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Allociné7792
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3,5
Publiée le 24 avril 2013
Voilà un film intéressant qui nous relate la vie d'un jeune sortant de désintoxication et qui cherche à se remettre dans le bon chemins. A travers ses rencontres, on y voit les occasions ratées et l'espoir d'une vie meilleure. J'ai trouvé l'acteur principal convaincant. C'est un film à petit budget mais de très bonne facture. A regarder.
Pas étonnant que ce film porte comme titre une date, le 31 août, celle de la fin de l'été. En cela, il se réfère à deux films que cite Joachim Trier dans le dossier de presse : "Cléo de 5 à 7", qu'Agnès Varda voulait tourner un 21 mars, pour "capter dans Paris le passage merveilleux de l'hiver au printemps" - et qu'elle réalisa finalement un 21 juin ; et "Le Feu follet", où Maurice Ronet inscrit la date du 23 juillet, celle de son suicide programmé, sur le miroir de sa chambre d'hôtel. La référence au film de Louis Malle est évidente, puisque présente au générique, le scénario étant "librement inspiré" du roman de Drieu La Rochelle. Trier raconte l'avoir vu à 33 ans, et avoir été sidéré tant a fait écho en lui le sentiment de solitude d'Alain Leroy. Pourtant, il semble revenir davantage au roman de 1931 qu'au film de 1962 : Anders est toxicomane et non alcoolique, et le conflit qui l'agite est intérieur, à la différence du héros de Louis Malle qui finit par se tirer une balle dans le coeur, poussé par les rencontres de ses anciens amis qui, chacun à sa façon, le renvoient à sa solitude. Certes, certain plans dans leur composition font écho à la mise en scène de Louis Malle, comme celle de la discussion avec Thomas sur le banc dans le parc, filmée comme la dernière discussion d'Alain avec Milou. Mais on trouve plus ici l'influence du film d'Agnès Varda ; même s'il n'est pas, lui, tourné en temps réel, "Oslo 31 août" semble accompagner son personnage dans tous ses mouvements, et même ses immobilités, comme cette très belle scène dans le café où Anders entend les conversations des autres consommateurs, et où la façon de filmer souligne combien il n'est déjà plus dans ce monde qui l'entoure sans le concerner. La connaissance de la fin du roman n'empêche pas l'émergence d'un certain suspense, à la recherche d'indices qui permettent de prédire la décision finale d'Anders. Les évènements de la journée, les moments d'espoir et les violents retours de boomerang jalonnent son parcours, avec toujours une liberté d'interprétation laissée au spectateur. C'est d'ailleurs ce qu'explique Joachim Trier : "Mon travail ici est d'explorer les mystères qui entourent ce geste et non de leur donner une explication. C'est ce que j'aime dans les films d'Antonioni par exemple. Il laisse le champ libre à différentes interprétations." Même si Joachim Trier ne le cite pas dans ses références, on pense aussi à cet autre film sur la dernière journée d'un suicidé : "Last Days", de Gus Van Sant : la scène du début où Anders, hagard, erre dans la forêt de conifères, ou le très lent traveling avant de la scène finale qui évoque le traveling arrière quasi imperceptible de plus de 4 minutes de la caméra qui s'éloigne de la maison de Blake alors que celui se remet à jouer. Déjà acteur de "Nouvelle Donne", Anders Danielsen Lie est de tous les plans, sauf l'étrange prologue à la Perec où défile une succession d'images d'Oslo en super 8 ponctuée de souvenirs de personnages dont on ne sait s'ils évoquent le passé d'Anders ou leur propre mémoire, et la fin où la caméra continue à errer dans la ville-personnage, sous la lumière particulière des régions septentrionales. Un peu agaçant par sa construction savante parfois trop voyante, "Oslo 31 août" réussit cependant à installer une véritable tension à la poursuite de son personnage en déséquilibre constant, et le choix de ne montrer aucun des proches d'Anders (ni ses parents,, ni sa soeur, ni son amie) s'avère très judicieux, en recentrant le récit sur la coupure progressive des derniers ponts qui relient Anders à son environnement. Remarqué dans la sélection "Un certain Regard" à Cannes, ce film sec mais néanmoins émouvant n'atteint pas la puissance de celui de Louis Malle, mais n'en demeure pas moins une vision poignante d'une ville marquée par une autre date morbide, celle du 22 juillet 2011. http://www.critiquesclunysiennes.com/
Partageant la même logique que le superbe 24h avant la nuit de Spike Lee, le film de Joachim Trier se présente comme une longue et lente descente aux enfers. Filmé délicatement et subtilement à la manière des films indé de John Cassavetes (lents travellings avant...) toujours au plus proche de son personnage. La beauté des images est contrebalancé par l'horreur du propos. On regrettera juste l'absence d'une voix off, pour nous permettre de faire le point à chaque moment de l'histoire dans laquelle on peut se perdre.
Un désintoxiqué en permission de nuit, dans un Oslo vert, provincial et ensoleillé, plein de petites norvégiennes blondes, saines et bien bâties (rien à voir avec nos starlettes étiques). Il est à quinze jours de sa "guerison" définitive. A vrai dire, on comprend bien que dans son groupe de parole, ces jeunes sont plus terrorisés qu'autre chose à l'idée de retrouver la liberté. Ligotés par la drogue, puis patients bien sages, ils ont perdu l'usage de cette liberté.
Anders (Anders Danielsen Lie) est un garçon de bonne famille, instruit, parents bobos et très libéraux. Tout pour réussir. Sauf, la rencontre avec l'héroïne et l'alcool qui lui ont bouffé six ans de vie. Anders est maintenant parfaitement clean. Il a un rendez vous avec le rédacteur en chef d'une revue qui pourrait lui donner un travail intéressant. Pourtant, il commence sa journée en tentant de s'immerger dans un lac, des pierres plein les poches, mais non: la pulsion de vie est la plus forte. Si ses camarades d'infortune ont peur de retrouver la liberté, lui, qui est mieux armé intellectuellement, a surtout peur de cette vie, sans perspective, sans avenir (six ans de perdus!) qui l'attend. Il commence par aller voir son meilleur ami. Thomas, ancien copain de bringue, est maintenant gentiment marié, père de famille, il tente de persuader Anders que, lui aussi, il peut avoir cette bonne petite vie là, peu convaincant (sans doute parce qu'il est lui même peu convaincu). Le jeune homme essaye ensuite de voir sa soeur, mais celle ci a peur du choc de la rencontre. Il tente de contacter Iselin, son ancienne fiancée, qui ne répond pas. Quant à l'entretien d'embauche, il démarre bien, mais quand il s'agit de justifier ces années de trou dans le CV.... Anders se braque et part. Il ne lui reste plus qu'à rejoindre une fête donnée chez d'anciens amis, puis à les suivre en boite -replongeant en une nuit dans tout son passé sordide.
Ce qui est formidable, dans le film du jeune Joachim Trier, c'est qu'il nous fait éprouver physiquement la solitude, le désarroi du drogué désintoxiqué qui sort, sans plus avoir quelque chose de positif dans la vie, à part les souvenirs du flash de bonheur qui suivait l'injection. L'impression de ne rien avoir à partager, avec personne. Comment raccrocher à la vie, quand on est dans un tel déséquilibre?
Mais ce beau film est assez terrible parce qu'au fond il nous dit: on ne peut pas s'en sortir.
Je n'ai pas vraiment adhéré à cette histoire. J'ai trouvé le film trop contemplatif, trop éclaté. On ne sait pas où l'on va, on suit l'errance du personnage, de rencontre en rencontre, sans but, sans réelle cohérence. Il y a de belles images, un acteur à fleur de peau, mais un scénario trop aérien pour vraiment rentrer dans cette ambiance mortifère.
Excellent film sur un sujet difficile, l'addiction à l'héroïne, très bien interprété, émouvant et profond. Seul petit bémol , l'utilisation d'une faible profondeur de champ un peu abusive, même si très belle, rend l'esthétique du film outrageuse en rapport au sujet, dommage!
C'est très bien filmé, il y a de nombreuses bonnes idées de mise en scène, de bon interprètes et même quelques moments de grâce cinématographique, et pourtant je n'ai pas complètement réussi à rentrer dans le film : des longueurs et des bavardages superflus, et un fond trop faible que la forme seule ne peut compenser.
Oslo 31 Aout c’est le film d’auteur Cannois antithétique de Apollonide. Dés les premiers instants, l’histoire se pose, le personnage se comprend, est appréhendé, et apprécié. Trier n’a pas besoin de beaucoup d’effet pour faire rentrer immédiatement le spectateur, et c’en est d’ailleurs parfois troublant. Dés les premières scènes, malgré une sobriété affichée (bien aidée tout de même par une mise en scène sobre mais absolument pas fade), le film captive, émeut. L’histoire est assez simple : un mec paumé sortant d’une cure de désintox, un loser de 34 ans, l’âge où tout le monde a déjà dessiné sa trajectoire future, avec enfants et carrière, revient dans sa ville natale. Le synopsis est spleenétique par excellence, et ce sujet s’impose tout le long du récit, porté par l’attachant personnage principal. Un peu comme dans Lost, celui-ci semble être une constante dans l’équation du temps, le seul être qui n’est pas en mouvement, les choses vivent autour de lui (seul dans un café, il écoute toutes les conversations et voit tout le monde bouger a l’extérieur) voire changent autour de lui (le plan où il avance entre les échafaudages, symboles d’une ville qui change). Sauf qu’il est justement sur le point de changer, puisqu’il sort de sa cure de désintox, cette journée du 31 Aout semble représenter l’espoir d’une rédemption. Les dialogues vont s’enchaîner pour lui, des dialogues au ton toujours juste et qui vont le mettre en face de sa propre situation. Le film utilise beaucoup les mots, ce qui est d'ailleurs un de ses défauts, mais cela permet au moins au film de ne jamais dévier de son sujet, et d'y rester toujours collé. On regrettera les 15 dernières minutes qui m'ont laissé un peu perplexe tant elles semblent maladroites, la rédemption impossible étant montrée de manière peu habile étant donné qu'on passe instanément d'un certain bien être lié a un nouveau départ (toutes ces scènes presque oniriques avec la jolie Johanne) à une déchéance totale (la scène finale). Du reste, Oslo 31 Aout est un film juste, émouvant, et jamais pompeux ou contemplatif. Du vrai cinéma d'auteur quoi.
Une journée en compagnie d'un trentenaire sortant d'une lourde cure de désintoxication. Le titre du film donne les repères spatial et temporel. Ce qu'il ne donne pas, en revanche, c'est la façon dont le film parvient à nous faire entrer dans la tête de jeune homme intelligent, qui a tout pour être brillant, mais qui est bloqué par la vasteté du monde et la peur de ne pas y avoir sa place. On ressent ses doutes, ses craintes, son malaise, son manque d'assurance, d'estime. Comme si le personnage se disait constamment "à quoi bon". Pourtant, il ne chasse pas l'échange, au contraire. Les rencontres qu'il fait tout au long de cette journée sont belles et sincères. Combien de fois l'on peut voir dans la plupart des films les personnages s’énerver sur un désaccord et partir chacun de leur côté subitement, sur un coup de tête ? Point de ça ici. Désaccord signifie débat et écoute de l'autre. Et approfondissement des idées, au lieu d'une banale fuite. L'entretien d'embauche que passe Anders est à ce titre une des plus belles scènes de 2012, tant l'effort qu'il produit ne serait-ce que pour s'y rendre est grand pour lui. Une autres scène qui vaut le détour est le long moment où il est assis seul à une table d'un café bondé, tentant de saisir les conversations qui l'entourent. "Que font les gens normaux ? De quoi parlent-ils ? Que suis-je censé faire ?". Si quelqu'un a une réponse...
Film sur la désespérance,l"errance, magnifiquement filmé et interprété, film indispensable, incontournable d'une fluidité extraordinaire malgré sa lenteur, aucun temps mort.
Fabuleux film démarrant sur une promesse et finissant sur l'espace vidé. Le début lance une pléthore de phrases et de souvenirs dans ce lieu: Oslo. Oslo, représentation parfaite de la vie qu'il reste à incarner, à remplir. Cette vie en reconstruction, c'est celle du héro créant une empathie forte et une adhésion totale (j'imagine) chez le spectateur. Formellement, le film est une main tendue, tout glisse se fluidifie comme si le récit lui-même tendait vers une empathie et non dans le jugement sociétal sur une condition "déviante". Chaque rencontre est une occasion de plus de réaliser une collective mélancolie face au temps et à la vie. Jusqu'à la dernière image, Oslo 31 Aout est une grande expérience de cinéma.
C'est assez bon. Une sorte de Terrence Malick avec une conclusion inverse. La mise en scène est discrète mais excellente, les choses sont bien amenées. Joachim Trier présente le problème de la plupart des dépendants de manière intelligente : plus que la sensation de manque, ce qui pousse vers le bas c'est que la vie continue et qu'elle paraît très difficile. Que personne ne peut honnêtement se sentir vraiment à la hauteur.
La fin de parcours d’un junky vu d’Oslo dans les années 2010, tel pourrait être l'autre titre du film de Joachim Trier. Il s’inscrit très précisément dans le moment où les drogués sont lâchés à nouveau dans la nature après une cure de désintoxication. Que faire quand on a plus la dope qui vous colle à la peau mais qu’on a pas réappris à vivre ? Chercher un boulot ? C’est le seul rendez-vous qu’Anders a pour sa journée de sortie. Il va donc tuer le temps en se promenant dans sa ville natale en allant à la rencontre de ceux d’avant. Sa petite amie ne veut plus le voir et son copain d’enfance lui paraît à mille lieux de l’univers qu’ils s’étaient construit ensemble du temps de leur adolescence. Anders cherche à se rappeler tout ce qui a pu lui réchauffer le cœur et embellir l’esprit dans sa jeune vie. Que des impressions fugaces dont il n’arrive pas à retrouver l’odeur. Même sa sœur n’est pas encore prête à le voir. La recherche d’emploi n’est pas plus fructueuse, Anders refusant à se justifier sur cette période douloureuse de sa vie. Il ne lui reste plus qu’à se rendre à la party que lui avait indiquée son ami Thomas pour humer un peu de ces ambiances festives qui délient les langues et allègent les timidités à force d’effluves alcoolisées. Là il rencontrera une ancienne conquête qui comme Thomas va lui avouer la vacuité de son existence. Pas de doute désormais pour Anders la vie n’a pas grand-chose à lui offrir avec ou sans héroïne . C’est dans la maison vide de ses parents et dans sa chambre d’enfant qu’il fera son dernier voyage comme un retour dans le ventre maternel qu’il n’aurait peut-être jamais voulu quitter. Joachim Trier comme Louis Malle avant lui (1962) mais de manière plus fidèle adapte le « Feu follet » de Drieu La Rochelle. Tel l’essai de Louis Malle, le film de Trier qui ne peut qu’afficher une mélancolie noire, bouleverse le spectateur qui appréhende avec Anders le long et parfois impossible parcours pour sortir de la dépendance.
La sobriété et l'intensité de la mise en scène donne à "Oslo, 31 août" un sentiment de réalisme saisissant. L'acteur principal est à cet effet impeccable, à fleur de peau dans un film où il apparaît sur toutes les scènes, hors le tout début et l'extrême fin. Le film brasse le thème du retour d'un camé à la vie "normale", sur une journée. Pas évident mais traité avec une réalisation magnifique, au plus près de sentiments des divers personnages.