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Un visiteur
0,5
Publiée le 8 septembre 2010
J'ai du le regarder dans le cadre de l'école. Je n'ai pas encore lu le livre mais j'espère qu'il n'est aussi plat. Des plans longs et ennuyeux. Côté musical surement intéressant mais qui ne rattrape pas le reste. Trop peu de dialogue - soi-disant tout dans l'intensité des personnages-. Je me suis forcée à le voir jusqu'à la fin... c'est déprimant.
"Tous les matins du monde sont sans retour"... Un film triste, mélancolique, mais juste, ô combien juste. A tout point de vue. Il ravira les cinéphiles comme les mélomanes.. Marielle et Depardieu sont incroyables. La musique est géniallissme.
Je m'attendais à une belle histoire baroque...mais voilà un film immoral....un parvenu qui s'approprie l'oeuvre de son maître , engrosse et abandonne Madeleine...j"ai souffert 20 fois pour elle...ne daigne pas venir à son chevet....ce film m'a profondément choqué et mis mal à laise
Un film magnifique d'Alain Corneau (tiré du roman de l'excellent écrivain Pascal Quignard), très bien écrit, magistralement interprété, où le rapport à l'art (la musique ici)et la solitude est traité avec une grande justesse. J'en suis sorti vraiment remué. A noter aussi l'exceptionnel face à face entre Jean Pierre Marielle et Gérard Depardieu à la fin du film. Un film marquant pour ma part, à voir absolument.
Avec Tous les matins du monde, Alain Corneau compose une méditation austère sur la musique et le deuil, où chaque silence semble aussi important que chaque note. Le face-à-face entre Jean-Pierre Marielle et Gérard Depardieu structure un récit empreint de gravité et de retenue. La mise en scène, épurée et contemplative, privilégie une approche presque ascétique qui peut aussi instaurer une distance émotionnelle. La beauté des images et la place centrale de la musique fascinent, mais tendent parfois à figer le film dans une solennité constante. Reste une œuvre élégante et singulière, dont la rigueur séduit, mais dont l’austérité peut limiter l’adhésion.
Très bonne musique bien sûr, Jordi Savall oblige. Marielle est sobre, convaincant. Mais... Il y a beaucoup de mais. L'histoire d'abord. Tout ou presque est inventé, car M. de Sainte Colombes est quasiment inconnu quant à sa vie. Ensuite l'histoire d'amour qui prend une grande place dans le film est vraiment lourde, inutile, et traitée avec peu de subtilité. Et le fils Depardieu paraît peu doué pour exprimer quelque-chose. Dans cette histoire inventée, un bon point à l'apparition de la femme du musicien après sa mort; car ça c'est traité subtilement.
Un film d'art et d'essai sans aucun scénario, d'une lenteur insupportable. Seules les performances d'Anne Brochet et de Gérard Depardieu, ainsi que la musique sauvent le film. Passez votre chemin et consacrez-vous plutôt à la lecture du livre qui est magnifique.
Film largement surestimé. Certes, visuellement, c'est assez beau. De jolies paysages, de jolies costumes, un joli jeu de lumière à la Caravage. Marielle et Depardieu, deux monstres sacrés du cinéma, qui se donnent la réplique, aussi, c'est quelque chose ; bien qu'ils auraient du faire un effort pour être un peu plus crédible dans leur rôle de musicien (Ca se voir clairement que ce n'est pas eux qui jouent. Pareil pour Guillaume Depardieu). C'est sympa et émouvant aussi de voir Depardieu, père et fils, réunis dans un film. Mais que ça traine en longueur... C'est long, ennuyeux, morne, un peu malsain même, avec des scènes de nue déplacées et inutiles. Je n'aime pas non plus les personnages principaux : Un vieux maître acariâtre, exécrable, déprimant, et un élève benêt, vulgaire sans vertus. Impossible de s'attacher à pareils personnages. Enfin les dialogues, tout comme le film dans son ensemble, se veulent intelligents, profonds ; or je les ai trouvés au contraire mièvre, parfois même incongrus et ridicules.
Tous les matins du monde, mais quel film ! Clairement le rythme est lent, l'histoire n'est pas dingue, mais c'est un vrai voyage au 18ème siècle qu'on nous propose et j'ai plonger les deux pieds dedans. Que dire de la photographie ? Juste magnifique. Plusieurs scènes nous donne l'impression de regarder un tableau où les personnage prennent vie. La musique est incroyable, c'est beau, touchant, rien à rajouter. Si je devais émettre une critique ce serais par rapport au jeu d'acteur de Guillaume Depardieu que je trouve parfois à côté de la plaque la où son père sublime le film. En bref, Tous les matins du monde n'est pas le genre de film disponible pour tout le monde, il faut aimer la romance, le 18ème siècle, ne pas être dérangé par un film très lent et être sensible à la musicale classique et à l'art, si vous vous reconnaissez la dedans, foncez et vivez pleinement ce voyage.
Coup de coeur pour ce cri d'amour à la musique. Cette dernière est bien au centre de l'histoire mais sert également d'appui aux drames humains et familiaux exposé ici : deuil d'une femme, amour brisé,... Un film extrêmement mélancolique magnifié par de belles compositions baroques (dirigée par le grand Jordi Savall) et d'excellents acteurs. C'est beau et puissant. Aérien et triste. Une oeuvre magnifique pour à conseiller à tous les amateurs de musique.
Une cabane au fond d'un jardin, une viole, une morte qu'on essaie de faire revenir : le programme tient en trois éléments et il est immense. Sainte-Colombe et Marin Marais posent la même question : à quoi sert la musique ? et y répondent de deux façons irréconciliables. L'un s'enferme pour parler aux fantômes, l'autre monte à Versailles battre la mesure devant le roi. Alain Corneau ne console jamais. Le tout premier plan nous montre Marais parvenu, en habit, entouré de ses élèves, et déjà vide. La musique ne l'aura pas rendu meilleur, seulement lucide. Elle ne sauve pas davantage Madeleine, que son père brûle comme il brûle tout ce qui l'approche, veuf sublime et papa désastreux. Élève de l'un, amante de l'autre, elle n'a pas de cabane où se retirer et règle l'addition pendant que les deux hommes se partagent l'absolu. J'ai deux phrases qui me restent, dites très bas et très tard : la musique comme un petit abreuvoir pour ceux dont les mots sont abandonnés, puis l'aveu que rien ne revient. Mélancolie et nostalgie garanties !
Un vieil homme se souvient, et son récit l'accuse. Tout ce qu'on voit du passé nous arrive déjà perdu. Corneau troque le grand spectacle du film en costumes contre les proportions d'un tableau, bougies, visages qui remontent du fond de la toile. En prenant un pas de recul, je trouve que c'est un pari totalement fou de vouloir filmer dix fois un homme assis qui joue sous l'archet de Jordi Savall. Quand le cadre s'éloigne et que le son demeure, on ne nous illustre plus une émotion, on entend d'où elle vient. Mais car il y a un grand mais, ce parti pris se paie, et cher. Après le festin des premières séquences, le film s'enlise plus qu'il ne tient éveillé, et la viole m'a servi de berceuse plus d'une fois. Le refus du romanesque finit par contaminer le récit lui-même, où la même leçon se rejoue, où les scènes cessent de se répondre, où l'on attend très longtemps un mouvement qui ne vient qu'à la toute fin. La barrière à l'entrée est très haute et je l'ai franchie de mauvaise grâce, en admirant le geste sans aimer le rythme.
On oublie souvent d'où vient ce film. Alain Corneau est l'homme des polars et des types traqués en France. Ici, il bifurque un jour vers la viole de gambe et le silence, et signe la plus belle anomalie de sa filmographie. L'audace est double, car il confie ce jansénisme à Jean-Pierre Marielle en lui retirant tout ce qui l'a rendu célèbre : sa gouaille. Le deuil devient chez lui une raideur qui tient debout, un regard, un plissement de paupière, des gestes de violiste si exacts. Et ce qu'il transmet n'a rien de sentimental : des portes fermées, des humiliations, une viole fracassée contre une cheminée. C'est un homme condamné au regret. Même si Gérard Depardieu n'encadre le récit que quelques minutes, il est bouleversant. Vieilli, d'une finesse qu'on ne lui redemandera plus beaucoup dans ces années 90 où il joue tout. Le face-à-face final dans le noir, cette première leçon donnée à voix basse à un homme de cinquante ans, porte presque toute la charge de ce film de fantômes déguisé en biopic. Il aura fallu une vie entière pour mériter le commencement, et il faut consentir à beaucoup d'ennui pour voir enfin le regret prendre la forme d'un archet.