Tron: Ares est une véritable claque visuelle. La direction artistique de Joachim Rønning est somptueuse, les effets numériques sont parfaitement intégrés, et l’ensemble possède une identité esthétique rare, dans la lignée de films comme TRON: Legacy, Oblivion ou Blade Runner 2049. On a vraiment l’impression de replonger dans un univers iconique, remis au goût du jour avec une maîtrise remarquable.
L’histoire reste simple, mais fluide et efficace. Jared Leto apporte une présence énigmatique, Evan Peters fonctionne très bien dans le rôle du contrepoint humain, et Gillian Anderson apporte son habituelle intensité froide. Le film ne cherche pas à complexifier à outrance, et c’est ce qui le rend accessible et agréable à suivre.
Un point mérite toutefois d’être souligné : la question de la diversité ethnique et du traitement de certains rôles. Jodie Turner-Smith, qui incarne Athena, est absolument magnifique à l’écran et livre une vraie performance. Elle a une prestance incroyable, une énergie maîtrisée, et elle aurait largement eu le talent pour porter un personnage beaucoup plus profond. Le problème ne vient donc pas d’elle, mais du personnage lui-même, écrit de façon trop simple et trop unidimensionnelle. Dans un casting majoritairement blanc, le fait que l’un des rares rôles confiés à une actrice noire soit aussi celui d’une antagoniste très peu nuancée crée un contraste inattendu et parfois maladroit.
Le choix du nom “Athena” accentue encore ce décalage. Dans la mythologie, Athéna est la déesse de la stratégie, de la sagesse et de la réflexion. Ici, le personnage n’incarne presque rien de tout cela : elle agit davantage comme une force d’opposition brute, ce qui correspondrait beaucoup mieux à une divinité comme Ényo, associée au chaos guerrier et à la violence des combats. On devine que le choix du nom “Athena” est guidé par son aspect guerrier et par sa familiarité auprès du grand public, mais cela reste dissonant avec le mythe fondateur. Dommage.
Malgré ces réserves narratives, Tron: Ares reste pour moi un excellent moment de cinéma : un film splendide, immersif, cohérent et techniquement impressionnant. Un spectacle qui assume pleinement son identité et qui m’a offert exactement ce que j’attendais d’une suite de l’univers Tron.