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JeffPage
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3,0
Publiée le 12 septembre 2012
Petit film indépendant, celui-ci s'inscrit visuellement dans la suite de film comme Juno ou Little Miss Sunshine, bien qu'ici le ton soit beaucoup plus mélancolique. En effet, bien qu'il y est quelque séquence humoristique, le film est profondément sombre. Néanmoins, Dark Horse s'avère être un film sympathique qui change un peu du cinema grand public.
Avec "Dark Horse", Todd Solondz poursuit sa petite entreprise de démolition de l'american way of life entamée il n'y a pas loin de 20 ans avec "Bienvenue dans l'Age Ingrat". Son propos est toujours le même (incommunicabilité, mal de vivre, quête impossible de l'amour [ou quête de l'amour impossible]...), sa façon de l'étayer aussi (une certaine tendance à vouloir choquer le bourgeois en utilisant le sexe, la maladie...), ses personnages et ses décors itou (un anti-héros atypique, une famille dysfonctionnelle, un environnement pavillonnaire terne...), si bien qu'au bout d'un certain nombre de films plus ou moins réussis, Solondz a tendance à pas mal se répéter. Et si on peut toujours apprécier sa peinture déjantée d'une certaine Amérique, sa critique rebattue commence à sérieusement s'essouffler. Surtout qu'il manque à "Dark Horse" pas mal de mordant et de causticité et que les nombreux allers-retours entre réalité et rêverie, plutôt sympathiques au début, s'avèrent au final assez creux. Restent quand même les acteurs : Jordan Gelber dans le rôle principal (bof), Selma Blair (vaporeuse, éthérée et parfaite, comme d'habitude) et surtout le couple Christopher Walken-Mia Farrow qui nous offre une composition de haut vol. Et puis, il est toujours intéressant (et marrant) de voir la façon dont réagissent les gens face à un tel cinéma un peu décalé : les rires forcés qui fusaient dans la salle et les commentaires à voix haute (ce qui, entre parenthèses, en soi, et avec l'ingurgitation bruyante de pop-corns, vaudrait qu'on rouvre sérieusement le débat sur le rétablissement de la peine de mort pour de tels comportements) traduisaient bien un certain malaise de la part des spectateurs (comédie ? drame ? bouffonnerie ? putain, mais qu'est-ce qu'on est en train de regarder ?). Salaud de Solondz, même en misant sur le mauvais cheval, il arrive à ses fins : rendre le public perplexe.
Le scénario n’est pas très original : un trentenaire immature, vivant et travaillant chez ses parents, tombe amoureux d’une femme de son âge immature et dépressive spoiler: (largué par son ex et atteinte d’hépatite B) . Leur relation finira mal mais c’est traité de façon tellement décalée et onirique que le film se voit sans ennui. Chapeau aux parents du looser, joués par Christopher Walken (vieilli et amaigri) et Mia Farrow (qui embellit avec l’âge !).
Devenir un homme est un exploit, l’Amérique par sa façon de protéger les enfants et de tout rendre ludique s'expose à ce que des cas comme ce touchant ado attardé se multiplient. Pourquoi quitter l'enfance quand on connait les difficultés du monde adulte? Un travers un humour acide et des jeux d'acteurs excellents "Dark Horse" tache de montrer comment un gamin issue de cette classe moyenne américaine complétement perdue peut s'offrir un destin.
Pas vraiment drôle, pas trop moralisateur, pas spécialement distrayant.... Ce film a essayé d'être beaucoup de chose et se retrouve en ovni, pas réussi, qui ne distraie pas plus qu'il n'amuse. Un coup dans l'eau qui a laissé la salle dubitative et à la fois dépitée....