Un premier film d'une puissance rare, dont le langage est celui des corps, des sensations, et qui parle directement à notre part d'intime, d'ineffable. On en ressort changé. Le suspense est permanent. Les acteurs sont tous époustouflants, à commencer par le héros incarné par Franck Falise. Un nom à suivre, sans conteste. Et un réalisateur dont on attend la suite avec impatience !
La fin du silence n'est pas tout le temps adroit, et parfois, bien sur, il se remplit de scénes bavardes, mais il trouve sa grosse voix sur les détails à peines esquissées des rapports qui unissent et désunissent les personnages. Evitant tout didactisme du qui est qui, les rapports humains sont le coeur invisible du film, alors qu'une mise en scène faites de moments forts, eux trés marqués, accuse le coup de l'efficacité. Un non dit profond qui achoppe sur une construction presque en phase thriller, comme cette angoissante coupure de courant, le film avance sur des images lentes et fortes qui en rappelle moults (du bruit et le fureur de brisseau, à l'appat de tavernier, le film peut rappeler Brothers de Susane Bier). Le fils, d'abord froide menace, à la fois refus d'une fatalité, d'un conformisme, celui du travail et de la famille, s'enfuit puis affronte, longue errance romantique mais réaliste dans des pays de montagnes et de bois, ses fantômes. Il y a là aussi des moments poignants, cet enfant maître et beau, victime du froid et de la pluie, gêlé, le fusil à lunette regard d'un ado sur le monde des adultes, regard d'une prédation infantile, belle réflexion sur ce qu'on tue par le regard, le portrait d'une ruralité ni frustre ni hardcore mais quasi relègué, quasi au ban du monde, dans ce qu'elle est, une prison, un grand silence continu. Le film offre de trés beaux moments et mêmes si le parti pris n'est pas toujours digne d'audaces, il y a une conscience aigûe du cinéma dans ce film qui à de l'Ame, ce qui est rare....
Après un début prometteur et qui accroche l'attention, on s'enlise dans un mélo difficile d'accès et assez plat, voire chiant. Le jeune Franck Falise vaut à lui seul le visionnage de ce film, il est clairement au dessus des autres comédiens mais le tout paraît bien trop théâtral et peu crédible, dommage car les décors envoûtants et l'ambiance pesante pouvaient permettre de réaliser un très bon film.
Ce film est une horreur! La mise en scène bancale, l'histoire qui pourrait être intéressante ne l'est pas le moins du monde, les acteurs sont mauvais. Je ne comprends pas qu'on puisse encore faire des films comme celui-ci!
Premier long-métrage de la part de Roland Edzard qui situe son drame familial dans les Vosges. Son récit est loin d’être clair, tout comme les motivations et intentions de certains protagonistes, qui ont tendance à nous laisser dans le floue. Du haut de ses 80 minutes, le réalisateur en herbe peine difficilement à nous tenir en haleine malgré une ambiance pesante parfaitement restituée (avec un environnement bien définit avec une forêt ténébreuse en guise de décor principal), on pourra cependant regretter une mise en scène trop amorphe et des acteurs qui pour certains frôlent l’encéphalogramme plat alors que d’autres atteignent le summum de la caricature. Au final, ce thriller forestier avait toutes les cartes en main pour être un drame de bonne facture, mais en fin de compte, c’est relativement plat et bancal.
Dès son premier long métrage, Roland Edzard s'est retrouvé en sélection à la Quinzaine des Réalisateurs, à Cannes 2011 et, le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est mérité. En effet, ce film noir, tourné en pleine nature dans les Vosges, est plein de promesses pour ce réalisateur venant de la peinture. Dans une scène d'ouverture particulièrement réussie, il nous plonge dans une famille qui tient une scierie et qui a en son sein un fils qui a vraiment toutes les qualités : chasseur, paresseux, amateur de rap ! En son sein mais plus pour longtemps car il est très vite viré de la maison. Le film alterne les moments très forts et d'autres où, reconnaissons le, ça ronronne un peu. Dans sa mise en scène assez virtuose, on peut retrouver les influences des frères Dardenne, de Bruno Dumont et d'un certain nombre de réalisateurs américains. La distribution réunit des comédiens bien établis comme Thierry Frémont, Carlo Brandt, Maia Morgenstern et Marianne Basler et un nouveau venu, Franck Falise, dans le rôle de Jean,le "fils" maudit. il est excellent ! Quant à Roland Edzard, il serait fort étonnant qu'il n'apparaisse pas en sélection officielle dans les années qui viennent.
Des secrets de famille cristallisés autour d'un adolescent de plus en plus perturbé. On pense à un fait divers célèbre qui s'est passé dans les Vosges, pour le climat tendu, les conflits larvés et la forêt perdue. Le film n'apporte rien de nouveau, mais il décrypte assez finement le mécanisme des non-dits familiaux et l'impact qu'ils produisent sur la durée. Rien n'est expliqué clairement, à l'image du conflit latent, tout est suggéré jusqu'à la fin. Cette part de mystère ne dérange pas outre-mesure puisqu'on se doute de ce qui se trame entre les personnages. Dans le genre drame psychologique, pas mal du tout.
J'ai pour principe de ne pas dézinguer les premiers films.
En plus celui-ci se passe dans les Vosges (ma terre natale, nobody's perfect), qui forment un arrière-plan tout à fait séduisant, et, à mon avis, pas assez exploité par le cinéma français.
Le film rappelle dans son installation les pires coins forestiers vus sur grand écran : Délivrance, ou plus récemment Essential killing ou Winter's bone.
La première scène subjugue par la maîtrise affichée par le réalisateur, Roland Edzard. C'est fluide, c'est prenant, c'est brutal.
Puis, tristement, le film semble ensuite victime d'une sorte d'arythmie maladive qui le fait passer par des stades de profond malaise (dans ces moments, il frôle l'excellence, comme si les Dardenne rencontraient l'écrivain vosgien Pierre Pelot), et par des phases quasi-inutiles, qui ne semblent vouées qu'au remplissage devançant le prochain pic d'intensité.
On pense aussi souvent à la tragédie grecque, et si la trame narrative comporte bien des trous (comme si le film était un moyen-métrage un peu délayé), l'intensité du jeu des acteurs rend l'expérience assez plaisante.
Bon, soyons francs, ce n'est pas génial et peu de gens le verront, mais c'est le premier film d'un cinéaste dont on entendra probablement parler à nouveau.
D'autres critiques sur Christoblog : http://chris666blogsallocinefr.over-blog.com/
Dans « La fin du silence », si je faisais dans l’humour je dirais que le problème c’est le silence et la fin ! En effet le film début directement dans le vif du sujet sans moment d’introduction et le spectateur se trouve donc aux prises avec les problèmes de cette famille au rejeton rebelle sans en connaître ni les causes ni les évènements qui ont amené tant de tension. L’histoire se déroule et ses dialogues en nombre assez limités nous laissent souvent dubitatif quant aux attitudes des personnages ou leur manque de réaction (voilà pour le silence). Si la raison des conflits se fait jour de façon elliptique, la conclusion qui s’en suit nous laisse perplexe sur l’interprétation que l’on doit en tirer ; d’où ma boutade sur le problème de la fin. Le réalisateur réussit bien à rendre l’isolement géographique et psychologique dans lequel les personnages se sont presque eux-mêmes enfermés, mais il échoue à rendre l’histoire réellement emballante pour ne pas dire convaincante tant il est avare d’explication. Je ne suis pas pour un cinéma tout pré-mâché où le spectateur n’a rien à faire que regarder passivement l’action se dérouler devant lui, mais il faut tout de même un minimum d’éléments pour rendre le propos compréhensible. Le jeune acteur Franck Falise est littéralement habité par son personnage et il est l’indéniable autre point fort de ce film. Un premier film à l’ambiance pesante qui peine pourtant à délivrer un propos clair ce qui frustre son spectateur dans une incompréhension partielle des ressorts qui font agir les protagonistes de ce drame. Une curiosité à voir tout de même ne serais-ce que pour une ambiance bien rendue et un acteur prometteur.
Un film qui fait froid dans le dos et la réalisation accentue encore cette sensation. Une atmosphère pesante, des acteurs bizarres et de nombreux non-dits ainsi que des relations entre personnages floues.