Une bonne dose de suspense, une intrigue solide, un soupçon d'exotisme et des acteurs au top, voilà les ingrédients d'un thriller très réussi. Le trio Mortensen/Dunst/Isaac magnifie un scénario digne des meilleurs films hitchockiens, dont il serait difficile de ne pas faire un parallèle. Des premières minutes jusqu'à un final à couper le souffle, on est transportés au cœur d'une Grèce dictatoriale qui sert de cadre à une intrigue des plus saisissantes. Cela faisait longtemps qu'un thriller ne m'avait autant emballé.
Une tentative de thriller à la HItchcock, basé sur une trame des plus classiques à peine relevée par les compositions des acteurs. C'est là où le bât blesse sérieusement: on a le sentiment que Viggo Mortensen est un peu tout seul pour relever la sauce de ce plat habilement concocté mais sans âme, sans saveur nouvelle. Kirsten Dunst joue à peine les utilités, et que dire d’Oscar Isaac qui semble passer son temps à promener son spleen d'une scène à une autre? Difficile d'accrocher à l'intrigue (pourtant le film est bref), le tout se déroule dans un décor de carte postale qui fut maintes fois et mieux filmé ailleurs. Quelques éclats viendront sauver les apparences mais ce film n'est pas inoubliable, tant s'en faut.
Un beau casting, un scénario hitchcockien, des beaux décors, une belle image, une belle lumière, tout est réuni pour nous faire passer un bon moment dans ce thriller. Enfin presque. Car tout le monde ne peut pas être Hitchcock et ici c'est un véritable problème. L'histoire n'est pas assez construite, fournie, enrichie, pour nous maintenir en haleine. Beaucoup de pistes sur le passé des personnages sont abordées mais jamais réellement exploitées et on reste sur notre faim. La réalisation est bien faite car elle amène du suspens et arrive par moment à remplir les trous manquants du scénario. L'image et la lumière sont magnifiques. Couplées aux décors, l'ambiance du film est bien présente et renforce le suspens. Le trio d'acteurs est parfaitement trouvé et ne nous déçoit pas. Dommage que les personnages n'ont pas été plus construits, plus approfondis, car l'histoire aurait gagné en puissance et en crédibilité.
Janus, dieu grec aux deux visages, a donné son nom au mois de Janvier. Son mythe, repris par une célèbre auteure elle-même adaptée par Hossein Amini, scénariste de Drive (non, je ne me suis pas renseigné plus que ça, oui, c'est parce que "The Two Faces of January" ne m'en a pas donné envie), se déroule ici au travers du personnage de Chester January (Viggo Mortensen, un cador à n'en pas douter) et ses vices à peine cachés par une apparence chic de gentleman accompli. Plus encore, l'intérêt des appuis mythologiques de ce scénario plutôt fouillé réside dans la relation ambivalente dont ils sous-tendent la construction, entre lui et Rydal (Oscar Isaac, complètement impliqué), un guide touristique spécialisé dans l'escroquerie qui succombe rapidement au charme de madame January (Kirsten Dunst, sous-utilisée et un peu agaçante). Je ne sais donc pas vraiment d'où vient mon indifférence devant le déroulement de ce jeu psychologique qui paraît écrit avec inspiration mais n'installe jamais une emprise réelle. Le manque de rythme y est sans doute pour beaucoup, ainsi que la linéarité cotonneuse d'une mise en scène-carte postale qui n'a rien de très stimulant. Le classicisme est d'ailleurs autant narratif que formel, rendant ce thriller désuet plutôt cliché. Pas l'idéal pour croire à une histoire qui cherche avant tout son suspense dans les méandres internes des personnages mais met de plus très longtemps à leur offrir une dimension minimale. Vraiment, juste une goutte de plus dans un océan, celui de tous les films assoupis que l'histoire du cinéma a vu se noyer dans la masse.
Assez bon film. La première partie est plutôt longue, la deuxième plus intéressante et plus vivante. Un film avec 3 acteurs excellents; l'histoire comporte cependant quelques incohérences mais on se laisse prendre par le récit, c'est bien réalisé techniquement mais il n'y a peu de recherche de style : c'est du polar bien fait. On est quand même assez loin d'Hitchcock, d'autant qu'il y a ici aucun humour.
The Two Faces of January est très beau à regarder mais il est également très vide et très creux. Pourtant le casting est plutôt réussi. Malheureusement on n'y croit pas une seule seconde. Ni le triangle amoureux ni l'intrigue policière ne fonctionnent et on se retrouve devant un objet cinématographique étonnant venu d'un ancien temps dont la beauté visuelle (lieux de tournage et cinématographie y sont très réussis) est hypnotisante mais dont l'écriture est trop superficielle. C'est d'autant plus dommage que de nombreux indices sont donnés tout au long du film pour finalement ne rien en faire à la fin. C'est comme si on demandait au spectateur de faire un puzzle avec les mauvaises pièces. Le film laisse donc le spectateur dans un état de frustration exaspérant.
Un drame psychologique interprété à merveille par les deux protagonistes Mortensen et Isaac (Dunst fait de la figuration). Je suis impressionné par ce film, tout est maitrisé, de la photo au scénario en passant par le rythme insufflé au film, pendant lequel on ne s'ennuie pas ! Les paysages grecs sont hyper beau et donnent un cadre parfait à ce film, une grosse réussite.
Véritable film noir Hitchcockien plus que thriller, ce film à l'intrigue classique et au rythme assez lent vous tient en éveil grâce à une photo remarquable et une interprétation de qualité. Viggo Mortensen nous livre encore une prestation de très haut niveau. Les nostalgiques des films noirs des 60's et des suspenses psychologiques du maître Alfred ne peuvent qu’apprécier! Pour les autres, si on entre dans le film on ne décroche pas.
Franchement, On ne voit pas l'intérêt ! c'est censé se rapporter à Hitchcock, mais ou est l'humour et ou sont le charme et la séduction ??? cette reconstitution de 1962 ressemble aux nanars de cette époque, on ne voit pas ou le cinéaste veut en venir et on s'ennuie ferme !
Qualifier ce film de "thriller" est un peu exagéré. La tension installée dans la première moitié du film peine à tenir la durée. La seconde moitié en forme de Road Movie est plus convenue. Le jeu du trio d'acteur aurait mérité des dialogues et un scénario plus soutenu pour briller davantage. Enfin, la réalisation est assez académique. Pas déplaisant mais loin d'être immanquable.
Le pitch et les premières images promettaient un retour aux bons vieux thrillers d'antan. Mais la mise en place du suspense, si chère à Hitchcock par exemple, n'est pas du tout maîtrisée ici. A maintes reprises, l'intrigue pourrait prendre une direction intéressante, garantissant le maintien d'un climat de tension pour les protagonistes et le spectateur. Mais l'absence de révélation inattendue ainsi que les curieux choix scénaristiques font que l'ensemble s'essouffle plutôt rapidement et peine à retenir notre attention.
Un long métrage discret, reprenant des thèmes et une histoire très présents dans les années 60 et dans le cinema d'Hitchcock. Le duo d'acteurs fonctionne relativement bien et certains passages restent qualitatifs.
Un film qui distille la même atmosphère d'ambiance d'arnaque classieuse que "Le talentueux Mr Ripley" sans toutefois en atteindre la force ou la complexité scénaristique. Assez plaisant dans l'ensemble même s'il ne se passe pas forcément grand-chose et que l'essentiel de l'intrigue repose sur le rapport de séduction entre les personnages, un polar à la photographie superbe et à la mise en scène consciencieuse. Si Oscar Isaac joue dans son registre habituel, Viggo Mortensen est plutôt intéressant dans son rôle. Pas mal du tout.
Seule la composition de Mortensen est intéressante, bien que son personnage soit peu crédible car trop faible avec ses crises d'alcoolisme. Les comédiens qui interprètent les deux autres protagonistes manquent de charme et de charisme. On pense évidemment à Ronet, Delon et Marie Laforêt dans Plein soleil et la comparaison est accablante. Les relations entre les deux personnages n'ont pas la subtilité et le parfum de mystère qu'on retrouve généralement dans les romans de Patricia Highsmith. Bref, cette adaptation laborieuse n'est guère convaincante. Sans compter une chute qu'on attendait cruelle et qui sombre dans la guimauve. Décevant.
Autour de ce projet, des noms qui font saliver : le génial et trop rare Viggo Mortensen, Oscar Isaac -que j’adore depuis Drive-, la magnifique Kirsten Dunst, et Hossein Amini, qui signe ici sa première réalisation. Pourquoi son nom suscite l’intérêt ? Anciennement scénariste sur des films comme « Blanche-Neige et le chasseur », « 47 ronin » mais surtout de « Drive », l’homme a raconté avoir été impliqué dans toutes les étapes de création du chef d’œuvre de Nicholas Winding Refn. Comment espérer autre chose qu’une réussite venant de quelqu’un ayant tout appris du danois ? Hossein Amini signe avec son « The Two Faces of January » une œuvre soignée de grande qualité. Impossible de nier que l’attrait initial provient surtout du superbe trio d’acteurs. Trois américains ayant déjà fait leurs preuves au service d’un réalisateur iranien novice, trois acteurs parfaitement convaincants dans leurs rôles respectifs. Tellement convaincants qu’on a l’impression que les rôles ont été écrits pour eux. Il paraîtrait même qu’Oscar Isaac a appris le grec en quatre mois pour son rôle. Cela apporte encore plus de crédibilité à son personnage. Jeune américain servant de guide touristique, Rydal n’est jamais blanc et jamais noir. Le personnage est délicieusement nuancé. C’est une qualité qui peut être attribuée au couple MacFarland également. Chester plus particulièrement, avec sa jalousie, sa légère propension pour l’alcool, son tempérament à la fois glacial et volcanique, passionne. La relation se nouant entre les deux hommes est complexe. Ils se haïssent, ne souhaitent que se débarrasser de l’autre, mais restent unis ("comme les deux doigts de la main" selon Chester) par leur secret et leur amour pour la belle Colette. L’intrigue quant à elle est haletante. La tension est présente dans les magnifiques terres grecques. C’en est presque un film touristique tellement les lieux qui nous sont montrés sont beaux. Le film peut sans peine être qualifié de solaire. Le soleil grec tape presque sur nos têtes dans la salle obscure. Finalement, il en devient presque rassurant. Les scènes de nuit n’annoncent jamais rien de bon, et des passages clés s’y déroulent. La mise en scène d’Hossein Amini est remarquable. Pour un premier film, c’est un coup de maître. Seule la scène de course poursuite finale est un peu trop confuse, la caméra tremble trop et c’est dommage. Enfin, mention spéciale pour les thèmes d’Alberto Iglesias, angoissants et envoûtants. Une première œuvre très réussie, qui je l’espère sera le début d’une belle filmographie pour Amini.