Un prof de sport trentenaire est fortement troublé par l'un de ses élèves mineur. Jolie histoire, en dépit d'un parti pris dépressif et tragique qui peut sembler outrancier.
Le sujet est sensible car il traite de sexualité mais le traitement manque de finesse. Les regards qui en disent long s'éternisent et la musique illustre avec lourdeur les moments de doute. (Certes on ne peut pas éviter les yeux qui caressent avec désir les corps nus). L'intérêt pourtant vient du fait qu'il met en parallèle le désir homosexuel qui s'affirme chez l'adolescent ou l'homme. Tous deux peuvent douter et même évoluer dans leur attirance vers l'autre. Rien n'est figé et même si l'on refuse ce choix, il s'impose de lui-même.
M. Berger évoque de nouveau le désir réfréné. Certes, il y a bien un trouble, une tension. mais ce récit est insuffisamment exploité, jusqu'au final qui nous laisse en suspend. Un drame psychologique inaboutti.
Dès le film terminé, je me suis posé la question : quelle est la teneur de l’histoire à laquelle je viens d’assister ? Réponse : je l’ignore. De beaux cadres et une belle lumière mais mis au service d’un scénario opaque avec des personnages ternes, inexpressifs et dont on ne comprend pas les motivations.
J'ai rarement l'impression de perdre mon temps devant un film. Toute œuvre a un propos, et la longueur peut être un moyen de l'exprimer. Du reste, Ausente est utile dans une Amérique du Sud toujours percluse d'homophobie qui exorcise la discrimination dans de nombreuses réalisations souvent bien vues. Mais ayant beau garder tout cela à l'esprit, Ausente paraît vide d'idées neuves. Il n'est pas minimaliste puisqu'il exploite les contrastes d'humeur et de musique ; il est contemplatif et met en scène ce qu'on peut attendre d'une relation prof-élève approfondie artistiquement. Autant d'atouts qui devraient le rendre bon, et pourtant il ne me parle pas. Trop discret, sans provocation, il est anonyme, faisant rêver mollement à son drame insipide. Ayant vu Hawaii, il semble que Berger est adepte des vues d'ensemble bien dissimulées, mais ici elle l'est trop.
Quel déception en rapport de son 1er film "PLan B". Marco Berger a mon sens, emploie trop la musique souvent désappropriée à l'image et au thème du film, alors que le silence aurait été de mise. Reste une véritable patte personnelle, faite de réflexion et d'intelligence qu'il faudra continuer à suivre.
Les remords d'un prof suite à la mort accidentelle d'un de ses élèves. Tout ce fouillis où se mêle souvenirs, scrupules, refoulement, et sentiments n’aboutit qu'à un soap crypto-auteuriste boursoufflé par les clichés. Les tentatives pour susciter l'émotion de vautrent lamentablement dans des scènes stéréotypées et peu crédibles. La confusion de ce genre de sentiments, c'est quand même autre chose qu'un visage triste, des paroles niaises, ou des situations fantasmées par le réalisateur.
Deuxième essai concluant pour Marco BERGER, qui nous entraine dans les labyrinthes fantasmagoriques des troubles des désirs naissants, d'une manière renouvelée et surprenante : sur le terrain du thriller ; zones d'ombres, scènes échancrées, languides, striées de musiques dissonantes, brouillage des pistes, jeu du chat et de la souris nocturne, angoissant. Tension ductile, inquiétante qui se détend tout à coup lors de rares scènes d'un lyrisme abstrait presque hallucinatoire, qui en fait un film particulièrement original. Comme le jury queer de Berlin a eu raison de préférer Absent à Tomboy !
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1,0
Publiée le 20 février 2021
Je ne sais pas ce qui est le pire le casting, le jeu des acteurs ou l'histoire inutile. Suis-je censé penser que le couple s'aime. Il n'y a pas de lien réel entre les acteurs. Et ne me faites pas commencer par Martin. Parce que je ne me soucie pas de lui et de ses terribles leçons sur la nage papillons c'était douloureux à regarder. Je suppose que la morale de l'histoire est de se faire plaisir et de donner à l'adolescent psychopathe ce qu'il veut au lieu d'agir comme un adulte qu'est ce que Sebastian était censé regretter. La seule chose stupide qu'il ait faite c'est d'avoir été assez stupide pour ne pas voir que ce gamin mentait mal tout le temps. L'engouement et la convoitise peuvent avoir de mauvaises conséquences surtout s'ils impliquent un adulte et un mineur et elles impliquent certainement des malentendus et des rumeurs surtout s'ils impliquent un professeur-étudiant du même sexe. Ainsi une bonne base pour un film intriguant pour un public relativement large. Mais hélas le résultat c'est une représentation prolongée d'expressions faciales et de dialogues triviaux. L'intrigue reste indistincte j'aime habituellement réfléchir pendant ou après un film mais ici il n'y a pas eu de torsion du tout. Laisser les choses ouvertes et ne pas les expliquer sont deux approches différentes pour moi...
Rares sont les films qui tiennent les promesses annoncées par le trailer. Celui-ci les respecte complètement et va au-delà de l’impression que nous en avions déjà. Ausente, thriller argentin, développe avec brio toutes les subtilités d’une tension sexuelle entre un élève et son professeur, sur fond d’interdits, de tabous et à la merci du regard de l’autre.
Lorsque Martin, lycéen de 16 ans, invente un mensonge afin de passer la nuit chez Sebastian, son professeur de natation, ses intentions sont toutes particulières. En réalité, il se languit de désir (et d’amour ?) pour son aîné, qui a pourtant une petite amie et n’affiche de prime abord aucun signe d’homosexualité.
Avec subtilité, lenteur, discrétion, la tension se déroule peu à peu, enfermant Sebastian malgré lui dans une toile de non-dits et de malaise. Rien n’est clairement exprimé de la part de son élève, pourtant, son malaise lui souffle à l’oreille ce qui est réellement en train de se tramer. Gêné, il se doit de gérer les malentendus découlant de cette situation – un élève beaucoup plus jeune prenant une douche chez lui et aperçu semi-nu par une voisine, ou encore le regard accusateur d’un voisin les remarquant le lendemain matin, sortant ensemble de sa maison. Les malentendus s’enchaînent, et pourtant… L’on ne sait jamais clairement quels sont les réels sentiments de Sebastian à l’égard de cet élève : au départ, il ne semble ressentir que malaise, gêne, voir agacement, et pourtant se laisse entraîner dans cette situation, presque malgré lui. Lorsque Martin lui avoue ses intentions, la violence de sa réaction en est suspicieuse.
Le dernier tiers du film, que je ne révèlerai pas, est tout aussi prenant, et révèle la réelle complexité de la relation tissée entre les deux hommes, ainsi que la culpabilité en découlant pour Sebastian, hanté par les événements de ces derniers jours. La relation s’inverse et le pouvoir change de camp.
Personnellement, je n’aime pas les films lents (soyons clairs : ils me gonflent au plus haut point) mais celui-ci m’a fascinée : en peu de mots, sans sombrer dans le mélodrame, et grâce aux jeux extraordinaires de Javier de Petro et Carlos Echevarria, l’atmosphère en est prenante, saturée de suspense et d’un malaise indéfinissable. La dernière scène est simplement magnifique.
Ausente a reçu le Teddy Award au Festival International du Film de Berlin, récompense distribuée aux films évoquant l’homosexualité au cinéma. Un de ces films tristement méconnus et peu promus que je recommande vivement.
Alors ça commence comme un film labélisé "éducation nationale " , on se fait gentiment chier en attendant que ça passe vu que c'est quand même très téléphoné; l'ado qui fantasme sur son prof de sport ! et puis ça bifurque vers quelque chose de plus profond , sur le pardon , les rendez-vous manqués de l'existence , bref on s'ennuie moins jusque la fin , assez éthylonirique...
Film souvent décevant . Je m' attendais à beaucoup mieux , surtout après avoir visionné la bande-annonce . Quel ennui ! une mauvaise mise en scène , d' une lenteur extrême , truffée de plans fixes interminables de visages , des scènes inutiles qui sont là uniquement pour obtenir , semble-t-il , la taille minimale pour un long métrage , un propos superficiellement traité , malgré la profondeur du sujet ( homosexualité ou pédophilie dans les rapports que nouent un professeur de sport , espagnol hétérosexuel avec un de ses élèves mineurs , qui le provoque souvent malgré une liaison féminine ? ) . On ne sait pas du tout où l' on va . Vers la fin , on apprend la mort accidentelle du jeune homme , puis quelques minutes apr§s , il réapparait , sans aucune explication . Tout ceci me semble brouillon , et la marque d' un cinéma intimiste plutôt nombriliste . J' ai vite décroché devant ce déballage d' un autre temps . Seuls les deux acteurs principaux nous arrachent , par leur interprétation et leur physique , quelque intérêt , et la scène finale de cache-cache dans le vestiaire de la piscine , est bien décevante , elle aussi . On a l' impression manifeste que le réalisateur ne veut pas s' engager dans le choix sexuel de ses deux héros , et tout cela fait un film palôt , sans aucun relief , ni attirance véritable . Dommage !
Déçu.. forcément déçu. J'avais tant aimé son précédent "Plan B". Tout m'est apparu trop appuyé, pas très subtile quoi. La musique, les regards. Et puis cette pirouette scénaristique qui permet de se débarrasser d"un seul coup d'un seul de toute résolution. Et puis cette fin un rien sirupeuse... Bref, déçu.