En avançant dans la découverte de cette fratrie, nul doute qu'il est question bien davantage des purges orchestrées par les gouvernants argentins que d'un quelconque accident parental... Davantage affalées que debout depuis la mort du pilier restant, la grand-mère, ces trois jeunes filles sont plus à fleur de peau que la normale dans l'art de s'entraider ou se heurter. Tout porte à se focaliser sur le charme de Maria Canale, la plus "carrée", celle à plus forte présence, sa progression face à la furie Sofia est en droit fil du cinéma d'Amérique Latine contemporain, un jeu feutré, lent... vers un pic qu'on n'imaginait pas aussi violent. En parallèle, il y a ce voisin pour aider à se réveiller, ce lit qui tressaute l'air d'inviter à copuler, voire à engendrer. Le synopsis laisse croire que Violeta disparaît alors qu'elle s'éclipse dans le style "she's leaving home"... La séquence où ces demoiselles écoutent un disque montre leur triple émotion, la musique d'autrefois ultra-douce, presque une autre vie... C'est joliment filmé, avec larges arrêts sur objets, meubles, notamment l'escalier ciré. Un peu trop statique pour séduire le grand public, le sort de cette jeunesse aux racines arrachées alors qu'elle se pensait privilégiée, devrait trouver écho auprès des spectateurs endeuillés ou que le saut dans l'âge adulte transfigure.
"Trois soeurs" est un film assez curieux qui utilise peu de moyen pour enfermer le spectateur dans un huis-clos où il ne se passe quasiment rien scénaristiquement parlant... Pourtant, les personnages touchent par leur spontanéité, partagés entres des actes affectifs et maladroits. Beaucoup de non-dits, de scènes inutiles, peu de dialogues, des longueurs, qui confèrent malgré tout une réelle atmosphère au lieu.
L'histoire patine autour de cette maison et de ces trois soeurs dont nous ne savons pas grand chose. Elles habitent seules sous le même toit, leur grand-mère vient de les quitter. Nous restons confinés à l'intérieur du cadre la maison comme à l'intérieur d'une image; à la fois très ennuyeux, très énigmatique, très juste, très soporifique.
Etant moi-même issue d'une fratrie de trois soeurs, il est vrai qu'il est plus facile de s'identifier aux personnages, et à l'omniprésence de la non-action. Pendant que l'une veut louer un dvd l'autre fait cuire les pâtes. Oui, oui, techniquement parlant l'intrigue se résume à ça, mais soulève quand même des questions plus intéressantes par la suite. D'une scène à l'autre, sans savoir où cela va nous mener, dans un rythme hélas pas toujours très soutenu.
Si la mise en scène s'avère un peu statique et monotone, on retiendra surtout le jeu assez frais des actrices, avec une nonchalance très naturelle. Maria Canale est parfaite. Car finalement, le seul génie du film semble la manière de capter des expressions ordinaires, non caricaturales, qui ne laissent transparaître ni forme de bonheur ni forme de malheur, ni l'ennui ni la vie. Aucun excès de sentiment. Sur le moment c'est un peu lassant, mais il faut laisser mûrir le film pour en apprécier les subtilités.
Un registre neutre, creux et minimal, avec des longueurs. "Trois soeurs" n'est pourtant pas un film raté, mais reste brouillon dans ses intentions.
Retrouvez mes critiques sur: http://cineglobe.canalblog.com/
Le film argentin Trois soeurs témoigne d'une certaine tendance du jeune cinéma latino-américain. C'est un premier longs-métrage, très "auteurisant", destiné au public des festivals plus qu'à celui de leurs pays respectifs. Et il souffrent de graves défauts : le choix de se passer d'une intrigue consistante au profit d'une ambiance générale, une mise en scène souffreteuse, une monotonie qui lasse. Trois soeurs, de Milagros Mumenthaler est un huis-clos dans une maison bourgeoise centrée sur les relations complexes entre ces trois jeunes femmes qui viennent de perdre leur grand-mère. Quid des parents ? Mystère et boule de gomme. Quelques scènes créent un climat étrange, dans leurs rapports avec les hommes, notamment, mais rien de plus à se mettre sous la dent.
Habitués qu'on est à fréquenter la très bonne qualité moyenne du cinéma argentin, on est un peu désorienté de se retrouver face à ce premier long métrage de Milagros Mumenthaler : un film creux, dans lequel on attend vainement jusqu'au bout qu'il se passe quelque chose d'intéressant.
Un drame qui se regarde tranquillement, parfois trop tranquillement et qui nous emporte dans son rythme lent, qui nous endort petit à petit. Nous aimerions moins de mystères et plus d'explications à cette histoire. Concernant les personnages, il n'y a que peu de reproches à faire, elles sont toutes les trois remarquables dans leurs personnages et leurs relations est vraiment bien montrées et leurs évolutions également. Un bémol aussi sur la bande originale qui tantôt est bonne et tantôt transparente !!
Trois soeurs vivent ensemble dans la maison familiale que leur a léguée leur grand-mère qui vient de décéder. On ne sait rien des parents, on apprendra très peu de choses des motivations des unes et des autres. Une chose est sûre: le temps s'écoule et l'on ne sait pas au juste vers quoi l'on se dirige. Puis par petites touches quelques indices nous montrent un malaise, des jalousies, des rivalités, des soupçons: Marina est "accusée" d'avoir été adoptée et donc de ne pas appartenir à la famille; Sofia est soupçonnée de vendre ses charmes; Violeta disparaîtra avec un amant dont les soeurs n'avaient jamais entendu parler. Et la violence s'insinue, jusqu'à ce qu'elle devienne criante à la fin du film. Les objets jouent de ce point de vue un rôle capital: les meubles qui évoquent une mémoire que l'une souhaiterait faire disparaître, le portable de Sofia qui déchaînera la colère de Marina... Un tel film peut avoir ses partisans comme ses détracteurs. Les premiers bâilleront d'ennui, les seconds savoureront ce lent défilé d'images captées par une caméra très maîtrisée et d'une infinie douceur. Pour un premier film, il y a de quoi se réjouir. Un bon point pour le cinéma argentin...
Certes, le synopsis laissait présager quelque chose de terriblement ennuyeux et pourtant, rien de semblable à La Ciénaga (aussi présenté lors des Reflets du cinéma argentin) dans ce premier long-métrage à moitié bien réalisé. À savoir, la première moitié est très bien mise en scène tandis que la seconde aurait plus tendance à partir dans tous les sens (ou, au contraire, dans aucune direction), créant ainsi quelques longueurs plus ou moins négligeables. Fait notable : il semblerait que la maîtrise du récit s'estompe à l'instant même où Violeta s'envole pour un endroit autre que le foyer familial devenu plus ou moins supportable. Sans faire de conclusion hâtive, il apparaît clairement que la première chose qui tape littéralement à l'oeil dans ce film est sans conteste la beauté stupéfiante d'Ailin Salas, alias Violeta. Ainsi, peut-être la beauté de celle-ci aurait-elle emporté avec elle tout ce qui se rattachait alors à la mélancolie et à la poésie qui se dégageait de cette superbe première partie. Succèdent à la poésie un long moment de recherche où les deux soeurs ne semble plus évoquer ce sentiment de complicité qui se faisait jusqu'alors ressentir. Non, à la place, l'ensemble deviendrait presque prévisible, alternant les nombreux sales coups de Sofia envers Marina, qui encaisse plus ou moins bien. Violeta commence alors à manquer cruellement. Ainsi, jusqu'à la fin, la mise en scène semble patauger et efface par la même occasion l'idée d'une grande réalisation qui venait à (...) La critique complète est disponible sur http://alex-torrance.over-blog.com/article-avant-premiere-abrir-puertas-y-ventanas-101632573.html !
Un film lent, tout en délicatesse, qui se dévoile par petites touches. Je me suis laissé prendre au jeu jusqu'à la fin où une chanson vient éclairer cette histoire qui débute dans le désordre et où finalement chacun et toute chose trouve sa place.
Film très déconcertant et ennuyeux, cela fait penser à un film d'auteur où il ne se passe quasiment rien, où le temps s'écoule très lentement. Il y a trop de non-dits, de choses non explicitées, peu de dialogues, on ne connaît pas assez ces trois soeurs et le contexte pour s'intéresser à ce qui peut leur arriver. J'ai l'impression d'avoir perdu mon temps !