Sous une forme assez travaillée, que ce soit formellement ou visuellement, le film ennuie très vite et nous perd dans ses multiples retours dans le passé. Peut-être que l’interrogatoire façon « garde à vue » aurait aidé à resserrer l’action.
Film qui a beaucoup vieilli, avec toutefois un rafraîchissement bienvenu de la bande sonore et des images N&B. J’ai bien aimé la façon dont est décortiquée l’enquête de police qui paraît très réaliste, avec ses pressions et ses interrogations. Comme d’habitude, Marcello Mastroîanni est excellent dans le rôle d’un antiquaire concentrant tous les soupçons. Dommage, Micheline Presle est doublée et ça retire du réalisme (en VOST).
Un titre pareil laisserait penser qu'il ne peut s'agir que d'un film policier, n'est-ce pas ? Et bien, c'est exactement tout ce qu'il n'est pas. Pas plus qu'il n'est une dénonciation de l'étouffante bureaucratie dans l'Italie d'après-guerre, comme ça a pu être dit parfois. Cet "Assassin" dresse tout simplement le portrait d'un mauvais mec ordinaire, que l'on ne distingue pas dans la masse et auxquels on donne le Bon Dieu sans confession. Un arriviste de premier ordre. Quelqu'un qui ne voit dans les rapports humains rien d'autre qu'une façon de servir ses intérêts personnels. Quelqu'un qui, acculé dans ses derniers retranchements, se dit qu'il va changer mais qui, une fois un peu d'eau passée sous les ponts, redeviendra le même mauvais mec qu'il était. Le final va d'ailleurs en ce sens, puisqu'il te dit "chassez le naturel, il revient au galop". Tout le film repose sur ce principe de démolition en règle d'un citoyen qui semble être au-dessus de tout soupçon. Vous me direz que ça fait léger pour un film, c'est vrai, mais il faut voir de quelle manière Marcello Mastroianni interprète ce personnage. Tout en nuances et subtilité, réussissant le tour de force de presque rendre sympathique un mauvais type sans véritable personnalité et sans morale. Et bien secondé qu'il est, notamment par Salvo Randone. La grosse déception vient clairement de Micheline Presle, ici doublée (obligation d'une production franco-italienne, qui ne fut d'ailleurs que chichement distribuée chez nous en 1964 avant de disparaître pendant près de 50 ans) par une voix qui ne ressemble en rien à la sienne et qui lui fait perdre tout son naturel. Ce qui a bien plus d'impact que les quelques faiblesses de l'histoire.
On s'ennuie un peu devant ce policier peu conventionnel. À trop déposer des petites touches discrètes, on ne voit pas trop où le réalisateur veut en venir. Les dialogues sont un peu convenus (la scène en prison), reste une belle photo, une bonne musique et... le charme de Marcello !
Un film très intéressant qui garde une certaine modernité dans la réalisation , même revu en 2022. La construction de l'intrigue se fait en ellipse , en métaphores. il y a presque du Kafka ,dans le scénario, et l'on est a
Très bon film, mais la VF est limite insupportable. Honte à Arte ! Voir les rues vides de Rome en 1961 est un régal. Mastroianni magistral comme d'habitude. Micheline Presle toujours très belle, et une petite apparition de Mac Ronay (Bastien des Tontons Flingueurs).
Le jeu de Mastroianni fait tout le charme de ce film, dont le scénario comporte beaucoup de facilités et de grosses ficelles. Ce portrait d'un homme égoïste et arriviste n'est pas sans intérêt non plus. Une superbe photo et une bande son jazzy rendent le film très agréable à voir. Néanmoins, on n'est pas pleinement convaincu, sans doute en raison du système de récit par flashes back, un peu lourd, et de scènes parfois répétitives. Le clin d'oeil final, en revanche, ajoute une nuance d'humour noir et de cynisme absents du reste du film.
Premier film d'Elio Petri, qui a été un des cinéastes les plus critiques de la Société italienne et à qui on devra l'excellent et très percutant "Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon", qui nous fait le portrait d'un salaud ordinaire... Un salaud tellement ordinaire qu'on pourrait le croiser facilement dans la rue, l'avoir tout aussi facilement dans son entourage et que même parfois on a dans quelques-unes de ses réactions l'impression de se voir soi-même. Petri ne charge pas le portrait, Marcello Mastroianni le joue avec infiniment de subtilités ; c'est pour tout ça qu'on ne parvient pas à détester un personnage détestable. Dommage que vers le milieu du film, le réalisateur s'égare en sortant longuement et inutilement du point de vue du protagoniste car autrement ce film non dénué d'ambiguïté, comme la réalité, est le portrait fort d'un homme qui nous ressemble plus qu'on voudrait bien se l'avouer.
On résume trop souvent l’œuvre d’Elio Petri cinéaste engagé à ses deux films chocs que furent « Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon » et «La classe ouvrière ira au paradis », tous les deux avec Gene Maria Volonte. Injustement « L’assassin » son premier long métrage est considéré comme une œuvre mineure. Polar d’apparence classique, « L’assassin » s’avère très vite une charge anticapitaliste aux allures kafkaïennes doublée d’une interrogation existentialiste majeure de son héros. La collaboration que Petri entame avec Tonino Guerra déjà scénariste d’Antonioni pour « L’avventura » fera dire à Petri que son film est une œuvre « post-antonionienne ». Alfredo Martelli petit antiquaire qui profite de ses charmes pour asseoir sa réputation et sa situation financière va être amené par cette accusation de meurtre sur la personne de sa riche maîtresse Adalgisa De Matteis (Micheline Presle) à mener une douloureuse introspection que Petri nous livre à coups de flashbacks pour arriver au constat qu’il n’est qu’un être veule qui n’aura su que tromper les siens et renier ses origines pour assouvir sa soif de respectabilité. On peut à ce titre ranger l’Alfredo Martelli de Petri à côté du Monsieur Ripois de René Clément (1954) où Gérard Philippe, gueule d’ange tout comme Mastroianni tire le triste bilan d’une vie passée à jouer à cache-cache avec les autres et surtout avec lui-même. Cette auto-analyse obligée, par la détermination d’un commissaire convaincu de sa culpabilité, Alfredo Martelli redoute qu’elle ne redouble par les mauvais penchants de sa personnalité qui vont se faire jour au fur et à mesure de l’enquête. Mais tout comme celle de Ripois, la conscience de Martelli ne s’éveillera que le temps de l’orage, les choses reprenant leur cours naturel le beau temps revenu. Salvo Randone qui entame ici son long compagnonnage avec Petri fait du commissaire Palombo, cauteleux et malicieux à souhait un lointain cousin du lieutenant Columbo immortalisé par Peter Falk. D’une grande beauté visuelle le film prend souvent des tons kafkaïens pour décrire l’entrelacs des tracasseries policières fort bien décrit dans les premières scènes dans l’appartement puis au commissariat. A noter enfin la scène des mouchards, reprise quasi dans son intégralité par Claude Zidi dans « L’inspecteur la bavure » (1980).
Film policier italien. Ce n'est pas une comédie mais plutôt une tragédie car on accuse à tort un homme d'avoir tué une de ses amantes. Tout l'accuse et il se défend mal. Mais cela se résoudra favorablement pour le héros. L'acteur principal est Mastroianni et il excelle dans son rôle. Les autres acteurs italiens sont bons comme d'habitude. La réalisation de Pétri est honnête avec quelques petites séquences esthétisantes qui font plaisir à voir (la rue, la plage, la mer, et la mère.) Le scénario comporte de nombreux flash-back où l'acccusé se remémore les moments passés avec cette femme. Les policiers italiens se montrent aussi butés que les français, mais c'est voulu, c'est un cliché du film policier. Tout repose sur les dialogues, il y a assez peu d'action, et c'est un peu la faiblesse du film.
Premier film réalisé par Elio Petri, "L'Assassin" filme le calvaire d'un antiquaire accusé du meurtre de sa maîtresse. Mis face aux autorités, il est déjà considéré comme coupable et pense même à avouer pour en finir avec tout ça. Certes il n'est pas innocent, c'est un arnaqueur minable, charmeur qui ne loupe pas une occasion pour se faire de l'argent et le cinéaste dénonce aussi bien les actions de cet homme égoïste que celle de la police qui le harcèle. Marcello Mastroianni est excellent dans ce rôle qui lui va à merveille, apportant à son personnage une véritable épaisseur au fur et à mesure que le film avance.
L'assassin est-il un assassin ? Alfredo (Marcello Mastroianni) en a les traits. Le regard, toujours sombre et tourmenté. La caméra le suit dans ses souvenirs, collectionnant les femmes comme les antiquités. Les images, pas vilaines, sont malheureusement bavardes car Alfredo-Marcello a la bougeotte (un mort sur la conscience ?). Comme mon voisin, hier soir, dans une petite salle du quartier latin. Avait-il aussi un mort sur la conscience ? Ou l'envie, tout simplement, que le film se termine ?
Un antiquaire est suspecté par la police d’être l’assassin de sa maîtresse. Davantage centrée sur la personnalité du présumé auteur du crime plutôt que sur l’enquête elle-même, cette première œuvre d’Elio Petri se distingue d’emblée par une maîtrise exceptionnelle de la mise en scène et du cadrage. La narration ponctuée de flash-back souffre quelque peu de ce procédé et n’empêche pas quelques déconnexions passagères. Il faut néanmoins souligner tout le talent de Marcello Mastroianni pour donner corps à un personnage aussi peu cinématographique et captivant (comme dans « L’Etranger » d’ailleurs). A l’approche de la quarantaine au moment du tournage, Micheline Presle rayonne dans son rôle. Film intéressant sans toutefois nous captiver vraiment.
Contrairement à Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon, l'Assassin ne nous dit pas d'emblée si l'homme est coupable ou non. Nous sommes tour à tour policier, accusé, le jeu du chat et de la souris ayant lieu non plus à l'écran mais dans notre esprit. S'éloignant de Dostoïevski - et encore ? -, nous nous rapprochons de Kafka. C'est un film psychologique éblouissant, qui laisse l'homme face à ses peurs et ses questionnements. Marcello Mastroianni est très bon dans ce rôle et la mise en scène subtilement développée pour suivre les méandres de sa conscience. La conclusion est, hélas, de trop à mon goût.