Il y avait peut-être un dernier immense film de gangsters qui m’avait échappé dans mon cycle « cinéma et gangsters » que j’ai mené durant ces vacances d’été pour étendre ma culture cinématographique… Et après avoir visionné Scarface de Brian De Palma (pas un chef-d’œuvre à mon sens mais un bon film), Strictly Criminal de Scott Cooper (excellente surprise), Legend de Brian Helgeland (très très moyen voire ennuyant) mais également les très bon Donnie Brasco de Mike Newell et L’Impasse de Brian De Palma, je me suis donc attaqué à un véritable monument du Septième Art et reconnu comme tel, j’ai nommé … le mythique Il était une fois en Amérique du grand Sergio Leone ! Il était une fois deux truands juifs, Max et Noodles, liés par pacte d’éternelle amitié. Débutant au début du siècle par de fructueux trafics dans le ghetto de New York, ils voient leurs chemins se séparer, lorsque Noodles se retrouve pour de nombreuses années derrière les barreaux. Mais ils finissent par se retrouver en pleine période de la Prohibition, dans les années 1920. Jusqu’au jour où la trahison les sépare de nouveau. Après plusieurs mois passés à prendre la poussière dans ma collection de Blu-Ray, j’ai enfin pu voir Il était une fois en Amérique, l’ultime film du réalisateur italien Sergio Leone sorti en 1984 dans les salles obscures. Cela faisait en effet longtemps que j’avais envie de découvrir ce film considéré comme un monument du cinéma et comme un des chefs-d’œuvre de son réalisateur, et entre le moment où je me suis procurer le Blu-Ray du film (la version de 3h49, eh oui malheureusement je n’ai pas pu voir la version définitive de 4h11 sortie en 2014, mais peu importe le film reste le même) et celui où je l’ai enfin passé dans le lecteur, près de huit mois se sont écoulés. Je ne trouvais tout simplement pas le temps pour visionner Il était une fois en Amérique qui est une grande épopée sur le gangstérisme allant des années 1920 aux années 1960. Un film comme celui-ci, cela se savoure, il faut du temps, de la patience pour pouvoir le voir. Et ça y est c’est fait, je l’ai enfin vu sur la magnifique copie restaurée en Blu-Ray. Et je dois dire que j’ai été très impressionné par ce film magnifique qui vous prend aux tripes du début à la fin et ce malgré son extrême longueur qui frôle les quatre heures (tout dépend de la version que vous avez). De base, je suis très admiratif des œuvres de Sergio Leone et notamment de tout son travail dans le genre du western, ce qui a permis à la fois au genre et au cinéaste lui-même, d’atteindre des sommets. Difficile de ne pas penser au dernier volet de la Trilogie du Dollar quand on parle de Sergio Leone, Le Bon, la Brute et le Truand est certainement un des plus grands westerns du cinéma et aussi un des meilleurs films de son metteur en scène. Mais l’aboutissement de l’œuvre de Leone dans le western arrivera avec ses deux premier opus de sa trilogie Il était une fois… avec d’abord le tout aussi immense Il était une fois dans l’Ouest sorti en 1969 et ensuite le magnifique Il était une fois la Révolution sorti en 1972. Deux grands films sur l’Histoire de l’Amérique avec un épisode qui se centre sur la conquête de l’Ouest, puis un deuxième sur la révolution mexicaine en 1913. Mais il manquait évidemment une partie à cette histoire pour évoquer d’une manière originale l’histoire de l’Amérique par le biais de ces grands évènements, une partie se consacrant totalement au XXème siècle en abordant le gangstérisme, thème encore jamais abordé par Sergio Leone dans sa filmographie. S’inspirant du roman The Hoods d’Harry Grey qui si dit être une autobiographie de ce gangster juif de New York, la conception allant du scénario, à la production jusqu’au casting de ce qui deviendra le plus grand chef-d’œuvre de Sergio Leone va durer douze ans. Douze années passées dans le « développement hell » de l’époque n’auront pas achevé l’ambition du cinéaste qui va accoucher d’un film monumental dont l’ampleur atteint celle des deux premiers volets de la trilogie du Parrain de Francis Ford Coppola et surpasse celle de ses deux westerns Il était une fois... Ce dernier et ultime film de Sergio Leone, considéré comme son œuvre testamentaire, est l’aboutissement de sa carrière, l’apothéose de sa filmographie fascinante constituée presque entièrement de westerns. Comme beaucoup l’ont fait dans les années 1970 et le début des années 1980, le réalisateur s’attaque au genre du film de gangster et y apporte son style reconnaissable entre mille avec ses lenteurs lyriques et livre une œuvre dantesque ponctuée d’une puissante émotion et empreinte d’éclairs de violence marquants. Il était une fois en Amérique est un immense film et il nous offre par exemple une reconstitution minutieuse des années 1920 et 1930 au temps de la Prohibition ainsi qu’une illustration de la naissance du gangstérisme à New York aux travers de la création d’un petit gang de jeunes truands qui se fait une place au sommet. Il était une fois en Amérique c’est aussi une histoire d’amitié saisissante et bouleversante brisée par la trahison mais aussi une histoire d’amour tragique qui se termine d’une manière brutale par une scène de viol terrifiante. Trois époques nous sont racontées par un Sergio Leone en pleine apothéose, les années 1922, 1933 et 1968 s’alternent en subtiles flashbacks, ce qui nous fait penser au monumental Parrain, 2ème Partie de Coppola qui jonglait lui-aussi avec différentes époques. Mais Il était une fois en Amérique ne serait pas aussi grandiose si Sergio Leone n’avait pas rassemblé un aussi beau casting ! Robert De Niro interprète ici le personnage principal de cette longue histoire et livre une performance magistrale dans la peau de Noodles. Après avoir joué dans de nombreux chefs-d’œuvre tels que Taxi Driver de Martin Scorsese, Le Parrain, 2ème Partie de Francis Ford Coppola, Voyage au bout de l’Enfer de Michael Cimino ou encore Raging Bull de Martin Scorsese qui lui a valu un Oscar du Meilleur acteur, Robert De Niro ajoutait ainsi à son impressionnante filmographie, qui en ferait rougir plus d’un, un autre monument du Septième Art. Totalement habité par son rôle, l’acteur est impeccable de justesse et réussit à faire passer une belle émotion grâce à ce personnage complexe tiraillé par l’amour qu’il ressent pour Deborah et même par son amitié puissante envers Max. Une fois de plus au sommet de son talent et de son incontestable charisme, Robert De Niro est définitivement un des plus grands acteurs de tous les temps. Ensuite, Sergio Leone à choisit l’excellent James Woods pour incarner le personnage de Max, meilleur ami de Noodles. Le duo fonctionne particulièrement bien durant tout le film ce qui nous permet de s’attacher à ces deux hommes que tout rassemble et que tout oppose. Et derrière les deux têtes d’affiche masculine que sont De Niro et Woods, nous ne pouvons pas oublier la troisième qui n’est autre que la délicate Elizabeth McGovern dans le rôle de Deborah, l’amour de toujours de Noodles, qui livre une belle prestation pleine d’élégance et de pudeur mais aussi très tragique. Et enfin le metteur en scène a réuni autour de ces trois magnifiques acteurs une belle palette de seconds rôles tels que l’indispensable Joe Pesci qui s’est fait une habitude d’incarner les gangsters au cinéma, Burt Young l’acteur qui incarne Paulie, le beau-frère de Rocky Balboa dans la saga du même nom portée par Sylvester Stallone et enfin n’oublions pas Tuesday Weld (Carol) et Darlanne Fluegel (Eve), véritables « blondes hitchcockiennes » magnifiques qui auraient rendu dingue le maître du suspense ! Et pour terminer, Il était une fois en Amérique ne serait pas l’œuvre que nous connaissons aujourd’hui sans la mythique bande-originale composée par le grand compositeur italien Ennio Morricone qui poursuivait son incroyable collaboration avec Sergio Leone qui lui a permis de livrer ses scores les plus célèbres grâce à la Trilogie du Dollar et cette fameuse trilogie Il était une fois… Le thème musical de Deborah nous reste en tête tout le long du film et plane constamment sur l’œuvre de Leone offrant ainsi un aspect lyrique et nostalgique très émouvant lors de très belles scènes comme le départ de Deborah où Noodles se rend sur le quai de la gare et la regarde partir pour ne sans doute plus jamais la revoir. Cette partition lente et très émouvante signée Ennio Morricone est sans doute une de ses plus belles signatures de sa carrière. Il était une fois en Amérique est donc un très grand film, sans doute l’œuvre la plus complète de son metteur en scène où le scénario parfaitement captivant brasse de nombreux thèmes comme l’enfance, l’amitié, l’amour, le sexe, la violence, la trahison,… bref une épopée américaine grandiose, signée par un maître du Septième Art qui achevait en beauté sa carrière avec ce film dantesque à mettre tout en haut, avec les œuvres les plus inoubliables telles que Le Parrain, Lawrence d’Arabie, Apocalypse Now, Il était une fois dans l’Ouest et j’en passe tant d’autres. Un film à voir au moins une fois dans sa vie !