Kitamura est un réalisateur assez inégal, généralement plein d’idées mais capable, à trop vouloir en faire de virer à des trucs assez ridicule, à la gaudriole facile. No ones live ne fait pas totalement exception à la règle.
En tout cas on peut compter ici sur un casting convaincant. Luke Evans est un tueur froid tout à fait à la hauteur, j’avoue qu’il m’a même assez surpris, car je ne l’attendais pas capable de vraiment porter un film sur ses épaules dans un rôle principal, et surtout dans ce registre. Bravo à lui. Les seconds rôles ne démérite pas non plus, avec une équipe de méchants qui servent surtout à se faire liquider un par un, mais qui jouent juste, avec entre autre la présence d’America Olivo, qui continue dans la série B un peu déjanté avec un évident plaisir, et qui nous gratifie comme souvent de ses charmes ! Je suis en revanche assez déçu d’Adelaïde Clemens, doté d’un personnage assez bizarre, qui apparait dessiné de manière trop vaporeuse, et joué par une actrice ici assez fade.
Le scénario a de bons et mauvais côté. Je commence par les bons. D’abord un rythme très entrainant, qui, dans ce film court, offre un divertissement nerveux et sans temps mort. Ensuite le film est généreux, joue à fond la carte du film violent et sans concession, là-dessus, pas de souci. En revanche No ones live à des défauts. D’abord tout un arrière-plan, une trame de fond mal utilisé. Le film à beau nous assener quelques flash-backs, des explications de temps à autres, on ne sait en fait guère davantage de choses, sur le tueur, le personnage d’Emma. Un vide assez pénible, le film nous y ramenant souvent. Ensuite il faut avouer que j’ai toujours eu du mal avec les métrages dans lesquels il y a un tueur tout puissant, et des victimes débiles qui passent leurs temps à se séparer, à poser leur arme pour se doucher (c’est bien le moment en plus, en plein slasher !), à se disputer entres elles laissant le temps au tueur de faire ses petites affaires… No Ones Live est bien dans ce style, et c’est très pénible, car il apparait finalement riche en poncifs et en incohérences (j’ai adoré le coup du « on se réfugie dans un pauvre motel miteux en rase campagne pour fuir le tueur ; c’est clair c’est super rassurant !).
Visuellement Kitamura fait toujours montre d’une belle efficacité, surtout dans les scènes violentes, dans les scènes de tortures, de massacres. Il est dans son élément depuis ses débuts, et il livre un résultat très convaincant, quoiqu’un peu trop improbable par moment. Disons que dans Versus il pouvait faire ce qu’il voulait, à la limite dans Midnight Meat Train, mais là, dans un slasher à l’ambiance plus authentique, au style plus réaliste, il y a quelques aspérités tout de même. Le film est correct niveau ambiance, décors, photographie, avec une plus grande sobriété que dans les précédents films du réalisateur. Une sobriété qui colle bien au métrage. Alors évidemment avec Kitamura il faut s’attendre à de la violence brute. Du coup ici on évolue tout à fait dans un métrage violent, avec des scènes bien salées, qui raviront les amateurs du genre. Le tueur est impitoyable, les effets sont réussis, et malgré une certaine surenchère qui casse un peu la crédibilité de quelques meurtres qu’on aurait aimé plus réalistes, l’ensemble se tient. Je suis assez déçu de l’ambiance musicale, pas à la hauteur. Là il aurait clairement fallu forcer car en plus il y avait la place pour proposer de bonnes choses.
En conclusion je dirai que No Ones Live reste un bon film d’horreur, dans un style slasher hard, comme Chromeskull. Reste que dans le registre j’ai plus adhéré à Chromeskull 2, ce No Ones Lives cédant trop souvent à la facilité, et semblant utiliser ses atouts horrifiques pour chercher à masquer ce fait. Ça reste trop souvent la faiblesse du réalisateur, mais cela n’enlève pas tout le plaisir qu’on peut avoir à regarder ses films.