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Sonia K.
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0,5
Publiée le 24 décembre 2018
L' interprétation est de bonne qualité (H. Vidal, S. Reggiani, M. Vlady, R. Dalban, J. Duby) mais ce film est nullissime du fait d' un scénario absolument invraisemblable; on n' y croit pas une seconde et l' on a hâte d' en finir. spoiler: Tout est cousu de fil blanc, et avant tout la réaction de M. Vlady face aux deux évadés. Le film eut très peu de succès à sa sortie et l' on comprend bien pourquoi! A éviter.
Film relativement médiocre malgré une bonne distribution : Henri Vidal, Serge Reggiani et Marina Vlady. Seule cette dernière sort du lot dans son interprétation. On s'ennuie souvent, la réalisation est ratée. Robert Hossein fera beaucoup mieux ultérieurement.
Premier opus (1955) de la filmographie de Robert Hossein en tant que réalisateur, ce polar tiré de l'oeuvre de Frédéric Dart est très largement desservi par un scénario totalement raté.
Alors certes on est au cinéma, mais ici même la logique interne de l'histoire n' est pas respectée.
Sans doute réalisé en grande partie pour lancer la carrière de sa jeune et jolie nouvelle compagne qui deviendra bientôt ( mais pas pour très longtemps) son épouse, Marina Vlady, Hossein paraît avoir perdu de vue l'essentiel.
Chez Hossein il y a la volonté de se placer dans une inspiration parallèle à celle de Roger Vadim : le pseudo-erotisme.
On pense évidemment à certaines scènes de " Et Dieu créa la femme" avec ses plages désertes du sud de la France où BB exposait ses formes en maillot de bain ( le bikini de Bardot est ici cantonné au une pièce de Vlady).
La photo et le casting ( Reggiani et un des acteurs vedette de la période Henry Vidal - il disparaîtra prématurément) sont pourtant réussis mais après une première partie ( la meilleure) située dans l'univers carcéral, " les salauds vont en enfer" se délite peu à peu au point qu'on finit par lâcher prise.
Vlady ( elle eut une longue carrière mais elle n' eut que rarement l'occasion de tourner avec de grands metteurs en scène ) dira qu'elle ne comprendra pas l'échec du film au regard de la production de l'époque.
Elle a ici, grâce à un visage aux traits slaves ( elle est d'origine russe ) un côté Harriett Anderson dans " Monika " de Ingmar Bergman réalisé deux ans plus tôt. Le film reste, malgré ses défauts une petite curiosité.
Robert Hossein n'a jamais été un bon cinéaste. Il commence sa carrière de réalisateur avec un dramatique nanar dont la maladresse et le ridicule n'épargnent aucun des personnages et font des acteurs des victimes collatérales. Car, entre une direction d'acteurs grotesque et des personnages dont les comportements sont un défi permanent aux lois de la rationalité et de la plus élémentaire psychologie, Henri Vidal et Serge Reggiani (sans oublier Robert Dalban, en inénarrable gardien de prison) proposent une interprétation pathétique. Comment en serait-il autrement ? Si les salauds vont en enfer, les imbéciles aussi. Les codétenus antagonistes Macquart et Rudel s'y dirigent tout droit. On fait connaissance avec eux dans une première partie carcérale qui se signale par une complète absence de réalisme et qui tire le sujet vers le comique involontaire (au point que la production, en exergue, a cru bon de dédouaner l'administration pénitentiaire française). On est confondu par la balourdise et l'ingénuité de la mise en scène. Et cette musique emphatique qui scande les moments forts... Dans la dernière partie du film, la charmante et inconsistante Marina Vlady, qu'Hossein filme soit en icône, soit en mannequin en maillot de bain -et qu'il épousera avant la fin de l'année- complète le tableau. Evidemment, les dialogues sont à l'avenant, souvent inadéquats, qui brouillent la relation entre Macquart et Rudel, tantôt complices, puis ennemis à se taper dessus l'instant d'après. Forcément, on en vient à se demander quelle est la valeur de la pièce de théâtre éponyme de Frédéric Dard dont le film est l'adaptation.