"Diplomatie" est assurément un grand moment de cinéma en nous présentant ce face à face historique entre le consul suédois, Nordling et le général allemand, von Choltitz, une véritable lutte verbale d'un enjeu énorme à savoir sauver Paris d'une destruction totale et quasiment inévitable, alors que les allies sont aux portes de la ville ! Et même, si ce fait historique ne s'est assurément pas réellement déroulé ainsi, et même si ce film fait suite à une pièce de théâtre, ce qu'il n'est pas du tout ici en l'occurrence, cette confrontation est tout de même superbement mise en scène et magnifiquement portée par deux acteurs, o combien brillants et passionnants... On retient en priorité Niels Arestrup complètement imprégné par son rôle en étant glissé dans la peau de ce général allemand prêt à tout pour exécuter coûte que coûte les ordres ! Sa position inflexible, son regard glacé en disent long sur son état d'esprit, sur sa capacité à gagner... Face à lui, mais plus en demi-teinte et pour cause, André Dussolier en diplomate est également remarquable en négociateur manipulateur. On boit et on déguste leurs mots, leurs paroles respectives tel un festin, en attendant impatiemment les répliques et les tactiques qui vont s'en suivre, fuser et rebondir, jusqu'à imaginer soi-même les arguments de dernière minute que l'on pourrait trouver et donner ! Et ainsi on médite quand Nordling cite cette phrase révélatrice : "Les généraux ont le pouvoir de détruire, plus rarement celui d'édifier..." ! Un excellent film dont l'intérêt et la tension extrême sont de bonnes raison à ne pas manquer, ainsi qu'une réflexion étonnante sur le pouvoir, le devoir et les limites de l'obéissance...
A défaut d'être un film sur la libération, la destruction manquée de Paris ou autre, c'est en fait un huit-clos directement adapté d'une pièce de théâtre éponyme. A défaut d'être un "film", on est donc plutôt sur une pièce de théâtre filmée, ornementée de quelques séquences extérieures ou d'archives, qui, il est vrai apportent peu à l’intérêt réel du film.
Diplomatie se veut à réaliser en fait, comme son nom le suggère un véritable éloge de la diplomatie. J'ai pu voir ainsi à l'oeuvre un duo Dussollier-Arestrup qui fonctionne à merveille, tenant le spectateur en haleine (ou presque) au rythme des joutes oratoires (un peu limite, on n'en conviendra), pendant un peu plus d'une heure.
C'est aussi un des rares films qui a le mérite de traiter historiquement, à travers des dialogues inventés une période, certes très futile, mais importante de l'histoire de France. C'est d'autre part assez drôle de voir que c'est un allemand Volker Schlöndorff qui l'a réalisé, peut être par amour pour Paris. Bref (et c'est regrettable!) un bilan honorable, mais sans plus.
Une pièce de théâtre adaptée au cinéma... mais avec quelle brio ! Les 2 acteurs sont impec, avec un petit plus pour Niels Arestrup dont le personnage passe par des étapes émotionnelles très variées : il est tantôt arrogant et cynique, tantôt extrêmement faible et émouvant. Schlöndorff nous étonnera toujours.
Tout d'abord rendons hommage à l'immense talent des comédiens, rodés, imprégnés, de leurs rôles. Raconté comme un thriller, cette confrontation en huit clos, nous tient en haleine jusqu'au bout. Bien sur, nous connaissons la fin, mais nous prenons plaisir à voir ces deux hommes s'observer, se jauger, s'épier, se séduire jusqu'à l'épuisement. Il y a quelques années E. Molinaro, avec son film " le Souper" (C. Rich et ur), aussi issu d'une pièce de théâtre, nous avait emporté de la même manière. Même climat d'urgence, même puissance d'interprétation, même enjeu, même séduction pervers et politicienne, aussi jusqu'à l'épuisement . PASSIONNANT !
Un film vraiment chouette. Il s’agit d’un véritable duel entre la diplomatie et la guerre, deux mondes en complète opposition qui restent campés sur leurs positions. On aurait pu penser que le film aller rapidement s’essouffler, mais il n’en est rien. Sans être palpitant (on se doute quand même de comment tout ça va finir, même si c’est une fiction), on reste quand même accroché à l’histoire. Tournée façon pièce de théâtre (d’où est tirée l’adaptation), les scènes se suivent de façon très fluides, on suit peu à peu le processus de dialogue entre les deux personnages jusqu’à la toute fin, comment chacun essaye de convaincre l’autre d’adopter son point de vue jusqu’à ce que l’un d’eux finisse par flancher. Des dialogues vraiment bien menés, créant une véritable tension qui se maintient tout le long. Chacun des deux protagonistes proposent des arguments contre lesquels on n’a pas grand-chose à redire. Le final, bien qu’attendu, est néanmoins super bien tourné. Le duo Dussolier-Arestrup fonctionne à merveille, chacun étant impérial dans son rôle. Sur le plan technique, le film tire là-aussi beaucoup de la pièce de théâtre, que ce soit dans la mise en scène, les décors ou la musique. La mise en scène est donc minimaliste mais très efficace et immersive, jouant beaucoup sur la position des acteurs, les décors. Décors qui sont par ailleurs super. Quant à la musique, elle est à peine présente sauf pour les scènes de tension maximale. Bref, au final Diplomatie est un film vraiment chouette comptant une histoire de fiction qui nous fait quand même froid dans le dos quand on y pense.
Voilà film sur la guerre qui nous en parle sans nous amené dans les tranchées. Ce film adapté d'une pièce de théâtre prenez le risque de tirer en longueur à cause de huit clos et du peu d'acteurs présent, mais le réalisateur à réussi sortir de cette chambre d'hôtel et le duo Arestrup/Dussolier est d'une justesse exceptionnelle. Malgré quelque moment un peu lent le film traite d'un sujet très intéressant et le traite très bien.
Un bon film avec ce face à face entre André Dussollier et Niels Arestrup. Pas grand chose à dire dessus, c'est une histoire intéressante qui est bien adapté à l'écran après son succès au théâtre. On ne se rend peut être pas toujours compte de l'importance du moment, le film manque peut être de grandeur. Mais très bon moment globalement.
Un très bon film servi par deux immenses acteurs et dont la tension dramatique n'est pas entachée par l'issue que tout le monde connait. Mention spéciale pour Arestrup, stupéfiant dans le rôle de von Choltitz.
Bjr, ayant vu et adoré la pièce, je craignais un peu que la version filmée perde de l'intensité dans la joute verbale entre le militaire et le diplomate. Bonne surprise, il n'en n'est rien grâce aux mêmes acteurs aussi convaincant au cinéma qu'au théâtre et une utilisation subtile des gros plans sur les visages qui rendent bien compte de l'affrontement entre un militaire fidèle à son devoir mais usé physiquement et moralement et un diplomate rusé qui lutte pied à pied pour forcer le rigoureux prussien à ne pas devenir un assassin au yeux de l'histoire. Bien que totalement romancée cet affrontement rend bien le conflit intérieur qui tenailla le général allemand militaire rigoureux mais pas aveugle et fanatique qui comprit très vite que Paris était indéfendable et vouloir la détruire aussi inutile que criminelle. Pour une vision plus véridique on relira avec plaisir "Paris brûle t'il" de D. Lapierre et L. Collins. Bien sûr rien à redire sur las acteurs impeccables, je suis bien content de les avoir vu sur scène surtout Dussolier qui n'est plus tout jeune malgré tout.
Après avoie volé les œuvres d'art européennes dans le prochain Clooney (The Monuments Men), Adolf Hitler voulait aussi détruire Paris jusqu'à son anéantissement total. Pourquoi ? Tout simplement parce que Berlin était en ruine et que la capitale française resplendissait malgré la guerre. Pas par stratégie politique donc, mais par jalousie. Le général nazi Choltitz est responsable de cette opération, mais le consul Nordling intervient chez lui la nuit du 24 août 1944 pour tenter de l'en dissuader.
Personne mieux que Dussolier et Arestrup ne pouvaient interpréter ce Consul et ce Général. Et ces derniers ont très bien fait de reprendre leurs rôles dans cette aventure historique, commencée sur les planches en 2011. Pour les amateurs de septième art, il est assez jouissif de voir deux monstres du cinéma se donner la réplique avec une telle aisance et une telle maîtrise interprétative. Déjà juste pour cette raison, nous nous devons d'aller voir Diplomatie.
Tiré d'une pièce de théâtre, il est cependant regrettable de voir que le récit sort quelquefois de l'appartement pour prendre la direction des rues parisiennes. Car c'est en s'éloignant de cette pièce que cette œuvre perd de son intensité. Diplomatie n'aurait pu s'en tenir qu'à cette unique salle pour nous enfermer dans un terrible huit-clos suffocant, où se jouerait l'avenir de la France et du monde. On peut utiliser en effet le conditionnel car une autre interprétation est possible. Le consul Nordling, débarquant comme par magie d'un escalier secret, n'est peut-être jamais venu cette nuit-là. Grâce à la subtilité du jeu d'Arestrup, son personnage paraît à la fois odieux et humain, et ce serait ces deux facettes psychologiques qui se répondraient l'une et l'autre durant une heure et demie. À vous maintenant de juger de la bipolarité humaine...
Au-delà de ce fait historique, cette adaptation rend hommage aux pouvoirs des mots et à la science de l'argumentation. Comment, en l'espace d'une nuit, pouvoir persuader un homme aux convictions certaines ? Demandez à André Dussolier, toujours aussi persuasif et habile avec les mots au fur et à mesure que les années passent. Liés à ce sujet complexe et souvent revisité au cinéma, des thèmes bien connus sont soulevés. Comme la question de savoir si l'homme doit obéir à tout ce qu'on lui dit, et ce malgré les conséquences que cela engendre (Eichmann). Pour cela, nous vous laisserons voir Hannah Arendt, confirmant que les films entre eux ne font que se répondre sans cesse.
Les principaux protagonistes qui firent les beaux soirs du théâtre de la Madeleine à Paris pendant 3 mois, interprètent, quelques 3 années plus tard, les mêmes rôles sur le grand écran.
Cette fois-ci sous la baguette du grand Volker Schlöndorff qui démontre, une fois de plus, sa virtuosité dans une réalisation sans faille aucune.
Si la vérité historique reste loin, à la fois du spectacle théâtral et de celui présenté sur grand écran aujourd'hui, il n'en reste pas moins un grand moment de cinéma. Tout est connu et su d'avance et pourtant l'intérêt ne faiblit pas, les dialogues sont forts et frappent comme autant de coups de fouets, avec de temps à autres, quelques moments d'un humour bienvenu.
Le réalisateur avoue "La chambre avec un double fond et l’escalier secret par lequel la maîtresse de Napoléon III aurait eu accès à l’hôtel sont de pures inventions. J’aimais bien ce côté théâtre de boulevard, avec l’humour dans les dialogues aussi." "- La France ne s'en portait pas plus mal" rapporte André Dussollier dans le rôle de Raoul Nordling.
Pour coller au plus près de son œuvre initiale, Cyril Gély scénarise le film.
Des images d'archives viennent ponctuer brièvement cet exercice difficile, celui de rendre passionnant un huit clos qui aurait pu faire sombrer dans l'ennui. C'est tout le contraire.
Grâce essentiellement à André Dussolier et Niels Arestrup, dans ce face à face où chacun avance ses pions avec malice et méfiance. Deux grands talents qui semblent s'amuser de leur propre manigance pour le plus grand plaisir du spectateur.
Paris reste une ville unique au monde. Les dernières images du film ne viendront pas contrarier mon affirmation, qu'elles soient prises des terrasses de l'hôtel Meurice ou pendant cette courte balade sur la Seine entre le Pont de Bir-Hakeim et le pont Alexandre III.
Ce film est une pure merveille tenue par deux grands acteurs Film assez court mais d'une intensité et d'une tension rare entre un général sur de lui et un consul voulant sauveer sa ville d'adoption qu'est Paris
Le film aurait pu etre très ennuyeux car il constitue un huit clos entre deux personnages mais le jeu des acteurs et les dialogues sont d'une telle puissance qu'on ne peut qu'applaudir
A voir absolument pour tous les fans de cette période ou pour ce duo d'acteur magistral