Une Femme Mariée
Note moyenne
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JeffPage
JeffPage

42 abonnés 534 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 janvier 2013
En se donnant pour défi de réaliser un film en 4 mois seulement (de la pré-production à la présentation à Venise), Godard s'imposait de nouvelle contrainte pour encourager sa créativité. Dans ce film, il nous livre le portrait d'une femme mariée qui jongle entre son mari et son amant. Godard y adapte une partie de sa vie avec Anna Karina alors que leur histoire se termine et, de ce fait, évite de l'impliquer dans ce film. Malheureusement, le sujet n'est pas très original et la mise en scène s’attarde surtout sur des insert de gros plans sur les corps, sexualisant l'ensemble pour un résultat en demi-teinte. De plus, quelque références assez déplacés au camp de concentration noircisse un peu le tableau. Ce film fait néanmoins parti de la grande époque de Godard et est intéressant à voir pour le coté défi de sa réalisation, pour voir comment un réalisateur comme lui peut faire un film en très peu de temps.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 juin 2012
Film sur la Femme et pour la Femme ! Godard signe ici un film d'une grande beauté et d'une grande sensibilité. "Une Femme mariée" dresse le portrait du rôle de la femme dans les 60'. Cette époque où le diktat du " Sois belle et tais-toi !" avait déjà cours... Un diktat (inconsciemment?) instauré par le milieu de la Mode. On y voit le véritable conditionnement médiatique - à travers les magazines, les pubs, ou mêmes le comportements des différents hommes - et qui voudrait confiner la Femme en un pur et unique objet de désir.
Pertinent et surtout magnifiquement mis en scène, ce film est autant un cri d'amour qu'il n'est un cri de rage. Un cri d'amour pour ce qu'est la Femme et un cri de rage pour ce qu'Elle advient.
Grandiose et tellement d'actualité...
benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 septembre 2011
Une captation par Godard des années 60, avec l’utilisation du stéréotype mari-femme-amant. La consommation, la publicité, la modernisation s’installent dans le quotidien. L’insouciance consumériste heurte la mémoire encore très présente des horreurs de la Seconde guerre. Le réalisateur transcende l’anecdotique grâce à la déconstruction, et il ose aborder frontalement le thème de la sexualité. Le film vieillit très bien grâce à une vision sociologique aiguë, éclairante, et à un humour subtile.
Buzz063
Buzz063

101 abonnés 919 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mars 2011
Le cas Godard. Ne faisant parti ni de ses détracteurs enragés ni de ses défenseurs acharnés, je resterai mesuré. Comme souvent, je le préfère quand 'il fait d'abord son boulot de metteur en scène que lorsqu'il se pose en philosophe. C'est encore le cas dans ce film qui le voit traiter de l'aliénation de la femme dans la France corsetée et mémère des années 60. Le film se déroule quelques années à peine avant Mai 68 et la libéralisation des moeurs. Le travail du cinéaste sur le montage et quelques séquences sont particulièrement intéressants. Il trousse ainsi de très jolies scènes où Macha Meril retrouve son amant et où elle est filmée de façon fragmentée, les différentes parties de son corps composants le cadre, Godard parvenant ainsi à la fois à magnifier sa beauté et à la réifier en tant qu'objet de désir et de modèle féminin. Le ballet de ces deux corps filmés de manière parcellaire est d'une grande beauté. Dommage que le cinéaste entrecoupe ces instants cinématographiquement très esthètiques avec des procédés dont il fait un usage redondant (le mot caché dans un autre mot) et de longues digressions où des acteurs régurgitent de longues tirades avec un côté d'universitaire qui se complait de sa propre intelligence. Cet aspect un peu verbeux du cinéma de Godard m'interpelle nettement moins.
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

272 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 31 mai 2010
«Une femme mariée : Suite de fragments d’un film tournée en 1964» (France, 1964) de Jean-Luc Godard ne correspond qu’à la moitié de «Vivre sa vie : Film en douze tableaux» (France, 1962). Non seulement parce qu’ils partagent tous deux un titre à rallonge, ces deux drames godardiens ont de commun un même registre de plans compris dans un montage similaire basé sur l’assemblage d’éléments clos disparates. Pourtant «Une femme mariée» n’équivaut, en charge dramatique et en puissance esthétique, que la moitié de «Vivre sa vie». Peut-être parce qu’aux douze tableaux du film de 62, celui de 64 ne comprend que six parties. Moitié moins important, moitié moins bon. La femme mariée éponyme pourrait être la Nana Kleinfrankenheim de «Vivre sa vie», si seulement elle avait survécu en fin. Rangée, épouse parisienne avec amant qui s’en suit, la Charlotte mariée n’en reste pas moins aussi tourmentée par ses choix que l’était Nana. Davantage objet d’une étude sociologique sur la féminité au mitan des années 60 que sujet d’une intrigue, Charlotte devient sous le regard de Godard un spécimen d’étude plastique. Ciselée par le découpage en autant de morceaux à voir et à entendre, ancrée dans une époque fragile, où le monde a à construire la mémoire de la Shoah, Charlotte vadrouille dans des rues où se placardent le corps dénudé des femmes aux poitrines généreuses. Scandale à l’époque de sa sortie, «Une femme mariée», dans l’ensemble de l’œuvre du cinéaste, importe de manière seconde. Certes, ce film enclenche dans l’intelligentsia parisienne de l’époque le goût du Godard. Néanmoins, ce n’est pas trop de le répéter, «Une femme mariée» postule son style sur la réussite stylistique immense accompli avec «Vivre sa vie». Risquant, sans y tomber, le trop plein d’assurance par une écriture rodée, Godard n’innove ici pas autant qu’il pourra le faire avec son court-métrage suivant, un action-film, «Montparnasse et Levallois».
gimliamideselfes

3 441 abonnés 4 015 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 mars 2010
Très beau film dont la première heure est juste magnifique, j'avoue avoir été moins conquis par la dernière demi heure du film. Même si nous sommes en présence d'une fin magnifique. Ce film est avant tout un film sur la femme. Cette femme très belle, filmée sans impudeure, bien que nue, bien que livrant ses pensées… Mais le constat sur la femme et sa place dans la société n'en est pas moins amère et dur, la femme qualibré par la société pour ne s'intéresser qu'à des choses futiles et sans intérêt, la société lui a donné qu'un seul choix, le choix de son mari. Ici le fait d'être enceinte est considéré comme une maladie, preuve de l'incompréhension de la société masculine envers la femme.
Gonnard
Gonnard

288 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 mai 2009
Magnifique, doux, dépouillé, touchant... Comment garder son esprit critique en éveil, quand le cœur est foudroyé par autant de qualités ? Il ne se passe rien, mais ce rien est fascinant. Le cadrage associe harmonieusement rigueur géométrique, sensualité, symbolisme. La voix et les yeux de Macha Méril envoûteraient le plus insensible des spectateurs mâles. Les dialogues sont désarmants de simplicité, et pourtant on ne peut s'empêcher de les écouter avec intérêt. Un film simplissime, oui, et pourtant il se veut innovant, par exemple la scène où deux jeunes lycéennes dialoguent, avec l'héroïne qui tente de capter leur discussion. Vous l'avez compris, ce film m'a bluffé, sans compter que cette histoire de femme mariée me rappelle quelques souvenirs bien agréables...
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