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Velma21
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3,0
Publiée le 3 avril 2014
Il y a plusieurs constantes dans le cinéma de Jim Jarmusch. D’abord, un amour pour les désaxés, les gens hors-normes, bref tous ceux qui ne suivent pas le chemin tout tracé offert par la société. On y trouve aussi, souvent, beaucoup de musique, du rock, de la mélancolie et des cafés. Pas de mystère, Only Lovers Left Alive s’inscrit dans cette même lignée contemplative.
Pour pimenter un peu l’affaire, ces inadaptés de la vie sont cette fois-ci un couple de vampires amoureux depuis plusieurs siè honnêtement, ils pourraient tout aussi bien être des vagabonds ou des chanteurs de rock sur la route. A la fois onirique et entêtante, la première partie du long métrage tente de capter le désœuvrement romantique de ses héros. L’errance d’Adam (le magnétique Tom Hiddelston vu dans Thor) et de Eve (le caméléon Tilda Swinton aperçue dans Snowpiercer et The Grand Budapest Hotel) prend une tournure plus narrative dans la deuxième partie quand la petite sœur diabolique (Mia Wasikowska, Stoker) s’en mêle.
Mais ce n’est pas la dimension fantastique qui intéresse le cinéaste. Il s’en sert uniquement pour explorer le tréfonds de l’âme humaine et tirer un constat peu flatteur d’une société en pleine déliquescence. Les humains (ou plutôt les zombies pour reprendre l’expression du film) y sont décrits comme des êtres vains, cruels ou stupides, obsédés par le culte de la célébrité. Pire même le sang, or noir des vampires, a été perverti. Soyons honnêtes, cette critique acerbe ne sonne pas toujours juste. Surtout quand le réalisateur s’en prend au système hollywoodien. « Los Angeles, cité du diable » : un peu facile, même pour le plus indépendant des réalisateurs américains.
Par contre, pour renforcer ce sentiment de décrépitude, le cinéaste filme Boston et Tanger comme des cités fantômes ravagées par le chômage, la pollution ou la drogue. Il instaure une ambiance de fin de cycle très réussie. Bizarrement la conclusion, délicieusement ironique, est remplie d’un certain optimisme. Tant qu’il restera un peu d’exaltation dans ce monde, tout n’est peut-être pas perdu !
Poseur et artificiel, ce nouvel opus de Jarmush est désespérément creux. Flottant au milieu des clichés les plus éculés (la mélancolie dépressive des immortels englués dans un dandysme bc-bg, ça ne vous rappelle rien ? Mais oui, même les « Prédateurs » de Tony Scott font office de chef d’œuvre en comparaison). Ces vampires-là sont bien inoffensifs et ne provoquent guère qu’un ennui profond.
Si vous n'avez vraiment rien a faire (mais vraiment rien) et que les fauteuils de votre ciné sont très confortables........................................................et que vous bénéficiez d'un tarif réduit............. Mais surtout n'insistez pas auprès de votre femme, votre ami (e) pour voir ce film, ils risquent de ne pas vous le pardonner.
Jim Jarmusch est un homme qui a, aux travers de ses films, démontré qu’il possédait une âme solitaire et assez nostalgique. Ce n’est donc pas surprenant si son nouveau film, "Only Lovers Left Alive", continue d’illustrer ces deux thèmes récurrents ; mais cette fois-ci, il prône la carte de l’originalité en choisissant de nous proposer une histoire de vampires : Adam et Eve sont amants depuis des siècles mais vivent souvent séparés par des milliers de kilomètres. Alors que Adam semble être de plus en plus déprimé par le monde et les humains en général, Eve décide de le rejoindre pour lui rendre le sourire…Ce qui fait la vraie saveur de "Only Lovers Left Alive", c’est qu’il se sert de sa trame fantastique pour exposer un dilemme humain : ici, il ne sera donc pas question d’histoire de vampires classiques avec un côté horrifique et chasse à l’humain ; non juste deux êtres immortels qui essayent (ou n’arrivent pas) de s’adapter au monde d’aujourd’hui. D’un côté nous avons Adam, sorte de rockeur romantique et suicidaire (gothique donc !) qui a perdu le goût de sortir la nuit et préfère rester chez lui entouré de reliques digne d’un magasin d’antiquaire (anciennes guitares, vielles consoles d’enregistrement de son, vieux téléphone sans fil pesant 10 kg, télévision des années 80, son mur recouverts de photos de grands hommes qu’il a jadis côtoyés) tant le monde extérieur lui fait peur (bin ouais : un vampire dépressif chronique !). Et, de plus, il habite Détroit, ville qui n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut autrefois. De l’autre côté, nous avons Eve, femme dynamique vivant avec son temps (cheveux peroxydés, téléphone portable 4G dernier cri), très sociable (elle adore sortir la nuit et fréquente d’autres congénères aux canines pointues) et assez tournée vers l’avenir (elle vit à Tanger, ville marocaine qui s’est ouvert il y a quelques années au tourisme et dont l’activité nocturne est assez importante). Deux êtres diamétralement opposés mais totalement complémentaires, comme les deux faces du Yin-Yang. Une phrase du film illustre bien cette complémentarité lorsque Adam dit « J’ai l’impression que le sable du sablier est en bas », Eve lui rétorque « Il faut le retourner alors ! », sachant bien qu’aller retrouver son amant, c’est le sortir de sa poussiéreuse déprime. Une fois ensemble, Adam semble retrouver goût à la vie et Eve est juste heureuse d’être auprès de son amour millénaire : à deux, ils semblent plus forts pour continuer de vivre dans le monde moderne (ça y est : vous avez capté le titre du film ?! ^^). C’est à ce moment que choisi Jarmusch pour mettre à l’épreuve ses héros vis-à-vis de leur approche du monde qui les entoure en faisant arriver Ava, la jeune sœur d’Eve qui elle s’est carrément calquée sur les comportements humains contemporains où juste l’éclate du moment compte. Très bonne idée qui, en plus de donner un petit coup de dynamisme au récit, permet d’amener la dernière partie du film. De bonnes idées, le film en contient d’autres comme le fait que nos amis vampires soient des sortes de « muses » ayant inspiré les plus grands artistes de notre monde (à ce titre, le personnage de Marlowe est excellent) ou comme ce surprenant développement autour du sang : nos héros préfèrent s’approvisionner en sang dans des lieux cliniques pour obtenir un produit «pur» non contaminé par les vices de l’être humain (alcool, drogue, MST). D’ailleurs, les dégustations du précieux liquide rouge ressemblent étrangement à un shoot intra-veineux de junkie où nos amis vampires partent dans une sorte de mini-transe. En outre, pour la première fois, on évoque la possibilité de mourir en buvant du sang pour un vampire à cause justement de la non-pureté du sang : original. Comme quoi on peut moderniser la mythologie tout en la respectant (et non pas la fourvoyer tout en lui crachant à la gueule comme l’a fait la saga "Twilight" ou les séries « Vampire Diaries » et « True Blood »). Laissez-vous donc envoûter par ce road trip poétique d’un couple atypique où réflexion se mêle avec fantasmagorie. Brillamment interprété par le duo principal (touchant Tom Hiddleston et magnifique Tilda Swinton) ainsi que par les seconds rôles (charismatique John Hurt, espiègle Mia Wasikowska et méconnaissable Anton Yelchin !). Après onze films, Jarmursch continue encore de nous surprendre et de nous séduire pour notre plus grand plaisir…à quand le prochain ?
Magnifique, poétique, lancinant, mystique... Une rythme qui exaspère la longueur de la vie de ces vampires. Eux aussi ont du mal à cohabiter avec l'homme sur cette Terre et nous envoi un message qui devrait nous ébranler.
Un très grand film : lent, beau et vénéneux! Une histoire d'amour superbement filmée dans 2 villes que l'on a pas l'habitude de voir et qui crèvent l'écran : Detroit et Tanger. Tilda Swinton est envoûtante. La BO signée entre autre par Jim Jarmusch himself est parfaite
Je suis resté jusqu'à la fin pour avoir quelque chose à raconter, mais peine perdue...les vampires doivent sérieusement regretter de vivre autant de temps une vie si insipide ! Seule la bande son éveille l'intérêt. Pour le reste, fuyez ce film dont l'affiche était pourtant prometteuse...
Ce film reprend tout les clichés du mythe du vampire et brode le tout sur fond de musique expérimentale. Les quelques idée intéressantes sont vite mise de côté.
Ce film est pour moi une vraie réussite. Il met en scène des vampires mais sous un angle nouveau. Il y a une véritable réflexion derrière ce long-métrage. Personnellement, ça m'a changé des Twilight et autres vampire movies.
La misanthropie et l’outrecuidance suffisante d’Only Lovers Left Alive est à ce point paroxysmique que me voilà en train d’écrire des phrases avec des mots compliqués. Le dernier film de Jarmusch est une ode à ceux qui reniflent leurs vesses avec l’avidité dont les vampires boivent du sang. La culture commune étalée à outrance durant tout le métrage laisse à penser que Jarmusch se rêve lui-même en Adam (Tom Hiddleston). Malgré une plasticité léchée, et des interprétations tout à fait convenables, le spectateur se sent coupable d’un excès de suffisance s’il ose savourer le mépris affiché par l’ambiance nocturne et rock indé-psyché du film. En dialogue avec lui-même, le réalisateur s’échine à mettre le passé, l’art et la science au-dessus du reste, et à prévoir les catastrophes de demain, sans s’étendre sur l’indigence –pourtant flagrante- du scénario. Si Only Lovers Left Alive peut faire rire, ça n’est jamais qu’avec l’ironie qu’impose la suffisance. Prout Prout. Heureusement que sa longue promenade berçante revisite le film de genre avec une adresse sympathique !
Très esthétique, une ambiance longue et pesante, une histoire hallucinante et banale à la fois... C'est agréable de se laisser transporter dans cette atmosphère particulière, mais au final, on n'en ressort pas avec grand chose, à mon sens.
Très personnel, le dernier film de Jim Jarmusch attaque en frontal la société consumériste qui nous entoure. Faisant de ces vampires d’un autre genre des êtres supérieurs, le réalisateur s’élève au-dessus du monde pour nous faire la morale, à coups de références culturelles qui vous donnent l’impression d’être inculte. Résultat : un film un tantinet condescendant et parfois très ennuyant, mais qui a la qualité d’être porté par un scénario intelligent, des têtes d’affiches au talent confirmé et, surtout, une musique envoûtante. Réfléchissez, vous êtes filmés.
A recommander! qui pouvait réaliser un film aussi poétique que beau si ce n'est Jim Jarmush. La longueur de ce film toute en contemplation risque de gêner certain (mais ce n'est absolument pas mon cas) par contre l'apparition de Mia Wasikowska viens réveiller la routine de ce couple et donner une dimension supplémentaire à ce voyage que l'on voudrait sans fin...