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Manu711
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3,5
Publiée le 24 décembre 2013
Ah Dieu sait si j’ai attendu ce moment : voir mon premier Gray au cinéma. Two Lovers est sorti il y a bien longtemps et je dois avouer que je ne vouais pas encore de culte à ce bonhomme à l’époque. Si avec The Immigrant l’histoire ne m’attirait pas plus que ça, le casting avait en revanche toute mon attention avec la présence de Cotillard, Phoenix et Renner. Je n’ai malheureusement pas eu la chance de le voir dans des conditions optimales, étant plus ou moins assis les uns sur les autres dans une salle ne proposant qu’un écran de 5,40m seulement. Mais quel beau film quand même. Dans la construction ça m’a un peu rappelé Two Lovers avec dans le rôle principal un personnage complètement perdu mais qui n’a pas définitivement abandonné la volonté de se battre pour une vie meilleure. En revanche Two Lovers était pour le coup encore mieux écrit en ce qui concerne les enjeux et les relations qui lient les 3 personnages. The Immigrant s’avère être plus simple mais peut-être aussi plus tragique, plus dramatique. Je me suis dit à la fin que Gray aurait pu approfondir un petit peu plus le sujet, mais que finalement on a une telle reconstitution d’époque, autant au niveau des décors, des costumes ou encore du jeu, que j’en étais quand même comblé. En plus Gray nous sert probablement l’une des meilleures ambiances de l’année avec une photographie et une bande-son magnifiques. Pas son meilleur film, mais un très bon mélodrame quand même.
L'histoire nous emporte dans le début des années 1920, l'environnement est magnifiquement reconstitué et on passe un très bon moment. Les rôles bien interprétés, bien que j'ai parfois eu un peu de mal avec ard, qui adopte les mêmes attitudes dans tous ses films et ne surprend plus trop.
"The Immigrant" est un film crépusculaire au scénario impeccable, touchant au chef-d’œuvre. Marion Cotillard crève l’écran dans ce rôle d’émigrée tombant sous la coupe d’un proxénète au comportement ambigu. Ellis Island apparaît comme un majestueux décor de cinéma, porteur d’autant d’espoirs que de désillusions. Quant à la ville de New York, elle n’est jamais vraiment explicitée par la présence de monuments particulièrement connus, renforçant l’impression que c’est dans une impasse qu’est tombée Ewa. Sans manichéisme, James Gray dévoile peu à peu l’âme véritable des personnages, dans la plus pure tradition du mélodrame : les destinées de chacun se découvrent à l’aune de l’évolution de leurs personnalités. On retiendra aussi quelques idées absolument remarquables, dont Marion Cotillard grimée en Lady Liberty ainsi que la course-poursuite dans les tunnels new-yorkais, excellent témoin de la divine photographie qui règne sur le film.
Il y a parfois des situations délicates où la critique devient superflue. Ces moments, où les mots ne décrivent même plus le talent. En l’occurrence, James Gray est de retour. Avec un casting de renom, une image sublime ( à noter le travail fabuleux de Darius Khondji qui m'a fait penser à l'age d'or hollywoodien: les années 70 ), et un scénario évoquant la situation des immigrant sur un nouveau territoire, ce dernier réussit à faire opérer la magie du cinéma qui lui va si bien. Comme l'avait fait Leone avec " Il était une fois en Amérique " où Coppola dans la saga " Le Parrain ", Gray montre que l'âge d'or des Etats-Unis, l’émergence qu'elle a connu au début des années 20, ainsi que ces fondements, ne sont pas si glorieux que ça. Tout en gardant son talent propre, il ajoute le conflit opposant les deux personnages principaux et toutes les péripéties qui vont arriver à ce triangle de personnages afin de constamment renouveler notre intérêt envers le film. Le tout est fluide et bien fait, voir même trop bien fait. A vouloir être trop réaliste, Gray perd en efficacité émotionnelle et ses acteurs n'arrivent pas à saisir dès le début l’ambiguïté, certes crédible, qui réside en chacun de ses personnages. Le film est donc crescendo qualitativement et ne révolutionne pas le style de son metteur en scène qui gardera les mêmes détracteurs après cette oeuvre. Il a tout de même réussit à me transporter et à légèrement m'émouvoir grâce à une mise en scène travaillée, mais objectivement je dois l'avouer cela n'est le chef d'oeuvre tant attendu du papa de " La nuit nous appartient " ou " Two Lovers " et tout ses autres anciens films. " The Immigrant " n'est QUE un bon James Gray.
Film très réussi, brillamment réalisé, grand mélo très classique (trop ?, qui m’a laissé un peu sur ma faim. D’abord parce que c’est un genre très difficile, que seul Douglas Sirk a su transcender, et que je prise assez peu. Ensuite parce que ce mélo reste froid et que les personnages demeurent très distants, ne soulèvent guère l’empathie. D’ailleurs Marion Cotillard sait-elle le faire — pour ma part je trouve son talent très surfait — et Joaquin Phœnix ne reste-t-il en deçà de son jeu d’exception habituel ? Enfin parce l’histoire comporte, dans ses ellipses, quelques maladresses. Mais il demeure un film impressionnant par l’intelligence de sa réalisation, son image, sa reconstitution, sa photographie mordorée, son rythme, sa densité et sa subtilité : car derrière cette illustration arrangée de l’immigration américaine du début du XXe, l’auteur pointe du doigt celle d’aujourd’hui.
Ne présente pas un grand intérêt: est ce le jeu des acteurs? le scénario ultra classique? le manque de souffle, de rythme? Franchement, on s'ennuie ferme, on attend que le film se termine et... on l'oubliera très vite.
J. Gray fait un saut dans l'histoire pour raconter, avec son style bien à lui, servi par une photographie contrastée au possible par D. Khondji et qui nous offre un magnifique dernier plan avant le générique de fin, le réalisateur new-yorkais dirige M. Cotillard avec talent et J. Phoenix, tout simplement excellent comme d'habitude et totalement fou à travers un personnage ambigüe, tiraillé par ses démons comme J. Gray aime les écrire. Le film sale et crépusculaire, dépeint une vie dure, faîtes de choix compliqués, d'affirmation de soi et de volonté propre à ceux qui doivent vivre dans un milieu hostile et inconnu. L'immigration, traité à travers le portrait de M. Cotillard est un sujet plus profond que le réalisateur rouquin exploite avec une mise en scène presque européenne et rigoureuse. Mais, plus qu'un pas téméraire dans sa carrière, J. Gray m'a mis sous tension pendant pratiquement 2 heures avec un calme olympien et quelques rebondissements bien calés qui donnent cette particularité au film et laisse sans voix quand le générique apparaît suite à la dernière scène, intense et émouvante.
Un super bon point à nouveau pour la maîtrise du scénario par le réalisateur et la conduite des acteurs. J. Phoenix est toujours poignant. Difficile à ne pas sortir de la séance sans se dire que l'on a été manipulé mais avoir pris du plaisir et de la douleur. Trop fort, Mr Gray !
Du très bon cinéma... L'œuvre d'un grand réalisateur qui ne cesse de s'épanouir... Une distance cinématographique pudique qui impressionne et pousse à la réflexion... Merci!
Vraiment pas terrible. Cinéma d'un autre âge. Aurait pu faire un honnête film muet dans les années 20. On est chez Dickens, sur une trame romanesque très faiblarde, très peu crédible. C'est filmé avec professionnalisme, on en attend pas moins de Darius Kondji, mais ces lumières sépias enfumées restent un pur exercice de style, un emballage soigné plus qu'un geste artistique. Beaucoup de beaux décors bien propres, de figurants bien habillés en beaux haillons, comme pour un "musical" sur Broadway, ça fait chic mais ça respire l'amidon, avec un esprit de sérieux décourageant. Côté comédien, Cotillard expose son visage de sainte comme jamais, elle est prête pour jouer la vierge Marie. On peut prendre un certain plaisir à la regarder et à écouter son polonais, son personnage n'en reste pas moins terne. Joaquin Phoenix est aussi subtil et grimaçant que dans le balourd "The Master", c'est dire. Son final frise le ridicule avec force effets spéciaux de maquillage… Tout cela est très prévisible, long, pas du tout émouvant, ce qui la fout mal vu que c'est sensé être un mélo. "Little Odessa" reste le sommet d'une œuvre dont la pente reste orientée dans le sens de la descente, après l'imbuvable "Two Lovers", mais Gray a toujours la carte auprès de la critique et on s'en réjouit pour lui, faute de mieux… Dur de faire dans le mélodrame aujourd'hui, à moins de s'appeler Terrence Davies dont le récent "Deep Blue Sea" était d'une autre tenue.
Très bon film ! A voir en VO car la voix de Marion Cotillard en version française .. Pas possible. Cependant belle petite histoire sur une immigrante comme l'énoncé le nom du film.