Prison à domicile est une comédie oubliée des années 90, et pourtant, je dois reconnaître que j’ai été très séduit par ce métrage. Une comédie française pleine d’intelligence, qui prend son sujet à bras le corps, mais avec la touche d’humour nécessaire. D’abord le casting est top. Les acteurs ont tous parfaitement été choisis pour leurs personnages, avec le couple Holgado-Vincent, couple de français moyens mais pas traité avec le ridicule ordinaire, Jean-Roger Milo, totalement à propos dans ce rôle de gangster, Marina Tomé très drôle en fonctionnaire embarrassé ou encore Elie Kakou en commissaire méticuleux mais un poil loufoque. Les acteurs sont top et les personnages traités avec sensibilité et finesse, ce qui est plus qu’appréciable.
Le scénario est lui aussi astucieux. Le concept de base est simple et très fonctionnel, et le film avance ensuite sur un rythme convaincant avec un récit fluide et efficace. Il y a les touches d’humour attendues, mais le fim séduit surtout pour sa sensibilité et la manière dont il évite la caricature (du moins, pour les personnages principaux). Le film est court, rondement mené, l’intrigue est sans temps mort et franchement la tonalité douce-amère qui alterne parfois avec la loufoquerie rend le film tout à fait divertissant et malin. La fin est cela dit un poil abrupt, comme s’il avait manqué une dizaine de minutes pour boucler l’ensemble.
Formellement le film est réussi. Le réalisateur est un spécialiste de l’image, photographe il me semble, et ça se sent dans les cadrages, le choix des décors (avec une maison violette). Le film fait simple mais bien, avec une ambiance petit village bien restituée. Je salue également une bande son très réussie, qui reflète davantage le côté émotionnel du film, un poil mélancolique aussi, plus que la gaudriole comique, et c’est une bonne chose.
Clairement, on sent ici une comédie réalisée par un non spécialiste de la comédie, et donc un vrai récit intelligent et fin greffé à un ton léger pour le rendre plus grand public. Ca cherche pas la bouffonnerie toute les secondes, et on ressort du film avec un sentiment très positif et l’idée que ce film est injustement passé à côté de la postérité. 4