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    Gebo et l'ombre
    note moyenne
    2,6
    85 notes dont 28 critiques
    répartition des 28 critiques par note
    3 critiques
    4 critiques
    8 critiques
    6 critiques
    5 critiques
    2 critiques
    Votre avis sur Gebo et l'ombre ?

    28 critiques spectateurs

    Fontaine Leglou
    Fontaine Leglou

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    3,0
    Publiée le 6 octobre 2012
    Oh j'ai aimé ces 91 minutes de rigueur et d'austérité.
    Charles M.
    Charles M.

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    4,5
    Publiée le 5 octobre 2012
    Il faudrait une fois pour toute interdire le recours à la formule "théâtre filmé". Ou bien admettre que le cinéma, c'est toujours du théâtre filmé. Ici, Oliveira revient à la bouleversante quintessence de cela, abrupte et pas toujours aimable, en instaurant un espace et un temps bien à lui, fantastique et vrai, dans lequel il fait exister avec une économie de moyens qui fascine des acteurs sidérants (y compris Jeanne Moreau qui, échappant à Josée Dayan ou François Ozon, retrouve une espièglerie qu'on croyait à jamais disparue). Et puis il y a Michael Lonsdale, qui a toujours été grand (même dans Hibernatus, "ben si, vous avez dodeliné"), qui devient de plus en plus sublime, un peu comme Piccoli, tellement maître de ses moyens que l'idée même de jeu s'estompe au profit de la puissance de sa présence saisie par la caméra. Si ça, c'est pas du cinéma...
    Schwann
    Schwann

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    1,5
    Publiée le 5 octobre 2012
    Cela me désole d'écrire comme je m'apprête à le faire à propos de Manoel de Oliveira, que j'aime énormément. Mais franchement, Gebo et l'ombre, ce n'était pas tenable ; j'en suis même venu à repérer les faux-raccords entre les plans ou à me dire que tel dialogue aurait mérité telle retouche linguistique. Le personnage de Leonor Silveira est la victime, d'un bout à l'autre c'est elle qui nous touche, c'est elle qui a les intuitions qu'elle ne concrétisera jamais. Néanmoins, dans Gebo et l'ombre, le premier plan et le dernier sont des leurres, tout comme le concerto de Sibelius ou le personnage de Ricardo Trepa, ersatz de Raskolnikov - des vestiges d'un temps où Oliveira enthousiasmait, et avait l'étincelle, puis la flamme, derrière l'idée.
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    3,5
    Publiée le 3 octobre 2012
    Les papy sont en forme cette semaine, entre la sortie du Resnais, papy de 90 ans et celle du dernier Manoel de Oliveira bientôt 104 ans (oui oui) je pense qu'on ne peut qu'être admiratif. J'aimerai à leur âge avoir autant de cheveux que Resnais et la vivacité de ces deux réalisateurs (et tout simplement être encore en vie). Je ne connais pas très bien le cinéma de de Oliveira, je n'ai vu que ses deux films précédents et ce dernier, pour un total de trois films. C'est bien peu quand on voit que le gaillard sort encore un film par an alors qu'il a 100 ans passé. Enfin tant mieux, parce qu'il n'a plus tout sa vie devant lui. Donc je ne pourrai pas me lancer dans des grandes comparaisons ou autre. Mais je dois dire que ce film est bizarre. Je n'aime pas employer ce terme tout simplement parce que pour le profane tout est bizarre dès que ça sort du blockbuster bien calibré. Mais là c'est vraiment étrange. Il y a une atmosphère qui plane sur ce film faite d'étrangeté. Tout d'abord le film prend place à une époque et dans un pays inconnu. C'est un peu hors du temps, comme un conte, on se doute bien qu'on est pas à l'époque actuelle vu qu'il ne semble pas y avoir l'électricité, mais quant à donner une date précise impossible. Et la photographie du film, très bien léchée bien accentuer cette impression étrangeté. Parce que oui la photo y est pour beaucoup. On a l'impression parfois de voir une peinture avec ces éclairages éclairant une partie de la pièce et des murs délabrés. De plus le plan fixe vient rajouter à cette impression picturale. Je ne suis pas certain qu'on ait un seul plan en mouvement de tout le film. On a quelque chose d'une sobriété formelle absolue. Pas de raccord superflus, tout est économisé au maximum. Et finalement ça fait du bien. J'ai cru en voyant la première partie voir un film extrêmement calme, peut-être le film le plus calme que j'avais jamais vu. Mais en fait non. On est dans quelque chose de nerveux, de fou, mais ça ne passe pas par la mise en scène, ça passe par les situations et leurs implications. Je dirai que le film est segmenté par les différentes utilisations de la musique, une en générique de début, une au tiers, une au second tiers et une à la fin. Au moment où surgit la seconde musique alors que l'on ne s'y attendait pas on est comme happé dans l'écran par une sorte de folie furieuse évoquée par la musique. Et pourtant on est toujours en long plan fixe où il ne se passe rien, aucun dialogue, pas même un personnage à l'écran. Et à partir de ce moment le film sort de ce côté calme et triste que donne Lonsdale au film pour entrer dans une sorte de film avec une tension folle juste donnée par le poids du quotidien. L'absence de ce fils tant pleuré dans la première partie et qui soudain resurgit de nul part pour ne plus être montré dans les minutes suivantes pousse à se demande s'il était réellement là. Si on était pas dans le fantastique, ou dans l'hallucination pure et dure. Et puis le malaise s'installe. Ce fils n'est pas le fils prodigue dont l'on attend le retour. Il est bouillonnant, l'inverse de son père. Semble peu s'intéresser à sa femme. Les motifs de son retour sont inconnus. Et le film devient réellement pesant surtout qu'il s'agit d'un huis clos. On ne sort pas de cette salle à manger. Malgré la lenteur soutenue du film, difficile d'en décrocher. Et à la fin ça paraît bien trop court. C'est bien plus contemplatif qu'un Bela Tarr par exemple. Dans le cheval de Turin ce dernier s'amusait avec filmer ses patates de 36 manières, là, il filme toujours avec les mêmes plans fixes, cadre presque toujours ses personnages de la même façon. Là où Tarr tentait dans son intérieur d'être un virtuose, de Oliveira lui met une tension par ce côté ultra posé complètement hypnotique et glaçant. Après le film n'est pas parfait, je pense notamment à une scène où tout le monde a compris les intentions du fils sans même qu'on mette un plan sur son visage et du coup le mettre ce plan c'est un peu être redondant avec un certain discours qu'a tenu le fils avant et être un peu trop didactique. Sa micro réplique en hors champ aurait sans doute eu plus d'effet. Enfin là je chipote vraiment. Et puis voir Lonsdale, Moreau et Cardinale, trois pépés et mémés sous la caméra d'un mec encore plus vieux c'est émouvant. Surtout si on se rappelle de comment était Cardinale dans sa jeunesse. La voir abimée par le temps je trouve ça émouvant. Même les plus belles femmes finissent par flétrir, mais elles n'en restent pas moins charismatique. Mais ce n'est plus la femme à laquelle on pouvait mettre la main aux fesses en se disant que finalement, ce n'est pas si grave…
    Robin M
    Robin M

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    4,0
    Publiée le 4 février 2013
    http://lecinemaduspectateur.wordpress.com/2012/10/04/gebo-et-lombre/ | Manoel de Oliveira ne voulait pas signer un film sur la pauvreté pensant que cette dernière ne pourrait être visible au cinéma que par le biais du documentaire. Mais cette vision ne s’appuie que sur les caratéristiques palpables de la pauvreté. Palpable non pas dans le sens qu’on puisse toucher la pauvreté mais la ressentir. De Oliveira obscurcissait alors le fait que la pauvreté est également, voire principalement, morale. C’est justement la force de son film d’allier une pauvreté visuele, morale et même cinématographique. « Gebo et l’Ombre » est aussi l’alliance de la mort et de la pauvreté. La notion d’ombre n’est pas seulement destinée à cette présence pesante et fantomatique d’un fils à la dérive, mais aussi à la mort physique qui guette ces êtres arrivés en bout de course, et à la mort morale entraînée par une stagnation des idéaux perdus, suite à une acceptation de sa condition par le pauvre même.. C’est en créant des liens intimes entre moralité, vieilesse et pauvreté financière que Manoel de Oliveira vise l’universalité et fait de son film une oeuvre marquante. « Gebo et l’Ombre » est la confrontation entre des visions différentes de considérer le fait de vivre, mais qui prennent chacune comme socle le fait d’être né, resté ou devenu pauvre. Chez Gebo, la necéssité de vivre n’existe pas. Il ne recherche ni passion, ni sensation pour mieux accomplir son « devoir ». Le fait de désigner la vie comme un devoir symbolise Gebo comme un individu qui se pliera à la vie coûte que coûte en basant son comportement principalement sur l’acceptation de sa condition. Il ne cherche pas à s’en sortir, il ne veut rien changer de sa routine. Gebo n’est pas un vivant mais un travailleur. Il travaille jour et nuit puisque l’occupation ne donne aucune place à la pensée, et donc à une réflexion sur son sort. Il suffit de le voir instinctivement revenir, tout au long du film, à ses comptes, chiffres en dehors de toutes réalité. Toute la génération vieillissante ne vit pas le présent puisqu’il est le témoin de leur condition misérable, ne souhaite pas le futur forcément morbide (Candidinha – attachante Jeanne Moreau – n’a-t-elle pas déjà préparé sa mise en terre clamant haut et fort que la mort est si proche que ses « palpitations » peuvent l’avoir d’un instant à l’autre). Seul l’évocation fugitive d’un passé de séducteur fera naître un instant de joie, vite oublié. Le passé a déjà été modifié par un travail d’oscultation, pour ne garder que l’essence même de la vie. Pour Doroteia/Claudia Cardinale, la vie est encore plus cruelle. Elle vit dans la misère, comme les autres, mais y ajoute l’illusion d’un bonheur maternel bercé par des mensonges. Elle repose son souffle sur un fils discutable et égoiste, méprisant les êtres véritables (Gebo et Sofia) qui cherchent son bien. A cette immobilisme morale s’oppose un souffle révolutionnaire: Joao, l’ombre. Il revient non pour permettre un nouveau départ mais pour bousculer mentalités et émotions et poussé à la destruction. Il apporte les notions d’une âme noire qui recherche, elle, le sentiment de vivre, de sentir la vie même si elle ne sera représentée que par la faim. Les questionnements qu’il apporte sont des discours philosophiques qui marchent encore dans nos sociétés. Il met en avant la place de la déviance qui existe en tout être. La déviance ne s’exprimant que par la présence d’une norme acceptée par d’autres individus. Ainsi, suivant la position du locuteur le déviant sera Joao ou ces non-êtres refusant de vivre. Manoel de Olivera calque cette pauvreté sur sa mise en scène, ne cherchant ni effet superflu de caméra ni orinisme puéril. L’immobilisme moral est un immobilisme cinématographique. Manoel de Oliveira se concentre sur une table – seule possession qui leur permet une socialisation. Seul emplacement où la misère se pose, là où elle se vide et s’exprime. Dans cet antre délabrée, l’unique fenêtre ouvre sur un monde pluvieux, triste et mausade – reflet de l’intérieur. Le divin s’exprimera ironiquement par une lueur de soleil au moment le plus sombre de l’oeuvre. Manoel de Oliveira exprime tout de même dans cette immobilisme – qui peut être critiqué, mais qui est cependant nécéssaire – sa maestria. Il fera un simple mouvement de caméra, il décale l’angle de son plan pour laisser entrer dans le champs visuel le coffre qui renferme l’argent. L’immersion est d’une ironie terrifiante. L’entrée de l’argent, qu’ils ne possèdent pas et ne possèderont jamais, marque une rupture dans l’histoire et fait sortir les vrais visages. Candidinha/Moreau s’octroie le rêve de commander, Doroteia/Cardinale retrouve le sourire, Chamiço/Cintra rêve à une culture riche. Mais la tristesse du sort s’acharne sur les pantins de Oliveira pour les amener dans un gouffre où seule la mort permet la délivrance. Cette seule inclinaison dans la vision exprime le rêve de toute une classe et amène une tension suite à l’appat du gains d’un fils-malfrat. Le pessismise par lequel De Oliveira clot son film est significative de sa vision de la pauvreté, condition immuable de l’âme humaine simple. « Gebo et l’Ombre » est tant philsophique que cinématographique, tant poétique que théatrale. De Oliveira montre encore la force l’image et signe une oeuvre délicate et sublime.
    lilaai
    lilaai

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    5,0
    Publiée le 2 octobre 2012
    Avant il y avait les films muets et maintenant il y a les films qui parlent... L'autre facette d'un cinéma d'aujourd'hui aux allures d'un vieux film à l'ambition d'une vision étourdissante. Faire parler les émotions d'une âme au travers des personnages au charisme indiscutable. Pas de place pour le blabla, pas de chichi, un seul fil qui tient le spectateur dans une ambiance hors du commun. Tout y est, La vie qui parle à la mort et la mort qui parle à la vie, au détour de l'incompréhension, du mensonge, du temps, de l'argent, de la folie, de l'amour, de la culpabilité, de la réalité, de l'illusion, de la douleur, de la joie et le rêve.
    Thierry M
    Thierry M

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    0,5
    Publiée le 1 octobre 2012
    Film pratiquement filmer sur le meme plan , c'est mou et c'est naze.
    islander29
    islander29

    Suivre son activité 365 abonnés Lire ses 1 905 critiques

    3,0
    Publiée le 1 octobre 2012
    j'ai envie de dire sans vouloir être méchant (car le film est tres intelligent) qu'à 104 ans on fait des films pour centenaires.......c'est une piece de théatre en gros, un regard sur la vie, où ce qui prévaut c'est le dialogue, plan fixe d'une demie heure sur Michael Longsale et Claudia Cardinale se plaignant de la vie, du temps qui passe.....On reste dans une seule piece à écouter trois personnes parler, (dialogues sombres mais beaux), bref un film monolithique à réserver à des amateurs de philosophie en huit clos....Se passionne qui peut......A vous de voir......
    Krokodebil
    Krokodebil

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    2,5
    Publiée le 30 septembre 2012
    Lumière et cadrages somptueux et comme toujours chez Oliveira - du moins depuis dix ans - fortement inspirés par la peinture espagnole et flamande de la Renaissance, peinture à laquelle les décors font directement référence puisque certains espaces (la table du fond) sont conçus comme des natures mortes. Splendeur et hiératisme sont donc au programme pour un film qui ne compte qu'une quinzaine de plans différents, les plus longs étant entrecoupés pour permettre aux acteurs de respirer entre deux tirades. Le texte est beau et un peu sentencieux, il est prononcé avec plus ou moins de réussite suivant le taux de francisation des acteurs. Lonsdale, Cardinale et Moreau sont assez épatants, le petit-fils d'Oliveira est nettement moins convaincant. Filmant la couardise et la veulerie ordinaire de ces personnages, le maître portugais esquisse l'air de rien une petite éthique surprenante sur fond d'inaction ou pire, de refus d'agir. spoiler: J'avoue avoir du mal à saisir le point de tout ceci, le vol du fils étant ainsi une des deux seules actions du film (avec son retour) et la fin sous forme de sacrifice étant bien trop théâtrale et peu convaincante. Un ennui profond s'installe dans ce film trop calme et trop théâtral qui suscite par moment l'intérêt par le sel de quelques dialogues. Et toujours, ces fulgurances, baignées ici d'une lumière quasi-divine. Dommage.
    willydemon
    willydemon

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    2,0
    Publiée le 29 septembre 2012
    Je n'ai pas compris le fil directeur de ce film de Oliveira. Tout est vieillot, même si la lumière est épatante. Les acteurs sont excellents mais le film tourne un peu un rond et lâche son spectateur en cours de route..
    Cinephille
    Cinephille

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    3,5
    Publiée le 27 septembre 2012
    Je crois que je n'ai jamais eu une telle impression de regarder un film tourné il y 50 ans (au bas mot). Il s'agit d'un huis-clos théatral dans une lumière dispendieuse, avec des acteurs qu'on a connus très jeunes et qui ne sont plus très jeunes du tout. La problématique elle-même (qu'est-ce que vivre ? quel type de vie vaut la peine d'être vécue ?), la question du devoir centrale au film, semblent tellement dépassées... Mais en fait ces questions sont bel et bien essentielles, tout comme le sont les relations (tout à fait intemporelles) qui se sont tissées entre les personnages de la famille. Alors que j'avais sommeil, je ne me suis pas endormi une minute. L'âpreté de ces vies, le jeu des acteurs, la mise en scène m'ont tenue bien éveillée et toujours épatée par la vitalité des questionnements de M. de Oliveira.
    anonyme
    Un visiteur
    0,5
    Publiée le 26 septembre 2012
    Non... Je n'ai pas tenu. Austère, chiant, déprimant. De la merde auteurisante comme on en voit rarement.
    AlexTorrance
    AlexTorrance

    Suivre son activité 18 abonnés Lire ses 486 critiques

    3,5
    Publiée le 29 septembre 2012
    Tandis qu’il s’apprête à fêter sa 104ème bougie – à ce stade, le gâteau se fait assez gros –, Manoel de Oliveira continue de donner signe de vie avec Gebo et l’ombre, à la distribution probablement plus minime encore que celle dont avait disposé L’Etrange affaire Angelica. À priori, l’âge ne semble pas affecter l’inventivité du réalisateur qui livre ici un long-métrage – certes amplement moins éprouvant que cette avant-dernière œuvre – à la limite de l’expérimental, tant il semble vouloir déjouer les limites du cinéma en lui en imposant quatre. Quatre murs, un espace de quelques mètres carré, dans lesquels se déroule toute l’intrigue de Gebo et l’ombre. De quoi insuffler au film l’esprit théâtral dont il est issu, puisqu’il s’agit en fait d’une adaptation de la pièce du même nom. Si ce procédé assez risqué peut laisser légèrement dubitatif dans les premières minutes – de par cette originalité que beaucoup considèreront comme étant « casse-gueule », si l’on en croit les remarques mitigées que l’on peut lire au sujet de Gebo… – on ne tarde pas à s’apercevoir que les plan-séquences fixes qui composent le long-métrage recèlent d’innombrables découvertes. D’un étrange secret qui semble planer autour de João, fils rebelle ayant opté pour un vagabondage permanent dans le but de ne jamais s’encombrer d’une morne routine, on en arrive ainsi à une habile réflexion sur la vie et son sens. Sur la manière de l’exploiter. C’est d’ailleurs lors de ces débats philosophiques que Manoel de Oliveira semble nous faire parvenir un certain message : « La vieillesse n’est pas encore à ma porte, j’ai encore beaucoup à dire dans mon cinéma. J’ai encore envie de respirer par le cinéma quitte à ne pas faire comme tout le monde. ». Ainsi, Gebo et l’ombre, avant de pointer les différentes formes de crime dans cette famille qui transpire le mensonge et ignore tout de la vérité, fait réfléchir à la façon d’appréhender la vie. Se laisser aller dans une petite maisonnette où la lumière peine à s’imposer, à l’inverse de la pluie qui frappe au carreau du matin au soir, ou bien vivre dans la débauche quitte à tuer, à piller, à vivre dans l’obscurité. Dans tous les cas, l’idée d’un éventuel entre-deux ne semble pas envisageable dans ce long-métrage. Si, durant les dialogues sans fin, on peut percevoir quelques longueurs, la virtuosité d’Oliveira empêche à tout instant l’ennui de s’installer – bien que sa mise en scène puisse se retrouver légèrement alourdie par le choix d’un huis-clos nettement étroit. Enfin, il est nécessaire d’aborder l’identité de Gebo et l’ombre, qui semble davantage porter la nationalité française que portugaise. En effet, le fait que ce dernier soit une production franco-portugaise permet à de brillants acteurs de livrer des interprétations fabuleuses, de Michael Lonsdale à Claudia Cardinale – qui est francophone, bien qu’italienne – en passant par Jeanne Moreau. Un casting qui peut impressionner de prime abord et ne déçoit jamais. De plus, les dialogues eux-mêmes sont prononcés en français. Une difficulté en plus, donc, à ajouter à la réalisation de Manoel de Oliveira qui décidemment risque de tous nous enterrer ! En conclusion, Gebo et l’ombre est un beau moment de cinéma, où le réalisateur parvient à expérimenter par une forme de cinéma peu commune. Des acteurs fabuleux, une richesse visuelle impressionnante, de très beaux airs de Classique et, enfin, un minuscule espace camouflant une imagination sans limite.
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