C'est la deuxième fois que je suis déçu d'un film que je me suis décidé à voir parce qu'il était bien noté par le public sur Allociné. Le précédent était 'prometheus', film qui n'a pas grand chose à voir sur le papier avec Trance. Mais je me rend compte que certaines qualités visuelles semblent prendre le pas pour certains et excuser une grosse faiblesse voir inexistence du scénario.
Le début de 'Trance' prend à la gorge. Le rythme est nerveux, la réalisation impeccable, on entre parfaitement dans l'univers dès les premières minutes du film. On s'identifie bien au personnage principal, et le scénario nous prépare une première surprise assez rapidement ou on se retrouve alors un peu bousculé dans notre perception des personnages. Jusqu'ici tout va bien, le film s'annonce pour le mieux.
S'en suit l'amnésie du personnage principal, ficelle un peu grosse mais qui passe plutôt bien parce qu'elle a été bien amenée par le réalisateur. Il est donc décidé qu'il verrait un hypnotiseur pour retrouver la partie de sa mémoire qui lui est cruciale,
voir vitale.
La magnifique femme qui l'hypnotise semble plus être une magicienne qu'autre chose. En parlant tout simplement ses patient entrent en hypnose et en sortent comme ça, aucun pendule, aucune méthode, pas de compte à rebours ni claquement de doigt. Non, sa voix seule hypnotise, comme par enchantement.
Pourquoi pas, après tout.
On entre alors dans la deuxième partie du film, intéressante bien que assez longue par moment. L'hypnotiseuse et le personnage principal sont à la recherche de ce fameux souvenir manquant. On a l'impression d'être alors plongé dans un rêve, avec plusieurs niveaux. Au moment ou on à l'impression qu'il se réveille on est au contraire descendu dans un autre niveau de sa conscience. Pas mal de fantasmes se suivent, j'ai l'impression que l'auteur y a mis pas mal de lui même (sic). On est troublés, bougés, ce que j'ai trouvé assez plaisant.
Puis c'est le drame. Le dénouement. Il fallait absolument nous donner des réponses, la clé à tout ça. Et le réalisateur déconstruit patiemment tout ce qu'il vient de construire. Il casse le rêve en nous donnant une explication qui n'a ni queue ni tête. Aucun sens ! La consistance des deux personnages masculins est cassée en petit morceaux et jetée par la fenêtre. Pour terminer sur un dernier plan qui frise franchement le ridicule...
Quel dommage au final. Que de bonnes idées et de talent développé pour finalement casser son jouet.
Car les seules choses qui restent c'est
la toute puissance de la femme, l'apologie de la perversion, et l'idée que l'esprit humain n'est pas plus complexe qu'un logiciel (si on connait le langage de programmation on en fait ce qu'on veut).
C'est plus que léger, la psychologie des personnage n'est pas travaillée jusqu'au bout, et en plus le film se trimbale trois acteurs 'figurant' sur un plan sur deux alors qu'ils ne sont que des 'plantes vertes'.
Un film que vous pourriez à la rigueur voir à la télé quand il n'y aura rien d'autre un soir d'hiver, mais dépenser son argent pour le voir au ciné me semble superflu.