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Un visiteur
0,5
Publiée le 22 mars 2018
Quand on lit son interview dans le Monde Magazine, c'est à se demander si Kechiche se rend compte du caractère problématique de ses prises de position sur le mouvement #Metoo. Le film vient confirmer nos inquiétudes : un regard exclusivement masculin sur des corps de femmes, à un point qui confine à l'obsession. On en sort déçu, mal à l'aise. C'est un échec.
Plus que déçus de ce film , fade et sans saveur , le sons est très mauvais le scénario inexistant , les acteurs ont dû accepter de participer au film pour avoir une chance de percer grace au nom kechich , je penses qu'il n'y a pas vraiment de jeux d'acteur mais surtout de l'improvisation encadrée c'est un film ennuyeux avec des gros plans gênants sur les fesses et les seins des jeunes filles , vraiment trop long et pas divertissant du tout allez voir ailleurs
Hypnotique ! Je suis resté scotché à mon fauteuil pendant trois heures, fasciné par une sorte d'expérience sensorielle hors du temps et de l'espace. Ces scènes qui s'étirent, qui durent, qui s'installent en nous et nous envahissent sont sidérantes (dans tous les sens du terme). Il paraît que ça va durer 3 heures de plus (Canto Due), et ce pour notre plus grand bonheur.
Depuis le succès public et critique de La vie d’Adèle, sans compter toutes les polémiques qui ont suivi (et sans doute empêché un triomphe aux César 2014), on attendait Abdellatif Kechiche au tournant. Il revient aujourd’hui avec l'adaptation très libre de La blessure, la vraie de François Bégaudeau. Pour être franc, je n’en attendais pas grand-chose, n’ayant pas vu la bande-annonce ou lu quoi que ce soit sur le film (à part la durée 2h55, de quoi faire peur...), qui est sorti, il faut bien le dire, un peu en catimini. Contre toute attente, je n'ai pas vu le temps passer. J’aurais même bien continué de faire un petit bout de chemin avec Amin (mais il parait que la suite a été tourné dans la foulée). Pourtant cela ne commence pas très bien. Entre un jeu d’acteurs approximatif et un babillage de post-ados insignifiant, j’ai bien cru quitter la salle très vite. Et puis, presque insidieusement, sans prévenir et à ma plus grande surprise, l'histoire m’a happé et je me suis laissé prendre. Par le sourire angélique et enjôleur de Shaïn Boumedine (parfait pour son premier film, tout comme les trois jeunes actrices qui l’accompagnent), la beauté des jeunes filles, le soleil, la plage, l’amitié, la famille. Le temps d’un instant j’y étais. Voilà sans doute la plus grande force de Kechiche ici : nous faire attacher aux personnages, nous rappeler notre jeunesse (plusieurs scènes vécues, à part les brebis peut être...), nous plonger dans un récit où en fait il ne se passe rien. Mais où il y a tout. C’est l’été, il fait chaud, on s’aime, on fait l'amour, on rie, on boit, on mange, on danse. On vit. Plus qu’un hymne à la jeunesse, un hymne à la vie, voilà ce qu’est Mektoub my love. Lumineux, sensuel, attachant. Magnifique.
Cinq ans après avoir atteint les sommets avec "La Vie d'Adèle", Abdellatif Kechiche revient avec le premier volet d'une saga qui appelle de nombreuses suites. Lumière et désir sont les maîtres-mots de "Mektoub my love : canto uno", qui suit le quotidien d'Amin, apprenti scénariste et passionné de photographie, qui revient en vacances dans sa ville natale de Sète, entouré de sa famille et d'un groupe d'amis. Le film est tout entier voué au désir – concrétisé ou non – qui traverse ses personnages, aux liens qu'ils tissent, à l’insouciance d'un été partagé entre les bars, la plage et les boîtes de nuit. Kechiche se débarrasse presque du conflit qui imprégnait ses précédents films – l'histoire bouleversante entre Charlotte et Tony est d'ailleurs le seul moment de tension – pour créer un élan vitaliste non pas en creusant psychologiquement ses personnages mais en s'attachant à saisir des impressions, des regards et des gestes qui en disent long sur un caractère et qui font émerger des tonalités variées qui s'entrechoquent, captées par une caméra gourmande à laquelle rien n'échappe. Proposition radicale dans sa manière de faire succéder des scènes quasiment dépourvues d'enjeux sur près de trois heures, le film touche en même temps par sa proximité avec le spectateur, ému par des personnages qu'il vient de rencontrer alors qu'il a le sentiment de les connaître depuis toujours. C'est en alignant la générosité de la mise en scène sur la chaleur des rapports humains, en mêlant la puissance des moments simples à la beauté de la création, que Kechiche peut créer une forme de plénitude absolue. Ainsi, l'ivresse et l'émerveillement sont au cœur de "Mektoub my love : canto uno", immense film romanesque qui, à l'instar de sa chanson finale, milite en faveur de la communion, de la "vibration".
Même si j'ai beaucoup aimé le nouveau film de Kechiche, j'hésiterais sans doute à le conseiller.
Difficile en effet de savoir comment chacun réagira à la proposition du cinéaste, encore plus sensorielle et décousue que d'habitude.
Pour ma part je me suis laissé entraîner dans cette carte du tendre à la mode des années 90, carte que l'on explore finalement sans but particulier. Il est donc question d'un homme menteur et volage, d'un autre timide au tempérament d'artiste, et de jeunes filles à la plastique de télé-réalité, qui agichent à qui mieux mieux, sans être tout à fait au clair par rapport à leurs sentiments.
Difficile de trouver une vraie trame narrative dans cette éducation sentimentale de station balnéaire. L'intérêt du film tient surtout dans la manière dont Kechiche affine progressivement le caractère de chacun des personnages, dont les trajectoires zèbrent le film comme la trace de particules élémentaires dans un cyclotron.
L'autre intérêt du film réside dans l'attachement progressif qu'on éprouve pour le duo principal du film. Amin est le pôle rayonnant et zen de l'histoire : toutes les filles en sont folles (les Russes, les employées de la ferme, l'Espagnole...) sauf finalement la seule pour laquelle il éprouve réellement quelque chose : Ophélie. Cette dernière est jouée par une actrice tellurique, Ophélie Bau, dont on peut dire que la prestation fera date, à la fois incandescente et terrienne (étonnant comme elle change de posture quand elle s'occupe des brebis).
On se demande bien à la fin du film si ces deux-là finiront par se trouver.
« J’ai tout mon temps » comme dernière parole de ce film, on ne pouvait pas rêver mieux pour résumer le destin de ce jeune garçon toujours à l’écoute des autres. « Mektoub My Love » est une véritable pépite et en dehors de quelques défauts, la perfection n’est pas très loin. Même si on ne peut pas toujours apprécier la patte Kechiche, impossible de nier son talent inné pour écrire et mettre en scène des dialogues plus vrais que nature. Il y a des longueurs à n’en pas douter (spécialement dans la dernière heure où quelques scènes s’éternisent), mais c’est justifié par le fait que le réalisateur souhaite nous imprégner dans le moment. Rien n’est gagné d’avance, il faut un début, un développement et une conclusion à tout. Le destin de ce jeune garçon étudiant et photographe est aussi fabuleux, à sa façon. Si certaines personnes pouvaient bénéficier d’une telle écoute active comme lui, le monde se porterait mieux. La direction des acteurs et leur jeu sont aussi réussis : on sent le vivant dans chacun d’eux et la touche d’improvisation permet d’avoir cette authenticité si valorisante. Ce film est une véritable bouffée d’air frais !
Définitivement je n’adhère pas à ses films. Photo magnifique,intimité préservée..... ok
Cependant on ne comprend pas où on va, pourquoi on subit nos souvenirs de vacances, et comment on peut prendre du plaisir devant ces histoires dramatiquement tristes
Si certains trouverons ce scénario digne d'un porno, très excitant et sublimant, très peu pour moi. Sans parler d'une presse bobo-isé certainement envoutée par l'exotisme de tonton Said dans le sud.
Désolé, mais une paire de fesse ne suffit des fois pas à soutenir tout un film. Car, mise à pars ça... il n'y as rien.
Les vacances de l'amour à Sète ou Koh Lanta pour les plus sensibles.
Librement adapté de l'excellent livre La Blessure, La Vraie de Francois Bégaudeau, Addelatif Kechiche a filmé un été au coeur des années 90 du coté de Sêtes et son film se vit plus qu'il ne se raconte... Rien d'autre en effet ici que la vie dans ce qu'elle peut avoir d'insouciant et de cruel, une aparté dans un été torride dans la vie de Amin jeune homme introverti secrètement amoureux d'Ophélie. Autour d'eux, de jeunes gens prêts à croquer la vie à travers des marivaudages et des sentiments parfois contradictoires. Kechiche est maitre pour faire apparaitre le naturalisme dans ses films et la comparaison avec Maurice Pialat s'imposera de nouveau. Tout semble naturel dans ce film plein de lumière et de désir que le réalisateur a décrit comme une allégresse et qui consacre la vie dans sa plénitude. Les fesses sont à l'honneur, ce qui pourra preter à discussion, elles semblent diriger le monde mais la plus belle scène est certainement cette scène de la naissance de deux brebis, d'une beauté inoubliable.
Soleil. Amin rentre chez lui dans le sud. Il retrouve sa bande, des jeunes filles de passage, sa famille. Ça drague, ça cherche, ça vit. Voilà assez brièvement mais pas tant que ça le synopsis du nouveau Kechiche. Alors dit comme ça, ça a l’air de rien mais ce film est tout. Une bouffée d’oxygène. Un rayon de soleil. Un concentré d’énergie. On est littéralement irradié par tant de lumière. On est frappé par la spontanéité de l’interprétation et le naturel des situations, comme happé par un quotidien que l’on a forcément connu par bribes. On rentre dans l’intimité d’histoires comme il en existe des milliards. On devine alors qu’il y a chez Amin un peu du regard de Kechiche lui-même. Le regard, c’est ici ce qui compte. Celui du photographe à la recherche de la lumière et de la beauté de la vie comme dans cette scène, une des plus sublimes du film dans laquelle on assiste, presque en temps réel à un agnelage, précédé du portrait face caméra d’une brebis qui semble dire tout de la vie elle-même. Le regard est aussi celui que posent ces hommes sur ces femmes. Un bon tiers du film est cadré sur des croupes. Si bien que l’on reconnaît les actrices à la forme de leurs fesses au bout d’un moment. Et les scènes s’étirent comme des longues journées d’été. Exit la grammaire habituelle du film sexy car ici, le climax se déroule dès les premières minutes du film, nous incitant à chercher autre chose, à regarder au-delà. Alors on cherche la beauté et la vie dans les gros plans sur les visages et sur les fessiers rebondis au gré des mouvements d’une caméra mouvante comme une anguille. Une expérience sensorielle intense, inattendue, difficilement identifiable de prime abord. Un vrai moment de grâce duquel on met un moment à sortir.
C’est une catastrophe intersidérale ! Je mets une étoile parce que on n’a pas le choix de n’en mettre aucune. On s’ennuie à mourrir. Il n’y a que des plans sur les corps de jeunes filles certes très jolies. Mais aucune histoire. Naze de chez naze !
Mektoub my love est un très très gros gâteau au chocolat recouvert de chantilly. Au début, on admire, on déguste, on savoure, puis au fur et à mesure on trouve qu'il y a trop de chocolat et trop de chantilly, mais il en reste encore, la chantilly déborde, coule et le chocolat finit par écoeurer. Bref, trop de fesses dodues et rebondies (en gros plan s'il vous plait), trop de dialogues plats et de filles offertes. A part Amine dans le rôle de l'observateur, tous ne semblent avoir que trois petits pois dans la tête : séduire, baiser, s'amuser. C'est un programme alléchant, mais limité... Le regard de Kéchiche sur les femmes est "légèrement" obsessionnel, elle semblent toutes interchangeables. Un hymne aux corps, à la liberté et à la sensualité ? Voire ! En tout cas, le bonheur à la longue semble artificiel, les rires convenus et les deux sexes un brin vulgaires.