J'avais autant d'attente que d'appréhension pour ce film, et c'était plutôt justifié car si le film est joli, il n'en reste pas moins très frustrant.
Les principales qualités sont le visuel et la BO. J'aime énormément la réutilisation des motifs, des couleurs et des engins des précédents films. Cela reste particulièrement travaillé et globalement, le film réussi très bien cette partie, se permettant même un hommage bien réussi aux visuels 80's du premier film (dans une scène malheureusement dispensable, trop longue et fan service). Même la réalisation de Joachim Rønning, qui m'avait jamais trop convaincu au préalable se révèle efficace avec une utilisation du cadre bien pensé où 2 actions différentes s'y trouve filmées ou privilégiant une caméra mouvant à des coupes dans le montage.
Et bien sûr, la BO de NIN déchire, même si le fait que je me suis souvent plus souvent sur son écoute que sur l'histoire en dit long sur la pauvreté de cette dernière.
Car oui, je comprend l'idée d'en faire une sorte de course contre la montre et cette idée permet un peu de donner du rythme et donner légèrement plus d'enjeux, avec cette fenêtre de 29 minutes donnant vie aux programmes dans le monde réel. Le problème, c'est que ce sentiment reste un peu de la poudre aux yeux, ne servant qu'à compenser le manque d'intérêt pour l'histoire et les personnages. Finalement, cette idée de Permanence est un peu un McGuffin qui ne sert qu'à faire avancer le scénario là où on l'entend.
Même les scènes d'action sont assez pauvres : si on excepte la très sympathique course poursuite en moto dans la ville assez bien rythmé et très jolie, les autres ne sont pas incroyables ! Soit elles ne sont pas très montés, soit elles sont molles. C'est même frustrant, car il y a une scène qui semblait
nous préparer à une grande scène d'action avec l'équipe d'Arès qui se prépare à affronter les programmes de protection d'Encom dans une scène de hack qui est illustrée dans le monde viturel (ce qui est bien pensé) et bien, on a une coupe et on ne verra que la fin du combat avec un caméo anecdotique de Cameron Monaghan.
La seule chose de bien que je peux dire des scènes d'action, c'est qu'elles réussissent bien à mettre en puissance les équipements du monde virtuel.
Ce n'est pas non plus les personnages qui sauvent quoi que ce soit ! Vu qu'ils se limitent tous à 2 traits de personnalité : Arès est un programme de protection qui se rebelle, Eve Kim est une PDG qui protège ses propres recherches et qui est l'ombre de sa sœur décédé (une sous-intrigue plate et sans intérêt), Julian Dillinger est un PDG qui ne pense qu'à son profit et qui n'a aucune limite, Seth est le comic relief ami d'Eve… La seule chose qui sauve un peu les personnages, ce sont les interprètes que sont Greta Lee, Evan Peter et Arturo Castro. Je ne vais pas parler de Gillian Anderson, car pour qu'une actrice aussi talentueuse soit limité à ne jouer qu'un rôle d'interlocuteur pour Dillinger, c'est vraiment pathétique.
Et pour ce qui est de Jared Leto, il se contente de faire le strict minimum comme dab depuis quelques années mais vu qu'il joue une IA, c'est pas spécialement dérangeant. En revanche, ce qui l'est vraiment, c'est qu'on ne donne aucune explication du
pourquoi Arès se détourne de sa programmation ! Alors ok, on pourrait penser que cela vient du fait qu'il a vu les images de la vie d'Eve mais sachant que Dillinger l'a lui-même programmé, on peut légitimement trouver que c'est un peu trop léger. D'autant que dés le début, son "humanité" est suggéré par sa capacité à faire de l'humour, et le fait que cette question ne soit jamais vraiment posé est très problématique.
Après en soit, j'aurais pas passé un mauvais moment devant le film (même s'il est vraiment trop long et que je commençais vraiment à être soûlé à la fin) mais franchement, faut clairement pas s'attendre à plus qu'un divertissement sans plus.