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Sarah M.
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3,5
Publiée le 8 juin 2026
Très belle reprise de l’œuvre littéraire, même s’il adoucit certains aspects plus dérangeants de l’œuvre originale. Je l’avais vu à l’époque où je devais présenter l’œuvre au bac de français, donc j’ai décidé de visionner ce film pour avoir une ouverture cinématographique. Le Diable au corps de Claude Autant-Lara reste pour moi un classique du cinéma français, projetant sur le grand écran une histoire d’amour choquante et immoral pour l’époque. Une femme fiancée de 24 ans qui tombe amoureuse d’un garçon de 17 ans.
On comprend évidemment le statut classique et culte du film c'est sûr, cependant je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages incarnés pourtant avec talent par les jeunes et beaux Micheline Presle et Gérard Philipe.
Bien que cette adaptation reprenne les ingrédients du roman, tant dans les thématiques (jugement hypocrite de la société, insouciance d'une jeunesse confrontée à un conflit ressenti lointain, pacifisme, amour triplement choquant) que dans les caractères des protagonistes, de l'adolescent jaloux, capricieux, égoïste (nonchalant Gérard Philippe) à l'amante influençable (sensible Micheline Presle) en passant par le père permissif ou la mère bienséante ainsi que dans les rebondissements d'une idylle mouvementée (entre disputes, serments, trahisons, incertitudes, revirements), la narration échoue à les lier de manière fluide voire cohérente. Cependant, la réalisation joue des symboles ou des focalisations pour souligner son propos que les dialogues redoublent avec justesse (pourquoi n'es-tu un homme que quand tu me tiens dans tes bras...). Illustrant avec cynisme l'opposition frontale entre douleur patriote nationale et bonheur privé possible, ce drame échoue à insuffler souffle ou conviction pour nous intéresser pleinement à cette passion condamnée dont la tonalité tragique manque de force. Une tentative maladroite.
C'est Micheline Presles, devenue à ce moment (1947) l'actrice phare du cinéma français ( Michèle Morgan est aux usa et Danielle Darrieux ne fait plus de films depuis 1943 ), qui décide du choix de son partenaire ( Gérard Philippe) et du réalisateur ( Claude Autant-Lara) dans l'adaptation du roman de Radiguet objet de scandale à sa sortie ( années 1920).
Le film fut aussi objet de réactions courroucées de part son sujet inflammable. Le couple décrit par le scénario représente une sorte d'association entre deux anti-heros se fichant des conventions sociales, mais aussi disposant de traits d'immaturité émotionnelle ou le narcissisme, l'absence d'empathie sont omniprésentes.
Il y a aussi le contexte politique de l'action : la première guerre mondiale, dont la date de sortie du film fait forcément écho à la seconde qui s'est achevé depuis peu.
Autant-Lara a dit avoir voulu faire un film pacifiste. Soyons clairs, mise à part la dernière scène, le reste du scénario ne permet pas (selon moi ) d'y voir l'expression des intentions supposées de l'auteur.
Certains commentaires affirment que le film fut censuré, c'est pourtant totalement inexact ! Il reçut uniquement une interdiction pour les spectateurs de moins de seize ans.
Le scénario est particulièrement sulfureux et vénéneux. Il souligne le côté sombre de certains hommes ou femmes et mêle des émotions contradictoires ( amour / trahison et indignité morale ). D'où le sentiment inconfortable que produit le film réalisé de main de maître.
Les néo Mac mahoniens par la voix de Jacques Lourcelles ont reconnu eux aussi émis des réserves formelles à l'égard du " diable au corps" tout en reconnaissant ses grandes qualités. A l'image de l'ambiguïté émotionnelle que laisse ce ( très grand ) film ?
Voilà en tout cas un des titres majeurs du cinéma français des années 1940.
j ai longtemps hésité sur la note a donner à ce film car au-delà de sa qualité filmique c est un sujet très très dérangeant ... il a été censuré et vu l année du tournage je ne suis pas du tout surprise même si je suis contre la censure... un film qui a certainement fait son effet... il m a mise en colère agacé par l insouciance... toutefois une finale logique et un film à voir ... car le cinéma c est aussi provoquer les émotions contraires
Excellent Gérard Philippe..dans certains passages il fait penser à James Dean..Brillant rôle de composition pour Gérard Philippe qui tombe amoureux d'une femme mariée plus vieille que lui...Superbe film même si il date de 1947..
L’adaptation par Claude Autant-Lara du Diable au corps de Raymond Radiguet est un film qui a fait scandale à sa sortie en 1947. En effet, il était accusé de prôner l’adultère et l’antimilitarisme (à tel point que, lors du festival de Bruxelles, l’ambassadeur de France quitta la salle). De nos jours, cet aspect sulfureux est nettement moins visible (surtout qu’Autant-Lara a fait le très mauvais choix de prendre un Gérard Philipe âgé de 24 ans pour le rôle principal qui est censé n’avoir que 17 ans : le personnage interprété par Micheline Presle n’arrête pas de dire qu’elle est beaucoup plus âgée que lui alors que l’actrice n’a que quelques mois de plus que le comédien et que cela se voit) et on ne ressent pas le regard acerbe que le cinéaste pose en général sur la société. Le résultat est donc une bonne histoire d’amourspoiler: (qui décolle surtout dans la deuxième partie où les amants se retrouve après une période de creux où Marthe s’est mariée) qui reste, cependant, nettement moins marquante que des films comme L’Auberge rouge ou La Traversée de Paris.
« Le Diable au corps » de Raymond Radiguet provoqua scandale et polémiques à peu près jusqu’à la fin des années vingt et resta encore un livre à la réputation sulfureuse jusqu’à la fin des années quarante. Le film scénarisé par Jean Aurenche Pierre Bost et réalisé par Claude Autant Lara connut sa période de scandale (il manque deux minutes par rapport à la version initiale de 112 minutes) et polémiques (il fut interdit dans certaines villes de province sous la pression combinées des ligues de moralité et des associations d’anciens combattants), à la fois pour le détournement de mineur et pour la manière acide dont il écorne le patriotisme de circonstance, la scène du bar à la fin du film et les drapeaux qui apparaissent à la fenêtre du détestable couple de concierges font preuve d’une remarquable maestria technique. En exceptant une mise en place inégale, une scène d’amour qui se limite à un long plan sur les flammes d’un âtre et la plate musique de René Cloërec, le film fait preuve d’une grande maîtrise avec une mention particulière à la direction d’acteur. A commencer par Gérard Philippe qui ne voulait pas du rôle, se trouvant trop vieux (25 ans) et Micheline Presle dont c’est la plus belle performance d’actrice. Mais aussi Denise Grey mère à la fois terrible mais émouvante, mentant pour tenter un sauvetage désespéré devant la fuite en avant de sa fille et Jean Debucourt père bienveillant qui tente d’apprendre la vie à son fils. Si les grands moments ne manquent pas, la vision du film de nos jours questionne. Les côtés scandaleux qui paraissent bien mièvres, comme le rythme inégal du film, en font une œuvre datée. La nouvelle vague en général et François Truffaut en particulier, s’est acharnée sur Autant-Lara et « Le diable au corps » est devenu l’exemple du classicisme ringard. Exagéré et injuste.
Autrefois scandaleux dans l’opinion publique française des années 40, maintenant avec le recul, l’évolution de la société et les innombrables films qui ont surpassés ce thème sulfureux en plus intéressant. Un classique qui se compte par millier, à ranger dans une boutique cinémathèque, pas de passion particulière à signaler dans cette réalisation. L’adultère fût inconfortablement choquante pour les français de 1947, pas pour moi, c’est tout ce qui a de plus existentiel ces mœurs qui débordent du cadre moralisateur, l’amour d’une jeune épouse qui n’y est pas pour son mari soldat parti en pleine grande guerre. Ce gamin sorti d’une boîte vient l’a séduire forcément, un provocateur lunatique immature, je me suis ennuyée devant cette intrigue et mise en scène théâtrale simple. Le duo romantique est correctement joué, deux adorables tourtereaux adolescents, l’âge mineur en ces temps. L’armistice signé n’est guère euphorisant, la joie victorieuse est solennelle, introduisant l’hymne national dans une représentation sur scène au piano, une jolie version musicalement douce sans parole ensanglantée, je préférerais « les sentiers de la gloire », l’allure de l’uniforme des maréchaux et poilus. J’avais lu des brides de passage littéraire venant de cet auteur, Raymond Radiguet devenu immortel avec ces deux œuvres à succès en France. On n’aura de suite en raison de sa courte vie arrêtée au bout de la vingtaine, mettant en avant une précocité au service de la notoriété talentueuse inné de sa condition.
Une excellente adaptation du roman de Radiguet. Les comédiens sont époustouflants Micheline Presle et Gérard Philipe un couple de cinéma et de grand cinéma. La mise en scène de Claude Autan Lara est sans doute novatrice pour l époque avec ce flash back avec ce toscin qui sonne pour mieux rendre le destin implacable . Un grand film .
Un film sur une histoire d'amour impossible. Etonnant de voir cette œuvre réalisé à une date où le sujet est plus que tabou. Si au début, on suit cette romance quelque peu immature, cette histoire d'amour devient mature et intelligente. La réalité reprend ces droits et on est touché par les personnages. Un film sur les sentiments, la lâcheté, la résignation. Pas de jugement. La psychologie des personnages est bien construite.
Tellement juvénile, tellement beau gosse le Gérard Philippe, qu'il peut jouer le rôle d'un ado de 17 piges alors qu'il en a déjà... 25 ! Gérard Phlippe, c'était notre James Dean à nous ou -pour faire comprendre à nos populations de kévins très contemporains- notre Johnny Depp à nous autres. Et sans Vanessa Paradis pour lui coller mais l'élégante Micheline Presle jolie comme un merle (pour la rime et pas seulement). M'enfin dans le film, bien entendu.
Mais voilà dans ce Diable au corps une histoire d'adultère presque choquante puisque le cocufié est un poilu qui risque sa vie dans les tranchées et que son point de vue est balayé d'un revers de main (dommage), n'étant lui-même que l'obstacle au bonheur de notre conjuration d'égoïste et ne comptant que sur quelques atermoiements éventuels de sa femme... En outre, il s'agit d'une intrigue de quasi-gigolo puisqu'elle est sensiblement plus vieille que lui... qui est encore mineur !
Ils sont beaux tous les deux mais malheureusement, d'une, le film est beaucoup trop long et indolent pour nous tenir totalement éveillé, de deux, la musique est à figurer dans la liste des pénibilités auditives, et de trois, le dénouement de cette scabreuse affaire si alléchante est traité par dessus la jambe, nous laissant une très nette impression de bâclage et d'invraisemblance (fort dommage).
Grosse erreur de ma part que d'avoir voulu voir ce film sensé être un chef-d'oeuvre un après-midi d'été sur Arte! Déjà, et j'aurais dû m'en douter, le sujet ô combien ringard, peinait à m'intéresser. Et puis j'avoue avoir lutté pour ne pas m'endormir tant le rythme fait défaut et le film a vieilli. Allez, par bonté d'âme, une petite étoile pour Micheline Presle... et encore...
Un exemple parmi d'autres de drame français classique ayant plutôt mal vieilli et perdu de sa charge émotionnelle. Trop ancré dans son époque (à part le jeu de Gérard Philipe, remarquable), ce film de Claude Autant-Lara est intéressant par sa construction en longs flashbacks, cette brisure dans la linéarité qui aurait permis bien des surprises, même si le spectateur avisé aura depuis longtemps deviné l'issue fatale. Le film use surtout d'effets de style pour porter son histoire "sulfureuse", mais c'est un style un peu trop théâtral. Se laisse regarder quand même, en dépit de quelques longueurs.
Un charme indéniable ressort de cette œuvre qui a fait scandale en son temps, mais aujourd'hui, on ne peut rester indifférent devant ce bel amour entre deux personnages joués par des acteurs jeunes et sincères. De belles scènes chargées en émotion ponctue ce drame où malheureusement certains moment paraissent bien longs. Une belle œuvre toutefois.