Il était une fois en Amérique
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TwinPeaks2003
TwinPeaks2003

6 abonnés 138 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 février 2025
l était une fois un chef d’oeuvre !

Mon dieu quel film p*tain ! Tout y est.
Des frissons dès ce générique muet.
Robert de Niro qui délivre une performance monstrueuse certainement son meilleur rôle.
Les seconds rôles sont tout aussi incroyables.
Ennio Morricone qui, une nouvelle fois, compose une musique exceptionnelle à en donner des frissons.
J'ai adoré les séquences du Noodles gamin et vieux: du Cinéma avec un grand C.

Sergio Leone a réalisé sans aucun doute son meilleur film. Grande tristesse qu’il est quitté ce monde aussi tôt.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 781 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 février 2025
Avec Il était une fois en Amérique, Sergio Leone abandonne les vastes étendues du western pour s’engouffrer dans les ruelles labyrinthiques. Plus qu’un film de gangsters, cette fresque funèbre embrasse le temps dans sa discontinuité, sa déformation, son inéluctabilité. Leone ne filme pas seulement l’ascension et la chute d’un homme, il orchestre un requiem pour des idéaux brisés.

Loin de la linéarité du récit classique, Il était une fois en Amérique est un film éclaté, un puzzle où chaque pièce semble à la fois altérée et incomplète. Noodles (Robert De Niro) traverse le film comme un spectre errant, prisonnier d’un présent en ruine où chaque visage, chaque rue, chaque note de Morricone réveille en lui une blessure ouverte.

Au cœur du film, la relation entre Noodles et Max (James Woods) est un duel silencieux, un enchevêtrement de loyauté et de rivalité, d’admiration et de ressentiment. Dans les premiers temps de leur ascension criminelle, leur amitié semble indéfectible, un serment de sang scellé dans la violence et l’ambition. Mais Leone filme leur relation comme une tragédie grecque, où l’hubris mène inévitablement à la chute.

Max incarne l’ivresse du pouvoir, l’ambition sans limites. Noodles, lui, est un homme hanté, plus attaché à ses souvenirs qu’à l’avenir. La trahison qui les sépare n’est pas seulement un tournant narratif : elle est le cœur battant du film, le point où l’histoire bascule et où les illusions s’effondrent. Dans Il était une fois en Amérique, la fraternité n’échappe pas à la corruption du temps.

Si Leone filme l’Amérique, ce n’est pas celle des triomphes et des promesses, mais celle des illusions et des désillusions. Son New York est un territoire spectral, un décor où les idéaux se délitent sous la pression du pouvoir et de la trahison. Loin de la mythologie hollywoodienne du gangster en quête de grandeur, Il était une fois en Amérique déconstruit le rêve américain en le montrant pour ce qu’il est : une ascension qui ne mène qu’à la solitude, une quête où l’on se perd soi-même en chemin. Noodles, enfant des bas-fonds, cherche l’émancipation par le crime et sa réussite est une malédiction, son pouvoir une prison.

Si le film bouleverse autant, c’est aussi par son langage visuel, sa manière de sculpter le temps et d’emplir chaque cadre d’une mélancolie sourde. Leone filme ses personnages comme s’ils étaient déjà des silhouettes perdues dans des décors trop vastes. Les ruelles baignées de lumière dorée, les fumées qui s’élèvent lentement, les visages creusés par les regrets : tout participe à cette atmosphère.

Et puis, il y a Morricone. Ses mélodies ne sont pas de simples accompagnements : elles sont le chant funèbre du film, une lamentation qui traverse les âges et enveloppe les personnages d’un voile de tristesse infinie. La musique ne souligne pas l’action, elle la contredit, l’amplifie, la transforme en pure émotion. Chaque note est une réminiscence, un rappel du passé qui revient en boucle, comme une obsession dont on ne peut se défaire.

L’amour, chez Leone, est toujours un mirage, un espoir que l’on croit toucher du doigt avant qu’il ne s’évapore. Deborah (Elizabeth McGovern) est la figure de cette illusion : femme idéalisée, inaccessible, elle incarne pour Noodles tout ce qu’il ne pourra jamais avoir. Il la désire, la convoite, mais ne sait pas l’aimer.

Avec Il était une fois en Amérique, Leone signe une œuvre-testament, une élégie funèbre où chaque image est un adieu.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2025
1971 « Il était une fois la Révolution » ; il faudra attendre 13 ans pour un 3ème opus à cette trilogie qui est en fait une quadrilogie avec « Le bon, la brute et le truand ». Un long accouchement dans la douleur pour un Sergio Leone ne parlant pas anglais et venu tourner aux EU avec son équipe italienne et des acteurs américains.
Attention aux âmes sensibles, ce film est brutal ; avec une des scènes de viol des plus insupportables du cinéma ; qui au regard du final du film est d’autant plus violente que Leone semble tout pardonner à son auteur comme le fera sa victime. Une façon de voir les rapports hommes femmes d’une autre époque : Leone ne s’expliquera jamais sur ce choix ; bon, il décède 2 ans après la sortie de ce film monumental de 3h40… Une version plus longue donne plus de place aux femmes, mais toujours pas d’explication. Et si l’explication était dans le film lui-même avec une Déborah du Flash-forward jeune comme au premier jour au visage immaculé de blanc. Ce flash forward ne serait-il pas simplement un rêve sous opiacé ? Ce qui expliquerait aussi que le camion poubelle emmène toutes les ordures même humaines dans un final époustouflant faisant la part belle à l’intelligence et réflexion du spectateur.
Et c’est aussi le film d’une des plus belles partitions d’Ennio Morricone.
Et pour ce film phare,une belle critique de Sébastien Chapuys : « vec son dernier film, Sergio Leone abandonne ses variations mi-opératiques, mi-parodiques sur le western, et change radicalement de genre et d’époque. Il était une fois en Amérique est en effet un film de gangsters qui se déploie sur une bonne moitié du XXème siècle, du début des années 1920 à la fin des années 1960. Cette fresque crépusculaire et testamentaire condense tout le savoir-faire du grand metteur en scène, ses thèmes et ses obsessions – mais également ses ambiguïtés et ses zones d’ombre.
L’ouverture est brutale : des truands assassinent, torturent les proches de David Aaronson, dit « Noodles ». Celui-ci n’a pas l’air de soupçonner le danger qui le guette : alangui dans une fumerie d’opium, hébété par la drogue, il est perdu dans le dédale de ses souvenirs, hantés par la sonnerie insistante d’un téléphone invisible.
Commence une série de flash-backs rythmés par les stridulations lancinantes de ce téléphone, hallucination sonore qui installe une tension remarquable dans chacun des plans, et les marques du sceau de la fatalité. L’énigme de cet anachronisme sonore, géniale trouvaille de mise en scène qui fait s’entrechoquer les espaces-temps, se résout à la fin de la séquence, quand le téléphone, dont on apprendra plus tard qu’il servit à passer un appel funeste, apparaît enfin, et que ses deux sonneries – celle du souvenir opiacé et celle du passé reconstitué – se mêlent et se synchronisent.
Ces quelques minutes sont représentatives d’un film tout entier construit sur l’idée de réminiscence. Il était une fois en Amérique est une madeleine fourrée à l’opium – une substance qui justement altère la perception du temps, donne l’impression de flotter entre passé et futur. Le film s’achève d’ailleurs dans les brumes de la fumerie, ce qui peut laisser penser que Noodles a rêvé son avenir en flash-forward, voire que toute sa vie aura été fantasmée depuis les limbes d’un paradis artificiel… Rempli de zones d’ombre et d’ellipses (la mort des membres du gang, pourtant au centre de toute l’intrigue, ne sera jamais montrée), le scénario laisse ainsi une grande liberté d’interprétation au spectateur et sollicite activement son imagination – une qualité paradoxale pour une œuvre aussi longue (près de quatre heures) et aussi maîtrisée.
Le film se déroule sur trois périodes : les années 1920 (l’enfance tumultueuse de Noodles, ses premières amours, la naissance de son amitié avec Max), les années 1930 (l’ascension criminelle de Max et Noodles dans l’Amérique de la prohibition) et les années 1960 (le retour de Noodles à New York, et sa confrontation avec les fantômes de son passé). Achronologique, la narration navigue entre ces époques par la grâce d’un montage à la fois complexe et limpide, qui joue savamment des rimes visuelles et sonores, des fondus enchaînés et des raccords audacieux (les phares d’un camion d’éboueurs de 1968 devenant ceux d’une voiture des années 1930). Les mêmes lieux (la consigne d’une gare, un bar) apparaissent à chacune de ces époques et témoignent de ce passage du temps, tout comme les maquillages remarquables qui rendent crédibles le vieillissement des acteurs.
Comme toujours avec Leone, la forme est admirable, d’autant qu’elle est ici servie par les importants moyens mis en œuvre pour faire revivre le New York du début du siècle. Certains plans généraux sur le quartier juif, populaire et populeux, témoignent de ce soin extrême porté à la reconstitution. Pour autant, la mise en scène est loin d’être purement illustratrice : elle reste empreinte du maniérisme très reconnaissable du cinéaste italien. Très ample, elle apparaît toutefois délestée des excès baroques des westerns spaghetti. On retrouve bien, çà et là, quelques tics léoniens, mais il s’agit moins de banals effets de signature que de clins d’œil savoureux adressés au public cinéphile – le réalisateur allant jusqu’à s’auto-parodier quand il laisse une cuiller tinter interminablement dans une tasse de café… En dehors de ces quelques morceaux de bravoure, Il était une fois en Amérique recherche un relatif dépouillement et vise avant tout l’émotion. Il l’atteint notamment grâce aux acteurs[1] et à l’utilisation de la musique, plus que jamais indissociable des images : la reprise du Yesterday des Beatles, et la partition à la fois lyrique et tendre de l’incontournable Ennio Morricone (qui a abandonné les envolées goguenardes qui ponctuaient les précédents films de Leone) véhiculent une nostalgie poignante.
Tout Il était une fois en Amérique est marqué par ces sentiments de perte irrémédiable, de remords, de regrets, de vie gâchée. Noodles et ses comparses sont des losers magnifiques, tels que le cinéma américain a su magnifier à partir des années 1960. Leone est en empathie avec ses personnages masculins, rend épique leur ascension, tragique leur chute. S’il s’agit de hors-la-loi amoraux (ils tuent sans broncher), qui ne font le bien qu’incidemment (par exemple quand ils sont amenés à « appuyer » une grève ouvrière), quand cela sert leurs intérêts ou ceux de leurs commanditaires mafieux, ils sont en quelque sorte « rachetés » par l’amitié et la loyauté en apparence indéfectibles qui les unissent. La trahison sera rendue d’autant plus amère.
Le revers de la médaille, c’est le peu d’attention porté aux personnages féminins dans un film tout entier dédié à l’amitié virile. Qu’elles soient idéalisées (Deborah) ou traitées en simples jouets sexuels (Carol), les femmes sont toujours froides, manipulatrices, perverses. Cette vision misogyne se cristallise dans les scènes de viols, un motif récurrent dans la filmographie de Leone (sa menace plane au début d’Il était une fois la Révolution et dans tout Il était une fois dans l’Ouest). Il était une fois en Amérique, par ailleurs peu avare en violences de toutes sortes, montre deux scènes de viol. Dans la première, caricaturale et très discutable, la femme, une nymphomane, crie « non » mais pense visiblement « oui » – dans tous les cas, scénario et mise en scène laissent entendre qu’elle a bien mérité ce qui lui arrive.
Le second viol est long et insoutenable, d’autant qu’il vient clore abruptement une des rares parenthèses romantiques du film et qu’il jette un voile d’ombre sur le jusqu’alors relativement sympathique Noodles. Ce qu’il n’a pu obtenir de son amour d’enfance en l’achetant (la scène du restaurant), et en la culpabilisant (le dialogue sur la prison), il le prend par la force. La séquence est très ambiguë : sa mise en scène est assez complaisante, et pourtant on en ressent toute la violence, et le spectateur n’est pas appelé à s’identifier à l’agresseur mais à se retrouver dans le regard désapprobateur du chauffeur (qui ne pousse cependant pas l’indignation jusqu’à intervenir pour empêcher le viol). Mais il y a quelque chose de vraiment déplaisant dans la façon dont la responsabilité du crime est reportée sur la femme calculatrice, qui sacrifie Noodles à ses ambitions personnelles, et qui finira par épouser un sénateur véreux – qu’elle n’aime vraisemblablement pas, dont elle ne peut ignorer la vilenie, mais qui s’accorde mieux à son statut de star hollywoodienne… Minimisé voire nié par Leone lui-même[2], le viol de Deborah est ensuite évacué par le scénario : il n’a pratiquement pas de conséquence, et il n’en est plus question quand les deux personnages se retrouveront quelques trente ans plus tard. Et en attendant ces retrouvailles, c’est sur la solitude de Noodles que le spectateur sera invité à s’apitoyer – pas sur la détresse de la femme violentée.
Cet aspect d’Il était une fois en Amérique vient nuancer le plaisir qu’on peut éprouver par ailleurs devant son incontestable beauté. Cela dit, le montage de 2012 intègre de nombreuses scènes coupées plus ou moins à contrecœur par Leone, et notamment consacrées au rapport aux femmes. À côté, rien n’interdit de se replonger dans cette œuvre monumentale et de se perdre en interprétations devant son énigmatique et magnifique plan final… »
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Léo DESS
Léo DESS

37 abonnés 281 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 janvier 2025
Dernier film de Sergio Leone, très bien appuyé sur le concept du film, qui est très bon en soi, Robert de Niro toujours aussi impressionnant, les acteurs sont excellents, pas une seule fois où c'est mauvais, ça me paraît un peu long, mais ça passe large.
Tiocof
Tiocof

23 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 janvier 2025
Mon chef d’œuvre absolu, le nec plus ultra, tout y est, une fresque éblouissante, un long long métrage qui nous fait oublier la notion du temps, le génie conjugué d’un réalisateur, d’un compositeur et d’acteurs … sublime
mat73
mat73

1 abonné 8 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 janvier 2025
Un film parfait, le meilleur de Leone, avec du génie aussi bien dans la réalisation que dans l'interprétation. Et l'ambiance, et la musique! C'est tout ce qu'on attend du cinéma. Bref, un chef d'œuvre.

Quiconque s'intéresse un tant soi peu au cinéma ou veut juste passer un excellent moment doit voir ce film.
Noise&sound
Noise&sound

157 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 janvier 2025
Ultime film de Sergio Leone, « Il était une fois en Amérique » (sans doute son meilleur film) a connu des débuts difficiles. Aujourd’hui, appartenant au Panthéon classique du cinéma, ce fut un échec commercial cinglant. Avec un budget de presque 40 millions, il ne fait que 2,5 millions d’entrées aux USA.
Étrangeté de la destinée de ce film que d’être entièrement sujette aux lois temporelles.
D’abord dans son traitement reposant sur des flashbacks et des flashforwards.
Ensuite au travers des conflits qui opposèrent Leone aux producteurs sur la durée du film elle-même. Ces conflits seront à l’origine des multiples versions de ce film. Sergio Leone souhaite un format de 6h, alors qu’il a signé avec Warner Bross pour 2h45. Ça coince… Sergio Leone propose donc un montage de 4h25. Refusé ! Une nouvelle coupe amène à 3h41, c’est d’après lui la version la plus raccourcie possible sans altérer l’œuvre. Warner Bross se passera donc de son accord et démontera le film pour le remonter sous une version de 2h19. Pire, le montage sera chronologique !…. C’est cette version totalement dénaturée qui sortira sur les écrans américains, cause de son échec commercial…. - version 1.
Heureusement pour nous, suite à cet échec, la major accepte de sortir en Europe la version de Leone de 3h41. - version 2 - c’est cette version que l’on peut généralement visionner.
Enfin une version 3, financée par la fondation « Martin Scorsese » existe sur une durée de 4h.
Récit à la fois lyrique, initiatique et nostalgique, la réussite de ce film repose sur le brio avec lequel sont traitées les transitions de temps.
Dès le début du film, le ton est donné avec la superbe succession de 3 lignes temporelles accessibles par la bande sonore et des portes spatio-temporelles.
Début : L’âge adulte. Flashback dans la fumerie d’opium rythmé par la sonnerie (metronomique) du téléphone - génial - présentation des protagonistes, retour dans la fumerie sur un bruit strident et début de la bande son nostalgique.
Dans la gare, la porte publicitaire « visit Coney Island », « side show », « entrance » - génial de nouveau - . Puis le temps présent, De Niro, âgé, même gare, même porte avec la big Apple et enfin, la scène de la brique amovible dans les toilettes de Moe, une fenêtre sur la ligne temporelle originelle, celle de l’adolescence - triplement génial.
Le récit commence…
Quant au spectateur, dans son siège de cinéma, il est comme sous hypnose, s’enfonçant de plus en plus profondément. - Brillantissime !
Au passage, on a découvert la musique d’Ennio Morricone et son incontestable contribution narrative. Composée majoritairement avant le film, on peut légitimement s’interroger sur le poids de son influence. Sergio Leone la fera diffuser lors du tournage pour imprégner ses acteurs d’émotions… au final, Morricone nous livre ce qui restera comme l’une des bandes musicales les plus connues du cinéma.
La nostalgie et l’émotion du récit tient aussi au rapport mémoriel au temps, aux rêves, aux espoirs, à des promesses et des valeurs d’une jeunesse perdue. Noodles est comme un naufragé. Le temps s’est arrêté pour lui.
« Il était une fois en Amérique » est le récit d’un deuil intérieur. Un deuil que Noodles ne peut supporter. Il finira par se réfugier dans la fumerie d’opium et ses souvenirs.
Le film pose dès le début la question des âges de vie. La scène du gâteau est, par exemple, une magnifique allégorie du passage de l’adolescence entre désir enfantin et désir adulte.
Quelques autres scènes sont, à mes yeux, de véritables bijoux. La scène du cantique des cantiques lu par Déborah, si belle, si lucide. Elle incarnera destinée et alternative, un choix du possible pour Noodles. La scène de l’usine de plumes ou celle de la nurserie.
Le dénouement annonce la tragédie :
« Le temps m’a flétri. Tous ce qui nous reste ce sont nos souvenirs…. Si tu vas à cette réception, il ne te restera même plus ça.
- tu as peur que je me transforme en statue de sel ?
- si tu empruntes cette porte, oui. »
Enfin dernière preuve du destin de ce film, d’être sujet aux lois temporelles, celle des émotions propres du spectateur, renouvelées à chaque visionnage, de 20 à 80 ans.
Arthus27
Arthus27

126 abonnés 642 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 janvier 2025
Une épopée crépusculaire sur le rêve américain brisé.
Avec "Il était une fois en Amérique", Sergio Leone signe une fresque historique aussi magistrale que glaçante, explorant les dérives du mythe américain à travers le destin tragique d'un groupe de gangsters new-yorkais.

Déployant une narration ambitieuse entrecoupée de flashbacks, le film brosse le portrait saisissant d'une génération aspirant à la réussite et à la reconnaissance sociale, mais écrasée par les réalités cruelles de la prohibition et de la criminalité organisée.

Les personnages incarnés par Robert De Niro, James Woods et Joe Pesci sont aussi touchants que représentatifs de cet "American Dream" inaccessible. Leone dépeint avec une grande subtilité l'évolution de leurs relations, entre amitié indéfectible et trahisons déchirantes.

La mise en scène époustouflante du réalisateur, nourrie de références au western, confère à chaque séquence une dimension quasi-mythologique. La bande originale envoûtante d'Ennio Morricone souligne avec maestria les ombres et les lumières de ce récit crépusculaire.

Seul bémol, le traitement des personnages féminins, trop souvent réduits à des figures de victimes ou d'objets de désir. Mais ce défaut n'entache en rien la réussite éclatante de cette fresque sombre et mélancolique sur les dérives du rêve américain.

À la fois captivant et glaçant, "Il était une fois en Amérique" s'impose comme une œuvre majeure du cinéma, témoignant de l'immense talent de Sergio Leone pour brosser des fresques historiques d'une noirceur et d'une profondeur saisissantes.
SkyBout
SkyBout

48 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 novembre 2024
Ce film dramatique dans le même style que le Parrain, nous montre l'histoire de Noodles à travers plusieurs timeline. Malgré une durée de 3 heures 50 le film ne parait pas long grâce aux différents changement de temps et à l'histoire de cette bande. Robert De Niro est excellent dans son rôle et Sergio Leone signe encore une fois un grand film de cinéma.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 3 juin 2024
"Once upon a time in America" Je ne vais évidemment pas remettre en cause le statut culte d'une oeuvre immense et unanimement célébrée, réalisée par l'un des plus grands cinéastes.
Sergio Leone justement, livre ici une histoire en temporalité, ce qui peut être intéressant, mais cela est fait façon puzzle. De plus les scenes sont longues, donc il faut suivre la trame scenaristique.
L'érotisme est excessive je trouve, tous les personnages féminins sont uniquement cantonnés à assouvir les pulsions sexuelles des protagonistes.
On retrouve quelques personnages secondaires sous-exploités, tous brillamment mis en scène, mais qui ne donnent pas grand chose mis bout à bout.
Certaines scènes avec certains personnages font un peu tâches. Déçu par le dénouement du film.
Au rang des forces du film, évidemment on retiendra la photographie hallucinante, la splendeur des décors hors-normes, la reconstitution des rues de New-York et leur évolution au cours des différents âges du récit, le génie du montage et les transitions dantesques entre les époques. Et bien entendu la présence du Maestro, Ennio Morricone.
Evilgreg
Evilgreg

28 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 juin 2024
Je l'ai clairement regarder pour enrichir ma culture ciné . J'ai bien aimé dans l'ensemble : les acteurs ( De Niro en tête bien-sûr ) , la réalisation , la musique , l'histoire , la reconstitution de New-York ( Brooklynn plus précisément , puisqu'on y voit la fameuse vue du pont qui va vers Manhattan ) . La durée : 3h50 c'est long , je l'ai donc regardé en 4 épisodes d'1h , comme une mini-série et c'est très bien passé comme ça . Seul bémol : la fin ; floue et ambigue ( que comprendre du sourire de De Niro à la dernière image - il y a plusieures théories qui circulent sur la toile ) . Ce qui m'a surtout gêné , c'est de se taper 4h pour pas bien comprendre au final ... Léone aurait pu conclure sur une fin claire et nette à la Parrain 2 .
gerard stevenson
gerard stevenson

29 abonnés 1 299 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 mai 2024
Vous voulez un réalisateur, une histoire, de l'amour, des acteurs, des second rôles, des flashback, des actrices, de la violence, des costumes, de l'amitié, de la jeunesse, du suspens, du sexe, des décors, des pleurs, des fusillades, de la musique, de l'humour, du travelling, du thriller, de la nostalgie, de la mort, du fantastique, de la vieillesse, de la haine, de la photographie, des fusillades, des souvenirs, du maquillage, des stars du cinéma, un scénario, de la beauté , un compositeur, du sang, des prises de vue, des méchants, de l'affection, du rire, de la comédie, de l'émotion, de l'espoir, de la bagarre, de la trahison, de l'effroi, du drame, des plans fixes : le tout de qualité : Il était une fois en Amérique

Un conte donnant un chef d'oeuvre.
CineManiac
CineManiac

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 avril 2024
"Le temps qui passe, l'histoire... Ce film est bouleversant de par son côté mélancolique, avec ses thèmes d'amour, de business et d'amitié. Si vous aimez les films de gangsters, vous serez servis."
Mrpat5133
Mrpat5133

6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 avril 2024
Le chef d œuvre absolu de tout les temps!
Ne vous laissez pas impressionné par la durée du film.
Sergio Leone,un maître.
Theo
Theo

35 abonnés 1 074 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 décembre 2024
Avec Il était une fois en Amérique, Sergio Leone signe une œuvre monumentale, un testament cinématographique qui transcende le temps, les genres et les conventions. Ce film n'est pas simplement une saga criminelle ; c'est une exploration intransigeante de l'âme humaine, tissée avec la minutie d'un maître artisan. Portée par des performances bouleversantes, une narration complexe et une esthétique visuelle époustouflante, cette fresque sur la mémoire, la trahison et l'obsession est l'un des piliers du cinéma mondial.

Leone manipule le temps comme un peintre mélange ses couleurs. À travers des allers-retours entre les années 1920, 1930 et 1960, il déconstruit la linéarité pour tisser un récit où chaque scène est une pièce essentielle d’un puzzle émotionnel. Cette structure non linéaire reflète les souvenirs fragmentés de Noodles, magnifiquement interprété par Robert De Niro, et nous plonge dans son univers introspectif. L'histoire oscille entre l’innocence perdue de l’enfance et les désillusions cruelles de l’âge adulte, dressant un portrait brutal mais sincère des ambitions humaines.

Au cœur de cette épopée, l'amitié tumultueuse entre Noodles et Max (incarné par un James Woods magistral) est le moteur du récit. Max, figure magnétique et impitoyable, incarne l’ambition dévorante, tandis que Noodles est rongé par le poids des regrets et des choix irrévocables. Leur dynamique est le reflet des contradictions humaines : loyauté et trahison, amour et violence, désir et perte. Deborah, jouée par Elizabeth McGovern, est à la fois un rêve inaccessible et une ancre émotionnelle, tandis que les personnages secondaires enrichissent le tableau avec des nuances subtiles.

Chaque plan de Il était une fois en Amérique est une œuvre d'art en soi. La caméra de Tonino Delli Colli capte avec une précision et une poésie inégalées les ruelles sombres des ghettos new-yorkais, les intérieurs somptueux et les paysages qui semblent suspendus hors du temps. Leone mêle une intimité poignante à une ampleur épique, créant des séquences qui marquent à jamais la mémoire du spectateur. Qu'il s'agisse d'une simple conversation ou d'une scène de violence brutale, chaque moment est imprégné d'une intensité viscérale.

La musique d'Ennio Morricone élève le film à des sommets inaccessibles. Son utilisation du thème de Deborah ou de la mélodie envoûtante de la flûte de pan transcende les images, ajoutant une dimension émotionnelle qui touche l’âme. Chaque note semble émaner directement des personnages, exprimant ce que les mots ne peuvent dire. Cette fusion parfaite entre image et son crée une expérience sensorielle unique.

Le film ne cherche jamais à flatter ou à réconforter. Il expose la brutalité de la vie, les blessures de l’âme et les complexités des relations humaines avec une honnêteté troublante. Les scènes de violence, souvent difficiles à regarder, ne sont jamais gratuites ; elles servent un propos plus vaste sur la nature humaine, sur les cycles de destruction et de rédemption.

Bien que profondément enraciné dans l'histoire américaine, Il était une fois en Amérique transcende son contexte pour aborder des thèmes universels : la fragilité de la mémoire, le poids des regrets et la quête éternelle de sens. La fin, volontairement ambiguë, laisse le spectateur méditer sur les choix de Noodles et sur la nature de son existence, ajoutant une couche supplémentaire de profondeur à un film déjà riche en symbolisme.

Malgré un accueil initial mitigé aux États-Unis en raison d’un montage tronqué, la version originale de Leone s’est imposée comme un chef-d’œuvre incontesté. Aujourd’hui, Il était une fois en Amérique figure parmi les œuvres les plus acclamées du cinéma, souvent comparée à Le Parrain pour sa portée et son ambition, mais avec une identité qui lui est propre.

Il était une fois en Amérique n'est pas simplement un film, c'est une expérience qui transcende les limites de la narration cinématographique. Sergio Leone a créé une œuvre qui défie le temps et invite chaque spectateur à plonger dans les méandres de la mémoire, de l’amitié et des rêves brisés. Chaque visionnage révèle de nouvelles couches de signification, solidifiant son statut de pierre angulaire du cinéma.
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