L’histoire d’une jeune Mexicaine (actrice géniale) trimbalée entre trafiquants de drogue et police corrompue. Un thriller anxiogène à la mise en scène efficace, malgré quelques défauts scénaristiques.
C'est un film poisseux, étiré, sombre qui manque parfois de nerf. Et pourtant, on est intrigué par cette histoire d'une belle jeune fille pauvre, emportée par des évènements qui la dépassent, aux prises avec l'hyper-violence du nord du Mexique, soumise au machisme de policiers sans foi et de trafiquants sans loi. La mise en scène soignée et recherchée souffre de tunnels incompréhensibles et de longueurs soporifiques, pour ne rien dire de retournements surprenants...Le cinéma du sud de l'Amérique est riche de compétences et d'acteurs talentueux. Avec Miss Bala, on ne fait qu'apercevoir ces potentialités et on ressort passablement déçu de ce qui aurait pu être un véritable manifeste du ras-le-bol de la population du Mexique à l'égard de la gangrène des autorités et du banditisme qui gouvernent ce pays.
Miss Bala est l’exemple même du film au parti pris marqué, qui impose une mise en scène ambitieuse et peu laisser une partie des spectateurs loin de l’œuvre dans sa globalité. Parfait de maîtrise, le film fait entrer Gerardo Naranjo sur la scène internationale. Moins doué et peu connu pour ses précédents films, on comprend sa participation à Revolución, films à sketches, où des réalisateurs à la mise en scène marquée, comme Amat Escalante (Los Bastardos) et Carlos Reygadas (Lumière silencieuse) faisaient également partie. Miss Bala, une découverte majeure. Tout le travail de Naranjo est attaché dans le soin précieux qu’il apporte à sa mise en scène. Deux heures durant nous suivons le parcours d’une jeune mexicaine participant à un concours de beauté, puis kidnappée par un cartel, afin de se servir d’elle. Le film se veut très perturbant dans sa première approche, nous ne savons jamais réellement où nous sommes ni pourquoi, de même, les liens entre les personnages principaux ne seront jamais décryptés avec réel appui. Si ce désire de flou amène une distance en premier lieu, c’est pour ensuite donner un élan plus immersif à l’ensemble du film et précisément, concernant le chemin parcouru par l’héroïne. Régulièrement parsemé de longs travellings, soignés d’une mise en scène ludique et maîtrisée, tout semble glisser devant nos yeux tout comme le destin que cette jeune mexicaine ne peut contrôler. L’ensemble conduit à une immersion proche et affinée de ce que subit l’héroïne. L’ambivalence de la réalisation, grande maîtrise de la forme, kaléidoscope du fond, donnent finalement un ton propre au film, comme une attraction désirée, un choix appuyé du réalisateur à mettre l’accent « vérité » sur son long-métrage. Les situations les plus incongrues grâce à leurs résonances communes créent une unité de temps et une continuité de l’histoire. C’est peut-être en cela que Miss Bala réussit à séduire. Après un rejet, non esthétique, la photo est superbe, mais de linéarité classique, le film nous kidnappe également et nous fait vivre au plus près de ce que l’héroïne peut ressentir. A ce titre, le sens du cadre de Naranjo est parfait d’élégance. S’il pourra en rebuter certains, chaque plan est pensé dans une dimension et dans son mouvement (utilisation soulignée et fine du hors-champ), ce cinéma là est décidément bienvenu à une époque où tout est uniformisé. Cette habileté de cadrage lui permet d’ajouter par effleurement, une signification des corps, du corps en l’occurrence. Ici simple jouet, fruit de manipulations et vecteur du cheminement de l’histoire, du transit de marchandises entre la frontière mexicaine et américaine. Si Gerardo Naranjo maîtrise ses cadres c’est en totale adéquation avec sa mise en scène dont il fait entrer et sortir les personnages toujours à bon escient. ((…) article en entier sur le blog) Miss Bala est le fruit de cette représentation. Marquant dans son aspect cinématographique, fort dans son sens critique, Gerado Naranjo, frappe juste et fort par un parti pris radical et enthousiasmant. Car c’est là le sens premier de son film, dénoncer par une lecture critique, des évènements devenus banalement médiatiques. Le film en flirtant avec tous ces aspects, porté par une comédienne impliquée et recouvert d’une réalisation vertigineuse, apporte une vraie découverte dans un cinéma hispanique déjà fort en soit. Si Miss Bala ne pourra pas convaincre n’importe quel spectateur, l’ingéniosité et le savoir faire de sa mise en scène, l’habileté de sa scénographie et l’intelligence de son propos, démontré avec impartialité, font du film de Gerado Naranjo, une réelle attraction du 7éme art. Un réalisateur à suivre, dans les plus cinématographiques et modernes du moment. http://requiemovies.over-blog.com/
Le Mexique, la drogue, les victimes, la police corrompue... tout ça on l'a déjà vu au cinéma. "Miss Bala" mise sur son héroïne, et sur sa mise en scène pour se démarquer. Et le pari est tenu. Stephanie Sigman est une révélation. Son rôle difficile la met en valeur en tout point. L'histoire démarre doucement, puis tout s'enchaîne d'un coup sans s'arrêter. On a pas le temps de prendre son souffle. Les rebondissements vont à toute allure, à une vitesse telle qu'on a parfois l'impression d'être dans la série "24". Et la mise en scène virevolte dans tous les sens, passant d'un protagoniste à l'autre tout en restant collée aux basques de l'héroïne. L'inconvénient est que le récit à un côté mécanique, trop parfaitement huilé pour être honnête même s'il s'attaque à des faits plus ou moins réalistes (les trafics, les liens police-dealers-politiques...). Mais on est tellement happé par l'histoire que sur le moment on met ces réserves de côté.
Tu te lèves, tu inspires, tu t'étires, et tu penses, tu imagines, et tu rêves et tu vas, vis et revient, et rien ne s'est passé comme tu l'aurais souhaité. Pourquoi, il n'y a pas de pourquoi, et il y a tant de pourquoi, et je suis une petite fille, une jeune femme, une princesse, une mère, une sœur et tout ça à la fois, et je me débats, et je bouge, je me remue sauf qu'à la fin, je suis secouée, et essoufflée. Pourquoi ? Il n'y a pas de pourquoi, c'est comme ça.
Bien joué mais un peu compliqué à suivre et renouvelle pas vraiment le genre. Après le suspense est quand même là et une certaine réalité mexicaine est montrée qui fait assez froid dans le dos.
Démarrant tel un drame intimiste autour d’une mexicaine perdue au cœur d’un système machiste ne lui laissant pas sa place, le film va très vite dériver vers une surenchère de violence noyant totalement l’aspect humain de son propos. N’étant plus qu’un film d’action dénonçant les méthodes brutales des narcotrafiquants locaux, l’intrigue ne se concentre uniquement que sur une suite de rebondissements agressifs sans réel fil conducteur au point d’être tristement répétitif et incohérent. La mise en scène est efficace et les corps sont aussi bien filmés que les gunfights, ce que me fait conclure que, quand on lui confiera un bon scénario, Gerardo Naranjo devrait nous offrir un film costaud.
J'ai vu ce film lors du dernier Festival des 3 continents, et j'en garde un souvenir ému.
Le film commence comme un nième opus sud-américain montrant comment une fille pas très riche cherche à briller en s'inscrivant à un concours de beauté (et je jure qu'elle a des atouts - cf photo ci-contre !).
Mais très vite, elle se trouve emportée dans une affaire criminelle, malgré elle, dont elle ne va pas parvenir à sortir. Le film fonctionne donc sur un principe type "After Hours", enchaînement haletant et inévitable de situations de plus en plus problématiques pour l'héroïne, jusqu'à un climax ... dont je ne parlerai pas.
Miss Bala est un thriller de haute qualité, que nombre de productions US pourraient prendre en exemple.
L'actrice principale, outre sa plastique exceptionnelle, donne un visage résolu et rationnel à cette aventure un peu abracadabrante. On guette avec elle la moindre échappatoire, et le film est absolument réaliste de ce point de vue de là. Il est servi par des acteurs très crédibles (le malfrat à sang-froid est glaçant) et une production haut de gamme (rien de moins que Diego Luna et Gabriel Garcia Bernal aux manettes). Miss Bala a représenté le Mexique aux Oscars, et il donne du pays un tableau en creux qui, s'il n'est pas flatteur, est passionnant.
Des sensations, de l'émotion, du suspense, de l'exotisme, je conseille vivement Miss Bala. D'autres critiques sur Christoblog : http://www.christoblog.net/
Véritable plongée au coeur du monde violent des cartels mexicains et de la corruption policière, "Miss Bala" ne surprend guère et, si les scènes de fusillades ultra réalistes font monter la tension d'un cran, le scénario a du mal à captiver.
Si Stéphanie Sigman est splendide et magnifique, physiquement et par sa présence et son talent, le film n'est vraiment pas un modèle pour illustrer la corruption et les trafics de drogue engendrant meurtres, exécution, prostitution et autres délits inimaginables. En fait on traverse le film avec le personnage de Laura sans vraiment comprendre comment tout arrive, tout est possible, tellement tout est confus et incohérent. Les images façon docu en immersion caméra à l'épaule ne sont pas belles, les scènes un peu hot complètement inutiles et ce film ne nous apprend rien et n'est vraiment pas passionnant. Les ficelles sont vraiment trop grosses et le sujet est mal traité et mal filmé. Une déception.
Voilà un film noir à l'image sans doute d'un pays où dominent corruption et trafics en tour genre. La narration est puissante, parfois confuse mais produit sinon la surprise, une véritable désespérance sur l'état du monde.
Ce film est assez contrasté : autant la descente aux enfers de Laura est réaliste et nous plonge progressivement dans un monde dangereux et cauchemardesque, elle nous tient en haleine jusqu'à la fin du film et même si on se doute de la fin, celle-ci est convaincante. Le réalisateur nous dépeint sans aucun sous-entendu cet univers violent et pourtant réel avec une mise en scène sombre et violente, et un méchant parfait : bien pervers, sadique et machiavélique. Autant Laura souffre d'une débilité chronique à toute épreuve : elle fait TOUT le temps les mauvais choix, s'arrange pour toujours se faire retrouver alors qu'elle a plusieurs fois l'opportunité miraculeuse de s'échapper, ne réfléchit pas avant d'agir etc. J'ai envie de la baffer toutes les cinq secondes et plus le film progresse, plus je commence à penser qu'elle mérite ce qui lui arrive. Je ne sais pas si c'était voulu par le réalisateur/scénariste mais ça m'a gâché une partie du film. Bilan des courses : un résultat en demi-teinte. Dommage.
Sous la houlette de deux acteurs producteurs célèbres, Gael Garcia Bernal et Diego Luna, très engagés dans la dénonciation des maux qui affectent leur pays, Gerardo Naranjo nous propose un film d’action qui va bien au-delà du film de gangsters traditionnel. Si le fil de l’histoire est tenu par le destin d’une jeune fille qui rêve de concours de beauté et se trouve contrainte de collaborer avec d’ignobles narcotrafiquants, c’est bien le Mexique lui-même qui est au centre de son propos avec sa corruption endémique, son état de non droit et sa violence au quotidien qui n’épargne personne. Miss Bala nous interpelle avec pertinence et efficacité sur la gangrène généralisée d’une société en perdition. La mise en scène allie esthétisme et réalisme en évitant toute digression inutile et psychologie facile. La jeune et splendide Stephanie Sigman aborde le rôle de Laura avec une intériorité qui exprime parfaitement son désarroi et son impuissance à maîtriser son destin tragique. Tout juste pourra t’on lui reprocher une expression trop monolithique. Un film choc qui documente opportunément notre réflexion sur un Mexique hors de contrôle.