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Un visiteur
4,0
Publiée le 15 décembre 2014
Une parcelle de "Vie" brillamment réalisée par Yolande Moreau qui avec un sens du cadrage et de la photographie offre un magnifique moment de poésie humaine. Hommage, car cette forme de fausse sobriété est à mon sens difficile à capter. Cela démontre un vrai talent.
Ecrit et réalisé par Yolande Moreau, Henri est un film qui prend son temps pour raconter avec humanisme la rencontre improbable entre un veuf alcoolique taiseux et une simplette qui aspire à l'amour/ mieux vaut avoir le moral pour apprécier ce film, parce que c'est quand même assez pathétique, les gens et les décors sont d'une laideur et d'une tristesse infinie, les plans s'allongent démesurément, presque pas de dialogue; il y a bien quelques bribes d'humour et quelques images d'une poésie désespérée, mais ça m'a parut un peu terne comme scénario et réalisation.
Henri, la cinquantaine bien enrobée, exploite avec sa femme Rita, un petit café-restaurant dans les environs de Charleroi : « LaCantina ». Le soir, quand les clients sont partis, il reste dans le café deux compères : Bibi et René, véritables piliers de comptoirs. Henri partage quelques bières avec ses amis, échangeant des plaisanteries, les dernières nouvelles, et les actualités de leur passion commune : les pigeons voyageurs, avec les concours organisés dans le village. Rita meurt subitement, et Henri se retrouve seul et désemparé. Il y a dans les environs une institution accueillant des jeunes légèrement handicapés mentaux, ou plutôt retardés, mais capables de remplir des taches répétitives, et surtout de travailler à l’extérieur. On les appelle les « papillons blancs ». La fille d’Henri, Laeticia, lui conseille de se faire seconder par un de ces « papillons ». Ce sera Rosette. Avec elle, Henri, qui se laissait aller, va être obligé de la suivre, de lui apprendre les rudiments du service aux clients, et les taches habituelles. Peu à peu une complicité se développe entre Henri et Rosette, sous l’œil de leur entourage et, bien sûr, de Bibi et René. Ce qui fait le charme du film, c’est cette approche du bon Henri, et de celle qui pourrait être sa fille. Il y a le coté famille, et l’environnement du borinage, des usines, le crassier, les familles de mineurs, la découverte de la mer. Il naît une attirance ,réciproque malgré la tentation qui peut toucher Henri, mais qui va surtout venir de Rosette. Elle découvre la coquetterie, retrouve les souvenirs de Rita, et le désir de prendre sa place. Cette situation – les contacts de cet homme et d’une fille vulnérable – pouvait être pleine de risques. Yolande Moreau parvient à les éviter et, avec beaucoup de délicatesse, cerne l’évolution de ce couple hors norme, où chacun a tant de chemin à faire, Henri qui sait « qu’il est trop vieux », Rosette qui s’éveille à la vie… Et puis il y a la fête à l’institution, la visite du frère de Rosette, les lâchers de pigeons, une virée à la fête foraine, une intimité qui permet d’envisager un nouveau départ. Tout se met en place sans heurts, on pourrait dire sans problèmes. Pris par cette belle histoire, on est amené à leur souhaiter, tout simplement, d’être heureux.
Le film est a l'image du lâcher de pigeon à la 40ème minute. Beau et planant. Il remplit l'espace vide de la vie d'Henri. Yolande Moreau veut croire à cette élévation mais Henri se heurte à la réalité de la vie. C'est un superbe film d'une grande force.
Un joli film, sur un sujet pas évident avec cette jeune fille retardée qui souhaiterait aimer et être aimée. Cette relation finalement très platonique entre Henri et sa serveuse et très bien dosée, parait d une sincérité déconcertante. Le casting qui comprend pas mal de "gueules" renforce aussi cette sensation de sincérité et de spontanéité, même si l austérité ambiante fini par être plombante au bout d un moment. Et puis voir des handicapés mentaux être perturbé par le fait de louper plus belle la vie m a beaucoup amusé.
Yolande Moreau n’ est pas formatée. Proche de l’univers des Kervern-Delépine, grolandaise à ses heures -elle est drôle dans « Louise-Michel » non? -, elle essaie de nous montrer joliment les sales recoins de l’existence. Les petites gens sont mis à l ‘honneur et on découvre un cinéma social bourré de bouteilles pas toujours pleines et de politique à tous les niveaux.
Je crois que ce qu’elle veut mettre en évidence c’est l’ échappée belle, les seuls moments de vie encore possibles aussi improbables soient-ils, coincés entre des moments capitalistes. Ce qu’on ne pourra jamais quantifier et contrôler: l’imprévu salvateur.
Lui croyait sa vie finie. Pas qu’elle fut pire qu’une autre. Juste une vie normale. Le battement d’aile d’un papillon va changer son futur.
Avec un Jacky Berroyer retrouvé, pilier de bar aux moqueries vives et une Miss Ming en cible facile, en pigeon parfait, on a droit à quelques scènes simples mais jubilatoires...
un film poétique, tout en tendresse, avec une rencontre improbable entre 2 êtres si différents, mais qui ont une chose en commun des gens simples, une tranche de vie malgré la douleur du deuil
Mauvais scénario pour ce film qui se traîne lamentablement en longueur avec des plans interminables pour pousser la durée à 1h45.
Pourtant, le rapport entre les 2 protagonistes principaux du film est plutôt sincère mais les idées pour les faire se rapprocher très ambiguës.
Je ne vais pas dévoiler le déroulement de l'histoire mais j'ai trouvé la fin très moyenne.
Dommage, Yolande Moreau vaut sans doute mieux que ça à la réalisation.
A noter le passage éclair en figurante de Lio qui franchement aurait pu être remplacée par une anonyme tellement son rôle n'a aucun intérêt en tant que "guest star".
Difficile de critiquer l'interprétation de cette œuvre et la beauté de certaines scènes empreintes d'une réelle poésie, mais malheureusement et globalement, le rythme assez lent du film et son traitement ne m'a pas permis d'accrocher pleinement à ce film.
Une comédie dramatique signée Yolande Moreau pourvue d'une bonne mise en scène, d'un scénario qui est, malgré quelques lenteurs, bien écrit et interprétée par de remarquables comédiens. Une jolie histoire.
Une romance belge qui n'a pas trop la frite. Le genre d'histoire qui doit beaucoup plaire dans le milieu des éducateurs spécialisés et/ou sociaux. Il y a comme çà des endroits sur terre que l'on ne connait pas, ce que l'on regrette. Ici, non. Ce film est à l'image d'une rose fanée: déprimant...
Beaucoup de critiques sur ce film appèlent au misérabilisme chronique. Je ne suis pas d'accord. C'est d'abord un drame consensuel, une personne qui perd sa moitié. Pas très novateur, certes, mais le récit de Yolande Moreau est tout autre. La reconstruction. L'après, c'est comment? Chacun recolle les morceaux à sa manière. Moi c'est çà ce que je vois à l'écran. Un mec qui remonte la pente, un mec qui cherche un fil conducteur. Le récit n'est peut être pas aussi épais, soit. Mais bon sang, quel beau témoignage !