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Marie Breton
83 abonnés
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4,5
Publiée le 19 mai 2021
Holy Motors est sans aucun doute un film étrange. Mais finalement moins étrange que ce que j'imaginais après avoir lu les bonnes et les mauvaises critiques rédigées ici. Pour être honnête, je redoutais de m'ennuyer devant un film d'auteur audacieux et prétentieux. Que ceux qui ont la même appréhension soient rassurés : S'il est vrai qu'il est audacieux (et peut-être prétentieux par moments), on ne s'ennuie pas devant Holy Motors. Il y a de vrais moments de cinéma, et de vraies émotions dans ce road-movie un peu curieux. Mais attention, les émotions ne sont pas celles qui surgissent habituellement devant un film. Pas de tristesse, pas de joie, pas d'emballement ou d'intensité provoquées par un quelconque suspens, pas de hauts le coeur, pas de peur, pas d'effarement ni d'émerveillement. Mais plutôt de la surprise, de la curiosité, des réminiscences infantiles et burlesques, éventuellement un peu d'énervement, et une sensation générale de proximité et d'attachement. De proximité parce que la mise en scène, le jeu, le matériel de capture et de montage, et précisément l'histoire même, font que l'on se sent immédiatement chez soi, et en confiance. Jamais on n'est mis à l'écart, jamais n'a-t-on l'impression de voir ce que l'on ne pourrait jamais voir dans la réalité. Car Leos Carax n'a prévu aucun emballage pour vendre son produit. La brutalité est présentée brute. Il va à l'essentiel pour parler de l'essence. Je ne sais pas si j'ai aimé ce film. Mais je lui reconnais des qualités indéniables, notamment une grande maîtrise de la dualité fond/forme. Si je devais choisir un seul adjectif pour en parler je choisirais "Magnétique". Je ne suis pas intéressée par le propos évident traité dans le film, être un acteur dans sa vie et endosser un costume social et mental différent au cours du temps, ce n'est pas quelque chose qui me touche - mes névroses prennent corps dans d'autres niveaux de lecture intérieure - et pourtant sans être aucunement intéressée par son thème, je n'ai pas levé les yeux de ma télé une seule fois. Je suis restée là, les yeux rivés vers l'écran, sans jamais pouvoir décider de si c'était plaisant ou pas.
La vie est un théâtre et nous en sommes tous les acteurs disait Shakespeare. "Holy Motors" marque le grand retour de Leos Carax, que l'on avait perdu de vue depuis l'échec de "Pola X" en 1999. En 2012, le cinéaste nous emmène sur les pas de Monsieur Oscar, un petit être qui voyage d'homme en homme au hasard de la journée. Il est tour à tour, vieil homme en fin de vie, père de famille inquiet pour sa fille adolescente ou créature monstrueuse. Forcément inégal, le résultat constitue néanmoins une expérience à vivre. Magnifiquement photographiés, les segments sont à la drôle et bouleversants. À vrai dire, avec "Holy Motors", Carax fait remarquablement la jonction entre deux traditions de cinéma ; l'une réaliste attribuée aux frères Lumière et l'autre féerique portée par Méliès. Ce mariage constitue la prouesse la plus forte du long-métrage. Dans la peau de chacun de ces personnages, Denis Lavant est exceptionnel et trouve le plus grand rôle de sa carrière. Peut-être est-ce un peu tôt pour crier au chef-d'oeuvre mais l'ensemble va compter pour ces prochaines décennies.
La quintessence du film d'auteur. Un riche homme d'affaire, d'apparence froide, qui au lieu de se rendre au travail le matin, se déguise dans sa limousine et se jette dans la rue sous la peau de différents personnages successifs, qu'il assume jusqu'à l'extrême. La première partie du film, si j'ose dire, traite le thème de façon relativement réaliste. (Ou à tout le moins autant que faire se peut.) On suit le personnage sans comprendre ses motivations. Il y a un vrai plaisir cinématographique à s'embarquer dans une situation potentiellement vraisemblable, mais qui échappe complètement à la psychologie ordinaire. La deuxième partie du film a plus tendance à virer au surréalisme. Les "rencontres" du personnage se muent en des tableaux résolument...oui, surréalistes, dans un cadre qui au passage, devient nocturne. Notons entre autres cette superbe scène à l'accordéon. Le tout aurait facilement pu donner quelque chose de lourd et prétentieux, mais il y a une vraie logique qui soutient la chose tout au long du film. Un film qui parle à une zone profonde de la conscience.
Ce "film" est nul ! On ne comprend rien,rien n'est expliqué,il n'y a aucun lien entre les scènes, la fin est aussi vide et incompréhensible que le reste, d'ailleurs la seule chose qui fait que c'est la "fin" c'est qu'après y a le générique. Dire que ce film est pour bob frimeur serait insulter les bobos frimeurs, et pourtant j'ai envie de les insulter, mais ils ne méritent pas cette torture de 2H, personne ne le mérite
"Holy Motors" est une expérience cinématographique à ne pas manquer, tant Leos Carax éclate les codes pour offrir un vibrant hommage au cinéma ("Holy Motors" désigne les "moteurs" des tournages), à ceux qui sont derrière, et plus généralement à toutes les formes d'art. Ainsi, on assiste à une succession de scènes magistrales déroulant des styles artistiques multiples: le cinéma spoiler: (les trucages de sang) , la photo spoiler: (la séance au cimetière) , la peinturespoiler: (dans les égouts avec la femme en Burqa et l'homme nu) , le théâtre spoiler: (l'entracte musical en plan-séquence, la mort du vieux) , le cirque spoiler: (les petites images intermédiaires) , la motion-capturespoiler: (le porno en images de synthèse) , la comédie musicale spoiler: (Eva qui chante) , la modespoiler: (le défilé de Kay M) . L'ensemble est en plus parcouru d'une forte estime pour le métier de comédien spoiler: (longue journée, déguisements et masques multiples, différents personnages à jouer, les tournages dans le froid, les sacrifices familiaux, l'émotion dépassant le réel, le protagoniste se perdant entre le vrai et l'irréel (le suicide)) et les performances majuscules de Denis Lavant incarnent parfaitement cela (l'acteur est époustouflant), sans compter l'énigmatique Edith Scob, la divine Eva Mendès et l'excellente Kylie Minogue. Derrière cela, Leos Carax garde un oeil avisé sur la société moderne, qui ne veut malheureusement plus des "Action!" spoiler: (la limousine, le boss) mais de la télé-réalité spoiler: (la séance au cimetière)0 , alors que le cinéma permet de s'évader et que la vraie réalité est obtenue par ce biais, car on finit par oublier les camérasspoiler: (la séance au cimetière)1 et que le réalisateur s'efface au profit de la scène spoiler: (la séance au cimetière)2 . Sur la forme, si le metteur en scène ne parvient pas à échapper au défaut de la structure redondante de l'enchaînement des séquences avec passage de la limousine en guise de chapitrage et qu'il exagère parfois son conceptspoiler: (la séance au cimetière)3 , il délivre suffisamment de moments très variés et hauts en couleur pour divertir et éviter d'ennuyer, tout en utilisant des musiques de grandes tragédies qui subliment le contenu. Au final, "Holy Motors" est un film pas comme les autres, qui parle intelligemment de la vie et de l'importance des arts dans celle-ci. La distribution est bluffante.
Resté éloigné des plateaux durant treize ans, Leos Carax interroge la théâtralité des vies, le spectacle qui s'est insidieusement glissé dans les rapports humains. Qui joue ? Qui regarde ? Quand l'homme à la tâche de vin allègue Oscar Wilde (« La beauté est dans l’œil de celui qui regarde »), son exécutant veut continuer pour « la beauté du geste ». Condamné à évoluer dans un monde où l'illusion et la magie ont rendu le temps élastique, le comédien renaît à chaque nouveau rôle, prêtant un instant ses traits à un double qu'il finira par tuer. Qu'importe puisque les autres n'ont plus de nom, ne sont plus que des sites internet gravés sur des pierres tombales ? Quelle conséquence si le 7ème Art se réduit à des hominidés en CGI ? Presque évanescent, mais surtout inventif et libre, le cinéma de Carax, trop longtemps bridé, explose dans ce film nourri de références ("Les Yeux sans visage", "La Foule") et d'auto-citations narcissiques quasiment testamentaires. Faussement nostalgique, le réalisateur fait table rase de tous les longs-métrages avortés dont il a été privé, mettant en abyme l'inlassable addiction de l'acteur et la plus grande envie du créateur : tourner la page avant de revivre.
Hommage au 7 ème art et plus particulièrement au métier d'acteur, Holy Motors nous trouble dans son ambivalence et son inaccessibilité. Difficile de trouver un message ou un fil conducteur. C'est pourquoi il peut en repousser plus d'un ce qui est assez compréhensible tant le film ne l'est pas. Pourtant, j'ai pour ma part essayé de le visionner sans à priori et je l'ai trouvé finalement assez déconcertant certes, mais dans le bon sens. C'est tellement inconventionel que j'ai adoré. Certains crient au scandal, ce Leos Carax nous prend vraiment pour du jambon. Au contraire, je trouve Holy Motors libre de toutes interprétations personnelles. Je vous laisse vous faire la votre avec une seule chose en tête : ceci n'est pas un film mais plutôt une expérience cinématographique.
Selon la presse, ce film paraissait un chef d'oeuvre etc.. Mais honnêtement c'est une déception (je fais cette critique à chaud). J'ai vu un peu partout que ce film était une métaphore de la vie, que notre vie est un film, que nous jouons plusieurs rôles. ça aurait pu être intéressant, filmé et réalisé autrement. Car même si Denis Lavant joue superbement bien, le film est très ennuyant et la mise en scène, même si recherchée, m'a laissé totalement étranger à ce film. De plus, il tourne en rond à partir de 40/45 minutes. Oui il y a certaines scènes très esthétiques, très bien filmés, avec de beaux plans etc.. Mais ça ne m'a pas empêché de m'ennuyer, bref je n'ai pas aimé ce film.
J'ai découvert Leos Carax avec ce film, inclassable, inqualifiable, il faut simplement se laisser porter par cet univers fascinant sans y chercher une logique à tout prix. Véritable maîtrise visuel, Holy Motors, est une succession de courts-métrages, séparés par des entractes pendant lesquels on assiste à la préparation de l'acteur principal pour son prochain rôle (déguisements, maquillage,...). Denis Lavant frôle d'ailleurs le prix d'interprétation pour son/ses rôle(s) tan il est à la fois effrayant, drôle et loufoque. Un acteur remarquable ! On peut voir à travers ce film une critique du cinéma, un questionnement sur l'acteur, somme-nous d'ailleurs nous mêmes acteurs de nos vies ? de la vie d’autrui ? Les plus cartésiens d'entre-nous ne seront pas réceptif à ce film, mais essayez quand même !
Je suis d'accord avec les critiques presse pour le coup, ce film est un chef-d'oeuvre! Tout d'abord le plus évident, le travail visuel est remarquable : les décors, les costumes, la lumière, l'ambiance très étrange etc. Tout cela fonctionne à merveille et l'on ne peut pas s'empêcher d'être happé par l'atmosphère qui s'en dégage. Ensuite, le jeu de Denis Lavant est tout simplement prodigieux et pour un film qu'on peut justement interpréter comme une fable sur le métier d'acteur, ça me parait plutôt bienvenu. Mais le propos du film n'est pour moi pas en reste. Sans trop réfléchir non plus, je l'ai vu comme une fable sur la contingence des rôles sociaux que l'on joue ou qui peuplent notre imaginaire. Le type devient tour à tour clochard, businessman, vieillard, père etc. A mon sens, c'est un tour d'horizon halluciné des rôles sociaux qui hantent l'inconscient collectif. Et je trouve ça très fort. La problématique autour du scénario est pour moi inconsistante. Un scénario ne fait pas un film. Il ya une primauté au scénario dans le cinéma (qui a donné des chefs-d'oeuvre) qui peut et doit être dépassée. Je ne crois pas que ce soit un passage obligé d'un film, une figure imposée. Je crois qu'on peut très bien s'en affranchir sans éliminer un élément vital. Ce film le prouve brillamment à mes yeux!
J´ai marché á coté sans jamais rentrer dans le film.J´ai été derangé mal á l´aise on peut dire bizarre ,"bizarre vous avez dit bizarre comme c´est bizarre" Un film fou qui se veut de l´art moderne .Je n´ai aucun plaisir á voir un point noir sur une toile blanche et ce film me fait penser a cela.On est loin d´orphée de Cocteau qui est un tres bon film ,ce genre est reservé aux grands attention quand on veut jouer dans la cour des grands
C'est marrant comment la presse est en décalage avec la réalité. Cher critique professionnel, peut-être avez-vous une culture cinématographique très étendu mais sachez également qu'il s'agit d'un des arts les plus populaire et que ceux qui vous liront s'attendront forcément à admirer une des plus beau films du 21ème siècle. Hors comme le public se compose se compose majoritairement de personne comme moi un peu cinéphile mais surtout à la recherche d'une histoire qui nous transporte, qui nous bouscule, nous émeut, nous fait rêver ou nous interroge. Pour le coup on se retrouve déçu car on se demande si réellement il y a une histoire, et ce film nous laisse malheureusement plus dans l'interrogation que dans l'admiration. Comme ce film se montre très étanche au public qui fait vivre le cinéma et très proche d'experts cinéphiles dont les goûts cinématographiques sont aussi représentatifs que les mangeurs de sauterelles en France. Je dis bravo à Monsieur CARAX continuez à plaire à ce qui vous feront bonne réputation dans la presse, car à ce rythme vous n'êtes pas prêt de rentabiliser vos films ce qui vous évitera de récidiver fréquemment en vous foutant de ceux qui vous font vivre. Cela nous évitera également bien des migraines.
Objet Visuellement Non Identifié, cet OVNI cinématographique est bien un film de cinéma pour celui qui en douterait: abstrait, imaginatif, de belles images, de bons acteurs complètement habités (D. Lavant, E. Scob), des muses hypnotiques (E. Mendes, K. Minogue), et une belle réalisation avec de belles images. Mais Leos Carax, en faisant son cinéma, prend donc le risque d'attirer un public restreint, très ouvert et nécessairement très éveillé. Car un siège trop confortable risque fort de faire dormir les moins réceptifs. Un conseil: lire le résumé du film avant, sinon après, mais utile si vous voulez comprendre quelque chose. Pour ceux qui sont ouverts aux expériences, bonnes parfois mais trop souvent mauvaises.
Film inracontable, certainement une des critiques filmiques de notre monde moderne la plus incisive qui soit ; et, d'avis pour longtemps...
Que l'on aime ou pas, que l'on comprenne ou pas, 'HOLY MOTORS' de Leos Carax marque de son empreinte les esprits à jamais. Ne vous en privez pas pour quelque raison car peut-être, un jour, vous direz-vous en un temps de réminiscence opportun : "Mais bon-sang mais c'est bien-sûr!..".