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Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Sublime adaptation moderne du mythe grec de pygmalion... C'est le film le plus beau, le plus lumineux, et le plus enchanteur que j'ai vu. Audrey Hepburn devient, le temps d'une scène, la plus belle femme du monde. Une grace éternelle pour un film tout simplement magique.
Adepte de comedies musicales: ruez vous sur cet incontournable. Un film mythique à voir absoluement et dont les airs me trottent continuellement dans la tête. A voir imperativement en VO!!
La pièce de George Bernard Shaw "Pygmalion" a déjà fait l'objet d'une adaptation cinématographique dans les années 30. C'est Anthony Asquith, ami de Shaw qui s'y était collé (avec Leslie Howard - le Ashley d'"Autant en emporte le vent" - dans le rôle du Pr Higgins et Wendy Hiller, dans celui d'Eliza Doolittle), avec brio. Cependant, la version de Cukor a ceci d'audacieux, que c'est une comédie musicale! Brillamment mise en scène par le réalisateur de confrontations entre Katherine Hepburn/Spencer Tracy ou Cary Grant, magistralement adaptée par Alan Jay Lerner et bénéficiant de la musique grandiose de Frederick Loewe, la pièce devient plus puissante encore. Le casting quant à lui est impeccable : Rex Harrison, qui avait créé le rôle à Broadway, reprend ici son rôle du Pr Higgins, comme Stanley Holloway, celui d'Alfred P. Doolittle. Audace supplémentaire, le choix d'Eliza Doolittle... Audrey Hepburn! La gracieuse égérie de Givenchy, l'élégance faite femme, à la diction et au maintien - trahissant des années de danse classique - parfaits, jouant les petites vendeuses de fleurs, les souillons, dont la crasse n'a d'égale que l'accent cockney effroyablement douloureux pour les oreilles? Les producteurs ont dû avoir chaud... Pourtant, comme toujours, Audrey Hepburn nous offre une performance ahurissante de naturel. Face à Rex Harrison (comme face au reste du casting, tout-à-fait brillant, d'ailleurs!), qui était le seul fait pour ce rôle, tant sa distinction et sa facétie s'y prêtent, Audrey, nous donne encore la preuve, s'il en était besoin, de son génie du jeu. Sous la direction de Cukor, le duo Harrison/Hepburn fonctionne admirablement et nous fait cadeau d'un des plus grands moments du cinéma...
Quel bonheur de découvrir ENFIN un film avec Audrey Hepburn au cinéma, et certainement l'un des plus beaux : j'ai évidemment nommé « My Fair Lady ». Tout le talent plastique de George Cukor est au service d'une merveille de scénario bien sûr grandement inspiré de « Pygmalion ». Tout est élégant, drôle, relativement subtil, avec ce qu'il faut de remarques sarcastiques pour être piquant comme il faut, et surtout d'une étonnante modernité. Le regard du réalisateur est sensible, malicieux, prenant manifestement beaucoup de plaisir à développer la relation unissant Eliza et son professeur, Cukor n'hésitant pas à développer habilement ses idées sur les relations femmes-hommes, manifestement très progressistes et à l'origine de plusieurs scènes forts savoureuses, notamment dans la seconde partie. Cela reste toutefois une comédie musicale avant tout, manifestement l'une des plus belles du genre alors que l'âge d'or commençait à s'estomper : toutes les chorégraphies et chansons sont de grande qualité, avec (quand même) une préférence pour les délicieux « Wouldn't It Be Lovely », « On the Street Where You Live » et surtout le merveilleux « I Could Have Danced All Night ». À la fois simple et exquisement sophistiqué, ces presque trois heures filent à une vitesse incroyable, quelques seconds rôles réjouissants et surtout l'irrésistible duo Rex Harrison - Audrey Hepburn venant parfaire ce magnifique tableau : Audrey, quel bonheur d'avoir pu t'admirer au cinéma dans une œuvre aussi lumineuse. Merci.