui est rare). Je ne pouvais alors qu'être déçu ? Et bien non, bien au contraire. Que dire qui n'est pas été dis sur cette leçon de vie, cette fraîcheur de réalisation, cette intelligence de construction... Évacuant dès le début le mélo qui aurait pu être facile (on sait dès le premier plan que l'enfant a grandi et est vivant) le film ne se concentre pas sur la maladie, ni sur l'enfant, mais sur le couple face à cette épreuve, et son engagement à se battre sans jamais baisser les bras, sans jamais s’apitoyer. Rarement vu un film si juste sur le couple et le désastre qu'engendre la maladie dans ses relations. On est stupéfait du courage et de l’intelligence de l'(ex-)couple qui est revenu sur leur propre histoire dans les vrais lieux d'un drame comme celui-là. Le film est foutraque, tourné comme un court-métrage souvent sans lumières d'appoint ; plein de petits défauts qui en font finalement sa plus grande qualité, dynamisant le tout avec une fraicheur et une énergie rare, un choix de musique génial et un style libre. On en ressort bouleversé avec une envie folle de profiter de chaque instant. Une pépite de cinéma doublé d'une leçon d'humanité. Rien que ça.
En ce sens, on serait tenté d’avancer que le nouveau long-métrage de Valérie Donzelli est probablement la première œuvre autofictionnelle du septième art. En effet, à partir de la terrible épreuve qu’elle vécut avec son compagnon Jérémie Elkaïm : la grave maladie de leur fils, elle décide d’utiliser cette matière personnelle et douloureuse pour réaliser un film à la fois bouleversant et déconcertant. Et si l’émotion qu’il suscite va de soi, même si elle nait souvent à contre-emploi, c’est davantage la force vitale qui s’en dégage constamment qui retient toute notre attention. On serait bien en peine de cataloguer La guerre est déclarée. Quelque part entre le mélodrame et la comédie dramatique, sans doute, mais il faut d’abord l’appréhender comme un film physique, intense et vivant. Un film d’action résolument positif, qui ne pense même pas à l’apitoiement. Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm, coscénaristes et comédiens principaux de leurs propres rôles, ont travaillé selon un postulat qui les a portés de l’expérience réelle à sa relecture fictionnelle : se débarrasser du mauvais pour ne garder que le bon, ou comment à partir d’instants tristes et douloureux parvenir à les transformer en quelque chose de profondément positif et vivant. Une intention salvatrice à double titre : pour l’équilibre des protagonistes d’un épisode tant inattendu que traumatique, mais également pour la qualité du film ainsi réalisé. C’est une évidence, mais La guerre est déclarée constitue un objet réellement à part, inventif et personnel, extrêmement juste et réfléchi. Ce qui n’était pas gagné d’avance car, en dépit de la volonté à se placer résolument du côté de la vie, de l’espoir et du positif, Valérie Donzelli n’hésite pas à affronter l’environnement angoissant des hôpitaux. Une partie non négligeable du film se déroule effectivement dans les services pédiatriques des grands établissements marseillais et parisiens, ancrant par conséquent le film dans la réalité la plus brute et frontale, d’autant plus que le personnel hospitalier a également été mis à contribution. Ce souci d’ancrage réel se manifeste d’autre part par l’utilisation du son réel. Mais jamais La guerre est déclarée ne devient un documentaire. Il demeure une fiction forte à l’équilibre fragile, dans laquelle se pose constamment la question de l’intégration des moments drôles, cocasses et légers – comme autant de respirations indispensables – à l’axe principal. Dans La Reine des pommes (2009), Valérie Donzelli révélait un regard original, insensé, déluré et ludique, influencé par ses aînés (Truffaut ou Rohmer). En s’emparant d’un terrible épisode de son existence, non seulement elle ne renonce pas à ce qui fit hier sa marque de fabrique, mais au contraire elle en tire profit pour personnaliser ce deuxième opus. Sans conteste, la façon la plus élégante et audacieuse d’instaurer la juste et bonne distance qui n’empêche certainement pas d’être touché, voire bouleversé.
Un couple, Roméo et Juliette. Un enfant, Adam. Un combat, la maladie. Et surtout, une grande histoire d'amour, la leur... Que dire de plus qui n'a déjà été dit sur le deuxième long métrage de Valérie Donzelli sinon qu'il est de très loin un des meilleurs films de 2011 et prouve avec le Polisse de Maïwenn que le cinéma français souvent critiqué par certains (comme si ce dernier était une entité incassable et uniforme) a le vent en poupe. Rarement on a vu un film faire preuve d'autant de créativité, de poésie, d'audace, d'expérimentation... Car raconter un sujet aussi grave (un couple confronté à la maladie de son enfant) de manière gaie était un pari osé et casse-gueule mais il est relevé haut la main et l'on n'est jamais dans le pathos ou l'émotion facile. Le film est au contraire une bouffée de fraîcheur incroyable qui vous emporte littéralement et vous donne envie de croquer la vie à pleine dents. Valérie Donzelli ose faire des choix de mise en scène audacieux, mélange les genres (on a de la comédie romantique, du drame, du suspense, de la comédie musicale...), on pense à Pialat, à Sautet, à Malick, à Kubrick... La Guerre est déclarée est une petite merveille d'une formidable inventivité et dont vous ressortez avec une joie débordante. Un coup de maître !
Un drame bouleversant et sincère, dont la réalisatrice et actrice principale a malheureusement vécu les évènements. Si l'interprétation reste très sobre et classique, elle n'en demeure pas moins réussie et parfois un peu décalée. Le spectateur en ressort tant meurtri que renforcé. Les quelques musiques présentes sont belles et collent bien à l'histoire. La Guerre est déclarée réussit son pari en touchant le spectateur et en dédramatisant la maladie.
Difficile de ne pas répéter ce qui a déjà été très bien dit sur le film par d'autres internautes. Je me contenterai de le conseiller à mon tour, bouleversé d'émotion que je fus à la sortie.... Un film qui ressemble à la vie avec ses joies, ses peines, un film humain, quoi...
j'ai bien appréciée ce petit film avec un mélange de drame et d'amour.belle hisoire d'un couple qui se bat de la maladie de leur fils.en plus,c'est une histoire qui est belle et bien arrivée à l'actrice principal Donzelli Valérie.je dits bravo aux personnages qui sont toujours simples et humains durant tout le long du film malgré la dureté de leur vie.
Une réalisatrice qui a beaucoup de talent. Ne serait-ce que parce qu'elle a su tirer le mieux de réalisateurs médiocres tels que Godard ou Sautet. C'est d'ailleurs souvent chez les médiocres que de bonnes idées sont à piocher. Je ne comprends pas bien la scène où l'enfant va à sa première opération : une flèche indique d'aller de l'autre côté, de revenir en arrière, et le brancardier montre un sens interdit... Quoi qu'il en soit, le Dr Laurent Sainte-Rose est bien représenté, ne manque que l'odeur prégnante de tabac froid de son bureau, difficile à faire passer au cinéma. Mme Donzelli devrait se lancer dans le vrai cinéma, elle en a les capacités.
C’est difficile de se prononcer d’un point de vue cinématographique sur "La guerre est déclarée". En racontant sa propre histoire, en l’incarnant avec Jérémie Elkaïm (le véritable père de son enfant), en faisant apparaître son fils à la fin du film, en laissant les vrais noms des médecins qu’elle a côtoyés, on peut se demander si l’objectif de Valérie Donzelli était vraiment de faire un film de cinéma.
Tel que je l’ai perçu, il s’agit plus d’un témoignage plutôt bien raconté sur son expérience de jeune couple avec un enfant gravement malade : l’inquiétude avant de savoir, la détresse au moment du diagnostic, l’incompréhension face à l’injustice de la maladie, les fausses joies et les vrais soulagements, le calvaire des visites quotidiennes à l’hôpital et les façons de le rendre supportable. Tout cela est rendu avec une certaine finesse et évite avec bonheur l’écueil mélodramatique.
Cela étant dit, l’évidente sincérité du propos ne masque pas une réalisation assez plate, parfois encombrée de tics bobos agaçants (la musique, la voix off, l’esthétique pop). Le niveau d’interprétation (notamment des deux acteurs principaux) fluctue aussi étrangement entre de belles scènes très authentiques et d’autres où les dialogues sonnent complètement faux. Peut-être est-ce volontaire, une manière de sans cesse déplacer le curseur entre l’immersion réaliste et la distanciation théâtrale… mais sans que l’on comprenne très bien où la réalisatrice veut en venir.
Pour moi, "La guerre est déclarée" est donc un objet plutôt intéressant sur un sujet quand même très plombant mais qui relève plus du témoignage stylisé que du cinéma.
Un sentiment de détachement permet de vivre ce drame avec une douleur encourageante et non déprimante. Même si parfois ça sonne un peu faux, au final c'est un film intime et très juste.
Je n'ai pas aimé. C'est mal joué, mal filmé avec une accumulation effarante d'effets et de clichés . J'ai souri quand il fallait pleurer, aucune émotion . Ce n'est pas du cinema, juste une histoire vraie qu'un bon documentaire dépouillé de tous ces artifices aurait suffi à nous émouvoir. La presse qui a encensé ce film apporte la preuve de sa totale subjectivité : comme si le sujet avait occulté l'oeuvre supposée le transcender.