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Cineseba
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4,0
Publiée le 3 avril 2014
"Le film "Diplomatie" est un huis clos oppressant, se déroulant dans le bureau du Général allemand, Von Cholitz qui échange avec le consul suédois, Nording pendant la nuit du 24 au 25 Aout 1944. Un fait historique surprenant de la 2e Guerre Mondiale ! Dans ce film palpitant, Nording essaie de négocier avec Von Cholitz à ne pas détruire Paris ... Leurs échanges sont assez exaltants car Nording a pris un risque fou de se faire exécuter à tout moment par un militaire allemand ou Von Cholitz, lui même ! Il a fait preuve de patience, il ne critique pas ... Lorsque Von Cholitz s'énerve ou se perd dans la raison, il s'isole dans un coin de la pièce. Le jeu d'André Dussolier dans le rôle de Nording, est surprenant car son rôle, ses déplacements, ses mimiques m'ont fait penser à l'Ange gardien tant qu'il ne se montre pas tellement envahissant dans le bureau de Von Cholitz ... Il savait que sa vie est menacée mais il voulait sauver Paris à tout prix ! Il essaie alors d'orienter Von Cholitz à renoncer les ordres d'Hitler ! Délicat et Envoutant ! Pour moi, c'est aussi un avocat représentant Paris ...Bref, ce que j'ai beaucoup aimé dans ce film, c'est que j'ai eu l'impression de voir une pièce de théâtre, vivante avec une belle variété des scènes du bureau et de différents positions des comédiens André Dussolier et Niels Astrup ! Pour mieux en cerner le contexte, allez voir aussi "Paris brule-t-il ?" Intéressant à connaitre ce fait méconnu !
Ce huis clos est passionnant. Basé en partie sur des faits historiques, il relate la rencontre entre un diplomate suèdois (excellent Gérard Dussolier) et le général allemand qui gère Paris (Niels Arestrup, brillant) une nuit d'aout 44. Le général a reçu l'ordre de détruire Paris et le consul va tout faire pour le faire renoncer à ce projet. Le film est court et bien rythmé et cet affrontement verbal entre ces deux hommes est fort bien dialogué.
"Les généraux ont le pouvoir de détruire, plus rarement celui d'édifier...", c’est par cette phrase empruntée à Pierre Taittinger (dans l’histoire vraie, et dont le rôle est occulté) et mise dans la bouche de Nordling que le diplomate trouve l’un de ses ultimes arguments, au détour d’une crise d’asthme, pour convaincre le gouverneur allemand. Cela en fait une belle histoire, haletante, tout en souplesse d’un côté (André Dussolier, élégant diplomate) et tout en rudesse de l’autre (von Choltitz, formidable Niels Arestrup). Mais une histoire qui emprunte davantage au mythe, notamment aux mythes réconciliateurs d’après-guerre, qu’à la réalité. Il y eut bien un von Choltitz, tout juste nommé dans le contexte post-putsch avorté du 20 juillet 1944, mais ce dernier s’est avant tout résolu à ne détruire Paris par manque de moyens d’abord (manque de dynamite, barricades de l’insurrection qui l’empêche de plastiquer davantage de ponts, canons commandés mais pas encore arrivés) et par peur ensuite (dans son ultimatum, le général Leclerc le menace de le faire comparaitre pour crime de guerre s’il s’attaque aux monuments de Paris). Il y eut bien un Nordling, qui rencontra von Choltitz plusieurs fois, mais qui fit une crise cardiaque le 22 aout... Surtout, le consul s’est attelé à négocier libération de prisonniers politiques et cessez-le-feu (à la demande des gaullistes face au péril communiste). Bref, tout le mérite de ce face-à-face, dont Volker Schlöndorff revendique l’inspiration auprès de l’excellent « Le Souper », est de mettre en avant le poids des décisions humaines dans le déroulement de l’Histoire. Mais, il est regrettable que les véritables mobiles (préserver son avenir pour le consul, sauver sa peau pour le gouverneur) soient effacés derrière des apparences généreuses, qui desservent une compréhension des véritables ressorts de l’histoire telle qu’elle fut.
Pièce de théâtre filmée avec élégance, sobrement, et sans chichi, « Diplomatie » fait la part balle aux acteurs et au dialogue avec un jeu du chat et de la souris passionnant entre ces deux personnalités dont l’un, en situation de faiblesse, semble bien décidé à aller au bout de sa mission. Tout l‘intérêt du film réside donc dans les arguments et dans la manière dont ceux-ci sont avancés par le diplomate suédois et comment celui-ci va trouver la faille qui va permette au gradé allemand de renoncer à exécuter les ordres. A la fois charmeur, poète, psychologue, le diplomate suédois tente toutes les approches, louvoie et joue de toutes les roublardises face à ce monstre de froideur pour arriver à ses fins. Le résultat donne un film assez brillant pour sa rhétorique, un film sans temps mort porté par deux grands acteurs que sont Niels Arestrup et André Dussollier et pour lesquels le rôle n’a plus aucun secret.
Racontant la méconnue passe d’arme entre le gouverneur nazi de Paris et un diplomate suédois à la veille de la libération de la capitale française par les alliés où ce dernier tente de convaincre le général de ne pas faire sauter la ville comme ordonné par le Führer. Porté par deux formidables comédiens – André Dussolier et Niels Arestrup – ce film certes très court passionne de bout en bout grâce à une écriture musclée et parfaitement ciselée et une remarquable précision dans la direction d’acteurs.
Film très intéressant dont les principaux succès sont le long dialogue et les talents de persuasion. Tiré d'une pièce de théâtre, le film s'en ressent dans la mise en scène et dans le fait que 95% se passe dans un seul lieu : le bureau du général. Très bonne prestation d'André Dussollier et surtout de Niels Arestrup extrêmement convaincant dans le rôle du général allemand. Très bon film !
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2,5
Publiée le 5 juillet 2014
Adapté de la pièce du même nom avec les deux mêmes rôles titres, Diplomatie nous fait vivre une rencontre fictive entre Nordling et Choltitz car en réalité il semble qu'ils se sont plutôt rencontrés pour la libération de prisonniers. Le film est intéressant il est porté par deux très grands acteurs et orateurs que sont André Dussollier et Niels Arestrup, les deux s'affrontent dans une joute verbale ou chacun à son tour à l'avantage et a les clés pour faire rompre son adversaire et tout ça sans violence. Malgré que le film soit impeccable sur le papier il manque quand même quelque chose comme une vraie tension et surtout du suspens car bien évidement on connait la fin.
Quand on voit Paris aujourd'hui, on a du mal à se faire à l'idée que tout cela ne devrait plus exister (surtout lorsque l'on y vit). C'est pourtant bien de la destruction de la ville, évitée de peu, dont on parle ici. On sait d'entrée que la réalité historique n'est pas respectée : les deux hommes se sont vus sur quinze jours, et non une nuit, et on ne sait pas vraiment ce qu'ils se sont dits. Mais Volker Schlondorff et le scénariste Cyril Gély (qui adapte lui-même sa propre pièce à succès) nous offrent là un vrai moment de...
L'introduction met tout de suite dans l'ambiance du film. Il s'agit en réalité d'un débat sur le devenir de tout un peuple : Si Paris disparaît alors que les alliés sont à ses portes, qu'arrivera-t-il à l'Allemagne après sa capitulation ? Quelle sera la vengeance des peuples occupés ? Doté d'images d'archives lorsque Paris "brise ses chaînes", le film est joué finement par deux grands acteurs liés, oserai-je le dire, par le sort de la plus belle ville du monde.
Il est toujours très difficile de transposer au cinéma une pièce de théâtre. Certes, certains réussissent très bien, mais nombreux sont ceux qui se cassent les dents, même parmi les plus grands. Cf. Polanski avec "Carnage". N'ayant pas vu la piècede Cyril Gely, je ne peux pas comparer le film à la représentation théâtrale. Par contre, je peux dire que la réalisation de Volker Schlöndorff m'est apparue comme une belle réussite. Aidé par les deux comédiens hors-pair que sont Dussolier et Arestrup, créateurs de la pièce qu'ils ont joué plus de 200 fois, il alterne intelligemment les confrontations entre le général allemand et le consul suédois et les scènes sur ce qui se passe ailleurs au même moment. 3 remarques : on sait que la vérité historique est différente de ce qu'on nous présente, mais ce n'est franchement pas gênant; on sait dès le début comment, grosso-modo, cette confrontation va se terminer, mais ce n'est pas gênant; il y a par moment une utilisation trop intrusive d'une musique assez pompière, et là, c'est plutôt gênant !
Le réalisateur du « Tambour » (1979) adapte une pièce te théâtre de Cyril Gély reprenant dans les deux rôles principaux André Dussolier et Niels Arestrup qui avaient participé aux côtés du metteur en scène Stéphan Meldegg à l’aventure théâtrale entamée en 2011. C’est autour de la controversée destruction de Paris supposée programmée par Hitler que Gély a construit sa pièce, ramassant sur une seule nuit les négociations qui ont eu lieu entre un consul suédois Raoul Nordling (André Dussolier) et le général Dietrich von Choltitz pour surseoir à un ordre de destruction massif de toues monuments historiques et habitants. La vérité n’a jamais été établie sur l’ampleur des moyens de destruction entre les mains du général et sur la réalité effective de l’ordre venu d’Hitler lui-même. Le scénario écrit par Schlöndorff et Gély choisit bien sûr l’option la plus dramatique pour nourrir un suspense déjà limité par la réalité historique. Ce huis clos rappelle en nettement moins virtuose la joute oratoire que s’étaient livrés Claude Rich et Claude Brasseur dans « Le souper » d’Edouard Molinaro en 1993 où les deux acteurs dans les rôles de Talleyrand et de Fouché reprenaient eux aussi leurs tenues de scène. Si les deux acteurs sont excellents notamment Niels Arestrup qui joue à merveille l’ambiguïté de ce général pris dans la tenaille de ses douloureuses contradictions, le scénario a du mal à trouver sa crédibilité utilisant des ressorts dramatiques de circonstances trop visibles comme le malaise final de von Choltitz qui va finir d’emporter la décision. En dehors de la confrontation de deux monstres des planches et de l’écran qui semble être la justification de ce film on peut être déçu par cette réalisation de Volker Schlöndorff qui nous avait habitué à plus de maîtrise dans ses adaptations littéraires.
Un superbe tête à tête pour une histoire vraie sur Von Choltitz, cet officier allemand qui a sauvé Paris de la destruction en s'opposant au Führer. On reprend de fait l'histoire de Paris brûle-t-il qui lui a plutôt vieillit. Ici, le film se déroule à la façon d'une pièce de théâtre, normal, c'est adapté d'une pièce! Même si quelques longueurs traînent par ci par là, le duo d'acteurs maintiennent l'intérêt durant l'ensemble de cette réalisation.
Superbe partie d'échec (et jeu d'acteurs !) entre le général allemand voulant faire sauter Paris avant la débâcle (ordre d'Hitler) et un diplomate suédois (consul)... Cette joute historique est un régal intellectuel de minutie même si on devine évidemment la fin (Paris est toujours là !!) Bref, les 88 minutes du film passent vite... Un bon moment et une page d'histoire, ça ne fait pas de mal...
Dans le contexte de la libération de Paris en 1944, "Diplomatie" met en scène le bras de fer opposant le gouverneur de Paris Dietrich von Choltitz et le diplomate suédois Raoul Nordling sur la question épineuse de la destruction de la Ville Lumière. Les deux personnages sont magnifiquement incarnés par Niels Arestrup et André Dussollier. Ces derniers sont parfaitement rôdés puisqu'il jouaient déjà ces rôles dans la pièce de théâtre éponyme. Cette confrontation entre les deux protagoniste est source de dialogues croustillant menant à plusieurs réflexions comme la nécessité de préserver le patrimoine culturel ou encore, plus classique, celle de l'obéissance aveugle d'un militaire à son supérieur. Evidemment, tournant toujours autour du même sujet, le propos devient parfois redondantet l'échange verbal perd de son rythme. Si "Diplomatie" n'a pas un grand intérêt historique, le film n'en reste pas moins plaisant et de bonne facture.