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EricDebarnot
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3,5
Publiée le 28 mars 2016
J'ai beaucoup tardé à voir "Inside Llewyn Davis", peu attiré par son thème (les perdants - qui me semblait a priori redondant dans l'œuvre des Frères Coen) et par son cadre (la scène folk du Village, au début des années 60, dont il y a, à mon avis, très peu de choses intéressantes à retenir, hormis l'émergence de Bob Dylan, d'ailleurs ici intelligemment annoncée dans une conclusion qui condamne définitivement Llewyn Davis à l'anonymat). C'était clairement une erreur, tant ce film se place parmi les meilleurs des deux frères, grâce à que sorte de clarté métaphysique qui le range très près de "No Country for Old Men" et une précision empathique du regard qui rappelle cette autre merveille qu'est "A Serious Man". Pas d'ironie surplombante vis-à-vis de ce champion de la "lose", heureusement : on peut même trouver un peu de tendresse dans la description dépressive de rêves irrémédiablement perdus au fil de l'Histoire, mais aussi du temps qui passe, tout simplement. "Inside Llewyn Davis" nous fait heureusement aussi rire - comme lors de l'épisode délirant de la rencontre avec un John Goodman toujours impressionnant -, mais jamais au détriment de son triste "héros", même si ce dernier, fabuleusement interprété par Oscar Isaac, alors presque inconnu, est également dépeint comme largement responsable de sa déveine : c'est cet équilibre précieux qui fait du film une étonnante réussite, et lui permet de transcender cette absolue perfection stylistique qui risquait de lui conférer le statut étouffant d'œuvre formaliste.
Avec cet air de ne pas y toucher, les frères Cohen tissent une toile sans concession sur le New York des années 60, jetant un regard désabusé sur une époque mille fois mytifiée et ramenant dans la lumière toute la cruauté, la rudesse et l'engagement d'une vie d'artiste. Les frères Cohen démontent en l'espace d'une petite heure et demie trente années de biopics glorieux, et souvent lénifiants, d'une industrie cinématographique américaine à l'appétit féroce. Un film rare, fort, courageux, montrant une fois encore combien les frères Cohen aiment nager à contre-courant des autres.
Un drame musicale nappé de l'humour déjanté des frères Coen. Oscar Isaac, excellent qui montre ses talents de musicien et de chanteur, seconds rôles délicieux tel que Justin Timberlake, Adam Driver, F. Murray Abraham ou Carey Mulligan avec un habitué, John Goodman toujours aussi farfelue et un chat très bien dressé. Un musicien du début des 70's qui essaye de s'en sortir malgrés les galères. Des dialogues affûtés. Amusant, tordu, des images bien cadrées, par moment un road movie volontairement grotesque bien amené qui nous guide jusqu'à Bob Dylan pour clôturer l'histoire.
Les frères Cohen sont des vrais metteurs en scène, imprimant une patte reconnaissable entre mille. Leurs créations sont parcourues de personnages colorés et de trognes uniques. Le découpage, le rythme du récit et la manière de conter leur sont propres et cela leur a valu beaucoup de reconnaissances. Pourtant devant ce bijou de qualité, on sent poindre la paresse du métier, l'utilisation de la recette bien mijotée, le manque d'inspiration dans le scénario. Comment relancer une machine si bien huilée, sans casser la mécanique de précision patiemment construite au fil de leurs œuvres ? Retrouver fraicheur et spontanéité, voilà ce qu'on attend du prochain film.
Le dernier film des frères Coen recueille une presse quasi unanime dans les louanges. Inside Llewyn Davis,portrait d'un musicien folk aussi peu chanceux dans son métier que malheureux dans ses relations sentimentales, constituerait donc une sorte d'apogée dans la riche carrière des réalisateurs de O Brother ? Voire ! La patte des cinéastes se fait plus discrète dans cette minutieuse description des galères d'un chanteur et guitariste d'un talent moyen, disons, et le propos, modeste, n'incite pourtant guère aux dithyrambes. Ce n'est pas un mauvais film mais à l'aune du niveau habituel des oeuvres des frères Coen, on a du mal à s'enthousiasmer. D'une part, il est musical pour une bonne moitié et si on est allergique au folk, autant ne pas s'y plonger ; d'autre part, il est relativement répétitif dans les pérégrinations de ce loser sans charisme aucun. A ce propos, il faut tout de même saluer le jeu dépouillé d'Oscar Isaac, tout à fait remarquable. L'humilité du scénario, et la tendresse des Coen pour leur anti-héros est indéniable. On retient certains dialogues savoureux et une ambiance douce/amère. De là à en faire une merveille impérissable !
Les frères Joel & Ethan Coen sont des génies de narration. Sur des films comme Fargo, Arizona Junior ou Sang pour Sang, ils magnifient leur scénario avec une mise en scène quasi parfaite.
Parfois, ils écrivent des films qui ne racontent rien. C’est le cas avec Inside Llewyn Davis. Cela leur réussit parfois, comme pour Barton Fink. Ceci n’est pas le cas avec Inside Llewyn Davis. Loin de moi l’envie de dire que le film est mauvais, car il ne l’est pas. Le problème est qu’on suit un personnage pendant une semaine de sa vie (pas forcément décisive, d’ailleurs) et que celui-ci est particulièrement insupportable, geignard et détestable. Ce n’est d’ailleurs pas la faute d’Oscar Isaac, qui livre une très bonne performance, à l’image du duo John Goodman – Garrett Hedlund, absolument parfait. La musique, véritable personnage du film, est plutôt sympathiques et quelques scènes sont très réussies, comme lorsque Llewyn Davis rentre chez sa sœur. Mais rien n’y fait, on s’ennuie profondément plus d’une fois dû à un rythme anémique, quelques scènes en trop et/ou mal écrites (toutes les scènes avec Carey Mulligan ou tout ce qu’il se passe à son retour de Chicago) et il est dur de s’attacher émotionnellement à un type qui ne fait absolument rien pour s’en sortir.
Inside Llewyn Davis n’est absolument pas un mauvais film mais il est tellement loin des meilleurs films des frères Coen qu’il est alors impossible d’accepter une telle régression.
"Inside Llewyn Davis" c'est l'histoire de Llewyn Davis, un paumé de la vie, un artiste en totale perte de repères. Chanteur de folk, le personnage ne manque franchement pas de talent mais il avance de galère en galère, sans jamais réussir à percer. Le film nous plonge ainsi dans la vie triste et monotone du personnage. Et le style du film rend en tout point compte de cette monotonie grâce aux excellents frères Coen qui réalisent ici un de leurs meilleurs films, qui respecte tout à fait le reste de leur filmographie, s'approchant parfois de "O'Brother" en délaissant l'humour simple et la gaieté pour un ton plus grinçant. A l'aide d'une image fortement décoloré, des décors très froids dans un New-York plongé en plein hiver, le film témoigne à merveille de la médiocrité du personnage que l'on finit par plaindre devant tant de galères. Il faut reconnaître la performance incroyable d'Oscar Isaac aussi bien en tant qu'acteur qu'en tant que chanteur. Le reste du casting est également plaisant. La conclusion coupe de manière un peu brusque le court du film. De plus le schéma du film est parfois un peu prévisible voire même répétitif, à force d'enfoncer le personnage dans la malchance et le malheur. Néanmoins, les musiques folk donnent un rythme intéressant à l'ensemble de l'oeuvre, et s'accordent très bien avec le style monocorde du film. Avec un ton profondément pessimiste du début à la fin, "Inside Llewyn Davis" est une belle réussite, qui ravira les amateurs de folk et des frères Coen, mais également un public plus large de cinéphiles car l'immersion dans la vie du personnage est presque totale.
On suit sur quelques jours la vie d'un trentenaire au début des années 60 aux Etats Unis. Il fait très froid, c'est l'hiver, il galère, il n'a pas de logement, il est hébergé deçi delà, sa carrière de chanteur est au point mort car il a perdu son partenaire, il n'a pas de copine, il a sur les bras un chat roux, il voyage un peu... Tout cela est à la fois triste et drôle. Personnellement j'ai beaucoup apprécié toutes les scènes avec les deux chats (oui il y en a deux vous verrez).
Excellent petit road movie entre New York et Chicago en 1961. On suit quelques jours d'un chanteur folk qui galère sur tous les plans (job, argent, famille, amis...). C'est à la fois triste, amusant, savoureux...
The Coen brother's adoptent la folk attitude et ce n'est pas pour nous déplaire, bien au contraire. Une performance notable d'Oscar Isaac où son périple nord-américain est remarquablement interpréter. Sur un ton de misère, l'humour glacial chère aux frangins est irrésistible. Un film gracieux et mélodieux qui sonne juste. *TOP 7 FILM 2013*
Une comédie dramatique truculente qui, un peu à l'instar de "Man on the moon" de Milos Forman, se révèle touchante dans les instants comiques et pleine de légèreté et d'humour dans les moments plus graves. Le personnage principal de Llewyn Davis, incarné impeccablement par l'excellent Oscar Isaac, antipathique et profiteur est traité avec une telle empathie qu'il en devient attachant. Une peinture fascinante de la musique américaine folk des années 60, une œuvre à classer quelque part entre "O'Brother" et "Barton Fink" dans la filmographie des frères Coen. Une petite perle.
D'une intelligence rare, ciselé comme un joyau, Inside Llewyn Davis a quelque chose à la fois de divin et de presque trop léger. C'est d'ailleurs peut-être là sa limite. Bien sûr il y a cette finesse d'écriture si appréciable : le retour de flamme d'un deuil mal digéré entre réapparition d'un chat et vraies naissances, fausses morts et renaissance alors que dans la nuit un panneau indique où retrouver les fantômes de son passé... J'adore aussi ces références ultra fines à Detour (Edgar G Ulmer), Angel Heart (Allan Parker) Un jour sans fin (Harold Ramis) ou Le Privé (Robert Altman) qui donnent au film sa densité de film noir quasiment à la lisière du fantastique. Mais on peut légitimement reprocher à l'ensemble de manquer de hauteur ou de profondeur ou d'enjeux plus fondamentaux. Reste un bien beau film. ,
Inside Llewyn Davis est un road-movie intérieur à la fois tragique et hilarant, un concert à la fois harmonieux et enivrant, ainsi qu’un vibrant hommage à la scène folk d’antan. Une odyssée musicale où notre loser héroïque s’accompagne d’un chat fugueur qui a la manière des ses rêves, se laisse tâter pour mieux s’en aller après. Brillant !
Un excellent film dramatique. Oscar Isaac incarne un musicien folk. Les Frères Coen nous offrent un peu de nostalgie avec cette plongée dans les années 60.Carey Mulligan interprète une chanteuse folklorique. Justin Timberlake tient le rôle d'un chanteur de country. Adam Driver joue un guitariste et membre du groupe de cette musique énergique.