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PhilippeToile
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3,5
Publiée le 16 mars 2012
Une famille pauvre de pêcheurs sur une petite île au large de la Sicile tente de joindre les deux bouts en offrant des chambres d’hôtes aux touristes saisonniers. Le drame survient lorsqu’ils hébergent illégalement des clandestins africains naufragés. Inspiré des récents événements de Lampedusa et dans la tradition du néoréalisme italien des années cinquante, le réalisateur de Respiro aborde la question de l’immigration clandestine avec beaucoup d’humanité et sans manichéisme. Il ne propose pas de solution entre attitude compassionnelle et utopie économique, mais son sens de la narration sert parfaitement la fable politique et nous interpelle en profondeur. Un casting moins inégal aurait davantage rendu justice à sa mise en scène et son sens de la lumière.
UN FILM INDISPENSABLE ! Voici, pourtant, ce qu’ose écrire Jean-Baptiste Morain (critique des Inrock) à propos du dernier film de Crialese: « "Terraferma", le nouveau film de l'auteur de "Respiro", part dans tous les sens, sans jamais s'attacher à un seul jusqu'au bout. (...) Trop c'est trop, avec beaucoup de manichéisme et peu de cinéma. » Jean-Baptiste Morain signe ainsi d’un seul coup son incompétence cinématographique et son absence de cœur !
Car Terraferma est une indéniable réussite tant cinématographique (découpage, image, dialogues, musique) que (osons le terme) philosophique…
Sans tomber dans le pathos Emanuele Crialese met en scène de façon poignante le droit tout simple de vivre sur cette planète… Il le fait avec talent et générosité en contant une histoire vraie. S’inscrivant dans la tradition du néo-réalisme italien…
Crialese confie le rôle clé de Sara l’immigrée à Timnit T. jeune Africaine ayant réussi à débarquer sur l'île de Lampedusa… Témoin silencieux aux yeux agrandis par le malheur ! Comme dans Respiro le réalisateur use de la symbolique des paysages sublimes, noirs et arides qu’offre l’île voisine du continent des déshérités…
On a dit que la vision de Crialese était manichéenne… Mais la douleur n’est elle pas manichéenne ? Vivre ou crever voilà l’enjeu…
Dire que la mer se peuple de cadavres tandis que ses poissons disparaissent est-ce manichéen ? Dire que cet appauvrissement écologique a des répercutions sur la vie traditionnelle des insulaires, est ce manichéen ? Dire que la police, sous couvert de la loi, agit de façon non seulement inique mais qu’elle est le bras armé d’un système aveugle, est ce manichéen…
Mais Crialese nuance aussi son propos avec talent. Ses personnages sont tiraillés entre la compassion et leur sauvegarde… Ils sont si pauvres et démunis eux-mêmes ! Ceci à l’exception de la figure hiératique du grand père qui ne balance pas sur sa conscience d’Humain… Et sur celle du cousin qui s’inscrit, sous prétexte de modernité, dans l’air du temps : insouciant et égoïste…
Voila un beau film, plein de fureur et puis de vie… Petit détail pour ceux qui apprécient les blockbusters « reposants » (euphémisme pour ne pas dire « débiles ») dont le budget dépasse systématiquement les 100 millions de dollars, le budget - colossal - de ce petit film s’est élevé à…. 7,85 million euro!!! (source : Wikipedia US
Pour conclure laissons la parole au réalisateur qui décrit ainsi son film : “"Une histoire suspendue entre mythe et réalité, racontée dans la langue légère et puissante des fables. Ce n’est pas un film sur l’immigration, mais sur nous-mêmes. Sur quiconque est à la recherche de sa propre Terre ferme."
Il est une fois une île, un caillou en vérité, posé en pleine méditerranée. Les pêcheurs, un à un, y abandonnent leur activité et se tournent vers le tourisme. Il est plus d'une fois des clandestins, venus de la proche Afrique, qui abordent ce bout de terre promise, à l'extrême limite de leurs ultimes forces. Terraferma est un conte moderne qui prête le flanc à toutes les critiques. On va l'accuser d'angélisme, d'excès de sentimentalisme, de manichéisme, de constructions de stéréotypes, d'accumulation de clichés, de propension à un esthétisme de la misère. Les arguments sont recevables, mais cependant... En passant, il est surprenant qu'un cinéaste comme Crialese, plus allégorique dans ses films précédents (Golden Door, Respiro), ait imaginé ou plutôt transcrit une réalité tangible en une fable plus chargée qu'un chalutier de retour au port. En dépit de tous ses défauts, incontestables, Terraferma est un film éminemment passionnant. Parce qu'il qu'il a un coeur énorme, ce qui n'est pas suffisant, mais surtout parce qu'il est plus complexe qu'il n'y parait et qu'il ne se contente pas d'opposer des mondes entre eux : celui des touristes contre celui des clandestins, avec les iliens pour arbitres et les policiers italiens dans le rôle des méchants. Trois personnages, représentant des générations différentes au sein d'une même famille, sont pris dans les filets de leurs propres contradictions et émotions. Un vieux loup de mer, une mère (merveilleuse Donatello Finocchiaro) et un garçon de 20 ans, qui entretiennent entre eux des rapports a priori simples et qui vont devoir se déterminer et décider d'une attitude commune : se conformer à la loi des hommes ou à celle, ancestrale, de la mer, qui interdit d'abandonner une personne qui se noie. Ce film généreux et humaniste rappelle évidemment Welcome, voire Le Havre, dans un style qui n'a rien à voir. D'autant que Crialese aime la belle image (trop parfois) et accentue la splendeur naturelle de cette île déjà magnifiée dans Respiro. Le dernier plan, aérien, est sublime. Il semblera gratuit et artificiel pour les uns, synonyme de liberté et d'échappée belle vers l'espoir pour les autres. C'est selon.
Qu'est-ce qu'ils sont beaux, tous ces êtres humains ! Qu'est-ce qu'il est beau, ce film… Et qu'est-ce qu'il est bien tourné. Un régal. Crialese ne retrouve peut-etre pas l'extreme équilibre de Golden door, son film précédent, un vrai chef-d'oeuvre celui-là… mais Terraferma est un bonheur de cinéma et d'humanité.
ouf , on retrouve le Criolese de Respiro, un savoir faire de l'expression cinématographique, une sincérité humaniste sans compromis....L'histoire est belle, les acteurs et actrices aussi, avec cette spontanéité italienne qui fait le bonheur de l'image et des dialogues.....la tristesse de l'immigration clandestine est filmée avec sensibilité et tact, douceur presque, malgré des images parfois choc, je pense à ce squelette sous la mer....Bon, le film est beau, mais l'engagement politique n'est pas forcément la chose la plus nécessaire au cinéma et personnellement j'attend un autre respiro, des histoires de vies, d'enfants, d'adolescents, un cinéma plus près de l'homme que de la politique, un cinéma qui nous fasse rêver, même si le lien avec l'italie et sa situation est ici très fort...Je pense aussi en même temps à Innaritu et son "amours chiennes"; à Walter Salles et à son "central do brasil"...Ces deux réalisateurs se sont "dévoyés" dans des films à message, des films plus planétaires (populaires ?), et pourtant, quel miracle quand Sallès nous parle du Brésil, quand Innaritu nous parle du Mexique.....La globalisation du cinéma montre là les limites de la création et de la non diversité....Au cinéma de s'en rende compte, moi c'est fait...
Un sujet grave qui aurait pu faire un beau film mais ce n'est pas le cas.Pourtant beaucoup de themes sont abordes dans ce film mais cela ne fonctionne presque jamais.Les comediens ne sont pas tres bons et des les premieres minutes, le ton est donne.Au lieu d'etre coup de poing , c'est la lenteur qui predomine.
Le personnage principal, c'est l'ile Lampedusa qui est le théatre du changement du monde, ou l'activité de la pèche ne suffit plus, et est le confluent de l'arrivée des immigrés qui fuient les difficultés de leurs pays d'origine. D'une belle sensibilité, empreint de poésie, le réalisateur Emanuele Crialese signe un conte, peu emprunt de réalisme, mais profondément réflexif sur la condition humaine à travers des images et des scènes marquantes. C'est par le Cinéma que son discours ressort... à l'image du sublime plan final sur ce bateau au milieu de l'agitation des mers.
Trois univers se côtoient :celui insouciant et inconscient des touristes, celui des immigrants clandestins et celui des habitants de l'ïle de Lampedusa, dont les pêcheurs qui ont du mal à survivre. Des trois, c'est sans doute la peinture de la vie des habitants de l'ile qui est la plus réussie. Le film est généreux, mais il sous-estime peut-être les réactions d'hostilité, voire de haine raciste, suscitées par ces arrivages de clandestins, plus nombreux que les autochtones. Car, hélas, l'Italie n'est pas épargnée par la montée de la xénophobie. A noter : une série policière allemande, dont Santa Berger est la fliquesse-héroine, a traité le même sujet en montrant encore plus crument la violence de la police italienne. Malgré leurs faiblesses, ces films nous aident à comprendre qu'il ne peut y avoir qu'une solution globale, permettant aux pays pauvres d'offrir une vie correcte à leurs habitants, qui permettra de régler ce problème douloureux.
Le réalisateur de "Terraferma" crée une certaine distance entre ses personnages et nous, le spectateur. Donc on ne s'attache pas énormément aux protagonistes, on n'est pas spécialement émue. Cela permet de créer une universalité, une généralité, ce n'est pas un fait isolé, ce n'est pas une histoire invraisemblable qui n'arrive qu'une fois en un siècle, non c'est un véritable quotidien et un problème grave autant sur un plan politique que moral et éthique!
Si je devais résumer ce film en un mot, ce serait simplicité. La simplicité d'une histoire à la fois belle et triste. Filmé avec simplicité et authenticité, acteurs bons et simples qui nous font croire à leurs personnages. C'est un film honnête et bien sympathique que nous offre Emanuele Crialese. Les galères d'une famille sur un caillou même pas répertorié sur les cartes qui ne parvient plus à vivre de la pêche. Obligés de faire venir des touristes pour l'été, ils ont bien embêtés lorsque des immigrants clandestins débarquent sur leur petite île. La relation entre la mère et l'immigrante est très bonne, assez ambiguë et pas trop démonstrative. C'est un film vraiment sympa je trouve. A voir.
Un film un peu austère, tant suinte la peur et l'hypocrisie de certains personnages. Mais un film d'espérance aussi. Comment ne pas prendre partie pour ces êtres en souffrance qui fuient l'enfer pour finalement en trouver un autre. Nos lois sont monstrueuses à bien des égards... Et ce film devrait être projeté dans toutes les écoles européennes pour que la génération qui nous succède ne soit pas aussi égoïste que la notre.
Touristes exubérants, pêcheurs en voie de disparition, arrivées de clandestins, le film est une peinture de la vie quotidienne d'un îlot fictif au large de la Sicile, dont les personnages sont joués de façon très juste. À voir impérativement en VO.
Un film louable qui aborde le sujet d’actu complexe de l’accueil des migrants de manière peu convaincante, faute à un scénario peu emballant et trop démonstratif. 1,75
Respiro et Golden Door font partie de mon Top Ten, aussi ne voulais-je pas manquer le dernier film d'Emmanuel Crialese. Criante déception que ce Terraferma plein de clichés et de bonnes intentions. A part le plaisir de retrouver le jeune acteur et la charmante petite île de Respiro, je n'ai pas cru à cette louable histoire d'immigrés clandestins. Dommage.