Comment revenir sans trop de dommages à un anonymat qu'on n'avait jamais voulu quitter : voilà qui pourrait résumer l'argument de "Superstar" (adaptation de "L'Idole" de Serge Joncour - petit clin d'oeil au titre d'origine vers la fin du film). Il faut évidemment d'abord montrer la célébrité (immédiate, du type intrusif pour Martin Kazinski, citoyen modeste - "banal" même, et explosif pour ceux qui ont peut-être lancé le "buzz" - incertitudes et zones d'ombre en la matière, et en tout cas cherchent tout de suite à en organiser l'exploitation mercantile, les "médias" de tout poil), avant d'envisager que l'on en sorte. L'exposition (une fois admis qu'il s'agit d'une fable, et que l'on peut donc en accepter les invraisemblances, par exemple les réactions caricaturalement "moutonnières" prêtées au public) se tient, et réussit à retenir l'intérêt, mais le rythme baisse rapidement pour des répétitions d'effets, tournant au vrai sur-place (1ère partie), et quand la "gloire" fuit Martin, cela se fait trop vite et donne une 2ème partie trop brève (histoire alors globalement déséquilibrée), avec un épilogue bâclé et convenu (et une morale rémanente bien « courte »). Idée de base intéressante, que Woody Allen a aussi récemment exploitée, mais avec l’à-propos de n’en faire qu’un assez court passage (1 des 4 récits de son « To Rome with Love », avec Roberto Benigni), alors que Xavier Giannoli peine considérablement à tenter de renouveler une veine très vite épuisée, pour un film d’1 h 50 ! Kad Merad, en quadragénaire effacé, à pull de grand-père et sempiternel sac « France-Loisirs » en guise de sacoche, somatisant son mal-être (prurit) avant de tenter une tardive révolte sous forme de cri primal, ne passionne pas, émeut même assez peu ; Cécile de France (Fleur Arnaud, la productrice qui le cornaque) ne brille pas davantage. Les bonnes surprises viennent plutôt des rôles secondaires, comme Jean-Baptiste/Louis-Do de Lencquesaing, renouvelant son emploi habituel de (grand)bourgeois, souvent indigne, en campant un ponte cynique et crédible de la téléréalité, ou Alban/Ben, en présentateur de « talk-show » réussi, entre le défunt Delarue et M.O.F. Au résultat : « moyen », sans plus.